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	<title>Cinétrange &#187; Japon</title>
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	<description>Les films les plus bizarres en dvd</description>
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		<title>Rétrospective Kiyoshi Kurosawa</title>
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		<pubDate>Sun, 12 Feb 2012 17:57:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[Japon]]></category>
		<category><![CDATA[Séances Ciné]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; du 14 mars au 19 avril 2012 à la cinémathèque française &#160; C’est à la fin des années 90 que le public découvre le cinéma de Kiyoshi Kurosawa avec Cure en 1997, Charisma 1999 et Kairo en 2000. &#160; Tokyo Sonata, prix du jury au festival de Cannes 2008 l’imposera comme un nouveau talent [...]]]></description>
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<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-6804" title="loft" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2012/02/loft.jpg" alt="" width="576" height="320" /></p>
<p><strong>du 14 mars au 19 avril 2012 à la cinémathèque française</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>C’est à la fin des années 90 que le public découvre le cinéma de Kiyoshi Kurosawa avec Cure en 1997, Charisma 1999 et Kairo en 2000.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Tokyo Sonata, prix du jury au festival de Cannes 2008 l’imposera comme un nouveau talent incontournable.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Prolifique cinéaste ayant débuté dans la série B et les productions de genre, Kiyoshi Kurosawa a bâti une oeuvre indiscutablement personnelle, saluée régulièrement dans les grandes manifestations internationales. Il est considéré comme un véritable artiste de la peur et de l’angoisse, mais les règles de l’épouvante cinématographique sont souvent, chez lui, un prisme à travers lequel il observe l’histoire culturelle et la réalité sociale du Japon. Son art de la mise en scène contribue à faire de ses films parmi les plus effrayants jamais réalisés. Mais ceux-ci sont, tout autant que des récits terrifiants, de profondes et subtiles interrogations philosophiques.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Cette rétrospective est l’occasion de faire un retour sur son parcours riche et mouvementé et de découvrir ses premiers films, ceux destinés au marché de la vidéo ainsi que les épisodes de séries réalisés pour la télévision.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Jeudi 15 mars, Kiyoshi Kurosawa par Kiyoshi Kurosawa, une leçon de cinéma</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Animée par Jean-François Rauger</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>« En ce qui me concerne, je ne ressens pas l’existence des fantômes même si je ne la nie pas à 100%. Je crois que ce qui apparaît dans un film existe, que ce qui ne s’y montre pas n’existe pas. Si le fantôme est à l’écran, il existe (…).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>J’essaie de montrer les évènements décisifs en un seul plan, comme par exemple le fait qu’un fantôme se tienne soudain debout à tel endroit. C’est un principe de base au cinéma, dans les films dignes de ce nom : l’évènement crucial se déroule sans montage. »</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Kiyoshi Kurosawa, 2008.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Lundi 19 mars, conférence de Diane Arnaud : Kiyoshi Kurosawa : un cinéma de la survie et de l’oubli</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>À travers les différents genres, films noirs et fictions d’horreur, qu’il a revisités de manière inédite, Kiyoshi Kurosawa n’a cessé de filmer l’existence comme une épreuve radicale de la survie. Les héros de ses films, engourdis et décalés, croisent leurs doubles ou des fantômes du passé tandis que la mise en scène, elle, travaille la vie au présent.</p>
<p>Plus d&#8217;infos : <a href="http://www.cinematheque.fr/fr/dans-salles/hommages-retrospectives/fiche-cycle/kiyoshi-kurosawa,444.html" target="_blank">http://www.cinematheque.fr/fr/dans-salles/hommages-retrospectives/fiche-cycle/kiyoshi-kurosawa,444.html</a></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Underwater love (onna no kappa)</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Nov 2011 17:45:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comédie]]></category>
		<category><![CDATA[Erotisme]]></category>
		<category><![CDATA[Japon]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Dvd]]></category>

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		<description><![CDATA[D&#8217;un point de vue occidental, les Japonais ont un rapport étrange avec les créatures marines, et plus généralement avec les choses de la nature, qu&#8217;elles soient animales ou végétales. Dans le folklore nippon, un kappa est un petit esprit de la nature, qui se matérialise sous la forme d&#8217;une tortue anthropomorphe. Pour survivre, le kappa [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>D&#8217;un point de vue occidental, les Japonais ont un<a href="http://www.nouvellechair.com/litterature/human-nature/" target="_blank"> rapport étrange avec les créatures marines</a>, et plus généralement avec les choses de la nature, qu&#8217;elles soient animales ou végétales. Dans le folklore nippon, un kappa est un petit esprit de la nature, qui se matérialise sous la forme d&#8217;une<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Kappa_(mythologie)" target="_blank"> tortue anthropomorphe</a>. Pour survivre, le kappa doit être humidifié en permanence. Il se nourrit exclusivement de concombres.</p>
<p><em>Underwater love</em> est un authentique Pinku Eiga, qui respecte le cahier des charges du genre. Doté d&#8217;un petit budget, le film doit contenir au moins trois ou quatre scènes de sexe, plutôt explicites. Généralement, on obtient une espèce de mutant qui se situe entre sexploitation et film d&#8217;auteur.</p>
<p>Asuka travaille chez un poissonnier installé au bord d&#8217;un lac. Fiancé au patron de l&#8217;entreprise, elle souhaite se marier très prochainement. Mais c&#8217;est à ce moment qu&#8217;Asuka rencontre un kappa. Elle découvre que la créature s&#8217;appelle en fait Aoki, et qu&#8217;il est un ancien amoureux du lycée, mort noyé dans un marécage, puis réincarné en tortue. Aoki va tout faire pour passer du temps avec Asuka et il va même tenter de la séduire. C&#8217;est sans compter le Dieu de la mort (un fumeur rasta japonais à la robe bariolée) qui va bouleverser le destin du couple.</p>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-6737" title="kappa1" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/11/kappa1-600x366.jpg" alt="" width="600" height="366" /></p>
<p>Le look du kappa constitue déjà une bonne tranche de rigolade puisqu&#8217;il s&#8217;agit clairement d&#8217;un homme dans un costume vaguement bricolé (une carapace collée sous la chemise, un bec accroché avec des élastiques). L&#8217;intrigue amoureuse est un peu simplette et donne lieu à quelques instants comiques légers. Le kappa tient plus du reptile que de l&#8217;humain et son organe sexuel est aussi impressionnant que monstrueux. Pourtant, cela ne rebute pas les jeunes filles qu&#8217;il croise, bien au contraire. Même si le membre a l&#8217;air d&#8217;être fait de plastique, les scènes érotiques impliquant le monstre sont clairement à connotations zoophiles !</p>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-6738" title="Underwater Love" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/11/Underwater-Love--600x337.jpg" alt="" width="600" height="337" /></p>
<p>La plus-value du film vient de ses incursions dans la comédie musicale. Les chorégraphies sont loin d&#8217;être professionnelles, d&#8217;ailleurs souvent c&#8217;est un peu n&#8217;importe quoi, mais elles sont faites avec un enthousiasme très communicatif. On finit par adhérer totalement au trip grâce à la musique de <a href="http://www.stereototal.de" target="_blank">Stéréo Total</a>, groupe electro-punk au genre indéfinissable. La chanteuse, Françoise Cactus, a interprété des chansons dans plusieurs langues : français, anglais, allemand et elle n&#8217;hésite pas à se lancer dans la pop japonaise avec un fort accent français. Peu importe, car associé à des rythmes entraînants, cela donne un charme kitsch irrésistible à l&#8217;ensemble.</p>
<p>OFNI à découvrir pour se changer les idées, <em>underwater love</em> rejoint dans son final la mythologie japonaise lorsque Aoki et Asuka s&#8217;enfoncent dans la forêt, à la rencontre d&#8217;autres kappas (avec toujours plein de costumes sophistiqués tels que des peignoirs). Ce patchwork foutraque est mis en scène par Shinji Imaoka, réalisateur d&#8217;autres films roses, et photographié par le célèbre Christopher Doyle (chef photo australien expatrié en Asie), et donc mis en musique par Stereo Total.</p>
<p><em>Ca se regarde sur dvd, au Royaume-Uni, chez l&#8217;éditeur Third Window Film. Des sous-titres anglais sont disponibles. Disponible à partir du 21 novembre 2011.</em></p>
<p><center><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/cjiX4JIyA4c" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center></p>
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		<title>Underwater love</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Sep 2011 19:37:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Attaque animale]]></category>
		<category><![CDATA[Bandes-annonces]]></category>
		<category><![CDATA[Comédie]]></category>
		<category><![CDATA[Japon]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans la lignée des pinku eiga, autrement dit des films érotiques japonais, Underwater love raconte l&#8217;histoire d&#8217;amour entre une femme et une créature marine. Réalisée par Shinji Imaoka et photographiée par le célèbre Christopher Doyle, cette bizarrerie est aussi une comédie musicale. On m&#8217;assure que le film a été tourné en 5 jours et demi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans la lignée des pinku eiga, autrement dit des films érotiques japonais, <em>Underwater love</em> raconte l&#8217;histoire d&#8217;amour entre une femme et une créature marine. Réalisée par Shinji Imaoka et photographiée par le célèbre Christopher Doyle, cette bizarrerie est aussi une comédie musicale. On m&#8217;assure que le film a été tourné en 5 jours et demi et en une seule prise. Pour parfaire le délire déjà bien avancé, la musique est composée par Stéréo Total, groupe berlinois dont fait partie une chanteuse d&#8217;origine française. Le style de Stéréo Total se situe &laquo;&nbsp;entre punk rock essentiel et easy listening hype&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Ca ne sortira probablement pas chez nous mais les habitants du Royaume-Uni pourront en profiter dans les salles en Octobre et en dvd en Novembre.</p>
<p style="text-align: center;"><iframe src="http://www.youtube.com/embed/PEw0_xKmBkM" frameborder="0" width="560" height="315"></iframe></p>
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		<title>3ème festival Terracotta</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Apr 2011 14:13:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chine]]></category>
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		<description><![CDATA[Du 5 au 8 mai à Londres, aura lieu la troisième édition du Festival Terracotta, dédié à tous les films d&#8217;extrême-orient. On pourra y voir : The lost bladesman, Hotel Black Cat, The tiger factory, Revenge : a love story, Man of vendetta, Helldriver (le nouveau Yoshihiro Tokyo Gore Police Nishimura), Petty romance, Choy Lee [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Du 5 au 8 mai à Londres, aura lieu la troisième édition du Festival Terracotta, dédié à tous les films d&#8217;extrême-orient. On pourra y voir : The lost bladesman, Hotel Black Cat, The tiger factory, Revenge : a love story, Man of vendetta, Helldriver (le nouveau Yoshihiro Tokyo Gore Police Nishimura), Petty romance, Choy Lee Fut, Yakuza weapon, Child&#8217;s eye (Pang brothers), Red light revolution, Karate girl, Gallants, Milocrorze a love story.</p>
<p>Pour plus d&#8217;infos : <a href="http://www.terracottafestival.com/" target="_blank">www.TerracottaFestival.com</a></p>
<p>La bande-annonce du festival</p>
<p><center><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="560" height="349" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/q0nf_MznqZQ?fs=1&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="560" height="349" src="http://www.youtube.com/v/q0nf_MznqZQ?fs=1&amp;hl=fr_FR" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></center></p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6428" title="Jmpp7h" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/04/Jmpp7h.jpg" alt="" width="600" height="842" /></p>
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		<title>Tokyo Gore Police</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Mar 2011 21:23:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Manu</dc:creator>
				<category><![CDATA[Gore]]></category>
		<category><![CDATA[Japon]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Blu-Ray]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Dvd]]></category>

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		<description><![CDATA[Une nouvelle vague de cinéastes japonais compte bien prendre la relève des Takashi Miike, Hideo Nakata, Kiyoshi Kurosowa et consorts. Issus du porno ou du manga trash, des francs tireurs livrent des films ultra gores, décomplexés et extrêmes dans leurs propos. Après Machine girl et Meatball machine, voici que débarque ce Tokyo gore police au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6352" title="tgp2" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/03/tgp2.jpg" alt="" width="600" height="338" /></p>
<p>Une nouvelle vague de cinéastes japonais compte bien prendre la relève des Takashi Miike, Hideo Nakata, Kiyoshi Kurosowa et consorts. Issus du porno ou du manga trash, des francs tireurs livrent des films ultra gores, décomplexés et extrêmes dans leurs propos. Après <em>Machine girl</em> et <em>Meatball machine</em>, voici que débarque ce <em>Tokyo gore police</em> au titre on ne peut plus explicite. Amateurs de fantastique subtil avec des fantômes aux cheveux gras, passez votre chemin. Bienvenue dans un univers fun, politiquement incorrect et ultra-sanglant.</p>
<p>Tourné en numérique avec un style d’image très lisse, le début peut agacer. Mais en moins d’une minute, le ton est donné. L’esthétique sitcom est vite balayée par une séquence d’ouverture « explosive » (la tête d’un flic qui se fait littéralement exploser). Le contraste entre l’apparente mièvrerie de l’enrobage visuel (musique pop, voix off d’une gamine) et la violence pleinement assumée de la scène, détonne. Ce préambule fracassant n’est qu’un avant goût de ce que nous réserve la suite. On découvre alors une jeune femme flic, Ruka, spécialisée dans la traque des mutants, des êtres assoiffés de sang capables de se greffer des armes à la place de leurs membres. Peu loquace, déterminée et solitaire, Ruka est obsédée par le meurtre de son père. Sa quête de vengeance la mène à combattre ces mutants avec une détermination inouïe. Le cinéaste enchaîne alors les morceaux de bravoure à la vitesse grand V. Les geysers d’hémoglobine tâchent constamment l’écran, les organes se vident des corps mutants dans un montage hystérique à la limite du n’importe quoi. Intrigant au départ, on dit que l’on va se lasser de ce déballage de tripaille filmé avec une frénésie aussi jouissive qu’épuisante. Heureusement, <em>Tokyo Gore police</em> est plus intelligent qu’il ne le paraît au premier abord. Loin de la pure provocation gratuite, cet ovni marque des points grâce à une ironie mordante, jalonnant le long métrage du début à la fin. Toutes les publicités ponctuant régulièrement le film (le délirant spot sur les vertus du rasoir) renvoient explicitement au cinéma génial de Paul Verhoeven et particulièrement à <em>Robocop </em>et à <em>Starship Troopers</em>, influences majeures du cinéma de genre japonais.<br />
Le discours politique sous-jacent, critique à peine voilée d’une société consumériste et fascisante, vantant constamment les mérites d’une police pour le moins radicale, prend même une tournure quasi-anarchique dans une deuxième partie pamphlétaire et enragée dans laquelle plus aucun doute n’est permis. Le cinéaste se livre sans arrière pensée à une charge irresponsable et extrême contre l’ordre établi. Cette vision politique peut paraître facile et un brun naïve mais elle n’ en demeure pas moins percutante.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6353" title="tgp1" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/03/tgp1.jpg" alt="" width="600" height="450" /></p>
<p>La force du meilleur cinéma d’exploitation est poussée jusque dans ses derniers retranchements. Le but est de livrer un spectacle outré, excessif, transgressif, vomissant sans pudeur tout ce qui se fait de plus trash dans l’underground japonais : gode filmé en gros plan, humour douteux, membres sectionnés, mutations grotesques à l’image de la jeune fille et son vagin géant et agressif, rien ne nous est épargné. Seul l’érotisme paraît gentillet dans ce film de vengeance moderne et stylisé, référentiel et osé, expérimental et potache. Entre le brûlot constestataire et le divertissement trash, <em>Tokyo gore police </em>dispose aussi de la sublime plastique de Eichi Shiina, l’héroïne <em>d’Audition</em>, digne héritière des Reiko Ike ou Miki Sugimoto .</p>
<p>Si l’hystérie d’un montage en roue libre peut agacer, <em>Tokyo gore police</em> brille souvent par une mise en scène inventive et variée (beau travail du chef op qui alterne les couleurs chaudes et les tonalités blafardes avec intelligence) et surtout par un scénario soigné et retors, soulignant la supériorité du film par rapport aux autres expériences du genre.</p>
<p>Le film transcende son aspect provoc à deux balles par une ingéniosité graphique et narrative, renvoyant les films de Sinshy Tsukamato à de simples bluettes. Une excellente surprise.</p>
<p><em>(JAP-2008) de Yoshihiro Nishimura avec Eichi Shiina, Itusji Itao, Jui Bu</em></p>
<p><em>Edition Elephant films. Disponible en blu-ray et dvd . Durée : 98 mn. Format : Full hd 1920 x 1080. 1 -  1.85. Langues : Français 5.1 dts HD Japonais 5.1 dts HD. Sous-titres : Français. Supplément : Bandes Annonces</em></p>
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		<title>Spiderman japonais</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Mar 2011 20:40:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Japon]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéo Star]]></category>

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		<description><![CDATA[]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><object width="560" height="349"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/3MxGtH-2duM?fs=1&amp;hl=fr_FR"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/3MxGtH-2duM?fs=1&amp;hl=fr_FR" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="560" height="349"></embed></object></p>
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		<title>Saragosse Vs Roman Porno</title>
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		<pubDate>Sat, 12 Feb 2011 16:06:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Léo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Erotisme]]></category>
		<category><![CDATA[Japon]]></category>
		<category><![CDATA[Pologne]]></category>

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		<description><![CDATA[LE MANUSCRIT TROUVE A SARAGOSSE (Wojciech HaS &#8211; 1965) Drôle de carrière pour ce film de 180 minutes, petite merveille du cinoche polonais distribué chez nous à l&#8217;époque dans des versions charcutées. La restauration de l&#8217;ultime copie intégrale, retrouvée dans le grenier de Has, a été financée par M. Scorsese il y a peu : [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>LE MANUSCRIT TROUVE A SARAGOSSE (Wojciech HaS &#8211; 1965) </strong></p>
<p>Drôle de carrière pour ce film de 180 minutes, petite merveille du  cinoche polonais distribué chez nous à l&#8217;époque dans des versions  charcutées. La restauration de l&#8217;ultime copie intégrale, retrouvée dans  le grenier de Has, a été financée par M. Scorsese il y a peu : à nous  les trois heures de bagenaudes dans le roman alambiqué de Jan Potocki.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6279" title="rekopis znaleziony w saragossie1" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/02/rekopis-znaleziony-w-saragossie1.jpg" alt="" width="600" height="432" /></p>
<p>LE MANUSCRIT est, à l&#8217;origine, un roman bizarre du début du XVIIIè  siècle, écrit en français par un Polack et dont l&#8217;action prend place en  Espagne. C&#8217;est à la fois une sorte d&#8217;hommage au QUICHOTTE et un  formidable récit-monde, à la manière du DECAMERON ou des MILLE ET UNE  NUIT. Sur le récit principal, celui du voyage d&#8217;un noble Wallon dans les  montagnes d&#8217;Estramadure, les histoires parallèles pullulent et se  contaminent. Au sein d&#8217;un rêve, le héros fait la connaissance d&#8217;un  personnage qui raconte le récit de sa vie, au cours de laquelle il a  fait la connaissance d&#8217;un quidam qui, partageant des épisodes de son  passé, lui révèle avoir lié amitié avec un bavard, qui s&#8217;est empressé de  lui narrer, etc.</p>
<p>Le film de Has, s&#8217;il ne reprend qu&#8217;une infime partie du livre, parvient  tout de même, dans son dernier tiers, à un quintuple enchâssement, dans  lequel on ne cesse de monter et de descendre de niveau. Et ça se  complique encore quand on réalise que les histoires s&#8217;interpénètrent,  que les récits s&#8217;entrecroisent, les chutes de l&#8217;une éclairent à rebours  le déroulé de l&#8217;autre, ou viennent contredire une version précédente du  récit&#8230; Le résultat, grisant, relève à la fois du récit sur le récit et  du grand huit, duquel on redescend ravi, bouldingué par le cours  torrentiel des narrations. Avec l&#8217;impression confuse, aussi, qu&#8217;une fois  la machine emballée, il n&#8217;y a aucune nécessité à ce qu&#8217;elle s&#8217;arrête un  jour.</p>
<p>La mise en scène de l&#8217;adaptation est virtuose et étonnante, aucun  procédé autre que le montage ne venant signaler les changements de mode  de récit. On pense aux grands Fellini, pour l&#8217;élégance de la photo noir  et blanc, l&#8217;énergie, l&#8217;aspect hétérodoxe. Il paraît clair, aussi, que ce  film a largement inspiré la TRILOGIE DE LA VIE de Pasolini, tant dans  son rapport à la littérature qu&#8217;au propos qui tenu, sur la griserie du  conteur, la joie de vivre, le plaisir de dire. On s&#8217;amuse également de  ce procédé que reprendra P.P. qui consiste à faire causer ses  personnages en V.O. : les bandoleros causent polonais comme Shéhérazade  jactera rital, ce n&#8217;est qu&#8217;un pas de plus de notre plongée dans le rêve.</p>
<p>Les acteurs, amenés à parcourir tous les registres des aventures  possibles, offrent des compositions remarquables, allant du jeu nuancé à  la farce outrancière, au fur qu&#8217;ils passent de la bluette à la farce au  drame au récit édifiant. Les scènes, souvent filmées de derrière une  fenêtre, au travers d&#8217;un cadre, signalent en permanence l&#8217;importance la  mise en abyme et la rendant, tout en la rendant inopérante. Le  spectateur ne pense plus qu&#8217;on lui raconte une histoire : il est en  plein rêve et ne veut pas connaître le terme.</p>
<p>Pourquoi raconter des histoires ? Le XVIIIème, auquel le livre de  Potocki se rattache entièrement (on pense aux MEMOIRES de Casanova, aux  œuvres métaleptiques Diderot), a accouché du genre romanesque en posant  et reposant cette unique question. Et si la plupart des récits que  rapportent les films sont en réalité de l&#8217;ordre de la nouvelle (&laquo;&nbsp;une  bonne histoire, une bonne histoire, une bonne histoire&nbsp;&raquo;), LE MANUSCRIT  fait un vrai hommage à ce qui constitue le roman : l&#8217;élaboration d&#8217;un  monde, univers clos, artificiel, au sein duquel les histoires peuvent  s&#8217;ébattre, croître, vivre. Un film-labyrinthe, oui, dans le sens ou  L&#8217;ETE DE LA DERNIER ETREINTE n&#8217;est PAS un film-labyrinthe. Ni LA CHAMBRE  NOIRE, d&#8217;ailleurs.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6280" title="ete-de-la-" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/02/ete-de-la-.jpg" alt="" width="600" height="398" /><br />
<strong><br />
L&#8217;ETE DE LA DERNIER ETREINTE (Nureta Shumatsu, 1979)<br />
LA CHAMBRE NOIRE (Kirio Uriyama, 1983) </strong></p>
<p>Les &laquo;&nbsp;romans pornos&nbsp;&raquo; de la Nikkatsu, films érotiques nippons, ont gagné  en notoriété ces dernières années, avec la reconnaissance progressive du  boulard comme genre cinématographique respectable. Après le western, le  giallo, le gore et etc., c&#8217;est le cul qui se taille doucement une place  dans le monde très select de la critique critiquante. Adoubement  simplifié, dans le cas de ces films particuliers, par le fait qu&#8217;ils  restent très à-côté du porno archétypal, puisqu&#8217;ils sont scénarisés,  joués et réalisés avec un assez grand soin. Ils sont aussi souvent  porteurs de récits dans lequel le sexe n&#8217;est pas nécessairement au centre.</p>
<p>Dans l&#8217;ETE, on suit les tribulations sensuelles, socioprofessionnelles  et existentielles d&#8217;une secrétaire de direction que son boss a pris pour  maîtresse. A la fois partenaire du moustachu, amie de sa femme et nurse  de leur gamine, elle attend que Monsieur veuille bien faire son coming  out et changer de foyer. La trentaine fond sur elle, accompagnée des  préjugés sociaux à l&#8217;égard des femmes célibataires. Heureusement, un  jeune trotskyste débile cherche à la cambrioler un soir de solitude,  mettant un peu de piment dans sa vie.</p>
<p>Le cul, dans ce petit film, n&#8217;est que prétexte, qu&#8217;outil. Si les corps  que l&#8217;on y croise sont jolis et plutôt mis en valeur dans les scènes  nues, on sent que le propos n&#8217;est pas là. Que le désir de notre héroïne  de prendre en main sa sexualité est moins fort que celui de gérer sa  vie, entièrement, de s&#8217;émanciper des pressions et du qu&#8217;en dira-t-on. On  gratouille, semble-t-il, quelque chose de sensible dans la mentalité  d&#8217;alors, le film oscillant dans le jugement à porter sur la gueuse, en  même temps encouragée à fuir et dénoncée pour sa monstruosité.</p>
<p>LA CHAMBRE NOIRE est plus long, plus pénible, et toujours aussi peu  explicite. Là on est carrément dans l&#8217;existentiel mou, avec la  présentation des affres d&#8217;un écrivain quarantenaire, hanté par une  infidélité potentielle de sa femme, décédée depuis dix ans.</p>
<p>Le film suit ses aventures, enchaînées à un rythme de tortue sous  valium, et avec une telle subtilité scénaristique que le récit en  devient filandreux, presque abstrait. Le personnage principal  n&#8217;engendrant aucune sympathie, on a du mal à le suivre sans bâiller dans  ses pérégrinations artistico-érotiques. D&#8217;autant que, plus encore que  dans l&#8217;ETE, le pacte narratif porno est trahi par des scènes  grossièrement simulée : on y baise bruyamment et à côté des trous.</p>
<p>Le rapport à la sexualité est dans les deux cas, très marqué par le  rapport à la société. On parle beaucoup de mariage, de concubinage,  d&#8217;avortement, et beaucoup moins d&#8217;amour, de plaisir. Les femmes tentent  de jouer un rôle plus complexe que celui d&#8217;objet de plaisir, on sent que  la révolution sexuelle est passée par là. Mais la vision du cul reste  assez désespérément machistes. Les rapports forcés y sont légions et  toujours satisfaisants pour celles qui les subissent. L&#8217;évolution des  relations passe invariablement par la soumission, les coups, la trahison  par l&#8217;amant. Les lesbiennes sont contre-nature, l&#8217;homosexualité  masculine jamais évoquée, et si l&#8217;héroïne de l&#8217;ETE revendique son droit  à jouir, elle semble ne pouvoir le faire que dans la contrainte et avec  ceux qu&#8217;elle n&#8217;aime pas&#8230;</p>
<p>Histoires étranges, donc, de ces films qui ne parlent pas de ce dont ils  causent. En tant que témoignage schizophrénique, l&#8217;ETE n&#8217;est vraiment  bon que dans ses séquences Kean Loach, où l&#8217;on découvre les faubourgs de  Tokyo, les banlieues pauvres, l&#8217;envers de la success story des  seventies. Quant à LA CHAMBRE NOIRE, les rares beaux moments sont dans  les creux, dans une scène onirique en bord de mer, une vadrouille à la  campagne, des visions psychés d&#8217;une mort en approche.<br />
L&#8217;un comme l&#8217;autre sont des récits angoissés, imprégnée sans doute de  l&#8217;esprit de leur temps, dans lequel le plaisir est toujours contrarié,  l&#8217;ordre social instable et la sexualité entachée de violence et de  morbidité.</p>
<p>*</p>
<p>A ma droite un film rêveur, alambiqué, léger, dans lequel on épouse deux  femmes à la fois, on fait la nique à l&#8217;Inquisition et se régale de mets  fantômes. A ma gauche des récits programmatiques et linéaires qui, sous  prétexte de nous exciter, tiennent un discours inquiet sur le monde  tel-qu&#8217;il-est. A quinze ans et des milliers de kilomètres d&#8217;écart, la  joie de raconter s&#8217;est muée en nécessité inquiète. On ne célèbre plus  les histoires sans fin, on se préoccupe de deviner comment cela va bien  pouvoir finir.<br />
C&#8217;est le XVIIIè le plus libertin qui a engendré le romantisme et la  vague de de pudibonderie du XIXè. A peine la décennie 1960 achevée,  voilà que les émancipations recommencent à calcifier, que ce qui  semblait évident se remet à poser question. Et où sommes-nous à présent ?<br />
Qui sommes-nous ? Quand est-ce qu&#8217;on mange ?</p>
<p>*</p>
<p>LES CINQ CONTEURS DE BAGDAD de Fabien Vehlmann (scénar) et Franck  Duchazeau (dessin), a paru chez Dargaud en 2006. C&#8217;est un one-shot  d&#8217;environ 80 planches, qui vaut largement son pesant d’houmous.</p>
<p>LE MANUSCRIT TROUVE A SARAGOSSE de Wojciech Has (réal) a été édité en  DVD il y a un an ou deux, distribué par Malavida. Une édition de  référence du roman de POTOCKI a été établie dans les années 2000 pour  José Corti, on en trouve aussi des versions moins complètes et moins  chères en poche.</p>
<p>L&#8217;ETE DE LA DERNIER ETREINTE et LA CHAMBRE NOIRE sont des films pas très  coquins produits par la Nikkatsu et édités en DVD l&#8217;an dernier par Wild  Side, dans leur collection L&#8217;Âge d&#8217;or du Roman Porno Japonais.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6281" title="chambre-noire-la-affiche" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/02/chambre-noire-la-affiche.jpg" alt="" width="600" height="850" /></p>
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		<title>Mutant Girls Squad</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Feb 2011 19:05:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
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		<title>Tôhô, le rêve américain</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Feb 2011 22:09:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Japon]]></category>
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		<description><![CDATA[Du 8 février au 31 mars 2011, à la Maison de la Culture du Japon à Paris : &#171;&#160;Produit de la fusion en 1937 d’une société aux idées progressistes (la P.C.L. qui réalisa des chefs-d’œuvre comme Pauvres humains et ballons de papier), d’un petit studio de Kyôto (J.O. Studio) et d’une structure de distribution financée [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6245" title="godzilla" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/02/godzilla.jpg" alt="" width="600" height="399" /></p>
<p>Du 8 février au 31 mars 2011, à la Maison de la Culture du Japon à Paris :</p>
<p>&laquo;&nbsp;Produit de la fusion en 1937 d’une société aux idées progressistes (la P.C.L. qui réalisa des chefs-d’œuvre comme <em>Pauvres humains et ballons de papier</em>), d’un petit studio de Kyôto (J.O. Studio) et d’une structure de distribution financée par un grand trust d’Ôsaka (Hankyû), la Tôhô affiche dès sa création des ambitions novatrices sur le modèle hollywoodien : en transférant ses structures dans la moderne Tôkyô, elle revendique en effet sa différence avec les studios de cinéma de Kyôto pétris de traditions et de conventions héritées du kabuki. Mais la guerre, suivie d’une scission fratricide (la Tôhô perd une partie de son personnel parti fonder la Shin-Tôhô) à la fin des années 1940, retarderont de 15 ans l’avènement du quatrième empire du cinéma japonais. Celui-ci verra enfin le jour grâce au succès universel des <em>Sept samouraïs</em> et de <em>Godzilla</em> sortis la même année, en 1954.</p>
<p>Ces deux films sau­vent non seu­le­ment la Tôhô d’une faillite pré­coce en plein âge d’or mais inau­gu­rent aussi une stra­té­gie de super­pro­duc­tion qui devien­dra la mar­que de fabri­que du stu­dio pour les trois décen­nies sui­van­tes. Car jus­que dans les années 1980, époque mar­quée par la mort du stu­dio sys­tem, la Tôhô main­tint brillam­ment le cap en fai­sant le choix de films à gros bud­get des­ti­nés au grand public : des films de guerre huma­nis­tes et wes­ter­niens de Kihachi Okamoto (<em>Les sen­ti­nel­les de l’enfer</em>) aux dra­mes inti­mis­tes de Naruse (<em>Filles/Épouses/Mères</em>), en pas­sant par les films catas­tro­phe (<em>La sub­mer­sion du Japon</em>) et les adap­ta­tions gran­dio­ses de la lit­té­ra­ture (<em>Pays de neige</em>).</p>
<p>Cette poli­ti­que qui pre­nait le contre-pied de la concur­rence embour­bée dans des séries de niche pro­dui­tes en masse s’avéra payante. La Tôhô, encore aujourd’hui très active grâce à un réseau de sal­les déve­loppé, conti­nue d’appor­ter son savoir-faire en matière d’effets spé­ciaux dans les suc­cès popu­lai­res récents comme <em>Always</em>, dip­ty­que nos­tal­gi­que sur la vie des Japonais à l’époque de la haute crois­sance.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Plus d&#8217;infos et le programme <a href="http://www.mcjp.fr/francais/cinema/toho-le-reve-americain-200/toho-le-reve-americain" target="_blank">en cliquant ici.</a></p>
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		<title>YatterMan, de Takeshi Miike + Mirage Man, d&#8217;Ernesto Diaz Espinoza</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Dec 2010 11:09:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rock</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comédie]]></category>
		<category><![CDATA[Japon]]></category>
		<category><![CDATA[Policier / Thriller]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Dvd]]></category>
		<category><![CDATA[Usa]]></category>

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		<description><![CDATA[« Plus tard, je veux être un super-héros ! » « Je voudrais que tu réfléchisses bien à ce que tu dis. Dis-moi, qu&#8217;est-ce qui se passe lorsque l&#8217;on devient un super-héros ? » « On arrête les méchants&#8230; On fait régner le bien. » « C&#8217;est tout ? » « &#8230; » « C&#8217;est facile de parler. De dire qu&#8217;on veut [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --></p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-medium wp-image-6125 aligncenter" title="yatterman - mirage man dvd" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/12/yatterman-mirage-man-dvd-600x479.jpg" alt="" width="600" height="479" /></p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Plus tard, je veux être un super-héros !</em> » « <em>Je voudrais que tu réfléchisses bien à ce que tu dis. Dis-moi, qu&#8217;est-ce qui se passe lorsque l&#8217;on devient un super-héros ?</em> » « <em>On arrête les méchants&#8230; On fait régner le bien. </em>» « <em>C&#8217;est tout ?</em> » « <em>&#8230; </em>» « <em>C&#8217;est facile de parler. De dire qu&#8217;on veut faire le boulot de la police, c&#8217;est mignon, mais as-tu pensé à tous les problèmes que tu aurais ? </em>» « <em>&#8230;</em> » « <em>Les gens voudront sans cesse profiter de toi ; tu leur donnes un doigt, ils prennent ta maison. Les médias aussi profiteront de toi, ils chercheront à découvrir ton identité dans le but d&#8217;avoir le scoop de l&#8217;année et maintenir l&#8217;audimat, et un jour ils y arriveront puisque c&#8217;est la triste logique des choses, mon fils : les médias gagnent toujours, regarde, Yannick Noah vend toujours des disques. Et là, tu finiras en prison. Les politiciens s&#8217;intéresseront à toi et si  tu acceptes quoi que ce soit avec eux, ton intégrité de rebelle en prendra un coup et tu seras pris pour un clown. Tu ne pourras jamais avoir de relation amoureuse stable parce que tu devras avouer ton identité à ta compagne, tu ne peux pas toujours vivre sous un masque, c&#8217;est pas hygiénique, et comment être sûr qu&#8217;elle ne te trahira jamais ? Faudrait qu&#8217;elle soit un super-héros elle aussi. Et là, un esprit de compétition détruira votre couple. Tu auras un emploi du temps trop chargé, faut pas rêver, super-héros ça ne paye pas ; tout le monde n&#8217;a pas la chance de Bruce Wayne. Tu devras vivre cacher, faire du sport et, à la fin, tu seras mort au travail. Et pourquoi ? Pour avoir sauver une pétasse qui ne t&#8217;aurait même pas regarder dans la rue et avoir donner des vacances aux flics ? Pour être fidèle à une philosophie de vie genre « </em>aime ton prochain<em> » et autres conneries, ce qui n&#8217;aura plus aucun sens à la fin des temps ? La violence ça ne se nettoie pas comme une tâche de freinage sur la gueule, Monsieur Propre, elle est ancrée en chacun de nous et survivra jusqu&#8217;à la prochaine extinction. Bienvenue dans le monde des humains. </em>» « <em>… C&#8217;est parce que t&#8217;es devenu agent de la circulation que tu veux briser mes rêves ? </em>» « <em>Tu as dix-sept ans, arrête de t&#8217;imaginer sauver le monde en collants, trouve-toi une copine, un job, arrête d&#8217;espérer un sens à la vie et rentre dans le rang.</em> » « <em>… Je pourrais devenir auteur de comics ? Ou réalisateur de films ? </em>» « <em>Trouve-toi un </em>vrai<em> job.</em> »</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est le genre de conversation que l&#8217;on pourrait imaginer si le créateur de <em>YatterMan</em> était le rejeton du réalisateur et scénariste de <em>Mirage Man</em>. WE Productions propose de faire découvrir deux films dont le point commun est le thème du super-héros, mais dont les traitements demeurent complètement différents. L&#8217;un veut en mettre plein la vue, l&#8217;autre essaye de faire de son mieux avec le peu qu&#8217;il a dans la poche. L&#8217;un semble vouloir faire rêver, l&#8217;autre tente d&#8217;être un peu plus terre à terre. Les deux n&#8217;ont pas pu passer par les salles obscures françaises et sont sortis directement en DVD il y a un certain temps déjà. Ils n&#8217;ont pu être chroniqué plus tôt pour des raisons diverses. Ne vous plaignez pas, les prix des DVD en question ont sûrement baissés.</p>
<h5 style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6126" title="Yatterman01" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/12/Yatterman01-600x254.png" alt="" width="600" height="254" /><em>YatterMan </em>: Ahhh, le Japon et son imagination débordante&#8230;</h5>
<p style="text-align: justify;">Habitué d&#8217;offrir des péloches hardcore comme <em>Dead or Alive</em>, <em>Audition</em> ou le délirant et ultra-violent <em>Ichi the Killer</em>, <em>YatterMan</em> représente un ovni dans la carrière du réalisateur japonais Takeshi Miike. En adaptant un animé ayant connu un fort succès au Japon dans les années 70, Miike s&#8217;adresse ici à un public très jeune. Pas de sang, pas de coke, pas de body-art, c&#8217;est comme si David Lynch se mettait à réaliser un Disney. Changement intéressant au premier abord qui vire rapidement à la stupéfaction lors de la découverte du film&#8230; Pour résumer, le film parle d&#8217;un duo de justiciers masqués surnommés « YatterMan » qui luttent contre le crime dans la ville Tokyoko. Ils se confrontent à Doronjo et ses sbires, des professionnels de l&#8217;arnaque. Ces derniers doivent trouver les quatre pierres-crânes qui permettraient d&#8217;exaucer leurs rêves. Aidés par Shoko, les YatterMan vont tout faire pour que Doronjo n&#8217;arrive jamais à ses fins&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Réalisé comme un manga-live avec des personnages sans substance et une histoire peu intéressante, <em>YatterMan</em> ne cesse d&#8217;agresser l&#8217;écran avec des effets visuels dégueulasses et des passages musicaux irritants au possible. Les acteurs ne cessent de gesticuler comme s&#8217;ils avaient un piège à souris dans le slibard, agaçants à souhait, à la limite du supportable, dont Kyôko Fukada remarquée notamment dans le soporifique <em>Kamikaze Girls</em>. L&#8217;humour, de bon enfant castré, est d&#8217;une niaiserie consternante, à se demander si Takeshi Miike ne cherchait pas à réaliser le film de super-héros le plus abrutissant qui soit pour se foutre de la gueule de son public et violer les esprits des mômes (provocation qui serait amusante, mais un peu vaine).  Regarder <em>YatterMan</em> c&#8217;est comme regarder un épisode des <em>Pokémon</em> : on sent qu&#8217;il y a un esprit malfaisant derrière tout ça qui cherche à nous rendre encore plus con qu&#8217;on ne l&#8217;est déjà. Et la stupéfaction a lieue lorsqu&#8217;on se rend enfin compte que cet esprit malfaisant n&#8217;est autre que le réalisateur d&#8217;<em>Ichi the Killer</em>. Tordu, son cinéma l&#8217;est, mais l&#8217;expérience <em>YatterMan </em>dépasse toutes les craintes sous un look inattendu.</p>
<p style="text-align: justify;">Au terme de cet attentat filmique, le fantasme de subir les tortures dont Takeshi Miike nous avait habitué dans ses films apparaît soudainement. Takeshi, gicle-nous du lait maternel sur la tronche si tu veux, mais laisse les enfants tranquille !</p>
<h5 style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6127" title="Mirage man01" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/12/Mirage-man01-600x337.png" alt="" width="600" height="337" /><em>Mirage Man</em> : Na&#8217;vi Style VS Cholo Style.</h5>
<p style="text-align: justify;"><em>Mirage Man</em>, coproduction américaine-chilienne, raconte l&#8217;histoire d&#8217;un videur de boîte de nuit, Marco, qui après avoir été témoin de l&#8217;assassinat de ses parents et du viol de son petit frère décide de ne vivre que pour fortifier son corps et apprendre les arts martiaux. Un soir, il tombe par hasard sur un cambrioleur en plein action. Il l&#8217;assomme, vole sa cagoule, rentre dans la baraque visée et s&#8217;occupe des complices sous les yeux des victimes qu&#8217;il parvient à sauver. Parmi elles, une jeune et belle journaliste de télévision qui parlera de lui comme un héros. Pour Marco, c&#8217;est une révélation : il se choisit alors un déguisement et décide de devenir un « vrai » super-héros.</p>
<p style="text-align: justify;">Le synopsis peut faire écho au chouette <em>Kick-Ass</em> de Matthew Vaughn, mais le traitement du sujet se trouve être très différent. Si <em>Kick-Ass</em> a un défaut que <em>Mirage Man</em> n&#8217;a pas, il s&#8217;agit de la voix off. Le protagoniste du film de Vaughn ne fait que répéter ce qui est déjà raconté en image, tandis que le réalisateur de <em>Mirage Man</em> est totalement étranger à ce concept. Espinoza choisit de garder une certaine distance avec Marco et ne prend pas le risque de nous imposer une interprétation. Marco n&#8217;est pas un fan de comics qui se dit qu&#8217;il est dommage que les super-héros n&#8217;existent pas, il s&#8217;agit d&#8217;un personnage ayant subit un traumatisme qui se choisit une thérapie atypique. Mais le réalisateur ne fait pas vraiment dans la psychologie.</p>
<p style="text-align: justify;">La réalisation de <em>Mirage Man</em> est un peu à l&#8217;image de son protagoniste : fauchée et parfois hésitante. Derrière la caméra, le chilien Ernesto Diaz Espinoza (qui avait déjà offert <em>Kiltro</em>) semble vouloir créer un pur divertissement entre potes qui rend hommage au cinéma d&#8217;action de Jean-Claude Van Damme et Bruce Lee avec des moyens très limités, ce qui se ressent énormément à l&#8217;écran. Cela dit, après une première demi-heure qui laisse perplexe, <em>Mirage Man</em> a de la gueule. Des combats plutôt bien chorégraphiés dont les coups et les cascades ont le mérite d&#8217;être lisibles (contrairement à un <em>Banlieue 13</em> qui, malgré ses talentueux cascadeurs, est handicapé par un montage qui ne cesse de charcuter les combats) et un scénario qui tient la route malgré quelques faiblesses. Au fur et à mesure, le film d&#8217;Espinoza devient plus sanglant, prend des initiatives audacieuses au risque de se casser la gueule et ose même mettre <em>Life on Mars?</em> de David Bowie à fond les manettes lors d&#8217;une séquence de romance vite avortée ! La situation du personnage principal devient de plus en plus complexe : censé se libérer d&#8217;une souffrance qui le ronge, le héros se retrouve finalement encore plus à l&#8217;étroit. Les médias le prenant pour un pantin en cumulant les plans foireux pour tenter de le démasquer, Mirage Man est un personnage torturé qui tient à sauver sa peau en affrontant ses démons dans une société noyée dans l&#8217;absurde dirigée par une population étrangère à toute notion de confiance.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Mirage Man </em>n&#8217;est pas le film le plus subtil qui soit, les ficelles sont loin d&#8217;être discrètes comme le lien entre le traumatisme de son protagoniste et sa mission la plus importante en tant que super-héros qui est de lutter contre un réseau pédophile. Mais il en résulte un film d&#8217;action sympathique au budget ridicule avec un acteur qu&#8217;on n&#8217;aimerait pas faire chier, Marko Zaror, <em> </em>sorte de mini-Van Damme en moins bavard surnommé au Chili <em>The Latin Dragon</em> dont la présence au casting d&#8217;<em>Undisputed 3</em> n&#8217;étonne pas. <em>Mirage Man</em> ne marquera peut-être pas l&#8217;histoire du film d&#8217;action, mais se retrouve parmi les bonnes petites surprises de ces dernières années aux cotés du largement supérieur <em>Blood and Bone</em> avec &#8211; le futur en personne – Michael Jai White.</p>
<h5 style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6128" title="Yatterman02" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/12/Yatterman02-600x254.png" alt="" width="600" height="254" /><em>YatterMan</em> : Mecha-Bellucci.</h5>
<p style="text-align: justify;">Le super-héros étant un sujet aux multiples points de vue et les deux films présentés ici étant artistiquement très différents, il est inutile de se demander quel traitement est le plus juste ou lequel est le plus généreux. Une approche comme celle de <em>Mirage Man</em>, ou encore <em>Kick-Ass</em> et <em>Incassable</em> livre un regard très personnel et « réaliste » sur un fantasme presque inavouable d&#8217;adulte, tandis que celle de <em>YatterMan</em> ou encore <em>Batman</em> et <em>Spiderman</em> a l&#8217;ambition de « réaliser » ce fantasme. La question la plus intéressante à se poser est celle de l&#8217;intérêt même du super-héros, du mysticisme qu&#8217;il exprime et de son sens profond. En cela, un film comme <em>YatterMan</em> est vide de toute substance, un truc soi-disant divertissant lobotomisant avec des images « spectaculaires » et un propos inexistant, ce qui en fait un film mort-né ; le spectateur est ici réduit à sa fonction la plus primaire. Moins <em>ambitieux </em>visuellement, un film comme <em>Mirage Man</em>, même s&#8217;il reste une sorte de <em>vandammerie</em>, (se) pose bien plus de questions sur la notion de « cinéma » et sur l&#8217;intérêt même d&#8217;une figure telle que le super-héros.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les bonus, les DVD proposés par WE Productions n&#8217;ont pas de quoi satisfaire les cinévores. Le DVD offrant le plus d&#8217;extras est bien sûr celui de <em>YatterMan</em> avec quelques interviews, dont une avec l&#8217;acteur Shô Sakurai qui a sérieusement l&#8217;air de se demander ce qu&#8217;il fout là, des images peu intéressantes du tournage et une bande annonce promotionnelle pour le Festival de Cannes avec un Takeshi Miike plutôt drôle persuadé que son film fera de l&#8217;ombre aux grosses productions US. Le DVD de <em>Mirage Man</em> n&#8217;offre qu&#8217;un Making of de trois minutes, le temps de voir deux ou trois cascades filmées avec un caméscope.</p>
<h5 style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6129" title="Mirage man02" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/12/Mirage-man02-600x337.png" alt="" width="600" height="337" /><em>Mirage Man</em> : La France n&#8217;a rien à voir avec ce film.</h5>
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		<title>Summer Wars</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Dec 2010 18:42:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Blu-Ray]]></category>
		<category><![CDATA[Japon]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[Résumé Kenji est un jeune étudiant féru de mathématiques. Natsuki l’invite à la campagne pour une réunion familial du clan Jennouchi, autrefois très puissant. Kenji apprend un peu tard qu&#8217;il doit jouer le rôle du petit ami afin de ne pas décevoir la grand-mère de Natsuki. Mais pendant le séjour, la sécurité du monde virtuel [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Résumé</strong></p>
<p>Kenji est un jeune étudiant féru de mathématiques. Natsuki l’invite à la campagne pour une réunion familial du clan Jennouchi, autrefois très puissant. Kenji apprend un peu tard qu&#8217;il doit jouer le rôle du petit ami afin de ne pas décevoir la grand-mère de Natsuki. Mais pendant le séjour, la sécurité du monde virtuel &laquo;&nbsp;Oz&nbsp;&raquo; est compromise car quelqu’un a craqué la clé de cryptage.  Les médias identifient vite Kenji comme étant l’auteur du piratage. Après quoi, une intelligence artificielle prend le contrôle d&#8217;Oz et sème le chaos à travers le pays. Dès lors, la famille Jennouchi va tout mettre en oeuvre pour stopper le hacker.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6109" title="summerwars1" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/12/summerwars1.jpg" alt="" width="600" height="581" /></p>
<p><strong>Critique</strong></p>
<p>Comme d&#8217;habitude, lorsqu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;évoquer les nouvelles technologies, les japonais ont dix d&#8217;avance sur les autres. <em>Summer Wars</em> est un film d&#8217;anticipation, dans le sens où il nous présente un Internet totalement convergent, dénommé Oz dans le film. Aujourd&#8217;hui, les réseaux sont encore scindés. Mamoru Hosoda fait donc l&#8217;hypothèse d&#8217;un réseau qui aurait mis en commun toutes les informations de toutes les applications existantes. Navigation par GPS, jeux en ligne comme world of warcraft, boîtes mail, réseaux sociaux, messagerie instantanée, tout serait relié dans le monde d&#8217;Oz.</p>
<p>Le scénario pousse un peu plus loin l&#8217;utilisation des technologies de l&#8217;information dans le monde moderne. La signalisation routière est gérée par le biais d&#8217;Oz, de même que le débit des réseaux d&#8217;énergie (eau, gaz, électricité) et les interventions des services de secours (pompiers, ambulance).</p>
<p>Le postulat n&#8217;est pas vraiment fantaisiste car tous ces éléments de la vie réelle utilisent déjà les réseaux informatiques et pour certains Internet. Tous les flux de données et tous les médias (télévision, vidéo, texte, musique, courrier, téléphonie) subissent une dématérialisation ou une conversion de l&#8217;analogique vers le numérique avant d&#8217;être poussés sur le Réseau Global. La seule différence entre le film et le réel réside dans le fait que les informations sont protégées (par cryptage) et ne sont pas accessibles par une entité unique. Néanmoins, Google est le candidat idéal pour devenir notre futur Big Brother. Il fait tout (moteur de recherche, messagerie, géolocalisation, statistiques),  il a de grandes ambitions et, avantage non négligeable, tout le monde l&#8217;utilise de son plein gré !</p>
<p>On se connecte à Oz d&#8217;une manière ou d&#8217;une autre : portable, PC, télévision, etc. Visuellement il s&#8217;agit d&#8217;un hypothétique web 3.0 avec des avatars kawaï souvent niais, parfois pixellisés, selon le bon vouloir des utilisateurs. Les décors d&#8217;Oz sont construits en images de synthèse 3D, avec des mouvements de caméra virevoltants et des graphismes au design délirant, comme cette mégalopole formée par un amoncellement de pagodes en apesanteur.</p>
<p>L&#8217;intelligence artificielle qui pirate Oz s&#8217;appelle Love Machine. C&#8217;est une monstruosité, comme ne l&#8217;indique pas son nom. Il se nourrit des comptes des utilisateurs et donc des avatars de chacun, au point de former un monstre géant composé de millions de minuscules avatars. Seul le blu-ray permettra d&#8217;apprécier la minutie dans la composition de ce monstre virtuel.</p>
<p>Le but de Hosoda est de montrer qu’il existe des passerelles entre monde réel et monde virtuel, et que les deux ne sont pas forcément antinomiques. La grand-mère est un des derniers représentants du vieux monde analogique. La preuve : pour passer ses coups de fil, elle se sert d’un téléphone… à cadran ! Mais les anciens canaux de communication sont toujours en état et un vieux poste analogique peut joindre un iPhone sans problème ! Ceci montre que les réseaux sociaux à l’ancienne (un répertoire de numéro de téléphone) ont toujours leur utilité.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6110" title="summerwars3" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/12/summerwars3.jpg" alt="" width="600" height="338" /></p>
<p>Aujourd’hui, nous n’avons pas encore eu l’occasion de faire un retour arrière technologique. Mais il n’y a jamais eu de panne « globale » d’Internet, ce qui est envisageable. Imaginons un instant l’impact d’une absence d’Internet dans tout un pays pendant seulement une journée… Ceux qui sauront s’en sortir seront munis de papiers et de stylos !</p>
<p>Mamoru Hosoda semble être un grand optimiste. Malgré la profusion de technologie, c&#8217;est toujours l&#8217;humain qui prévaut. Pour illustrer le fait que le réel et le virtuel sont étroitement liés et interdépendants, il fait des allers-retours entre le monde passé respectueux des traditions, et le monde moderne mu par les événements se déroulant sur le réseau. Ainsi, la stratégie établie pour contrer l&#8217;interlligence artificielle puise son inspiration dans les batailles médiévales du clan Jennouchi. De même, le jeu final contre Love Machine et choisi par la jeune Natsuki est le Hanafuda, un jeu de cartes traditionnel japonais que l&#8217;on a l&#8217;habitude de pratiquer en famille.</p>
<p>Il nous montre aussi que certaines choses restent bien ancrées. Alors que les femmes s&#8217;occupent du deuil, des enfants et du repas, les maris et frères se préparent à la bataille, même si elle est virtuelle.</p>
<p><em>Summer Wars,</em> que l&#8217;on pourrait traduire par guerres estivales, traduit bien le paradoxe qui règne dans tout le film. Du côté d&#8217;Oz, c&#8217;est quasiment une guerre mondiale qui se déroule. Mais les protagonistes sont en vacances à la campagne, sous le soleil. Hosoda dresse un constat particulièrement lucide. Il faut être à la fois dans la technique pour la comprendre et en dehors, pour en saisir les conséquences. En simplifiant un peu, on a en général soit l&#8217;un soit l&#8217;autre. D&#8217;un côté les &laquo;&nbsp;jeunes&nbsp;&raquo; qui font une confiance aveugle à Internet. De l&#8217;autre côté, les &laquo;&nbsp;vieux&nbsp;&raquo; qui diabolisent le média. Hosoda dit que le réseau social n&#8217;est pas forcément le mal car il permet une communication rapide et donc une solidarité accrue, puisque instantanée et planétaire à la fois.</p>
<p>Mais il véhicule aussi une belle morale sur l&#8217;importance de la famille. L&#8217;essentiel est de réunir tout le monde autour d&#8217;un bon repas ! C&#8217;est peut-être un peu naïf mais pas forcément stupide. On retrouve la crainte de l&#8217;apocalypse atomique japonais, avec usage du compte à rebours. Ici c&#8217;est une capsule spatiale piratée par Love Machine qui menace de s&#8217;écraser sur une centrale nucléaire. Pourquoi cet élément capilotracté alors qu&#8217;il suffisait d&#8217;arrêter le refroidissement de la dite centrale ?</p>
<p><em>Summer Wars</em> est un film qui évoque la transition vers le 21ème siècle, l&#8217;abandon de l&#8217;analogique vers le tout numérique. C&#8217;est un film avant-gardiste qui semble posséder un certain recul sur notre propre époque, ou du moins sur les évolutions après l&#8217;an 2000, et qui fait une bonne analyse sur l&#8217;utilisation de la technologie. A l&#8217;inverse d&#8217;un discours réactionnaire, Hosoda semble dire que la profusion d&#8217;informations et la rapidité du média n&#8217;est pas forcément un problème. L&#8217;avenir nous dira s&#8217;il a raison.</p>
<p><em>Le film est disponible chez l&#8217;éditeur <a href="http://www.kaze.fr" target="_blank">Kaze </a>en dvd, blu-ray édition simple et blu-ray édition collector avec un dvd de bonus.</em></p>
<p><em><img class="aligncenter size-full wp-image-6111" title="summerwars2" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/12/summerwars2.jpg" alt="" width="600" height="338" /><br />
</em></p>
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		<title>The blood, de Guillaume Tauveron</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Dec 2010 20:49:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Courts-métrages]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Japon]]></category>
		<category><![CDATA[Les Indép']]></category>

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		<description><![CDATA[Guillaume Tauveron, réalisateur de Sakura no Kage et Survival, prépare actuellement un nouveau court-métrage au Japon, dont le tournage est prévu en Avril 2011. Le casting de The blood sera uniquement japonais, et le film sera en langue japonaise. Un teaser a été réalisé avec les acteurs principaux pour promouvoir le projet. Pour soutenir le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6099" title="the-blood-de-guillaume-tauveron-1" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/12/the-blood-de-guillaume-tauveron-12.jpeg" alt="" width="590" height="332" /></p>
<p>Guillaume Tauveron, réalisateur de <a href="http://www.cinetrange.com/special/les-indep/sakura-no-kage-et-survival-de-guillaume-tauveron" target="_blank">Sakura no Kage et Survival</a>, prépare actuellement un nouveau court-métrage au Japon, dont le tournage est prévu en Avril 2011.<br />
Le casting de <em>The blood</em> sera uniquement japonais, et le film sera en langue japonaise. Un teaser a été réalisé avec les acteurs principaux pour promouvoir le projet.</p>
<p>Pour soutenir le film et recevoir une contrepartie, tous les détails se trouvent ici :</p>
<p><a href="http://fr.ulule.com/the-blood/" target="_blank">http://fr.ulule.com/the-blood/</a></p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="384" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xemuf0_the-blood-teaser_shortfilms?additionalInfos=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="384" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xemuf0_the-blood-teaser_shortfilms?additionalInfos=0" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
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		<title>Intégrale Gamera &#171;&#160;Classiques&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Nov 2010 09:29:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nunzio</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma bis]]></category>
		<category><![CDATA[Japon]]></category>
		<category><![CDATA[Monstres]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Dvd]]></category>

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		<description><![CDATA[Ô trahison, ô infamie ! Le cinéma n&#8217;est pas que art, il est aussi business ! Il n&#8217;est pas création ex nihilo, il est avant tout réappropriation, recyclage, voire pompage pur et simple ! Contemplez, Mesdames et Messieurs : Le monument culturel qui se présente devant vous ne doit de s&#8217;être élevé que par la grâce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ô trahison, ô infamie ! Le cinéma n&#8217;est pas que art, il est aussi business ! Il n&#8217;est pas création ex nihilo, il est avant tout réappropriation, recyclage, voire pompage pur et simple !</p>
<p>Contemplez, Mesdames et Messieurs : Le monument culturel qui se présente devant vous ne doit de s&#8217;être élevé que par la grâce de fondations creusées par d&#8217;autres. Que dis-je ? Par la grâce d&#8217;emprunts de matériaux de chantier sur le terrain du voisin ! Un monument d&#8217;écailles en caoutchouc made in Japan. À ma droite, Mesdames et Messieurs, la seule et unique tortue géante à réaction, le Dieu Vivant et Tutélaire des enfants du Globe, la Terreur des vils envahisseurs extraterrestres dresseurs de monstres cataclysmiques, le Challenger. C&#8217;est une tortue ? C&#8217;est un OVNI ? Non ! C&#8217;est Gamera !</p>
<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera_vs_guiron.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6049" title="gamera_vs_guiron" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera_vs_guiron.jpg" alt="Gamera vs Guiron" width="600" height="265" /></a></p>
<p>Tout commence en 1954 lorsque la grande maison de production Toho sort sur les écrans un tokusatsu (film à effets spéciaux) qui allait devenir un véritable symbole : <strong>Gojira</strong>. Un peu moins de 10 ans après la capitulation du Japon et après plusieurs années sous surveillance étroite des États-Unis, le Cinéma de l&#8217;archipel donna corps au traumatisme engendré par la destruction de Hiroshima et Nagasaki. Franc succès dans son pays, <strong>Gojira </strong>alla aussi séduire le public américain par le biais d&#8217;une version tronquée et « dénipponisée », titrée <strong>Godzilla, king of the monsters</strong>. Ce fut le début d&#8217;une longue épopée cinématographique et l&#8217;acte de naissance d&#8217;un sous-genre du tokusatsu, le kaiju eiga (désignant les films de monstres géants), dont la Toho conservera le quasi monopole.</p>
<p>Du moins, jusqu&#8217;en 1965&#8230;</p>
<p>C&#8217;est à cette époque que la Daiei, compagnie concurrente de la Toho, décide qu&#8217;il doit bien y avoir une place pour elle sur le podium, quelque part à côté de Godzi. Quitte à ce que ce soit dans son ombre. Entre temps, le lézard atomique de la Toho s&#8217;était peu à peu mué en mascotte des enfants, empruntant alors une pente savonneuse qui allait finir, à moyen terme, par totalement décrédibiliser le genre. Mais plutôt que de reprendre le kaiju eiga à sa source cathartique, la Daiei vise plutôt la rentabilité immédiate et décide d&#8217;aller encore plus loin que son modèle dans l&#8217;infantilisation. Ainsi, Gamera fut. Et la Daiei vit que cela était bon.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6050" title="gamera" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera.jpg" alt="Daikaiju Gamera" width="600" height="265" /></a></p>
<p>Car oui, Gamera fut le seul vrai challenger capable de chatouiller l&#8217;égo de Godzi. Bien plus que le pauvre Guilala (devenu Itoka chez nous, dois-je vraiment vous expliquer pourquoi ?) ou Gappa, tout deux lancés par la Nikkatsu ou les tentatives courageuses de la Toei de sortir de la routine du kaiju (<strong>Les monstres de l&#8217;Apocalypse</strong>, <strong>Les monstres de la Préhistoire</strong>&#8230;). Pourtant, si Gamera jouit au Japon d&#8217;une popularité presque équivalente à celle de Godzilla, il est un quasi inconnu dans notre bonne vieille France. Et pour cause : La grande majorité des <strong>Gamera </strong>étaient tout simplement inédite chez nous, là où les Godzilla bénéficieront de quelques sorties au cinéma ou en vidéo, essentiellement dans leur montage U.S., parfois dans des éditions aux titres et aux visuels gentiment portnawak (des  <em>flying jaquettes</em>, comme dirait Jean-Pierre Putters). Mieux encore, HK Vidéo entreprendra dans le courant des années 90 une grande entreprise de réhabilitation du mythe Godzilla en éditant en VHS, et pour la première fois en France, les montages originaux et remasterisés en VOST. Gamera, lui, n&#8217;avait eux droit qu&#8217;à une seule pauvre sortie en cassette sur le territoire français dans les années 80. Et même pas sous son vrai nom, qui plus est !</p>
<p>Mais on ne peut pas cacher longtemps à la vue du Monde une tortue de 60 mètres&#8230; WE Productions nous avait permis de découvrir la trilogie <strong>Gamera</strong> produite à la fin des années 90 en DVD, mais jusqu&#8217;ici, rien n&#8217;avait été fait pour les opus de la période allant de 1964 à 1980 (appelé « ère Showa », en référence au règne de l&#8217;Empereur Hirohito). Pour le public français curieux, motivé et plutôt anglophone, il restait toujours la possibilité d&#8217;en voir certains d&#8217;entre eux, dans leurs versions charcutées par AIP pour la télé américaine, sur des sites internet les proposant en consultation ou téléchargement gratuit, ces versions étant tombées dans le domaine public. Comble de malchance, les masters sont de qualité plus que médiocre. Il était grand temps de faire quelque chose, l&#8217;éditeur WE Productions le fait. Et il le fait franchement. En effet, WE nous propose deux coffrets DVD présentant, pour la première fois en France, les <strong>Gamera </strong>de l&#8217;ère Showa en version originale et intégrale. Nous allons pouvoir enfin rencontrer la légende pour de bon, à l&#8217;époque de sa folle et tumultueuse jeunesse.</p>
<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera_vs_viras_02.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6054" title="gamera_vs_viras_02" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera_vs_viras_02.jpg" alt="Gamera vs Viras" width="600" height="265" /></a></p>
<p>Si l&#8217;on compare globalement la filmographie de Godzilla et Gamera, force est d&#8217;admettre que ce dernier a eu bien du mal à tenir la distance face à son ainé : Après un démarrage-canon au rythme d&#8217;un film par an, la saga subit une première brutale interruption de 9 ans entre <strong>Gamera vs. Jiger</strong> (1971) et <strong>Uchu kaiju Gamera</strong> (1980), le dernier épisode de l&#8217;ère Showa. Mais cela correspond à une crise nationale sur le marché du kaiju que tous ces géants, Godzilla compris, subiront de plein fouet vers le milieu des 70&#8242;s. Cependant, il serait malvenu pour Gamera de se parer d&#8217;une coquille d&#8217;œuf à la Calimero en invoquant l&#8217;iniquité du Destin. D&#8217;abord parce que question couvre-chef, on pourrait trouver plus seyant pour une tortue géante, volante et cracheuse de feu. Ensuite parce que si la conjoncture ne lui fut pas favorable très longtemps, elle n&#8217;est pas la principale responsable de la carrière erratique de ce fer de lance de la Daiei. Car le premier à blâmer en cette matière&#8230; est la Daiei elle-même.</p>
<p>Ceci étant dit, revenons à nos tortues&#8230; Même dans une entreprise de pompage éhonté, il faut savoir se distinguer un minimum.  Ainsi, Gamera n&#8217;est pas un enfant de l&#8217;atome, ses origines sont beaucoup plus anciennes&#8230; Nous n&#8217;en n&#8217;apprendrons d&#8217;ailleurs que peu de chose, ce qui donnera le champs relativement libre aux initiateurs du reboot de la série dans les années 90.  Le premier épisode, <strong>Daïkaiju Gamera</strong> (<strong>Gammera</strong> (sic), <strong>the Invincible</strong> aux USA), dernier kaiju eiga tourné en noir et blanc, présente Gamera comme une créature antédiluvienne et légendaire (son existence est consignée dans une sorte de Pierre de Rosette d&#8217;origine incertaine), accidentellement réveillée par une explosion atomique provoquée par le crash d&#8217;un avion de chasse russe expérimental. Le nucléaire participe donc à sa libération, mais nullement à sa genèse, et ce sera là la seule évocation de la menace atomique dans toute la période Showa du monstre. Mais il est temps d&#8217;en arriver à l&#8217;un des ingrédients qui feront tout le « sel » de la première ère de Gamera, déjà présent ici : <strong>Daikaiju Gamera</strong> est en effet le premier film du genre à mettre au premier plan un enfant dans son scénario. Un enfant ? Mais Gamera n&#8217;est-il donc pas un danger, un fléau ? Oui et non. Oui si, en plus de sa taille handicapante pour faire des créneaux en ville sans renverser de buildings, l&#8217;on tient compte du fait qu&#8217;il se nourrit de feu en générale et de carburant fossile en particulier. Faut pas déconner avec la crise de l&#8217;énergie&#8230; Non si l&#8217;on s&#8217;en tient à l&#8217;avis de Toshio, le petit garçon renfermé et fan de tortue à qui Gamera a sauvé la vie.</p>
<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera_2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6056" title="gamera_2" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera_2.jpg" alt="Daikaiju Gamera" width="600" height="289" /></a></p>
<p>Le voici donc, ce gamin qui tient un rôle central dans <strong>Daikaiju Gamera</strong>. Mais attention ! « Central » ne veut nullement dire ici qu&#8217;il est important du point de vue narratif ! Car si le personnage de Toshio bénéficie d&#8217;un confortable temps de présence à l&#8217;écran, c&#8217;est très souvent pour ne rien faire qui pourrait faire avancer l&#8217;intrigue Son activité principale consiste à échapper à la vigilance de sa grande sœur pour tenter de revoir de près son colossale sauveur, ou crier à qui veut l&#8217;entendre que non, Gamera n&#8217;est pas méchant. La résolution du problème Gamera reste dans les mains des adultes, qui mettront au point le plan Z (re-sic) : Appâter le monstre avec du pétrole en feu pour l&#8217;enfermer dans une fusée direction l&#8217;espace. On croirait un traquenard mis au point par Vil Coyote et financé par les Nations Unis.</p>
<p>Le film a clairement pour but de nous faire les présentations avec sa grande star en puissance. Vis-à-vis des délires pop qui contaminaient à l&#8217;époque le kaiju (pour le meilleur ou pour le pire), <strong>Daikaiju Gamera</strong> est d&#8217;une facture sobre, aussi bien dans son écriture (totalement sous influence, certes), sa mise en image et ses effets spéciaux, soignés mais un poil moins bluffants que ceux d&#8217;un <strong>Rodan </strong>ou un <strong>Invasion Planète X</strong>. On pourrait presque user du terme « old school » si nous ne parlions pas d&#8217;un genre alors vieux de seulement 10 ans. Tout juste a-t-on droit à une séquence complètement hors-sujet, mais probablement « édifiante » une fois remise dans le contexte social du Japon de l&#8217;époque, présentant des teen-agers nippons préférant danser le twist en boite de nuit plutôt que d&#8217;évacuer un Tokyo en pleine dévastation. Mal leur en prendra. Ah, ces jeunes&#8230;</p>
<p>De jeunesse, il en sera curieusement beaucoup moins question dans le second épisode, prestement emballé l&#8217;année suivante : <strong>Gamera vs. Barugon</strong> (<strong>War of the Monsters</strong> pour les US). Une séquelle étrange, au scénario pourtant attendu (Gamera revient, n&#8217;est pas content et a affaire à un adversaire à sa taille) mais rétrospectivement à part dans la continuité d&#8217;une saga qui se cherche encore. Ce sera, toutes proportions gardées, l&#8217;épisode le plus adulte de l&#8217;ère Showa de la tortue-fusée : Pas d&#8217;enfant au premier plan, un Gamera vènère, un récit d&#8217;aventure à l&#8217;ancienne avec jungle et sables mouvants reconstitués en studio, meurtres, « sauvages » fuyant au premier coup de feu et jolie sauvageonne au cœur à prendre. Car oui, il y a bien une histoire d&#8217;amour dans <strong>Gamera vs. Barugon</strong>, et même des allusions bucco-sexuelles assez rigolotes quand on y prête attention. Cette « exception gameresque » serait-elle liée au fait que<strong> Gamera vs. Barugon</strong> soit le seul film que Noriaku Yuasa, metteur en scène attitré des Gamera « classiques », ne réalise pas ? Allez savoir&#8230;</p>
<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera_vs_barugon.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6051" title="gamera_vs_barugon" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera_vs_barugon.jpg" alt="Gamera vs Barugon" width="600" height="265" /></a></p>
<p>La saga se cherche, certes, mais n&#8217;en perd pas le nord pour autant : Après avoir pillé le premier Godzilla, la Daiei part à l&#8217;abordage de <strong>Godzilla contre Mothra</strong>. En inversant les rôles, toutefois, puisque c&#8217;est ce film qui va assoir Gamera comme une entité protectrice en l&#8217;opposant à Barugon, créature difficilement identifiable (quelque part entre le varan de Komodo, le crapaud et le rhinocéros&#8230; et un extincteur, aussi&#8230;) mais qui sera loin d&#8217;être la chimère en plastoc la plus délirante que devra affronter notre tortue.</p>
<p>Car comme Godzilla, Gamera est désormais bien parti pour affronter un nouveau challenger à chaque film. Après Barugon, alias le cousin germain au troisième degré de Mothra,  le suivant sur la liste sera le plus récurrent : Gyaos, le « frère caché » buveur de sang et hydrocéphale de Rodan. À l&#8217;occasion de ce premier round, la Daiei fait table rase de <strong>Gamera vs. Barugon</strong> et arrive enfin à la formule qui perdurera jusque dans les années 80. Les enfants deviennent les véritables ressorts de l&#8217;intrigue : Ici, non seulement le gamin de l&#8217;histoire baptise le méchant monstre, mais toutes les tactiques visant à le détruire sont suggérées par lui. Pendant ce temps, Gamera laisse au vestiaire le peu d&#8217;ambigüité qui lui restait pour personnifier le chaînon manquant entre Superman, Goldorak et Casimir. Bref, c&#8217;est à partir de ce <strong>Gamera vs. Gyaos</strong> que Gamera sera « vraiment » Gamera.</p>
<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera_vs_gyaos.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6052" title="gamera_vs_gyaos" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera_vs_gyaos.jpg" alt="Gamera vs Gyaos" width="600" height="265" /></a></p>
<p>C&#8217;est aussi le début de la routine pépère, les suites se brodant sur des canevas déjà rodés ailleurs : Une poignet d&#8217;extraterrestres débarquent sur Terre et au Japon en particulier pour nous envahir en lâchant leur(s) streum(s) géant(s) dévoué(s) (<strong>Gamera vs. Viras</strong>, <strong>Gamera vs. Zigra</strong>, <strong>Gamera le monstre de l&#8217;espace</strong>). Ou un monstre surgi du passé menace le bon déroulement de l&#8217;Exposition Universelle de Tokyo, ce qui semble être un acte bien plus intolérable que de détruire la ville (<strong>Gamera vs. Jiger</strong>). Ou encore, des enfants se retrouvent prisonniers d&#8217;un duo d&#8217;aliens feminines sur une planète peuplée de kaijus (<strong>Gamera vs. Guiron</strong>). Une fois la situation posée, Gamera arrive, répondant aux prières des enfants en détresse et accompagné de son thème musical triomphant, fait un premier round avec le(s) méchant(s) monstre(s), est blessé, puis revient au dernier acte pour administrer une solide rouste à la pesante menace. Fin. C&#8217;est simple, carré, immuable, presque reposant. La seule véritable évolution, c&#8217;est le rachitisme de plus en plus criant des budgets alloués aux films : Effets spéciaux faiblards (même pour l&#8217;époque), décors en carton, maquettes bâclées par manque de temps et de moyens et costumes de monstres ahurissants. Celui de Gamera, lui, ne change pas d&#8217;un poil (contrairement à celui de Godzilla qui subira pas mal d&#8217;évolutions). Mais comme nous allons le voir, ce dernier point s&#8217;avère très pratique&#8230;</p>
<p>En effet, il est temps d&#8217;aborder le dernier élément constitutif de la saga de Gamera : L&#8217;usage systématique de stock shots des combats antérieurs de notre tortue. Si <strong>Gamera vs. Gyaos</strong> et <strong>Gamera vs. Guiron</strong>, le quatrième film, sont de modestes éloges au remplissage (ses pseudo flash-backs peuvent meubler jusqu&#8217;à 15 minutes de métrages, tout de même&#8230;), les quatre autres sont des manifestes échevelées du recyclage de pellicule : Les stock-shots y constituent au bas mot 90% des scènes à effets spéciaux. La Daiei poussera sa quête perverse du développement durable adaptée au cinéma jusqu&#8217;à inclure des pans entiers du premier film (dans <strong>Gamera vs. Viras</strong>, notamment), personne ne semblant s&#8217;offusquer d&#8217;éventuels problèmes de raccord avec les scènes en couleurs&#8230; Le champion toutes catégories dans cette discipline sera <strong>Gamera, le monstre de l&#8217;espace</strong> (<strong>Uchu kaiju Gamera</strong>, 1980), huitième et dernier film de cette période : Cet épisode tardif pourrait presque passer pour une arnaque, étant donné qu&#8217;à peu de choses près, aucune scène présentant la tortue géante et ses adversaires n&#8217;est originale. TOUS les films précédents sont mis à contribution. Mais puisqu&#8217;il marque la mise en sommeil de la saga jusque dans les années 90, on peut aussi y voir une sorte de baroud d&#8217;honneur roublard, un <em>All Stars Gamera</em> aussi opportuniste que rétrospectif. Et enfin, ce sera tout bénéf&#8217; pour la France qui, dans un seul film, aura droit à un digest de tout ce qu&#8217;elle avait loupé. Car oui,  <strong>Uchu kaiju Gamera</strong> est le seul d&#8217;entre les huits métrages qui soit sorti sur notre territoire en VHS sous le titre <strong>Gameka</strong> (sic ter) <strong>et les trois super-women</strong> ou encore <strong>Gamerak</strong> (toutes ressemblances avec un certain robot à cornofulgure étant&#8230; pas très fortuites).</p>
<p>Mais alors que la conclusion de cette chronique arrive à toutes jambes, des questions doivent probablement se faire jour dans l&#8217;esprit du lecteur : Gamera n&#8217;est-il donc qu&#8217;une pompe à fric aux joints usés, une vulgaire opération marketing sans âme et sans fond(s)&#8230; Et donc sans intérêt ?</p>
<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera_vs_viras_01.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6055" title="gamera_vs_viras_01" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera_vs_viras_01.jpg" alt="Gamera vs Viras" width="600" height="265" /></a></p>
<p>La réponse est simple : Oui, mais non. Et réciproquement.</p>
<p>Oui, Gamera a été crée essentiellement pour disputer à la Toho son égémonie sur le divertissement à base de catch entre monstres. Oui, le but était de refaire du Godzilla avec le moins d&#8217;investissement possible, quitte à user de ficelles cache-misère honteuses. Mais Gamera, c&#8217;est bien plus que ça. Car au delà de toute son arrière-boutique bassement mercantile, cette saga parvient à accomplir un petit miracle : Retranscrire sur pellicule l&#8217;esprit et la texture des histoires que les enfants peuvent inventer dans leurs chambres avec leurs jouets. Sans doute que les conditions de production drastiques en terme de temps et de budget ont donné à ces objets à priori calibrés, ces ersatz pas même camouflés, cet aspect foncièrement basique, naïf et « brut de décoffrage » rafraichissant. Les Gamera de l&#8217;époque Showa sont de vrais spectacles pour gamins pas très sages, plein de bruits, de fureur et de suspension d&#8217;incrédulité acrobatique. Et c&#8217;est sans doute là que réside la clé du succès de Gamera auprès du public de l&#8217;époque, bien plus que son côté Godzilla <em>low cost</em>, et qui fera que le personnage perdurera, même pendant sa longue absence, dans l&#8217;esprit de toute une génération&#8230; Et dans quelques autres œuvres : Il fera un court caméo dans le manga <em><strong>Dragon Ball</strong></em> en 1984, et certains Golgoths de <strong><em>Goldorak</em></strong> pourrait facilement passer pour des « Mechagamera ». Certes, ces films ont les (gros) défauts de leurs (modestes) qualités, certains « messages » ont la finesse de leur héros (du nationalisme de mauvais aloi affleure ça et là) et la nanardise est souvent au rendez-vous (mais est-ce forcément un défaut ?). Mais avouons-le franchement, ce n&#8217;est pas tout les jours que l&#8217;on peut voir dans un film « live » une tortue géante faire de la barre fixe, affronter un croisement génétique entre Homer Simpson et un katana sur pattes qui lance des shurikens avec sa tête (<strong>Gamera vs. Guiron</strong>) ou voir l&#8217;empalement à répétition du héros servir à un gag visuel, quelque part entre Benny Hill et le Sam Raimi de <strong>Army of Darkness</strong> (<strong>Gamera vs. Viras</strong>)&#8230;</p>
<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera_vs_guiron_2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6053" title="gamera_vs_guiron_2" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera_vs_guiron_2.jpg" alt="Gamera vs Guiron" width="600" height="265" /></a></p>
<p>Les éditions que nous propose WE Productions proposent l&#8217;essentiel, à savoir les films avec une image de très bonne tenue, en VO et format respecté, le tout dans de très beaux packagings. On pourra regretter l&#8217;absence de bonus digne de ce nom et quelques menues coquilles dans les sous-titres, mais la possibilité d&#8217;avoir enfin à disposition l&#8217;intégrale de Gamera, là, sur son étagère, est déjà en soi exceptionnelle. Un bel hommage est enfin rendu à cette icône alternative du Cinéma nippon dans notre pays. Il aura fallu attendre, mais heureusement, les tortues sont patientes.</p>
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		<title>Outrage de Kitano à L&#8217;Etrange Festival</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Nov 2010 14:01:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Udéka</dc:creator>
				<category><![CDATA[Japon]]></category>
		<category><![CDATA[Policier / Thriller]]></category>

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		<description><![CDATA[Combat sans code d&#8217;honneur Le trublion de Getting Any est, avant tout, un bourreau de travail perpétuellement insatisfait. En conséquence, il est imprévisible. Il porte les casquettes de cinéaste (évidemment), de comique, de peintre, et dernier talent mais non le moindre, acteur pour ses films et ceux de ses pairs (Furyo, Tabou, Gonin, Battle Royale&#8230; [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6044" style="border: 2px solid black;" title="Outrage - Takeshi Kitano" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/Outrage-Takeshi-Kitano-600x400.jpg" alt="" width="600" height="400" /></p>
<h3>Combat sans code d&#8217;honneur</h3>
<p>Le trublion de <em>Getting Any</em> est, avant tout, un bourreau de travail perpétuellement insatisfait. En conséquence, il est imprévisible. Il porte les casquettes de cinéaste (évidemment), de comique, de peintre, et dernier talent mais non le moindre, acteur pour ses films et ceux de ses pairs (<em>Furyo</em>, <em>Tabou</em>, <em>Gonin</em>, <em>Battle Royale</em>&#8230; Excusez du peu). L&#8217;insaisissable « Beat » Takeshi se fit connaitre en France par le magnifique <em>Sonatine, mélodie mortelle </em>en 1993. Depuis près de dix ans, le réalisateur s&#8217;est accordé une carrière iconoclaste dernièrement ponctuée par <em>Takeshi&#8217;s</em>, <em>Glory to the filmaker</em> et <em>Achille et la tortue</em>. <em>Outrage</em> marque de façon surprenante le retour aux affaires criminelles pures et dures pour Kitano. Rien d&#8217;étonnant à cela, il connait bien l&#8217;univers qu&#8217;il décrit. N&#8217;a-t-il pas faillit en faire partie, comme il le prétend ? Retour de bâton du culte d&#8217;après <em>Sonatine</em>, <em>Outrage</em> s&#8217;est fait démolir dans les grandes largeurs au 63ème Festival de Cannes. N&#8217;est-il pas vrai que rien ne brûle aussi bien que les anciennes idoles ?</p>
<p>En tout état de cause, l&#8217;approche se tourne plus vers la brutalité terre-à-terre de <em>Violent Cop</em> que vers la poésie traversée d&#8217;éclairs de violence de <em>Sonatine</em>. À travers l&#8217;histoire contant la lutte de deux clans dont les deux chefs ont fait serment de fraternité en prison, Kitano dresse le portrait peu reluisant des yakuzas modernes. Chez ces gens-là, on ne discute pas, on domine&#8230; Nous sommes loin ici d&#8217;une glorification quelconque. Difficile de ne pas penser au dyptique <em>Election</em> de Johnnie To qui participait de la même démarche. Kitano traite d&#8217;une structure aux codes en apparence logiques, mais, derrière le vernis, elle est pervertie et déshumanisée. Le monde des yakuzas post-Fukasaku est une société parallèle qui écrase ses sujets de façon implacable.</p>
<p>Au sein de ces « familles », les yakuzas-VRP toujours tirés à quatre épingles n&#8217;ont aucune noblesse d&#8217;âme derrière leurs costumes de marque bien repassés. Les cérémonies, les repas, les verres échangés avec poules de luxe à chaque bras, ne solidifient aucun lien entre ces meutes de loups qui coexistent. Toute discussion est un rapport de force, toute discussion est une tractation, et toute tractation est plus ou moins imposée par la force la plus extrême. Les messieurs sont en perpétuelle évaluation virile et les dames attendent, en fixant le bout de leur talons-aiguilles, que les disputes et comptes à régler se closent.</p>
<p>La violence verbale constante amène celle des coups. Car on tabasse beaucoup dans <em>Outrage</em>. Et si cela n&#8217;est pas suffisant, on découpe ou on élimine (la série d&#8217;inéluctables exécutions est bien glaçante), dans ce microcosme vicié où tout le monde s&#8217;échange des promesses qui seront rompues, où les gestes fraternels amorcent les coups bas, les coups de poings, les coups de lame, les coups de feu.</p>
<p>L&#8217;organisation qui se régénère par cannibalisme (une génération  s&#8217;entre-dévore, la suivante prends sa relève, et ainsi de suite&#8230;),  hiérarchisée à outrance, est une illustration très caustique de la libre  entreprise sans complexe aucun (les comptes sont tenus par un  trésorier, les hommes de main occupent des bureaux typiques d&#8217;une PME et  pas un bar louche et enfumé). Les éléments frustres qui la constitue  n&#8217;existent que par et pour elle, mais en douce, ils magouillent dans le  sang pour leur intérêts personnels. Il y aurait de quoi y voir une  critique sociale bien plus globale et pas exclusivement japonaise. Les  modes opératoires et relations sont unanimement froids et techniques.  Parce que le quotidien des ces êtres est absurde, vain et répétitif, le  film retranscrit très bien cet aspect dans sa forme. Métro, boulot,  violence, dodo&#8230; Cette similitude des situations et ce parti pris naturaliste peuvent sur  la durée endormir l&#8217;intérêt du spectateur et parfois même provoquer  l&#8217;ennui.</p>
<p>Entre tous, la figure d&#8217;Otomo, un <em>&laquo;&nbsp;Yakuza sur le retour&nbsp;&raquo;</em> interprété par Kitano, se démarque. Même s&#8217;il est loin d&#8217;être le gendre idéal, il représente encore une vieille garde dotée d&#8217;un relatif code de l&#8217;honneur obsolète. Quand Ikemoto, son chef, lui ordonnera un assassinat aux implications sérieuses, il refusera que ses hommes y participent et en endossera lui-même la responsabilité. Quand il se coupera un doigt, comme le veut la coutume, le bras droit du &laquo;&nbsp;Grand Patron&nbsp;&raquo; lui rétorquera que ce genre de pratique n&#8217;est plus nécessaire. Otomo n&#8217;aura aucune prise sur le destin malgré son expérience du milieu. La course à la compétition bat son plein, dominée par un Parrain aux airs de dictateur kitsch qui manipule les sous-fifres, et les bribes de morales et de règles, furent-elles celles des organisations criminelles ancestrales, sont jetées aux orties. Si tant est qu&#8217;elles existèrent un jour&#8230;</p>
<p>Sans être un mauvais film, <em>Outrage</em> a déjà été vu ailleurs et en largement plus aboutit chez son propre créateur. Il pâlit grandement, au passage, de sa comparaison à <em>Sonatine</em>, <em>Hana-Bi</em> ou <em>Anaki, mon frère</em>. Dans celui-ci se retrouve heureusement l&#8217;humour fort noir et décalé qui fait passer la dureté parfois radicale du métrage, mais pas la touche poétique particulière de cet cinéaste atypique. Sans doute par la volonté de Kitano de désacraliser la figure du yakuza pour de bon en le présentant dans son jour le plus crû.</p>
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		<title>Robo-geisha</title>
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		<pubDate>Sun, 23 May 2010 19:59:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Gore]]></category>
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		<description><![CDATA[Robo-Geisha fait partie de cette nouvelle vague gore, venue du pays du soleil levant, et mené par les deux trublions Noboru Iguchi et Yoshihiro Nishimura. Ceux nous ont déjà livré les amusants Tokyo Gore Police, Machine Girl et Vampire Girl vs Frankenstein Girl. Les amateurs ne seront pas dépaysés puisque le concept reste le même. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-4769 aligncenter" title="Robo-Geisha__NPC0014" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/05/Robo-Geisha__NPC0014.jpg" alt="" width="600" height="895" /></p>
<p><em>Robo-Geisha</em> fait partie de cette nouvelle vague gore, venue du pays du soleil levant, et mené par les deux trublions Noboru Iguchi et Yoshihiro Nishimura. Ceux nous ont déjà livré les amusants <em>Tokyo Gore Police</em>, <em>Machine Girl</em> et <em>Vampire Girl vs Frankenstein Girl</em>.</p>
<p>Les amateurs ne seront pas dépaysés puisque le concept reste le même. C&#8217;est Iguchi qui réalise ici et Nishimura qui s&#8217;occupe des effets spéciaux. A l&#8217;instar de <em>Machine Girl</em>, Iguchi soigne ses personnages, auxquels il donne une psychologie certes basique, mais qui donne une cohérence à l&#8217;histoire. Ainsi on n&#8217;assiste pas uniquement à un équarissage non-stop sans âme. Yoshie est une sorte de cendrillon. Elle admire sa soeur,  une ravissante geisha, mais cette dernière ne lui rend pas et l&#8217;humilie ou la frappe. La situation change lorsque les deux jeunes femmes sont kidnappés par des hommes à la tête d&#8217;une usine d&#8217;acier. Celle-ci cache en réalité une fabrique d&#8217;armes et les chefs de cette entreprise ont pour plan diabolique de kidnapper des filles, de les entrainer au combat et de modifier leur corps en y ajoutant des parties mécaniques ! Ceci afin de former des assassins&#8230; La petite Yoshie se révèle une tueuse redoutable et déterminée. La concurrence s&#8217;installe entre les deux soeurs. Comme on peut le constater, le déroulement des événements est rocambolesque et l&#8217;illustration des sentiments est parfois un peu longuette et donne lieu à des scènes bien bavardes.</p>
<p>Heureusement, il y a bien sûr ces combats homériques, avec des armes toujours originales : du lait maternel provoquant d&#8217;horribles brûlures, des sabres qui sortent des fesses ou des aisselles, des seins-mitrailleuses, une bouche-scie-circulaire, etc. Le réalisateur rassemble tous les accessoires de la geisha traditionnelle (kimono, maquillage, shamisen) pour les détourner et en faire des armes mortelles. On regrettera cependant l&#8217;abus de sang numérique alors que le couple de réalisateurs nous avait habitués auparavant à des effets spéciaux &laquo;&nbsp;organiques&nbsp;&raquo; bien plus efficaces. Le final est un sommet de grand n&#8217;importe quoi, convoquant le film de monstre géant et une robo-geisha qui se transforme en tank ! On retrouve en cours de film d&#8217;autres références telles <em>Robocop </em>pour les remplacements de membres ou <em>Terminator</em> pour les vues subjectives. On sent que le budget est très limité et les effets sont souvent très cheap. Mais c&#8217;est toujours l&#8217;énergie débordante qui prime, un enthousiasme communicatif et quelques scènes un peu too much (un coup de sabre sanglant dans le derrière, un type enfoncé dans son propre estomac) qui font de <em>Robo-Geisha</em> un sympatique divertissement.</p>
<p>Les autres titres de la vague gore ne sont toujours pas édités chez nous. <em>Robo-geisha</em> n&#8217;échappe pas à la règle. Il sera cependant<a href="http://www.amazon.co.uk/Robo-Geisha-Blu-ray-Aya-Kiguchi/dp/B003ATD7NA/ref=sr_1_2?ie=UTF8&amp;s=dvd&amp;qid=1274644055&amp;sr=8-2" target="_blank"> disponible en Angleterre</a> en VO japonaise avec des sous-titres anglais, en dvd et en blu-ray, à partie du 7 juin 2010. (collection Ciné Asia Extreme)</p>
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