Terreur Extra-terrestre


Il est des titres qui transpirent le B par chaque coin des photogrammes de la pellicule. Warning, ou le bis à l’état pur, les yeux tournés sur le succès de l’année d’avant (Alien, donc) et la main sur un scénario qui semble exhumé de chez Corman période AIP (quatre scénaristes dessus quand même !). Vous savez, les storylines écrites dans un restaurant italien sur un coin de nappe après une carafe de chianti. Des noms ? Not of this Earth (1956), tout ça… Mais ça fonctionnait, ce qui était bien là l’essentiel.
 
Les fifties remises au goût du jour par des effets caoutchouteux eighties. Deux lignes de synopsis à tout rompre gonflées en une heure et demie avec un budget de poche et tournage dans les forêts. Un casting de tronches en biais et de pas nets réunis sur l’affiche : Martin Landau, Jack Palance, Neville Brand, Cameron Mitchell, Larry Storch ! Manquait juste, je sais pas moi, Donald Pleasence et Richard Lynch et c’était le tiercé gagnant. Regardez là, au fond de la distribution, David – CSI Miami – Caruso, tout jeunot. Sortie en France en VHS par Hollywood Video (difficile de trouver plus ciné de genre comme distributeur vidéo des 80’s) avec une VF poilante. Bis jusqu’au bout !
 
Greydon Clark, l’iroquois libre dans sa tête de Satan’s Sadists, n’hésite pas à filmer son sujet avec aplomb comme s’il emballait le double programme d’Invaders from Mars (1953). Dans la campagne profonde d’outre-atlantique des adeptes du plombage de daims se font dégommer par un alien très stoïque, à la tête ovoïde, haut de plus de deux mètres. Il n’habite pas dans sa soucoupe volante, vous savez combien ça coûte cher les décors et maquettes, mais dans une cabane (au fond du jardin). De temps à autre, il croise des hommes des bois et hop, il leur jette des shuriken-sangsues, que l’on a tous appelé les « frisbees » depuis. Des petites pieuvres volantes qui se cramponnent sur les ruraux avec leurs appendices et leur suce le sang.
 
Notre étranger n’aime ni les chefs scouts, ni les jeunes, ni les chasseurs. Il ne mange pourtant pas de shérif à Stetson en Oldsmobile, c’est pourtant la tradition qui veut ça. D’ailleurs, les autorités sont inexistantes. Pas d’intervention de la Garde Nationale ni de l’US Army qui font haro contre l’envahisseur pour le grand final. Seuls deux teenagers rescapés, un vétéran de la chasse (Palance) et un ancien combattant disjoncté (Landau en plein cabotinage) vont essayer de le désintégrer pour de bon. S’il peut saigner, on peut le tuer, non ?
 
Kevin Peter Hall, « l’homme dans le costume »  échappé de Prophecy, s’entraînait à jouer les chasseurs from outer space, une petite récréation cinq avant de porter le costume de Stan Winston pour Predator. Greg Cannom (plus d’une centaine de films au compteur et deux Oscars sur la cheminée) tournait la cuillère dans le pot de latex liquide pour quelques maquillages de la vieille école limités mais débrouillards. Les succions des vampires de poche font toujours leur petit effet, surlignées par ce que j’appellerais : les « bruitages à la skrouch-skratch ». Enfin, je le fais mal mais vous saisissez. Dean Cundey, le directeur photo du Carpenter des meilleures années n’est pas dans une forme olympique mais les scènes nocturnes ont leur cachet.
 
Même avec la patine du temps, l’ensemble a pris un sérieux coup derrière les oreilles Au lieu de vouloir faire un remake de The Thing, hérétiques, faîtes donc celui-là, ce serait la fête aux Bisseux ! A part ça, quand est-ce que « le braconnier de l’espace avec ses frisbees de la mort » vient nous envahir en DVD Zone 2 ?

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