La marque du diable 1


Voilà un titre dont je rêvais de voir depuis longtemps. Pour d’obscures raisons, je n’ai jamais pu visionner La marque du diable, petit classique seventies qui jalonnait fièrement les étagère des vidéo-clubs au cours des années 80 dans la collection René Château « les classiques que vous ne verrez jamais à la télé ». Proverbe devenu obsolète car depuis ces temps antédiluviens, Zombie, Massacre à la tronçonneuse, La chasse sanglante, Maniac, Du sang pour Dracula sont bien passés à la télé. La marque du diable, aussi certainement, mais le film est resté assez obscur et méconnu. Après l’édition américaine de Blue Underground, la sortie dans nos contrées du film chez Ecstasy of film est une bénédiction, un petit bonheur pour les frustrés comme sauf que … ben … il est sorti dans une édition collector limitée à 666 exemplaires avec en prime un sac à vomi (véridique) et qu’aujourd’hui les stocks sont épuisés. Vous pouvez toujours demander le sac sait on jamais.

Pourquoi un sac à vomi ? Comme goodies on a trouvé plus esthétique et attirant.

La marque du diable traîne une réputation gratinée comme étant l’un des films les plus graphiquement violents de l’histoire du cinéma. Présenté au festival fantastique de Paris en 1972, il n’est jamais sorti dans l’Hexagone.

Revenons à la genèse. Deux films de tortures cultes  à la fin des années 60, Bloody judge (le trône de feu) de Jesus Franco et Le grand inquisiteur du très doué Michael Reeves incitent le comédien allemand Adrien Hoven à produire un film de terreur sur l’inquisition et la chasse aux sorcières. Il travaille à l’écriture et pense proposer la réalisation à Michael Reeves justement. Mais ce dernier décède et c’est Michael Armstrong, auteur d’un premier long The haunted house of horror qui prend les commandes de La marque du diable.

Dans une ville d’Europe imaginaire, Albino, un véritable sadique, et sa horde de brutes font régner la terreur en organisant des chasses aux sorcières sans autre but que de violer, torturer et voler impunément. Bien sûr, leurs cibles sont généralement des jeunes femmes fort jolies ou alors des savants en avance sur leur époque… Cette barbarie semble devoir cesser lorsque débarque le Comte Cumberland, assisté de son jeune élève idéaliste et pur. Il reprend la chasse aux sorcières mais d’une manière plus humaine. Mais les apparences sont trompeuses. Le Comte est tout aussi cruel, voire plus qu’Albino.

Contrairement au scénario du Grand inquisiteur qui s’appuyait sur l’existence d’un personnage historique, Matthew Hopkins, génialement incarné par Vincent Price, celui écrit par Roven et Sergio Casstner navigue en eaux troubles et ne s’appuie sur aucun fait historique. Ce qui n’empêche pas par moments La marque du diable d’être marqué (justement !) par une certaine authenticité. Cette crédibilité est due en partie à une reconstitution soignée tout en décors naturels même si la pauvreté du budget implique une mise en scène parfois étriquée à coup de cadrages serrés pour minimiser l’absence de figurants et le décor minimaliste.

La marque du diable est néanmoins resté célèbre dans le monde entier, enfin presque, grâce (ou à cause) de ses séquences de tortures particulièrement malsaines et crapoteuses: langues arrachées, peaux marquées au fer rouge, corps fouettés,  chairs lacérées. Rien ne manque à l’appel. L’éventail des tortures diverses est respecté comme dans tout bon produit d’exploitation de l’époque, qui derrière la critique de la chasse aux sorcières et ses méthodes inhumaines, prend un plaisir complaisant et douteux à filmer un spectacle peu reluisant.

Mais les amateurs de cinéma bis, habitués, seront aux anges et bien dans leur élément. A ne pas mettre entre toutes les mains. D’ailleurs, le film jamais sorti en salles en France, fut interdit dans de nombreux pays. Pour être honnête on a fait bien pire depuis.

(ALL/GB-1970) de Michael Armstrong avec Udo Kier, Herbert Lom, Reggie Nalder, Olivera Vuco, Herbert Flux, Michael Maien, Gaby Fuchs

Durée : 1h33

Langues : Anglais

Sous-titres : Français

Son : Anglais Dolby Digital 2.0 mono, Anglais Dolby Digital 5.1

Image : 1.66, 16/9eme comp. 4/3

 

Double DVD

– Boitier amaray avec jaquette réversible exclusive

SUPPLÉMENTS :

– Bande annonce originale

– Galerie Photos

– Fac-similé de 28 pages incluant une partie du fanzine de Norbert Moutier très rare :MONSTER BIS N°24 – Dossier  « Inquisition Torture Bourreaux »

– Entretien Udo Kier (11min)

– Entretien Herbert Fux (23min)

– Entretien Gaby Fuchs (11min)

– Entretien Ingeborg Schöner (9min)

– Entretien audio Herbert Lom (5min)

– Entretien Norbert Moutier (7min)

– Entretien Jacques Sirgent, directeur du « Musée des vampires » (Inquisition et Sorcellerie)

– Critique d’époque de Joe Dante, traduction et introduction du texte par Frank Lafond, auteur du livre « Joe Dante, l’art du je(u) ».

– Scènes coupées (7min)

– Radio spots d’époque

tj29


A propos de Manu

Docteur ès cinéma bis, Manu est un cinévore. Il a tout vu. Sorte d'Alain Petit mais en plus jeune, son savoir encyclopédique parle aux connaisseurs de films méconnus. Il habite près de Montpellier où il peut observer la faune locale : le collectif School’s out, l’éditeur le chat qui fume et l’éditeur Artus Films. Avec son air d’Udo Kier, il n’est pas exclu qu’on le retrouve dans une production de genre.


Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Commentaire sur “La marque du diable

  • esposito

    Merci pour la critique Manu; il me semble l’avoir vu… Sa jaquette dans le video club de mon quartier a longtemps hanté mon adolescence !