Cloverfield en dvd


Cloverfield n’est pas un chef d’oeuvre mais il reste une expérience plaisante, à l’image de ces attractions à sensations que l’on retrouve dans les parcs de loisirs. Pour apprécier le film, il sera donc nécessaire de le voir sur un grand écran et avec l’installation audio qui va bien. A cause de son concept (vue subjective d’une caméra d’un new-yorkais lambda), on l’a souvent comparé à Blair Witch. Pourtant, ce dernier usait surtout de cet artifice à cause d’un flagrant manque d’argent. Ici, c’est exactement l’inverse. Le budget permet d’avoir des effets spéciaux totalement réalistes et il offre aussi la possibilité d’inclure des événements catastrophiques dans une vidéo tournée à la main. Le pari du film se tenait sur la crédibilité des images et ce côté-là est indéniablement réussi.

Outre le côté « entertainment », on peut lire dans Cloverfield une véritable catharsis des attentats terroristes du 11 septembre. On y retrouve parfois au plan près (les gens qui courent devant le nuage de fumée) les images que nous a diffusé la télé à cette époque.

Dommage que les personnages soient si creux et que finalement nous n’éprouvons que peu d’empathie pour le terrible drame qui les accable. Surtout que cette bande de jeunes bobos ont des comportements qui défient parfois la logique et le simple bon sens (si le jeune homme veut retrouver son amoureuse, on ne comprend pas pourquoi ses deux potes tiennent absolument à le suivre dans une ville à l’état de chaos apocalyptique)

Grâce à une habile campagne de marketing viral, le film s’est fait une réputation bien avant sa sortie. C’est d’abord grâce à quelques teasers bien choisis puis par l’intermédiaire de plusieurs sites web fictifs que les cinéphiles sont progressivement entrés dans Cloverfield, qui n’est plus seulement un film, mais aussi un univers virtuel, développant sa propre mythologie de façon autonome grâce aux simples conjectures d’amateurs. Le film est récompensé aujourd’hui par un franc succès et de nombreux fans se triturent encore les méninges pour trouver des explications aux nombreux points d’ombre laissés volontairement par les auteurs.

Le dvd est très intéressant car, pour une fois, le making-of se révèle instructif et montre les nombreux défis techniques propres à ce film. Si du côté du spectateur, tout semble filmé à l’arrache avec un caméscope bon marché, le réalisateur a dû ruser de mille façons pour créer le chaos à l’écran, avec une narration en temps réel ou presque. Les cadreurs par exemple ont été obligés de faire du « mauvais » travail pour éviter que le cadrage soit trop propre. On y voit les grands écrans verts dressés pour être remplacés plus tard par des effets spéciaux numériques. C’est assez impressionnant car en général, on intègre un personnage de synthèse dans un décor réel. Ici on intègre carrément tout le décor autour des acteurs ! Mais pour d’autres scènes, on a construit de gigantesques décors parfois complexes (un appartement de travers, une rue en ruines, etc.)

Un documentaire de 20 minutes se concentre sur les effets spéciaux. On y voit le travail gigantesque des infographistes pour recréer des buildings, une tête de statue de la liberté et un pont entièrement en 3D.Force est de reconnaître que tout ce qui est en synthèse ne se « voit » pas du tout dans le film. Par ailleurs, le travail de compositing, qui consiste à marier image créée par ordinateur et éléments réels, est tout simplement parfait. Une belle démonstration de tracking 3D pour les amateurs avertis.

Un petit film de 5 minutes se penche sur les origines du monstre, notamment inspiré par les Kaiju Eiga du Japon où le film de monstre est une institution.

Pour finir quelques amuse-gueules : Cloverfun, un bêtisier en bonne et due forme, des scènes coupées anecdotiques, et quelques vidéos surprises cachées dans les menus. 2 fins alternatives (commentées) légèrements différentes de la fin originale mais qui ne changent pas tant que ça le propos du film.

Quant à la signification du terme « cloverfield », les auteurs eux-mêmes sont très flous. En français, cela signifie « champ de trèfle » mais ça n’a que peu de sens… Tout ce que l’on sait, c’est que l’opération militaire pour contrer le monstre a été baptisée comme cela.

Disponible chez Paramount depuis le 08-08-08


A propos de Jérôme

toute-puissance mégalomaniaque, oeil de Sauron, assoiffé de pouvoir et d’argent, Jérôme est le father de big brother, unique et multiple à la fois, indivisible et multitude, doué d’ubiquité. Il contrôle Cinétrange, en manipulant l’âme des rédacteurs comme des marionnettes de chiffons. Passionné de guerre, il collectionne les fusils mitrailleurs. Le famas français occupe une place d’exception dans son coeur. C’est aussi un père aimant et un scientifique spécialisé dans les nouvelles technologies de l’information. Pour faire tout cela, il a huit doppel gangers, dont deux maléfiques. Il habite au centre du monde, c’est-à-dire près de Colmar.

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