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Synopsis : Dans un futur proche, le peuple américain est victime d’une dépendance dramatique à la substance M, M comme Mort, une drogue très puissante et destructrice. Fred est un espion du gouvernement dont la tache est d’infiltrer un petit groupe de toxicos qu’il connaît bien, mais les choses se compliquent lorsqu’il devient lui-même dépendant et sujet au dédoublement de personnalité. Critique du film : Tiré d’un roman de Philip K. Dick, dont les adaptations de Blade Runner, Total recall et Minority report placent la barre haute, A Scanner Deadly bénéficie (ou souffre) d’une technique visuelle originale, sorte de rotoscopie digitalisée donnant de curieuses sensations au spectateur. Les profondeurs de champs semblent se superposer en deux dimensions et donnent parfois le tournis, mais l’ensemble n’est pas sans séduire. Passé l’accoutumance, terme adapté ici, l’on peut se concentrer sur l’histoire, scénario d’anticipation assez attendu où la grande histoire, l’abêtissement des masses, rejoint la petite, celle d’un agent-double perdu dans ses repères et pris au piège. Elle devient d’ailleurs plus intéressante par la faculté des espions à se recouvrir d’une combinaison caméléon où personne ne peut les reconnaître, visuellement assez réussie. C’est sous cette forme que le supérieur de Fred, notre pauvre héros, masqué lui-même, lui demande de surveiller Bob, l’un des quatre toxicos que les services du gouvernement surveillent, suspecté d’être le plus dangereux. Le problème est que Fred est Bob. La froideur dégagée par le procédé technique n’aide pas à notre empathie pour les personnages. Le réalisateur tente de compenser en développant l’ambiance junkie du petit groupe, soumis à des effets pour le moins nocifs à type d’hallucinations souvent à base d’insectes. Ils déconnent à fond et sont constamment au bord de l’explosion. Il compense aussi en introduisant un personnage féminin dont le rôle s’avérera central et dont les formes ne souffrent pas, elles, de la technique. Enfin, le réalisateur s’amuse du cul-de-sac imposé à Fred, nous rappelant ces histoires de flics impliqués dans leur propres enquêtes ou astreints d’enquêter sur…eux-mêmes, à la Police Python 357. La paranoïa est de mise mais finalement assez peu exploitée, au profit du conflit interne du héros dont la justification anatomique par la dissociation des deux hémisphères cérébraux est un peu fumeuse. Malgré la révélation du final, le film ne décolle jamais vraiment. Sans être mauvais, il imprime plus son souvenir par l’originalité de son visuel que par sa qualité générale. Frustrant, même, quand la seule fois que je vois cette belle hystéro-kleptomane de Winona en topless, c’est en dessin animé ! Bon, Keanu reste Keanu, en synthèse ou en live. Impavide et faussement nerveux. Rico
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| Note | |
| Jérôme | 8/10 |
| Emmanuel | 4/10 |
| Léo | 4/10 |
| Eric | 5/10 |
Adaptation fidèle du très bon bouquin de Dick, les meilleurs moments du flim en sont tirés à la ligne près (le dialogue sur les vitesse du VTT). Par contre, dès qu'on s'éloigne du texte, eh bien ça devient un peu foireux, comme la fin de la fin et son message d'espoir qui est très très loin de la conclusion de Philip Kindred. L'effort uniquement visuel cache mal le manque d'appropriation de l'oeuvre, de remise en forme, d'interprétation, enfin.
Reste une scène absolument phénoménale : celle de l'overdose du junkie cafardomane, avec l'alien aux mille yeux à son chevet. Elle dure 90 secondes. Je ne sais pas si ça vaut la peine de s'infliger une heure et demie de mal de crâne coloré façon GTA pour ça.
Après, sur Dick et en apparté, je ne saurais recommander trop chaudement la lecture de "Je suis vivant et vous êtes mort" d'Emmanuel Carrère, chez Points Seuil. Une des biographies les plus bizarrement troussées du monde littéraire, par un écrivain fou français, sur un écrivain fou américain. On y trouve quelques clés pas inutiles pour déboîter l'oeuvre du Maître de Metz, y compris sur la période des drogues décrite dans "Scanner Darkly".
Et ça se lit vraiment comme un bouquin d'horreur.
Pour la rotoscopie gloubiboulesque, je n'ai effectivement pas trouvé de raison... Cacher la misère, peut-être... Mais euh je viens d'avoir un flash. n'est-ce pas lié au titre ? En fait il y a une expression "through a glass darkly". J'ai jamais compris ce que ça veut dire mais en gros je devine qu'on voit trouble à travers... A scanner darkly doit être dérivé de cette expression et donc expliquerait la vision déformé, grossière, produite par l'effet spécial.
J'ai adoré le dialogue sur les vitesses du vtt. Mais j'ai pas compris si les perso font exprès d'être cons ou s'ils le sont vraiment. Parce que bon, faut vraiment avoir aucune notion de mécanique. Et quelques scènes plus tard, ils réparent en deux minutes le moteur de leur bagnole avec toutes les explications techniques. Très marrant.
Dommage.
Je crains hélas qu’il y a plein de gens dans le monde qui s’intéressent plus aux toilettes (dans tous les sens du terme) d’une certaine héritière médiatisée qu’au Festin nu. Ou que n’importe quel truc barré en général.
Sinon, je puis désormais vous révéler la Vérité, toute nue et lascive. Voilà, la rotoscopie est de Ralph Bakshi et A Scanner Darkly est le dernier volet de sa trilogie d’Héroïc-fantasy commencée avec Lord of the Rings 1978 et Tygra, la Glace et le Feu. Comment ça, j’ai faux ?
Pierre Tchernia Speaking.
Un must, qui reste longtemps en mémoire, comme une persistance rétinienne...
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