The Wig


The Wig signifie la perruque et l’on comprend pourquoi le titre anglais a été choisi. A première vue, cette histoire de perruque hantée est tout à fait grotesque et ridicule. C’est sans compter les idées originales du réalisateur Shin-Yeon Won. Encore un film de fantôme japonais ? Non, puisque le film est coréen. Ensuite, là où les longs cheveux noir corbeau sont un accessoire à effrayer dans les ersatz de The Ring, les cheveux sont ici au centre de l’intrigue. La bonne idée a été d’intégrer une histoire classique de fantôme dans une histoire réaliste, émouvante et dramatique. En effet, la perruque atterrit sur la tête de Soon-Hyun une jeune leucémique à qui il ne reste plus qu’une semaine à vivre.

Les interventions du fantôme sont beaucoup plus subtiles ici que de simples apparitions éclairs. Même s’il y en a, son influence est beaucoup plus subtile mais je ne révélerai rien pour ne pas éventer le mystère.

Gros travail sur l’esthétique du film et l’esthétique des corps. Beaucoup de jeux avec les miroirs, apparaît en filigrane une réflexion sur le look. L’aspect physique dicte en fait directement nos comportements. Ainsi Soo-Hyun paraît fragilisée et faible avec le crâne rasée et dès qu’elle met la perruque, elle retrouve la santé et un charme certain. Mais est-ce justement seulement une question d’image ? Ou l’esprit y est-il pour quelque chose ?

On suit avec entrain les situations délicates des deux sœurs jusqu’au dénouement final, un peu tiré par les cheveux oserais-je dire mais finalement assez complexe pour ne pas paraître artificiel.

Précision du cadrage, photographie impeccable et mouvement de caméra originaux, The Wig surprend car le film emploi des chemins de traverse. Il n’hésite pas, par exemple, à montrer son héroïne le crâne rasée et d’une maigreur effrayante.

Malgré quelques petites longueurs et parfois des effets un peu gratuits, The Wig reste un excellent film plutôt inclassable, car il touche à la fois au thriller, au mélodrame et au film d’épouvante. Une très bonne surprise loin des habituels clichés.

DVD Zone 2 Disponible chez l’éditeur Opening.


A propos de Jérôme

toute-puissance mégalomaniaque, oeil de Sauron, assoiffé de pouvoir et d’argent, Jérôme est le father de big brother, unique et multiple à la fois, indivisible et multitude, doué d’ubiquité. Il contrôle Cinétrange, en manipulant l’âme des rédacteurs comme des marionnettes de chiffons. Passionné de guerre, il collectionne les fusils mitrailleurs. Le famas français occupe une place d’exception dans son coeur. C’est aussi un père aimant et un scientifique spécialisé dans les nouvelles technologies de l’information. Pour faire tout cela, il a huit doppel gangers, dont deux maléfiques. Il habite au centre du monde, c’est-à-dire près de Colmar.

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