Crime au Musée des Horreurs


Un désaxé commet trois meurtres à Londres tous très « exotiques » et inspirés par le célèbre Musée des Horreurs de Scotland Yard. Une jeune femme reçoit des jumelles par la poste d’un présumé admirateur. Mauvaise pioche, les jumelles sont un piège mortel qui fait surgir des pointes d’acier quand on les manipule. Le journaliste et criminologiste Edmond Bancroft (Michael Gough) extrêmement passionné par cette histoire, et par le crime en général, enquête sur l’affaire. Cela se rapproche de lui quand son ancienne amante se fait décapiter de manière très « gothique » avec une guillotine portable par un inconnu au visage monstrueux. Elle avait osé danser toute seule sur du mambo dans des bars d’hommes, aussi… Bouh… Bancroft conspue la police incapable. Son docteur et Agathe l’antiquaire qui le pourvoit en articles pour son musée des horreurs personnel, commencent à le soupçonner d’avoir partie liée à cette vague de terreur.
 
Quel charme suranné, il n’en fallait pas des masses pour émoustiller ou faire frémir son public. Le savoureux Gough n’arrête pas, c’est un plaisir. Il faut voir le chantage de mille deux cent livres par l’antiquaire où il négocie en jaugeant des menaçantes pinces d’acier comme si de rien n’était. Un Oscar Wilde à la patte folle, fumeur de cigare invétéré, aux grandes phrases aigres ou sirupeuses. Un petit brin de Jekyll & Hyde, un musée laboratoire incongru, et hop, tournez carrousel. C’est définitif,  Crime est moins classe qu’un Terence Fisher, et tient plus de la fête foraine. Lieu où il se conclut par logique.
 
Dès la première scène le ton est donné, les jumelles sont devenues le symbole emblématique du film. Il faut se remettre dans le contexte, Crime annonçait la vague choquante des années soixante plus prodigue en femmes dévêtues et violence carmin qui allait conduire à l’explosion gore. Blood Feast, cinq ans plus tard, ne sera pas une génération spontanée. Tournant marqué chez les Britanniques par Jack the Ripper (1959) et le terrible Le Cirque des Horreurs avec Anton Drifting (1960). Il est donc rentre-dedans suivant les standards de 1959, les gouttes rouges « Estmancolor » sont rares mais ressortent bien, l’érotisme est d’époque aussi, si vous aimez les petites gaines. Nous parlons d’une ère où une jeune fille libérée qui danse langoureusement crée le scandale (Et Dieu créa la femme est plagié) et depuis peu, en 1955, avec le générique du Cauchemar de Dracula de la Hammer, les spectateurs incrédules voyaient du sang technicolor couler sur la toile. Choc dont on imagine mal l’impact aujourd’hui. En attendant, ce Grand Guignol effara la censure anglaise, qui en verra bien d’autres vingt ans plus tard avec les « Videos Nasty ». Elle lui collera de facto l’apostille : « Pour sadique seulement » !!
 
Derrière le spectacle, le producteur (et co-scénariste ici) Herman Cohen, très prolixe dans les fifties et cela même en pitreries : Konga, How to make a Monster, Blood of Dracula et aussi des bien connus (au moins au niveau des titres) I was a Teenage Frankenstein et I was a Teenage Werewolf.
Un titre édité avec esprit d’à-propos dans la collection « Cinéma de Quartier » qu’on ne présente plus.
Pour la petite histoire, les dites jumelles auraient réellement existées – et c’est peut être ça qui fait le plus peur.
 
Horrors of the Black Museum (1959) de Arthur Crabtree (GB) – Avec : Michael Gough – June Cunningham – Graham Curnow – Shirley Ann Field – Geoffrey Keen – John Warwick – Gerald Anderson

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