Massacre a la tronconneuse : Le commencement


On connaissait déjà la suite, le remake, et le prequel, place désormais au prequel du remake, qui nous propose de replonger dans les origines sanglantes de Leatherface et sa famille dégénérés. Mais deux écueils de taille viennent rapidement couler à pic ce projet aux ambitions pourtant déjà modestes.
En premier lieu, passé une première partie qui revient laborieusement sur le début de la carrière de « l’homme au masque de cuir » (alors comme ça, Leatherface était un enfant torturé et brimé, quelle surprise !), le prequel se transforme très rapidement en « remake du remake », se bornant simplement à reproduire les archétypes de la série. Soit une bande de jeunes pas futés traqués puis dépecés par la famille de cannibales dans les éternels mêmes décors.
Mais après tout pourquoi pas, le tout aurait pu donner un sympathique petit survival du dimanche, à mater entre potes… Seulement voilà, le problème est plus conséquent. Si le remake de Marcus Nispel n’avait rien de révolutionnaire, se contentant d’ajouter une réal’ moderne, un casting plus djeun’s, et quelques bonnes louches de gore à la trame du film originel, il prenait soin de reproduire l’atmosphère malsaine et dégénérée de ce dernier par des moyens à peu près similaires. Rien de ça ici, puisque le réalisateur, dans la lignée de la radicalisation bouchère des Saw et autres Hostel, se contente d’aligner, barbaque, viscères, tortures et démembrements au kilo, en négligeant complètement l’ambiance qui pourrait transcender le tout (la présence de quelques « tronches » texanes et d’une sous-intrigue bâclée autour de la guerre du Vietnam en guise d’alibi couleur locale ne convainquent pas un instant).
Ambiance qui aurait pourtant pu donner au film une teneur réellement cinématographique, au lieu d’un simple aller-retour soporifique à la section boucherie de l’hypermarché du coin. On peut déjà trouver contestable l’idée de reproduire à l’identique les films d’horreur des années 70 sous prétexte qu’on n’a pas fait mieux depuis, mais si ce n’est, en plus, que pour en retenir les seuls clichés…

A propos de Damien

vivant à Grrrr noble, il est le seul vrai authentique journaliste de la bande. Au courant de tout avant tout le monde, notamment en ce qui concerne les modes musicales électro-low tech d’Afrique subsaharienne, nous lui sommes éternellement redevables de nous avoir fait découvrir Die Antwoord. Damien est aussi l’inventeur du lolcat.

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