Nine Inch Nails, Mr Self Destruct

God is dead. And no one cares.

Naissance du rock Indus

Silhouette filiforme et look androgyne dans sa jeunesse, c’est le musicien et chanteur Trent Reznor qui incarne à lui seul l’entité Nine Inch Nails. Autour du personnage, gravitent différents artistes qui joignent et quittent NiN au gré des albums. Issu d’une petite ville perdue en Pennsylvanie, le leader découvre la musique malgré lui car on le force à prendre des cours de piano. Il grandit dans les années 80 où il découvre les balbutiements de l’informatique, les premiers synthétiseurs et autres séquenceurs. C’est ainsi que naît le son « NiN », mélange complexe de bruits, de claviers, de sons de synthèse, de samples retravaillés, et d’instruments classiques. Reznor voit la musique comme un ensemble de paramètres, un programme complexe qui agit sur une multitude de pistes d’instruments. Le groupe est classé dans la catégorie « rock industriel » car bon nombre de morceaux contiennent de la guitare (souvent saturée), un rythme un peu bourrin et des paroles énervées. Mais l’univers NiN ne se résume de loin pas à cela. Au tout début des années 90 naît le premier album Pretty Hate Machine. NiN commence par pratiquer un rock assez pop qui sonnait un peu comme une casserole. Même si c’était rythmé et un peu dérangé, ça restait gentil. Avec la maturité, NiN s’est de plus en plus dirigé vers l’auto-destruction musicale. Avec les EP Broken et Fixed, on atteint un sommet de violence tant dans le bruit que dans les paroles. Reznor reste célèbre pour le « fist fuck » hurlé dans l’un des morceaux. Il crie sa haine de ses relations amoureuses en particulier et du genre humain en général, déçu par les systèmes de société en place. Cette rébellion adolescente n’est que le début d’une spirale infernale qui va le mener en enfer. Car plus que tout, Trent se hait lui-même et évoque sans cesse l’auto-destruction.

La spirale infernale

Le summum de l’art ninesque restera sans doute The Downward Spiral, un album somme rassemblant tous les styles, innovant sur la forme quasi-expérimentale et proposant une sorte de continuité entre les différents morceaux. A côté de titres extrêmement violents (march of the pigs, mr self destruct), on trouve des moments calmes avec Hurt qui mêle douleur et douceur. Après Downward Spiral, c’est un peu la traversée du désert. On jette en pâture aux fans quelques remixes, et on finit avec Fragile et With teeth, des albums mi-figue mi-raisin, loin de la brutalité et de l’inventivité passées. Il faut dire que Reznor a sombré dans la drogue et ces albums sont en quelque sorte une résurrection en douceur dans le monde des vivants. Mais ce qui fait le succès de NiN, c’est bien l’esprit profondément troublé et malade du chanteur-compositeur depuis l’enfance. C’est grâce aux tournées que le groupe se fait connaître, et grâce à un jeu de scène extrême. Trent se couvre de bout façon Woodstock, Trent crache sur le public. L’aspect visuel est très important pour Nin. Et ce sont aussi leurs clips sulfureux qui ont fait leur réputation, basés généralement sur la violence, barbare à l’occasion. Par exemple, dans le clip Happiness in slavery, à l’esthétique soignée, on retrouve l’artiste SM Bob Flanagan qui se fait torturer par une étrange machine. La plupart de leurs clips sont restés longtemps invisibles et il n’y a toujours pas de dvd les rassemblant car Trent Reznor a eu énormément de conflits avec sa maison de disques TvT.

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