Ergo Proxy


Nouvel animé à la mode, Ergo Proxy séduit par son univers visuel très riche et son image peaufinée. Le design semble en effet le premier souci des auteurs de cette série, qui évitent les couleurs criardes habituelles de l’animé pour ados, et se dirigent vers des teintes grisâtres en adéquation avec l’histoire. L’animation est elle aussi très soignée et la qualité n’a rien à envier à un « vrai » film.

Mais tout ce déballage de technique pour quoi faire ? Ergo Proxy s’inscrit en fait dans la lignée d’animé SF comme Lain ou Ghost in the shell. Nous retrouvons des obsessions typiquement nippones : ainsi les Autoreivs sont une sorte de cyborgs. Infectés par un virus, ils semblent développer une « âme ». La série pioche également dans les thèmes classiques de l’anticipation. Une vie futuriste se déroule sous un dôme protecteur (la cité de Romdo) ultra-contrôlé par un « big brother » tout puissant. 

Romdo est donc un milieu urbain confiné. Le système en place est bien huilé et tout y est prédéterminé afin que la race humaine puisse subsister et prospérer sans aucune violence. Tout se passerait pour le mieux s’il n’y avait pas des meurtres étranges. Les autoreivs (un équivalent de cyborg) semblent touchés par un virus qui les rend incontrôlables.
Une inspectrice nommée Re-l (au look gothique) commence son enquête pour le compte de la « sécurité ». Elle est alors attaquée par un « proxy », un horrible monstre apparemment invincible. Pourtant il ne la tue pas. Quel est son but ? D’où vient-il ? C’est ce que va chercher à savoir Re-l. Son investigation va la mener en dehors du dôme, où des rebelles tentent de survivre dans la misère.

Ergo proxy est difficile d’accès au premier abord. Nous sommes projetés dans l’intrigue sans présentation des règles qui régissent la cité et les personnages se développent au fur et à mesure. Nous ne sommes pas pris par la main et c’est à nos méninges de comprendre – progressivement – comment tout cet univers fonctionne et ce qui peut bien s’y passer.
En acceptant cela, on découvre alors un univers effrayant et complexe. L’intérieur du dôme est contrôlé au maximum, tandis que l’extérieur ressemble à une décharge grisâtre où survivant quelques sdf (les exclus du dôme). Mais le monde s’étend bien au-delà de ces deux endroits… I

Malgré un scénario qui use des éléments habituels de SF, Ergo Proxy séduit par son ambiance pessimiste. Ce n’est pas un festival de scènes d’action spectaculaires mais plutôt un voyage à l’atmosphère pesante, qui prend différents chemins et tente de répondre à des questions métaphysiques. Bien sûr, quand l’histoire le nécessite, il y a du gunfight et quelques moments un peu gores ! 

Si le premier volume expose la cité de Romdo et ses environs proches, la deuxième salve d’épisodes s’attache à suivre Vincent Law, ennemi de Romdo et d’un proxy,  vers sa cité natale et vers l’origine mystérieuse du Proxy. L’intrigue avance rapidement mais plus on progresse, plus nombreuses sont les questions.

DVD disponibles chez Dybex.


A propos de Jérôme

toute-puissance mégalomaniaque, oeil de Sauron, assoiffé de pouvoir et d’argent, Jérôme est le father de big brother, unique et multiple à la fois, indivisible et multitude, doué d’ubiquité. Il contrôle Cinétrange, en manipulant l’âme des rédacteurs comme des marionnettes de chiffons. Passionné de guerre, il collectionne les fusils mitrailleurs. Le famas français occupe une place d’exception dans son coeur. C’est aussi un père aimant et un scientifique spécialisé dans les nouvelles technologies de l’information. Pour faire tout cela, il a huit doppel gangers, dont deux maléfiques. Il habite au centre du monde, c’est-à-dire près de Colmar.

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