Feffs2019 : the lighthouse

Ces chroniques sont dédiées à Etienne Wehrlin, un ami parti trop vite à la fin du mois de septembre…

Cette année, le FEFFS attaquait très fort avec un film d’ouverture alléchant : The Lighthouse. Une bande-annonce traînait sur le net depuis quelques mois et nous montrait Robert Pattinson ainsi que Williem Dafoe grimés en vieux loups de mer et gardiens de phare.

Le pitch est très simple : deux hommes se retrouvent gardiens d’un phare après une traversée en bateau et la relève des deux précédents gardiens.

Le film démarre en trombe. La traversée en bateau est magnifique  et on nous propose un dispositif semblable à celui des Garçons sauvages. Esthétiquement, le film propose des choses époustouflantes et donne un cadre incroyable à cette histoire qui n’est qu’un huis clos. Le noir et blanc déchire littéralement l’écran : il propose des contrastes et une touche néoexpressioniste à couper le souffle. Les gros plans pour décrire les deux personnages sont incroyables et mettent en avant leurs trognes impayables. Le format carré souligne les liens de leur relation qui va évoluer. L’isolement, les légendes marines, le cadre de l’histoire et l’ivresse vont créer des rapports d’amitié et de domination.

Le réalisateur Robert Eggers est à l’origine du film. Il avait déjà réalisé The Witch en 2015. Ces deux films ont des éléments communs (la mise en scène léchée, le point de vue adopté durant le film, les légendes) qui sont mis en exergue dans The Lighthouse.

Le cinéaste adopte le point de vue du jeune Pattinson (difficile à reconnaître sous le maquillage qui le vieillit de 10/15 ans). L’isolement va altérer la raison du jeune homme et il va sombrer dans la folie. Le phare percuté par les vagues, le vent et tout le contexte vont faire que le jeune homme va peu à peu prendre son collègue pour une sorte de dieu marin perdu sur cet îlot. L’alcool (troisième acteur du film ?) est présent à chaque repas et renforce les tensions entre deux hommes de nature différente.

Une véritable osmose se créée entre l’esthétique recherchée et le jeu des deux acteurs : elle décrit deux âmes perdues sur un morceau de rocher de la Nouvelle-Angleterre au XIXème siècle. C’est là le point fort du film. La fin est un peu décevante comme souvent chez les productions A24 (Hérédité, Midsommar…) mais laissez-vous tenter par ce voyage qui peut être vu comme un conte fantastique.

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