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Synopsis : Dans le Japon médiéval, Mugen et Jin, deux rônins que tout oppose, vont devoir mettre en suspens leur rivalité pour accompagner la jeune Fuu dans sa quête d’un mystérieux samouraï « à l’odeur de tournesol »… Un parcours de longue haleine qui va les voir traverser le pays de part en part, croisant sur leur chemin les figures usuelles du genre (tueurs à gages, ninjas, prêtres, samouraïs, moines, yakuzas, femmes fatales, homme de main…) mais également toute une galerie de freaks plus hallucinés les uns que les autres. D’épisodes en épisodes, l’objet de leur périple se fait d’ailleurs de plus en plus flou, alors que la recherche de nourriture pour ne pas mourir de faim accapare une partie croissante de leurs préoccupations quotidiennes… Critique du film : On ne va pas passer par quatre chemins, Samuraï Champloo est une série absolument jouissive et puissamment originale. Ce qui n’a somme toute rien de vraiment surprenant quand on sait que son auteur principal, Shinichiro Watanabe, s’était déjà brillamment illustré au travers de séries comme Macross + et surtout Cowboy Be-Bop, dont il avait également assuré les transcriptions en longs-métrages. La dernière d’entre-elles, notamment, cultivait déjà un univers en décalage des parangons du genre, récupérant à sa sauce les clichés usuels pour mieux les exploser, et privilégiant plus d’une fois ses atmosphères douces-amères à la résolution de l’intrigue proprement dite, un concept que Samuraï Champloo va pousser encore plus loin. Mais commençons par le commencement. La réalisation, comme souvent à l’heure actuelle, est irréprochable. Entouré de son équipe technique habituelle (à laquelle on doit également la parenthèse « animé » du premier volet de Kill Bill), Watanabe réalise un sans faute : cadrages, animation, décors, character design, choix des couleurs, bande-son, tout est absolument magnifique, et qui plus est doté d’une touche réellement personnelle, qui donne à la série une bonne partie de son cachet. Scénaristiquement, tout commence de façon plutôt classique, avec la mise en situation des trois personnages principaux : Mugen est un vagabond errant au style de combat anti-académique au possible, venu d’une île isolée à la sinistre réputation d’enfer sur terre. Arrogant, agressif, fort en gueule et nihiliste, il vit au jour le jour, profitant des plaisirs terrestres, sans jamais s’accorder le moindre temps de réflexion. Jin quant à lui est l’exact opposé de Mugen : orphelin recueilli dans une école d’arts martiaux réputée, sa technique de sabre est issue de la plus stricte tradition, au même titre que son code moral. Discret, peu causant et d’une rigueur exemplaire, il est cependant devenu un paria après avoir assassiné son maître et instructeur. Fuu enfin, jeune fille de quinze ans fraîche et pétillante, est extravertie et très féminine, et constitue la principale raison qui empêche ses deux acolytes de s’entretuer. À l’instar de Cowboy Be-Bop, qui dévoilait une SF loin du space-opera classique, teintée d’une bande-son jazz du meilleur aloi, Samuraï Champloo dégage rapidement une atmosphère envoûtante, clashant l’univers du chambara à celui de la culture hip-hop (bande-son du générique et des épisodes, découpage des épisodes en samples visuels, utilisation de scratchs, emprunts au breakdance dans la technique de combat de Mugen…) et multipliant les anachronismes (les lunettes de Jin, par exemple). L’ensemble reste cependant assez classique à son commencement, mais va progressivement basculer dans un n’importe quoi des plus réjouissants : un aparté historique sur les influences japonaises de Van Gogh, proféré par un policier obèse en mission spéciale, une société secrète composée de moines volants cultivateurs de cannabis qui fomente une révolution, un géant hollandais homosexuel (camouflé à grand mal en japonais standard) à la recherche de l’âme sœur, entrecoupent ainsi des passages plus typiques du film de sabre japonais traditionnel. Et la deuxième saison de partir dans la surenchère avec son concours de graff entre deux frères ennemis, son armée de zombies débarqués d’une météorite, ou encore son match de baseball loufoque opposant une équipe américaine à nos 3 héros (associés pour l’occasion à un ancien ninja reconverti en coach, un vieillard sénile, et un chien déconneur !) Qu’on se s’y trompe pas cependant, ce n’est pas non plus Le Collège Fou, Fou, Fou, et Shinichiro Watanabe ne manque pas de s’attarder, avec une certaine mélancolie, sur les différentes figures marginales qui peuplent le parcours du trio, parias en décalage perpétuel par rapport aux valeurs de la société de l’époque, et aux destins souvent chaotiques. Ce jonglage perpétuel entre les tons, rendu cohérent par l’atmosphère globale de la série évoquée plus haut, joue à part égale avec le charisme exceptionnel dégagé par les trois principaux protagonistes dans le charme inouï dégage par la série. Qui confirme, après visionnage de ses 26 épisodes, son statut hors norme dans un paysage « animé » où le mélange des genres aboutit rarement à d’aussi réussis résultats. Damien |
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| Damien | 9/10 |
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