Bunker 9


Après une guerre nucléaire, Marie, isolée depuis bien trop longtemps dans un bunker, décide de mettre fin à ses jours…

Avec une douzaine de volontaires dans l’équipe, près de 4000 euros en poche, et un maximum de volonté, Paul Doucet entame le montage de son court-métrage sobrement intitulé Bunker qui devrait se voir finalisé pour le mois de janvier 2009. Une tentative de film post-apocalyptique dans l’hexagone, genre rarissime s’il en est, mérite bien un focus.

Entretien avec Paul Doucet

Bunker est ton quatrième court-métrage, peux-tu nous évoquer les précédents ?
En fait, Bunker est seulement mon premier VRAI court métrage. Ce que j’ai pu tourner avant était d’un tel amateurisme que l’on peut difficilement considérer ça comme des vrais courts. J’avais envie de passer à la vitesse supérieure en ayant un vrai script (et non pas une vague idée), de vrais acteurs (et non pas des potes jouant encore plus mal que Virginie Ledoyen) et du vrai matos (et non pas ma petite caméra DV toute pourrie). Donc j’ai galéré pas mal pour essayer de monter des projets qui étaient bancals, pour finir par monter le projet Bunker.

Tu as présenté Bunker comme étant ton premier court-métrage semi-professionnel. Comment définirais-tu cette notion de semi-pro ?
Semi-pro pour moi, c’est « comme pour de vrai ». Avec de vrais moyens, une vraie pré-prod, une vraie post-prod, et une vraie équipe que j’exploite lâchement en ne la rémunérant pas. Blague à part, c’est surtout la volonté de proposer un résultat final particulièrement léché et qui puisse servir de bande démo à une bonne partie de l’équipe. Et surtout, je l’espère, qui rencontre un public.

D’où te vient l’idée de ton court ?
Voulant m’auto-produire j’avais plusieurs contraintes : essayer de limiter les décors, ainsi que le nombre d’acteurs. Je me suis donc tourné vers le huis clos. Et là je me suis posé une question bête : qu’est ce qui serait encore plus huis clos qu’une scène entre deux protagonistes. Et j’ai trouvé une réponse encore plus bête : un huis clos avec une seule personne. Ou presque. Il y a bien sûr un Deus Ex Machina pour créer les enjeux et faire monter la pression. Malgré ce parti-pris casse gueule, le résultat marche sur le papier, reste à voir si ça fonctionne sur grand écran…

Tu citais Fallout, la célèbre série de jeux post-apocalyptiques. Comment t’en es-tu inspiré ?
J’ai toujours aimé le post-apocalyptique. Plus que Mad Max, c’est vraiment les jeux Fallout 1 et 2 qui m’ont fait aimer le genre. En voyant que le troisième épisode commençait à puer sévèrement en trahissant l’univers original, je me suis dit « Et si je faisais un Fallout non officiel, un film inspiré de, sans toutefois s’inclure précisément dans cet univers ? ». C’est ce qui a influencé Bunker. J’ai mis quelques clins d’oeils qui parleront aux joueurs, mais qui ne sont pas nécessaires à la compréhension.

Quels sont tes films post-nuke favoris ?
Bonne question. J’ai un amour immodéré pour les nanars italiens fauchés, mais je crois que rien ne vaut Mad Max. C’est âpre, violent, sans concession et c’était une bonne claque quand c’est sorti. Mais je pense que le film ultime dans le genre du post-apo reste encore à faire… Dans une certaine mesure (puisque l’apocalypse vient d’une maladie et non du nucléaire) 28 semaines plus tard est un film que j’aime beaucoup également.

Quels sont tes réalisateurs préférés ?
Un peu dur d’en citer un en particulier. J’aime beaucoup le travail quasi mathématique de James Cameron avec des consonances philosophiques, j’aime bien Spielberg quand il ne se prend pas les pieds dans le tapis, j’aime beaucoup Raimi et Jackson… Ce n’est pas très original, mais ce que j’apprécie chez eux, c’est leur capacité à sublimer un sujet lambda en y insérant des obsessions personnelles.

Comment avez-vous pu tourner dans un véritable bunker allemand de la seconde guerre mondiale ?
Le bunker n’a pas été trop dur à trouver. Il existe des forums de passionnés qui ont su m’orienter. J’avais deux exigences : avoir suffisamment de pièces différentes et avoir l’électricité. Quand je vois le résultat à l’image, je me suis dit qu’on pouvait difficilement mieux tomber qu’au Mont Canisy qui nous a bien gentiment accueilli.


Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

9 commentaires sur “Bunker

  • Olivier

    Très intéressant, courage pour tout ce qu’il te reste à faire en post-prod! Mais ça donne envie!

  • Paul Doucet

    Merci. J’espère que le résultat sera à la hauteur des attentes de tout le monde, surtout que j’ai bien envie de vous faire découvrir la suite…

  • Annick

    Y’a-t-il un moyen de te contacter directement, Paul? J’ai des questions relatives à la prod. Et courage !

  • Doucet Marie

    J’espère que tes rêves vont enfin se réaliser et j’attends avec impatience de voir « Bunker » sur grand écran.

  • Bérenger Brillante

    Rooooh Paul ! ou est ce que tu as vu ca…

    Burn after reading, c’est un arricam LT qui a été utilisé.

  • Paul Doucet

    Raah merde, j’était pourtant persuadé que c’était le cas !
    En tout cas Che de Soderbergh, c’est bien le cas !

  • Bérenger Brillante

    ouaip, tout comme le prochain Proyas avec Nicolas Cage, et le prochain ron howard (en seconde equipe)