Alice Cooper. Live 2005 in Montreux


Une excellente surprise que ce concert en Blu Ray d’un dinosaure du “hard rock”, précurseur d’un style aujourd’hui éclaté en multiples descendants, ne cessant d’enrichir sa source. Alice Cooper n’est pas un chanteur aux capacités vocales démesurées mais c’est un show man extraordinaire. Et malgré son âge, il en impose à bien des jeunes groupes, peut-être trop soucieux de sortir LE son. Rappelons que Vincent Damon Furnier, de son vrai nom, a débuté sa carrière dans le milieu des années soixante, au sein d’un groupe repéré par Zappa lui-même : The Alice Cooper Group. Une aussi longue carrière a évidemment été marquée par des périodes à succès et d’autres, plus chaotiques.

Les titres s’enchaînent, souvent très rock, confirmant le goût d’Alice pour le grand guignol : mise en camisole, décapitation à la guillotine, coups de couteau sanglants…Ces excès jugés provocants ont souvent par le passé, défrayés la chronique. C’est aujourd’hui, bien sur, avec la course au trash dans les médias abonnés aux excès en tout genre, devenu parfaitement inoffensifs. Dans l’esprit, un concert de Rammstein jouant sur de multiples ambiguïtés et d’autres formes d’excès parait beaucoup plus subversif qu’un concert d’Alice et peut-être même de ses descendants, stylistique s’entend, genre Marylin Manson. Bon, c’est parfois un peu le bordel sur scène – on pense aux opéras rock des seventies, en particulier Phantom of the paradise, avec la recomposition d’Alice à la Frankenstein – mais la musique, bien carrée, recadre le tout. Les instrumentistes sont particulièrement solides, de Ryan Roxie (guitare) à Damon Johnson (guitare) et Chuck Garric (basse), chacun remplit son contrat avec une aisance à la hauteur du front man. Mais la cerise sur le couscous, c’est l’ex-Kiss, le batteur Eric Singer, qui nous gratifie d’un solo monstrueux sur Black Widow.

Le live décuple Alice dans ce qu’il a de meilleur : faire du rock’n’roll des années 80, peut-être l’essence même du dénommé hard rock, appellation encore aujourd’hui assez floue. Ne vous arrêtez donc pas aux artifices visuels de la star (hou comme je suis laid !!) car la musique qui l’accompagne est loin d’être violente. Elle est ici un mélange de nostalgie et de moderne, de sérieux et de parodie.

Il existe encore peu de concert en Blu Ray et cette première expérience ne m’a pas déçu. La qualité de l’image par le biais d’une haute résolution, ici en 1080i, change totalement l’immersion inhérente à ce type de spectacle. On est vraiment à côté d’Alice Cooper, jusqu’à l’appréciation de son age dermatologique. Face au Blu Ray, il vaut mieux sortir le maquillage anti-rides et anti-comédons. Alice a de la chance, il est souvent maquillé pour ses concerts…Côté son, c’est assez simple, le DTS est monumental.

On regrettera (un peu) l’absence de bonus.

Video : 1080i. Widescreen 16×9 (1.78 :1)

Audio : LPCM stéréo, DD5.1, DTS 5.1.

Titres : Department Of Youth, No More Mr. Nice Guy, Dirty Diamonds, Billion Dollar Babies, Be My Lover, Lost In America, I Never Cry, Woman Of Mass Destruction, I’m Eighteen, Between High School And The Old School, What Do You Want From Me?, Is It My Body?, Go To Hell, The Black Widow, Gimme, Feed My Frankenstein, Welcome To My Nightmare, The Awakening, Steven, Only Women Bleed, Ballad Of Dwight Fry, Killer, I Love The Dead, School’s Out, Poison, Wish I Were Born In Beverly Hills, Under My Wheels.

Rico

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