Les Mutants de la Saint-Sylvestre

 

Norman J. Warren n’a décidément pas été épargné par les traductions francophones hasardeuses de ses titres de films. Le Zombie venu d’ailleurs ne comportait pas de zombies, cherchez l’erreur. Plane le doute sur un plan, un seul, dans La Terreur des morts-vivants, et encore je suis certain qu’un débat serré entre spécialistes pourrait être lancé. Par inadvertance, ça colle pour Inséminoïd.

Alors que reste t’il de nos amours bisseuses ? Au niveau des mutants, point grand-chose, car de mutants il n’y en a que durant la projection fugitive d’A Fiend without face d’Arthur Crabtree (1958 – Accessoirement une chanson des Misfits) aka Les Monstres Invisibles chez nous. Très invisibles, je n’ai jamais vu celui-là et ce sont peut-être des extraterrestres. Peut-on être à la fois mutant et extraterrestre, est-ce antinomique, je vous le demande ? Stop aux circonvolutions. Réveillon Sanglant (Bloody New Year), son titre alternatif choisi par Neo Publishing, serait donc fortement plus adapté mais aussi tellement moins drôle. Warren n’a pas eu la baraka non plus concernant le résultat qu’il désirait obtenir, entre prises de bec avec les producteurs peu consciencieux et les caisses vides.

 

Le générique présente des danseurs le soir du réveillon 1959. Une fille traverse le miroir tel Alice. De nos jours, du moins de nos jours dans les années quatre-vingt, à une fête foraine (The Funhouse forever ) des forains plutôt voyous et trouble-fêtes importunent une jeunette dans un manège, ce qui provoque une empoignade avec des garçons turbulents. Ces derniers font une échappée belle en voiture et fracassent le train fantôme pour faire bonne mesure.

Mine de rien, le début ne traîne pas. En dix minutes, cela rebondit de l’embrouille à un naufrage. Venons-en au plat de résistance : l’arrivée d’un groupe sur la plage rocheuse d’une île. Epiés, ils investissent le « Grand Island Hotel », histoire de se sécher après cette baignade. L’hôtel inoccupé est garni de décorations festives dans le hall d’entrée en vue du nouvel an. Nos ados (qui flirtent avec la vingtaine bien sonnée) sont un peu lents à assimiler le fait qu’ils séjournent dans une demeure hantée et à la limite, cela ne semble pas les affecter. La télévision diffuse des informations venues du passé, ce qui auraient du les alarmer, c’est dire s’ils sont finauds. Mention spéciale pour les dialogues très Bis : « On se croirait dans un film d’horreur ».  « Est-ce que mes jarretelles sont droites ? » (sic)

L’hôtel est une maison témoin qui anticipe la domotique du futur (tout s’anime tout seul) et même le cinéma de demain : le cheik en blanc et noir surgit de l’écran comme dans La Rose pourpre du Caire. Alors, Woody, on reluque du Bis britannique en cachette ? La régie me signale que La Rose date de 1985 et Réveillon de 1987. Il y a de quoi se faire avoir, il semblait avoir été réalisé sept ans plus tôt.

 

Progressivement, la nature profonde des Mutants de la Saint-Sylvestre se révèle, sa faiblesse de départ deviendra son étrange intérêt à l’arrivée. Le scénario part en totale roue libre plus le film avance. Warren a, en dernier recours, enquillé les situations mouvementées pour sauver les meubles, sacrifiant au passage toute cohérence pour l’effet ponctuel. Chaque scène devenant la finalité d’elle-même à l’instar d’Evil Dead. Le procédé fonctionne amplement mieux chez Sam Raimi ! Ce n’est même pas décousu, c’est bien pire. Le spectateur est surchargé de distorsions cognitives. Il ne sait pas où il va mais il y va en courrant, et plus vite que ça, s’il vous plait. Les auteurs passent du coq à l’âne et picorent sur Evil Dead, Amytiville, Poltergeist, Shining, … enfin sur tout ce qu’ils purent ratiboiser. Au petit bonheur la chance, cela réussit parfois, un moment poétique joue sur le carambolage de l’espace-temps en dévoilant un pilote de la seconde guerre mondiale qui s’évapore. Le script essaie de tenir l’ensemble avec un argument science fictionnel typique 50’s. Un B-29 convoyant un projet expérimental anti-radar aurait provoqué une brèche dans notre univers.

 

Passé un certain stade, cela procure l’effet d’une douce euphorie. Ce film est donc un produit stupéfiant, et en plus, c’est légal. Fume, c’est du NJW ! Je n’avais pas vécu cette expérience depuis le dramatiquement chaotique House of the Dead de Uwe Boll. De quoi être hypnotisé en attendant la prochaine scène avec un air bête. Venez tous, il y aura de l’imprévu, parfois de l’absurde (un filet de pêche est une arme absolue, vous verrez) et qu’importe, quitte à grignoter son sens critique, autant que ça soit là-dessus. Dans le brassage sauvage des thèmes, La Terreur des morts-vivants était tout de même mieux maîtrisé.

 

Mutants est une transposition du train fantôme tel qu’il est défini dans les fêtes foraines, un parcours jalonné d’épouvantails mécaniques qui jaillissent de leurs cercueils en agitant des mains griffues !

Ciné FX, on t’aime, on t’adore, et surtout continue comme ça. Ce n’est pas demain la veille que certaines chaînes déprogrammeront leur émission favorite pour un Bis anglais issu des années 80 aussi tarabiscoté et improbable.

 

 

You’re spaced out on sensation, like you’re under sedation
Let’s do the Time Warp again !

2 commentaires sur “Les Mutants de la Saint-Sylvestre”
  1. c trop pourri c trop con je déteste ça bonne chance pour ce qui aime trop degouter 🙁 trop nul xd moi je prefaire les CHT’I

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