L’oeuf du serpent, d’Ingmar Bergman

Berlin, dans la semaine du 3 au 11 novembre 1923. Un paquet de cigarettes coûte 4 milliards de marks. C’est l’inflation galopante, le chômage, la misère et le désespoir. Au milieu du chaos, Abel Rosenberg se sent triplement étranger puisqu’il est juif, américain et chômeur.

Alors qu’il se perd dans l’alcool, Abel découvre le corps de son frère suicidé d’une balle dans la bouche. Interrogé par le commissaire, il a l’intuition qu’on le soupçonne de plusieurs meurtres perpétrés dans le quartier. Il se réfugie auprès de Manuela, ancienne compagne de son frère qui joue un numéro dans un cabaret des bas-fonds. Ensemble, ils font une rencontre perfide et s’égarent dans la peur, menacés par un mal innommable qui « tel un oeuf de serpent, laisse apparaître à travers sa fine coquille la formation du parfait reptile »…

Tourné dans les décors qui servirent ensuite à Berlin Alexanderplatz, le film monumental de R. W. Fassbinder, L’OEuf du Serpent reconstitue le Berlin glauque de la République de Weimar, plongé dans la crise et le désespoir. Il s’agit du film le plus authentiquement expressionniste de Bergman, inspiré des ambiances de Kafka, des tableaux angoissants de Grosz et de la noirceur des premières oeuvres de Fritz Lang. Mêlant drame historique et film d’espionnage, L’OEuf du Serpent se déroule sur fond de montée du nazisme et annonce les crimes que l’on sait, proche en cela de la série des Docteur Mabuse. Expérience démesurée, trouble et indélébile, c’est l’un de films les plus étonnants de son auteur.

Sortie au cinéma le 30 juillet 2008 en copies neuves.

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