Shoot’em up


Clive Owen , shoot em up

Une ruelle sombre la nuit. Un type sur un banc mange une carotte. Une femme sur le point d’accoucher arrive, poursuivie par une grosse brute armée. Le type à la carotte s’en mêle, accouche la brave dame, mais malheureusement ne parvient pas à la sauver. D’autres hommes armés jusqu’aux dents font irruption mais le courageux solitaire parvient à s’enfuir avec l’enfant. Il ne sait pas que le nouveau-né est au coeur d’une machination diabolique.

Mélange improbable de Tex Avery, Benny Hill et John Woo ancienne époque, Shoot’em up est un thriller hardboiled, politiquement incorrect, comme on n’en fait plus aujourd’hui. Ou peut-être juste Steven Seagal mais avec un peu moins de talent pour la violence stylisée. Peu importe la micro-intrigue ni originale ni importante. Ce qui compte ici, c’est la succession de gunfights tous plus délirants les uns que les autres. Et l’on assiste à de grands moments de n’importe quoi. Très souvent, les lieux et les accessoires présents servent de moteur à la chorégraphie du gunfight. Visuellement, cela donne une pêche d’enfer à ces scènes très dynamiques mais néanmoins lisibles. Point de tremblote hystérique ou de montage spasmodique à la Michael Bay. Un exemple pour vous donner envie : un gunfight survient pendant une scène de sexe et notre héros se met à dézinguer une troupe de forces spéciales sans lâcher sa partenaire qui gémit à chaque balle tirée !

Les acteurs sont en roue libre et s’amusent avec des « punchlines » à profusion mais ce n’est pas vraiment grave. Clive Owen abuse de son charisme naturel pour composer un lonesome cowboy des temps modernes. Avec Children of Men, c’est la deuxième fois qu’il aide une femme à accoucher. Je me demande si ce n’est pas un critère de choix pour ses scénarios. Même habillée et maquillée en prostituée, Monica Belluci n’arrive pas à paraître vulgaire. Rien à faire, la classe l’habite (restez calmes). Quant à Paul Giamatti, il compose un méchant très méchant, presque invincible, qui n’en finit plus de se relever.

Le plus « drôle » est que ce film extrêmement violent, où l’on ne compte plus les cadavres et les chargeurs vidés, est en fait un manifeste contre les armes ! Si, si, sans rire. C’est que le film s’adresse en priorité à des spectateurs intelligents (ou dans la moyenne, comme moi), qui savent faire la différence entre la violence fun d’un film et la violence réelle. Le réalisateur a apparemment bénéficié d’une totale liberté de ton, comme en témoignent les nombreuses scènes un peu hard, qui dépassent toujours un peu la limite du montrable : sectionnement du cordon ombilical à l’aide d’un flingue, bébé malmené dans des toilettes sordides, morceaux authentiques de gore qui tâche. Shoot’em up et sa bande-son de rock’n’roll burné, représente une tuerie pour ceux qui aiment l’action sans toutefois se prendre au sérieux. Le film ne fait donc pas de publicité mensongère avec son titre. « Shoot them up » est un terme que les amateurs de jeux vidéos connaissent puisqu’il désigne une catégorie de jeux dont l’objectif est simple à comprendre : tuer tout ce qui bouge sans se faire soi-même dégommé.

Dvd disponible chez Metropolitan Film & Vidéo. Audio : Français DD 5.1 EX et DTS ES, Anglais DD 5.1 EX. Sous-titres français.

Bonus : commentaire audio du réalisateur (vo), making-of de 54 mn, scènes d’action animées, bandes-annonces.


A propos de Jérôme

toute-puissance mégalomaniaque, oeil de Sauron, assoiffé de pouvoir et d’argent, Jérôme est le father de big brother, unique et multiple à la fois, indivisible et multitude, doué d’ubiquité. Il contrôle Cinétrange, en manipulant l’âme des rédacteurs comme des marionnettes de chiffons. Passionné de guerre, il collectionne les fusils mitrailleurs. Le famas français occupe une place d’exception dans son coeur. C’est aussi un père aimant et un scientifique spécialisé dans les nouvelles technologies de l’information. Pour faire tout cela, il a huit doppel gangers, dont deux maléfiques. Il habite au centre du monde, c’est-à-dire près de Colmar.

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