Feffs 2019 : nuit excentrique

Moment très attendu chaque année, La Nuit excentrique a tenu à nouveau toutes ses promesses. Il faut dire que le programme était copieux : Ninja Terminator, Slips en vadrouille (what ???) et Masters of universe (ooohhh !).

La soirée est présentée via une vidéo par l’incontournable Jean-François Rauger et quelques bande-annonces sympathiques (mais pas aussi drôles que celles de Spermula ou autres oeuvres de karaté doublées à la Michel Leeb). Puis démarre Ninja Terminator. Comment dire… Ce film est difficile à résumer puisque son scénario disparaît très vite (Godfrey Ho a en fait utilisé deux films pour en faire un seul). Trois ninjas (Richard Harrison évidemment à leur tête) volent une partie d’une statuette qui rend invincible quand elle est entière.  D’autre ninjas vont vouloir récupérer cette statuette. Mais il y a également une histoire de type polar kung fu (des mafieux  trafiquent de la drogue). Le lien entre les deux histoires : Richard Harrison qui téléphone ou reçoit des coups de fil de la deuxième histoire. A noter : son très beau téléphone Garfield à la sonnerie improbable !

Le film est compliqué à suivre mais reste drôle par ses incohérences scénaristiques, par le jeu de Richard Harrison et par les doublages en français des années 1980 (ah ces voix !). Les trucages sont aussi délicieux puisque les ninjas disparaissent en utilisant des effets datant des premiers films au début du XXème siècle. Les apparitions de l’acteur principal valent leur pesant d’or : parfois en survêtement, parfois en treillis, il propose également un entraînement ninja sur une pastèque (deux fois me semble-t-il dans le film)…Bref un nanar essentiel !

Deuxième opus de la soirée, Slips en vadrouille valait aussi vraiment le coup d’oeil. Ce genre de comédie érotique soft était à la mode au début des années 1970, en pleine révolution sexuelle. Le scénario est simple : pour attirer davantage de clientèle, le propriétaire d’un hôtel en Bavière décide d’engager deux hommes, Bob et Bert. Les filles du proprio veulent également donner un coup de main et décident de ne plus mettre de culotte. Tout ceci fonctionne à merveille car l’hôtel devient rapidement complet !

Dans ce film, tout est drôle : les personnages stéréotypés à souhait (filles comme garçons), les doublages en français, les habits des personnages, les situations et le comique lourdingue. Slips en vadrouille est une sorte d’OVNI cinématographique à une époque où un marché existait pour ce type de film – on peut penser aux sexy comédies italiennes des années 1970 avec la divine Edwige Fenech.

Une mention spéciale est à donner aux deux énergumènes venus donner leur corps pour le bien de l’auberge. Leur look et leur doublage sont nazes tout au long du film pour le plus grand plaisir de spectateurs – la salle a beaucoup ri pendant une heure et vingt minutes.

Dernière pièce et joyau de la soirée, Masters of universe a tenu toutes ses promesses. Production Cannon improbable de 1987 réalisée par Gary Goddard, le film a coûté la bagatelle de 20 millions de dollars. Une énorme production. Tout cet argent pour ce résultat incroyable : Dolph Lundgren en slip. Que c’est drôle !

Tout le monde se rappelle évidemment de l’histoire. Sur la lointaine planète Aeternia, Skeletor étend son pouvoir et est sur le point de dominer toutes les populations. Un petit groupe de résistants se met en place : deux soldats, Musclor (interprété par l’impassible Dolph Lundgren dont la présentation en gros plans et plans rapprochés vaut le détour) et Gwildor, sorte de sorcier/ horloger qui peut voyager dans l’espace grâce à ses clés cosmiques.

Le film a un certain budget et cela se voit pour certains éléments (les matte painting du départ, certains maquillages – mais pas celui de Skeletor et certains décors cheap). Cependant le désastre démarre lorsque la petite troupe utilise la clé pour se retrouver…sur Terre évidemment dans une petite ville américaine (tout ceci coûte moins cher) où un couple de tourtereaux va se séparer : Kévin et Julie (interprétée par la toute jeune Courteney Cox dont c’est le premier rôle au cinéma).

Skeletor va vouloir récupérer cette clé et va donc envoyer des mercenaires sur Terre avant de s’y rendre lui-même.

Il est difficile de croire à cette histoire farfelue en tous points et de ne pas rire à ce qui devient sous nos yeux un authentique nanar : les blagues relous faites avec Gwildor, le costume de Lundgren, les mercenaires ridicules (ils se font dérouiller par des gamins et ça énerve Skeletor), deux ou trois remarques anticommunistes (normal on est dans les années 80 durant Reagan), les différents affrontements entre Skeletor et Musclor, une fin gnangnan à souhait (les gentils ont gagné et le policier qui accompagnait les héros reste à Aeternia, une planète bien plus cool que la Terre). Il faut avouer que les doublages en français ont bien aidé à plomber et à ridiculiser le film.

Une soirée culte pour des films cultes. De grands moments si rares dans l’année !

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