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	<title>Cinétrange &#187; Chronique</title>
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	<description>Les films les plus bizarres en dvd</description>
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		<title>Extrême ! Quand le cinéma dépasse les bornes, de Julien Bétan</title>
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		<pubDate>Wed, 16 May 2012 16:18:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Damien</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Paru il y a peu chez l&#8217;excellent éditeur lyonnais Les Moutons Electriques, Extrême ! aborde frontalement un sujet auquel se sont fatalement intéressés un jour ou l&#8217;autre (de près ou de loin) les amateurs de cinéma de genre : les films les plus extrêmes, ceux qui piétinent la décence, et repoussent les limites de ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6911" title="120" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2012/05/120.jpg" alt="" width="446" height="525" /></p>
<p>Paru il y a peu chez l&#8217;excellent éditeur lyonnais <a href="http://www.moutons-electriques.fr">Les Moutons Electriques</a>, <em>Extrême !</em> aborde frontalement un sujet auquel se sont fatalement intéressés un jour ou l&#8217;autre (de près ou de loin) les amateurs de cinéma de genre : les films les plus extrêmes, ceux qui piétinent la décence, et repoussent les limites de ce que le spectateur est capable d&#8217;endurer à l&#8217;écran. <em>Salô ou les 120 journées de Sodome</em>, <em>Cannibal Holocaust</em>, et <em>La dernière maison sur la gauche</em> pour les plus cèlèbres, <em>Camp 731</em>, <em>Ebola Syndrome</em> et la série des <em>Guinea Pig </em>pour les plus pointus, ou encore <em>The Human Centipede (Full Sequence</em>) et <em>A Serbian Film</em> pour les plus récents.</p>
<p>Divisé en trois parties distinctes complétées par une introduction, une conclusion, et une très complète bibliographie, l&#8217;ouvrage de Julien Bétan aborde dans un premier temps le phénomène des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mondo_(cinéma)">mondo movies</a> et des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Snuff_movie">films snuff</a>, enchaîne sur des genres comme le survival, le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Rape_and_revenge">rape&#8217;n'revenge</a>, et la vague récente des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Torture_porn">torture porn</a>, et termine par la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Nazisploitation">nazisploitation</a>, les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Cinéma_hongkongais#Les_films_de_Cat.C3.A9gorie_III">category III</a> de Hong-Kong et les films de serial killer. Un panorama exhaustif, passionnant, instructif et remarquablement mené, qui fournit au néophyte toutes les clés nécessaires pour comprendre et explorer ce cinéma de l&#8217;extrême, et propose à l&#8217;amateur chevronné une synthèse convaincante de ses connaissances enrichie de nombreuses anecdotes.</p>
<p>Au-delà de cette visite guidée du &laquo;&nbsp;cinéma vomitif&nbsp;&raquo;, <em>Extrême !</em> propose également une réflexion sur les rapports du spectateur à l&#8217;ultra-violence portée à l&#8217;écran, et au rôle que joue cette dernière dans notre société. Et c&#8217;est ce deuxième angle d&#8217;approche qui pourra éventuellement laisser les plus intransigeants des lecteurs sur leur faim. Non pas que l&#8217;auteur ait baclé le travail sur cette dimension de l&#8217;ouvrage, loin de là : <em>Extrême !</em> aborde de nombreuses pistes intéressantes, amorce une ouverture bienvenue sur une approche plus socio-politique du sujet, et témoigne de toute évidence d&#8217;une réflexion approfondie sur la question. Simplement l&#8217;ouvrage possède les défauts de ces qualités. Concis (150 pages), précis, et didactique, il ne peut juste pas se permettre la rigueur, la profondeur, la densité et l&#8217;approche analytique d&#8217;une thèse universitaire, et ainsi prétendre au titre d&#8217;ouvrage de référence ultime sur le sujet.</p>
<p>Ce petit bémol souligné, et en dépit d&#8217;un travail de relecture un peu hâtif (quelques mots de liaison manquent à droite, à gauche, rien de très grave non plus), <em>Extrême !</em> n&#8217;en demeure pas moins un livre des plus recommandables. A la fois complet et accessible, intelligemment illustré (excellente idée que d&#8217;avoir choisi des reproductions rares d&#8217;affiches de films pour entrecouper les chapitres), et surtout très bien écrit &#8211; une qualité suffisamment rare dans les ouvrages consacrés au cinéma pour qu&#8217;on la souligne ici-même &#8211; il nous venge en quelques heures de lecture des insupportables logorrhées débitées à longueur de semaine par les médias mainstream et réacs à la petite semaine sur la soi-disant &laquo;&nbsp;influence néfaste des films et jeux vidéos violents sur les jeunes&nbsp;&raquo;. Et c&#8217;est peu dire que ça fait du bien&#8230;</p>
<p><strong><a href="http://www.moutons-electriques.fr/livre.php?p=intro&amp;n=120"><em> Extrême ! Quand le cinéma dépasse les bornes</em>, de Julien Bétan (Les moutons électriques), 19 €</a></strong></p>
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		<title>Stake Land, de Jim Mickle</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Dec 2011 16:55:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Damien</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;Amérique est une nation perdue. Quand une épidémie de vampirisme frappe le pays, les hommes sont obligés de fuir pour échapper aux bêtes sauvages assoiffées de sang que sont devenus les morts. Les villes ne sont plus que des cimetières et les survivants se rassemblent dans des petits villages, terrifiés à la tombée de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/12/Stake-Land.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6752" title="Stake-Land" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/12/Stake-Land-406x600.jpg" alt="" width="400" height="592" /></a></p>
<p><em>L&#8217;Amérique est une nation perdue.</em><br />
<em>Quand une épidémie de vampirisme frappe le pays, les hommes sont obligés de fuir pour échapper aux bêtes sauvages assoiffées de sang que sont devenus les morts. Les villes ne sont plus que des cimetières et les survivants se rassemblent dans des petits villages, terrifiés à la tombée de la nuit.</em><br />
<em>Un mystérieux fugitif à la traque des vampires prend sous son aile le jeune Martin, dont la famille vient d&#8217;être sauvagement assassinée sous ses yeux. Accompagnés d&#8217;une religieuse et d&#8217;une jeune femme enceinte, ils sillonnent le pays en direction du Canada, &laquo;&nbsp;Nouvel Eden&nbsp;&raquo; selon les rumeurs&#8230;</em></p>
<p>Déjà auteur en 2006 du remarqué <em>Mulberry Street</em> (sorti chez nous directement en DVD en 2009), Jim Mickle signe avec <em>Stake Land</em> un film de vampires post-apocalyptique mineur, mais plutôt sympathique, à la croisée de <em>Je suis une légende</em> (on parle évidemment du classique roman d&#8217;anticipation de Richard Matheson, pas de son horripilante et pleurnicharde adaptation ciné avec Will Smith), des films de zombies façon Roméro (pour la dimension politique), et du livre <em>La route</em> de Cormac McCarthy (pour le caractère dépouillé du récit).</p>
<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/12/StakeLand1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6753" title="StakeLand1" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/12/StakeLand1-600x401.jpg" alt="" width="550" height="367" /></a></p>
<p>Si le métrage ne joue pas, on l&#8217;aura compris, la carte de l&#8217;originalité à tout crin, il réussit en revanche la gageure de ne pas se laisser trop écraser par ces références prestigieuses, en tablant avant tout sur des bases solides : un univers crédible, une ambiance soignée, des personnages convaincants, un tournage dans de splendides décors naturels, et un minimalisme épuré des plus réussi. Paris gagné, on entre dans le film sans problème, et on se laisse rapidement séduire par un récit âpre et mélancolique, mais jamais larmoyant, engagé juste ce qu&#8217;il faut (les extrémistes religieux en prennent pour leur grade), et privilégiant le développement d&#8217;atmosphères vénéneuses et les moments de tension rémanente à la débauche de scènes-chocs, de dialogues et d&#8217;action.</p>
<p>Dénué de prétention, mais pas d&#8217;ambition (on sent le réalisateur sincèrement attaché aux personnages de son film, chose devenue de plus en plus rare dans le tout venant du cinéma horrifique contemporain), <em>Stake Land</em> ne révolutionne donc pas le genre, mais assure un spectacle des plus honorables, porté par des personnages touchants et une mise en scène discrète mais efficace.</p>
<p><em><a href="http://www.stakelandmovie.com/">Stake Land</a> est édité par Entertainment One, et distribué par Aventi en France. Le films est disponible en DVD, Blu-Ray et VOD.</em></p>
<p><iframe src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xi9t0j?logo=0&amp;hideInfos=1" frameborder="0" width="600" height="263"></iframe></p>
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		<title>Hobo with a shotgun, de Jason Eisener</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Nov 2011 10:12:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nunzio</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
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		<description><![CDATA[Si Godard ou Kubrick se sont souvent amusés à triturer les codes de genres variés (films noirs, SF, guerre&#8230;), Tarantino s&#8217;est intéressé, plutôt qu&#8217;aux codes, à l&#8217;esprit d&#8217;un Cinéma mal élevé et peu fréquentable, celui que l&#8217;on dit &#171;&#160;d&#8217;exploitation&#160;&#187;. D&#8217;une certaine manière, Tarantino avait fait dans les 90&#8242;s ce que Spielberg et Lucas avaient fait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/11/hobo-03.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6716" title="hobo-with-a-shotgun-03" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/11/hobo-03.jpg" alt="" width="600" height="246" /></a></p>
<p>Si Godard ou Kubrick se sont souvent amusés à triturer les codes de genres variés (films noirs, SF, guerre&#8230;), Tarantino s&#8217;est intéressé, plutôt qu&#8217;aux codes, à l&#8217;esprit d&#8217;un Cinéma mal élevé et peu fréquentable, celui que l&#8217;on dit &laquo;&nbsp;d&#8217;exploitation&nbsp;&raquo;. D&#8217;une certaine manière, Tarantino avait fait dans les 90&#8242;s ce que Spielberg et Lucas avaient fait à la fin des 70&#8242;s : remettre au goût de son temps l&#8217;esprit d&#8217;un Cinéma que l&#8217;on pensait, sinon révolu, du moins dépassé. Et comme Spielberg/Lucas, Tarantino suscitera beaucoup de vocations ou engendrera des alliances de sensibilités &#8211; avec Robert Rodriguez, notamment -  et une espèce de &laquo;&nbsp;mouvement&nbsp;&raquo; sans nom mais néanmoins reconnaissable.</p>
<p>Si Tarantino et Rodriguez sont plutôt des gamins des 60&#8242;s / 70&#8242;s et vont naturellement puiser dans l&#8217;exploit&#8217; de cette époque, la génération qui les suit est, en toute logique, plutôt inspirée par les fameuses &#8211; certains iront même jusqu&#8217;à &laquo;&nbsp;glorieuses&nbsp;&raquo; &#8211; années 80. Comme Jason Eisener, jeune Canadien qui, après quelques courts-métrages, tente avec succès sa chance au concours de fausses bandes annonces organisé en 2007 à l&#8217;occasion du double programme <em>Grindhouse</em>. Ainsi naquit le court <em>Hobo with a shotgun</em>, idée à la con gentiment branque entièrement résumée par son titre, qui n&#8217;avait pas spécialement destination à devenir un long. Il faut se méfier des idées à la con gentiment branques, surtout lorsqu&#8217;elles sous-tendent l&#8217;ensemble d&#8217;un film. C&#8217;est vachement instables, ces machines-là&#8230; Au mieux, ça donne du culte authentiquement déviant, au pire du gros bouzin qui renifle le fond de calbute mal entretenu.</p>
<p>Mais notre <em>Hobo</em> désormais devenu long métrage ne se situe hélas/heureusement dans aucun de ses deux extrêmes. Quoique, en ce qui concerne l&#8217;hypothèse &laquo;&nbsp;culte&nbsp;&raquo;, il convient de laisser passer un certain laps de temps (voire un laps de temps certain) avant de se prononcer. <em>Hobo</em> est, comme l&#8217;on pouvait s&#8217;en douter, un film-concept et un exercice de style. Et comme souvent dans ces cas-là, cela peut être à la fois sa force et sa faiblesse. Commençons par la &laquo;&nbsp;mauvaise nouvelle&nbsp;&raquo; : <em>Hobo</em> participe largement de cette tendance toute tarantino-rodriguezienne à la citation cinéphilico-bisseuse. Cela aussi, on pouvait s&#8217;y attendre. Ainsi, on trouvera une photo soigneusement étudiée qui rappellera les riches heures de <em>Brain damage</em> (en beaucoup moins granuleux, le film n&#8217;usant pas des effets de pellicule en post-prod du diptyque <em>Grindhouse</em>) ou des références plus ou moins directes à <em>Street Trash</em>, bien sûr, mais aussi à <em>Invasion Los Angeles</em> ou <em>Evil Dead 2</em> (il manque juste un <em>&laquo;&nbsp;Groovy !&nbsp;&raquo;</em> à la fin d&#8217;une certaine séquence de bricolage pour parfaire le feeling). On le constate, le réalisateur Jason Eisener se déclare, avec franchise, tributaire d&#8217;un cinéma indé (au sens large) et <em>low budget</em>. Si on peut lui reprocher d&#8217;exprimer son amour sans grande finesse, on peut tout autant lui concéder d&#8217;avoir bon goût.</p>
<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/11/hobo-01.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6717" title="hobo-with-a-shotgun-01" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/11/hobo-01.jpg" alt="" width="600" height="246" /></a></p>
<p>Seulement voilà, le risque lorsque l&#8217;on cite ainsi ses références est que l&#8217;on prête fatalement le flanc à une comparaison qui peut s&#8217;avérer fort peu flatteuse. Et c&#8217;est là que l&#8217;on arrive à la bonne nouvelle : le film se défend plutôt bien. <em>Hobo</em> fait preuve d&#8217;une énergie juvénile effrontée et communicative. <em>Hobo</em> est un vrai trip crade, gore et outrancier dont on croyait que seul Troma avait réussi à conserver miraculeusement la recette. Mais pourtant, ô agréable surprise, <em>Hobo</em> ne se vautre pas dans un second degré post-moderniste hélas trop courant dans le domaine du petit budget qui cherche à dissimuler son indigence sous le masque du &laquo;&nbsp;nanar volontaire&nbsp;&raquo;. Derrière son côté &laquo;&nbsp;film bis à l&#8217;ancienne komonhenféplu sétémieuhavan&nbsp;&raquo; &#8211; le sujet de l&#8217;exercice imposé, en l&#8217;occurrence &#8211; <em>Hobo</em> n&#8217;oublie pas d&#8217;être un bon film bis, lapalissade a priori, mais pourtant fait assez rare pour être marquant : C&#8217;est foutraque et bordélique comme un plaidoyer pour faire de la suspension d&#8217;incrédulité une discipline olympique, c&#8217;est pulp à souhait et le film montre de quoi se fâcher à jamais avec l&#8217;Office du Tourisme Canadien, mais tout ça semble assumé avec une décontraction et une candeur qui font plaisir à voir. Un bon bis, quoi. Et c&#8217;est très heureux, parce qu&#8217;avec un Rutger Hauer impérial comme interprète principal (je vous fais l&#8217;insulte des présentations ?), Eisener avait tout intérêt à ne pas louper son coup.</p>
<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/11/hobo-02.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6718" title="hobo-with-a-shotgun-02" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/11/hobo-02.jpg" alt="" width="600" height="246" /></a></p>
<p>À dire vrai, on imagine presque que si <em>Hobo with a shotgun</em> était sorti tel quel il y a 30 ans (le fameux &laquo;&nbsp;laps de temps certain&nbsp;&raquo; ?), il serait sans doute cité en référence au même titre que ses modèles et la chronique que vous avez sous les yeux traiterait probablement de son remake-éloigné-de-l&#8217;esprit-bis-de-l&#8217;original. Mais voilà, en l&#8217;état, <em>Hobo</em> demeure un exercice de style, un pastiche. Réussi, sincère, jouissif et bien plus proche de l&#8217;esprit de la lettre que la tentative <em>Grindhouse</em> de Tarantino/Rodriguez. C&#8217;est déjà beaucoup pour un premier long métrage.</p>
<p><em>Disponible en DVD et Blu-Ray chez TF1 Vidéo.</em></p>
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		<title>Drive, de Nicolas Winding Refn</title>
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		<pubDate>Sun, 25 Sep 2011 12:21:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nunzio</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ne faites pas de ce que dit ce grand maniaco-dépressif d&#8217;Hamlet une généralité  : il n&#8217;y a pas que du pourri au Royaume de Danemark, il y a aussi Nicolas Winding Refn. Après une trilogie Pusher qui en a estomaqué plus d&#8217;un (et révélé Mads Mikkelsen), suivi d&#8217;un Bronson et un Valhalla Rising  plus discutés [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/09/drive_gosling.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6641" title="drive_gosling" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/09/drive_gosling.jpg" alt="" width="610" height="413" /></a>Ne faites pas de ce que dit ce grand maniaco-dépressif d&#8217;Hamlet une généralité  : il n&#8217;y a pas que du pourri au Royaume de Danemark, il y a aussi Nicolas Winding Refn. Après une trilogie <em>Pusher</em> qui en a estomaqué plus d&#8217;un (et révélé Mads Mikkelsen), suivi d&#8217;un <em>Bronson</em> et un <em>Valhalla Rising</em>  plus discutés malgré leurs qualités, il était facile de croire que la première incursion du réalisateur/<em>gambler</em> dans le cinéma américain risquait d&#8217;être décevante. Soyons clair d&#8217;entrée : Ceux qui pensent ainsi se gourent méchamment.</p>
<p><em>Drive</em> n&#8217;a à posteriori que peu de rapport avec<em> The Driver</em> de Walter Hill (1978), que la trilogie basse du front des <em>Transporteur</em> avait déjà sympathiquement pillé. Certes, on retrouve une manière identique de présenter un personnage à priori semblable : un &laquo;&nbsp;chauffeur&nbsp;&raquo; freelance (Ryan Gosling), professionnel au sens noble, louant ses compétences de pilote à des braqueurs le temps d&#8217;un casse. Un homme peu loquace, aux nerfs d&#8217;acier, méticuleux et qui ne sera jamais nommé. Refn va coller au train de ce personnage solitaire qui ne semble avoir pour seul vrai foyer que le siège conducteur d&#8217;une <em>muscle-car</em>. L&#8217;appartement quasi monacale qu&#8217;il occupe est voisin de celui d&#8217;Irene (Carey Mulligan), dont le mari est en prison, et son fils Benicio. Comme tout authentique solitaire taciturne serait enclin à le faire, le &laquo;&nbsp;Driver&nbsp;&raquo; va s&#8217;attacher rapidement et intensément à la jeune femme et l&#8217;enfant. Seulement, derrière la décontraction inébranlable, la nonchalance et la tendresse contenue mais réelle du Driver se cache une violence froide et expéditive, qui s&#8217;exprimera dès que la sécurité de ses &laquo;&nbsp;proches&nbsp;&raquo; de fraîche date sera compromise.</p>
<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/09/drive_affiche.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-6642" style="margin: 3px;" title="drive_affiche" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/09/drive_affiche.jpg" alt="" width="350" height="475" /></a>Avec <em>Drive</em>, Refn livre un film profondément masculin en toute sincérité et simplicité, sans user des ficelles grosses comme le calibre du Desert Eagle, de machisme échevelé, de sentiment de puissance en solde ou de punchlines qui sentent la sueur de burnes<strong></strong>. Son Driver est néanmoins un archétype propre à titiller le besoin d&#8217;identification du spectateur mâle : il est cool, il est beau gosse, il conduit comme un dieu, il bosse dans le cinéma (il est cascadeur), il a de l&#8217;honneur et de la probité&#8230; C&#8217;est une sorte de chevalier errant un peu voyou, un héros d&#8217;un autre temps aux valeurs surannées, un cousin éloigné version automobile du Ghost Dog de Jim Jarmush. Mais Refn va aussi entrainer ce même spectateur vers le côté immensément sombre et dangereux de cet archétype, via la référence omniprésente du scorpion, des scènes d&#8217;une brutalité sèche et intense, ou même allant braconner du côté du slasher old school le temps d&#8217;une séquence renvoyant à <em>Halloween</em> ou <em>Maniac</em>. Cependant, il ne fait pas de son Driver un simple schizophrène et le montre tout à fait capable de juxtaposer la tendresse la plus intense à la violence la plus extrême lors d&#8217;une scène bouleversante dans un ascenseur. Le Driver est tout simplement un homme conscient de la force qui l&#8217;habite et qui pourrait bien, ironiquement et tragiquement, le séparer de ceux qu&#8217;il veut protéger en l&#8217;utilisant.</p>
<p><em>Drive</em> est donc plus qu&#8217;un film noir bigrement bien emballé. Ce n&#8217;est pas seulement le portrait sensible d&#8217;un homme hors de son temps et fonctionnant selon ses propres règles. C&#8217;est aussi un vrai film de mecs, une catharsis pour homme viscérale et d&#8217;une puissance peu commune . <em>&laquo;&nbsp;Si votre film plait à tout le monde, c&#8217;est qu&#8217;il est raté&nbsp;&raquo;</em> avait dit Nicolas Winding Refn&#8230; Il est effectivement probable que tout le monde ne goûte pas la violence et la linéarité délibérée de <em>Drive</em>. Mais alors que le film fait déjà sensation dans les festivals et a récolté le prix du meilleur réalisateur à Cannes (amplement mérité), il se pourrait que la dernière œuvre du réalisateur danois le fasse un peu mentir. À la vue du film<strong></strong>, ce ne serait que justice.</p>
<p>Sortie le 5 octobre 2011</p>
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		<title>The people VS George Lucas</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Sep 2011 11:33:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nunzio</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Documentaire]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/09/014_GL_greenscreen.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6607" title="014_GL_greenscreen" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/09/014_GL_greenscreen.jpg" alt="The People VS George Lucas 01" width="610" height="343" /></a></p>
<p>Décidément, <strong>Star Wars</strong> n&#8217;a pas fini de générer du contenu&#8230; Il aura suffi d&#8217;un « film pour enfants » sorti sur les écrans en 1977 pour faire de George Lucas une balise culturelle à l&#8217;usage de toute une génération. Il a enthousiasmé et inspiré des millions de personnes de par le monde et révolutionné le Cinéma, ou du moins le merchandising afférent. Rétrospectivement, ce qui s&#8217;est passé avec <strong>Star Wars</strong> tient de l&#8217;incompréhensible, voire du mystère au sens religieux : quelque chose que l&#8217;on ne peut rationnellement expliquer mais qu&#8217;il faut accepter comme un fait. Certes, Lucas a fait <strong>Star Wars</strong> (pas tout seul), mais c&#8217;est le public qui en a fait cet incroyable phénomène encore vivace plus de 30 ans après. Les fans se sont appropriés le film et son univers pour en faire une base de réflexion et de création. Il suffit de voir l&#8217;incroyable quantité de fanfilms prenant la « galaxie lointaine, très lointaine » comme contexte. Pour les fans, la saga <strong>Star Wars</strong> était devenue un objet pop-culturel qui leur appartenait de plein droit. Mais lorsque Lucas décide de revenir sur son œuvre, la joie et l&#8217;excitation va très vite faire place à une frustration à la hauteur de l&#8217;attente.</p>
<p>À travers George Lucas, sa saga et ce qu&#8217;il en a fait durant les trois dernières décennies, à travers des polémiques telles que <em>Han Solo shot first</em>, l&#8217;utilité de Jar Jar Binks ou les midi-chloriens, c&#8217;est une multitude de questions fondamentales qui se posent sur les rapports entre le créateur et son œuvre ou ceux qu&#8217;entretiennent l&#8217;art et son public. Aussi, plutôt qu&#8217;un procès à charge ou à décharge comme le suggère son titre, <strong>The people VS George Lucas</strong> est un débat « virtuel » entre le réalisateur/producteur – qui ne s&#8217;exprime qu&#8217;à travers un ensemble d&#8217;archives de différentes époques &#8211; et des personnes de tous horizons et toutes nationalités, collaborateurs de Lucas, critiques (dont Rafik Djoumi, fier de présenter ses laserdiscs de la trilogie originale), artistes reconnus, anonymes&#8230; tous mis ici sur un pied d&#8217;égalité par la grâce d&#8217;un même sentiment : leur amour pour <strong>Star Wars</strong>.</p>
<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/09/005_danny_choo.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6608" title="005_danny_choo" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/09/005_danny_choo.jpg" alt="The people VS George Lucas 02" width="610" height="343" /></a></p>
<p>Et à l&#8217;image de la liste des intervenants, le débat est vaste. Très vaste. George Lucas défend sa liberté en tant qu&#8217;auteur de retoucher une œuvre qu&#8217;il estimait incomplète alors que les fans, présentés globalement comme moins bornés que d&#8217;aucuns le prétendent, contestent une tendance au révisionnisme, une volonté d&#8217;effacer totalement, à moyenne échéance, les versions originales qu&#8217;ils ont aimées malgré le temps et les défauts. Chaque point est argumenté selon différentes perspectives, outragées (on frôle le point Godwin par endroit), tempérées, caustiques, réfléchies ou « brut de décoffrage » en fonction de la personne interrogée.</p>
<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/09/VS-GEORGE-LUCAS_DVD.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-6610" style="margin: 5px;" title="VS GEORGE LUCAS_DVD" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/09/VS-GEORGE-LUCAS_DVD.jpg" alt="The people VS George Lucas cover" width="170" height="283" /></a>Car ce qui frappe dans <strong>The people VS George Lucas</strong>, c&#8217;est sa diversité de ton, démontrant à quel point le fandom est, comme dirait l&#8217;autre, une terre de contraste. Alexandre O. Philippe, réalisateur du document et fan lui-même, a en effet recueilli plusieurs milliers de contributions, témoignages, fictions amateurs (dont une version de <strong>Misery</strong> plutôt bien vu), fanfilms ou autres fancuts. Une orgie d&#8217;images dans laquelle il aurait été facile de se noyer, mais qui prend ici la forme d&#8217;un travail communautaire cohérent et passionnant, mettant en relief aussi bien le talent et les contradictions de Lucas que le mélange complexe d&#8217;amour et de haine – mais d&#8217;amour avant tout et malgré tout &#8211; qu&#8217;il inspire à son public. Et ce n&#8217;était pas une mince affaire. Le documentaire d&#8217;Alexandre O. Philippe est aussi une mémoire, un « document d&#8217;archive », aspect encore appuyé par les bonus du DVD présentant des interviews en version plus étendue que dans le montage final.</p>
<p>Évidement, <strong>The people VS George Lucas</strong> ne nous apprend rien d&#8217;inédit ou de croustillant sur la genèse de <strong>Star Wars</strong>, mais ce n&#8217;est pas le propos ici. On peut éventuellement lui reprocher de ne pas être extrêmement incisif, mais ce n&#8217;était pas le but. <strong>The people VS George Lucas</strong> est avant tout une matière à réflexion, à la fois sérieuse et décontractée, qui s&#8217;adresse aussi bien au fan &#8211; qui confrontera sa propre expérience à celle de nombreux autres &#8211; qu&#8217;à celui ou celle qui s&#8217;intéresse un tant soit peu à notre rapport à l&#8217;Art en général et à la culture populaire en particulier. À quand <strong>Star Wars</strong> en sujet pour le bac philo ?</p>
<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/09/066_george_paint_it_jarjar.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6609" title="066_george_paint_it_jarjar" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/09/066_george_paint_it_jarjar.jpg" alt="The People VS George Lucas 03" width="610" height="343" /></a></p>
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		<title>Hobo With A Shotgun</title>
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		<pubDate>Sat, 16 Apr 2011 09:34:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Damien</dc:creator>
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		<description><![CDATA[A l&#8217;image du Machete de Robert Rodriguez, Hobo With A Shotgun est un long-métrage issu d&#8217;une fausse bande-annonce sortie à l&#8217;occasion du projet Grindhouse de Rodriguez et Tarantino. Pour l&#8217;anecdote, la (fausse) bande-annonce initiale avait été primée lors d&#8217;un concours organisé en amont de la sortie du dyptique Boulevard De La Mort / Planète Terreur, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-medium wp-image-6404  aligncenter" title="hobo-with-a-shotgun-movie-poster" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/04/hobo-with-a-shotgun-movie-poster-395x600.jpg" alt="" width="380" height="577" /></p>
<p>A l&#8217;image du <em>Machete</em> de Robert Rodriguez, <em><a href="http://ca.hobowithashotgun.com/">Hobo With A Shotgun</a></em> est un long-métrage issu d&#8217;une fausse bande-annonce sortie à l&#8217;occasion du projet <em>Grindhouse</em> de Rodriguez et Tarantino. Pour l&#8217;anecdote, la (fausse) bande-annonce initiale avait été primée lors d&#8217;un concours organisé en amont de la sortie du dyptique <em>Boulevard De La Mort / Planète Terreur</em>, gagnant ainsi le droit d&#8217;être projetée entre les deux films dans tout le Canada et une sélection de salles américaines (rappelons qu&#8217;outre-atlantique, les deux films étaient diffusés à la suite, dans l&#8217;esprit des <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Double_feature">double-features</a> originelles).</p>
<p>A l&#8217;occasion de la sortie de son long-métrage (en salles au Canada, en VOD aux Etats-Unis, et peut-être un jour en DVD dans le reste du monde ?), le réalisateur Jason Eisener et son équipe ont donc en toute logique à leur tour organisé un <a href="http://ca.hobowithashotgun.com/contest/">concours</a> de fausses bandes-annonces, bouclant ainsi la boucle.</p>
<p>Et le film dans tout ça ? Ben pour être honnète, c&#8217;est pas franchement génial&#8230; Bien plus honorable que tous les sous-grindhouse fauchés/pourris/irregardables sortis à la pelle ces dernières années aux Etats-Unis (<em>Bitch Slap, Hell Ride, Run Bitch Run, Nude Nuns With Big Guns.</em>..) mais pas génial non plus.</p>
<p>Hommage pas très finaud aux vigilante movies les plus glauques des années 80 (<em>Exterminator, Class 1984, Savage Streets</em>&#8230;), le film se rapproche au final bien, plus des production <a href="http://www.troma.com/">Troma</a> que de quoi que ce soit d&#8217;autre : Second degré permanent, acteurs en surjeu total, délire campy/gory qui prend le pas sur toute tentative de réalisme&#8230; On est loin, très loin de la sécheresse, de l&#8217;âpreté et du premier degré réac&#8217; des films sus-mentionnés. Parmi les bons points tout de même, la présence du toujours apprécié Rutger Hauer en tête d&#8217;affiche, une bande-son &laquo;&nbsp;80&#8242;s-like&nbsp;&raquo; pas mal du tout, un majeur fermement pointé à l&#8217;égard du politiquement correct (Père Nöel pédophile, enfants cramés au lance-flame et autres joyeusetés sont au programme&#8230;), et surtout un enchainement de scènes absolument gorissimes comme on n&#8217;en avait pas vu depuis longtemps. Bref, l&#8217;exemple de film typique qui ne sert pas à grand-chose, mais peut constituer un agréable bouche-trou lors d&#8217;une soirée entre potes bien arrosée&#8230;</p>
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="551" height="336" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/ssHEAOrAdCU?fs=1&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="551" height="336" src="http://www.youtube.com/v/ssHEAOrAdCU?fs=1&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
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		<title>Heretik System : We had a dream, de Damien Raclot-Dauliac</title>
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		<pubDate>Mon, 24 Jan 2011 16:27:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Damien</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-6187" title="img_02" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/01/img_02-600x430.jpg" alt="" width="600" height="430" /></p>
<p>Déjà à l&#8217;origine en 2004 du coffret DVD <em>World Traveller Adventures</em>, une série très réussie de 4 moyens-métrages consacré aux &laquo;&nbsp;tribes&nbsp;&raquo; techno itinérantes, Damien Raclot-Dauliac revient avec <em><a href="http://www.heretik.net">Heretik System : We had a dream</a></em>, sur le mouvement des free parties en France au travers du parcours des Heretik, un des sound-systems les plus emblématiques du mouvement. Prenant le parti &#8211; cohérent ici vu le sujet traité &#8211; du compte-rendu chronologique, <em>We Had a Dream </em>commence par rappeler les débuts du mouvement au début des années 90, lorsque, chassés d&#8217;Angleterre par le Criminal Justice Bill de 1993 (un arrêté interdisant squats et raves sauvages qui n&#8217;est d&#8217;ailleurs pas sans rappeler la loi Loppsi 2 récemment adoptée par l&#8217;Assemblée Nationale), les tribus techno d&#8217;outre-manche comme les fameux Spiral Tribe débarquent en France et en Europe, semant les graines d&#8217;un mouvement qui va progressivement s&#8217;implanter dans l&#8217;underground français.</p>
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="500" height="282" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=14524019&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=0&amp;show_byline=0&amp;show_portrait=0&amp;color=00ADEF&amp;fullscreen=1&amp;autoplay=0&amp;loop=0" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="500" height="282" src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=14524019&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=0&amp;show_byline=0&amp;show_portrait=0&amp;color=00ADEF&amp;fullscreen=1&amp;autoplay=0&amp;loop=0" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p>Cette introduction passée, le documentaire se focalise ensuite sur le crew Heretik lui-même, en alternant interviews en profondeur de ses principaux protagonistes, images d&#8217;archives, mais également entretiens avec les membres des forces de l&#8217;ordre spécialisés dans la &laquo;&nbsp;chasse aux teufeurs&nbsp;&raquo;. Retraçant une odyssée de près de 10 ans entamée aux confins de l&#8217;underground pour aboutir à&#8230; l&#8217;Olympia, le film de Damien Raclot-Dauliac n&#8217;occulte rien du parcours chaotique du crew, de ses coups d&#8217;éclats les plus flamboyants à ses galères les plus sombres, de ses activités (parfois) répréhensibles à la solidarité hors-norme soudant les membres du crew devant l&#8217;adversité&#8230; Plus que la dimension purement artistique en soi (passé la fin des années 90, les productions commencent quand même, à quelques exceptions près, à sacrément tourner en rond), c&#8217;est d&#8217;ailleurs cette incroyable motivation, cette capacité démesurée à repousser à chaque nouvelle fête les limites du système D pour le seul plaisir de faire la fête hors-cadre, sans règles et en dehors du système marchand qui fascine le plus dans ce mouvement éphémère, et désormais révolu. Et par extension dans ce très réussi documentaire, dont la rigueur et la permanente prise de recul rendent accessible le visionnage à un cercle bien plus large que celui des seuls initiés. A découvrir sans attendre !</p>
<p><strong><em>Heretik System : We had a dream</em>, de Damien Raclot-Dauliac, DVD 66mn (+ bonus digital, planches stickers vyniles, dépliant BD, sous-titres anglais)</strong></p>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-6192" title="img_01" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/01/img_01-600x430.jpg" alt="" width="600" height="430" /></p>
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		<title>Feast II &#8211; John Gulager</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Nov 2010 19:37:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chloé</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Après Feast &#8211; qui ne renouvelait pas le genre mais avait le mérite de faire dans le trash savoureux – voici donc Feast II. Même trame : l&#8217;invasion de mutants affamés. Le but de la saga Feast (le III est sorti en 2008) n&#8217;est clairement pas de bouleverser le spectateur par l&#8217;originalité de son scénario. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6066" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/Feast_2_9-600x401.jpg" alt="" width="480" height="321" /></p>
<p>Après <em>Feast</em> &#8211; qui ne renouvelait pas le genre mais avait le mérite de faire dans le trash savoureux – voici donc <em>Feast II</em>. Même trame : l&#8217;invasion de mutants affamés.</p>
<p>Le but de la saga <em>Feast</em> (le <em>III</em> est sorti en 2008) n&#8217;est clairement pas de bouleverser le spectateur par l&#8217;originalité de son scénario. Son intérêt est ailleurs, dans le gore indigeste, les répliques second degré, le jeu d&#8217;acteur bancal. <em>Feast</em> premier du nom assumait son statut de série B, tournait en dérision plusieurs clichés du film d&#8217;horreur, et restait finalement un objet assez plaisant. Seulement, trois ans plus tard, John Gulager décida de transformer ses mutants en pompes à fric.</p>
<h5 class="mceTemp mceIEcenter">
<dl>
<dt><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/feast_ii_screen_monsters_attacking.jpg"><img class="size-full wp-image-6067" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/feast_ii_screen_monsters_attacking.jpg" alt="" width="448" height="300" /></a></dt>
<dd>
<h5 style="text-align: center">Adieu, ami de petite taille &#8230;</h5>
</dd>
</dl>
</h5>
<p>Avec <em>Feast II</em>, il pousse le ridicule à son paroxysme. Des bikeuses lesbiennes, des catcheurs nains, une blonde sans cervelle, un méchant vendeur de voitures, … Rien ne nous est épargné. Alors que <em>Feast</em> allait déjà loin dans la perversion, <em>Feast II</em> fait tomber toutes les barrières. Les bébés s&#8217;éclatent le crâne sur le sol, les vieilles agonisantes se font catapulter et les chats errants subissent les affres sexuelles de mutants en rut. La scène de la dissection d&#8217;un des monstres est l&#8217;exemple parfait de l&#8217;humour gore qui franchit le cap du pitoyable. Si celle-ci est effectivement, comme j&#8217;ai pu le lire, un hommage à la scène de dissection du vampire dans <em>Blade II</em>, je pense que Guillermo se retourne (avec difficulté) sur sa chaise mexicaine.</p>
<p>Bref, si vous voulez voir du gore jubilatoire sans avoir l&#8217;impression d&#8217;être pris pour un c**, préférez un « vieux » Rob Zombie &#8230;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Intégrale Gamera &#171;&#160;Classiques&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Nov 2010 09:29:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nunzio</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Cinéma bis]]></category>
		<category><![CDATA[Japon]]></category>
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		<description><![CDATA[Ô trahison, ô infamie ! Le cinéma n&#8217;est pas que art, il est aussi business ! Il n&#8217;est pas création ex nihilo, il est avant tout réappropriation, recyclage, voire pompage pur et simple ! Contemplez, Mesdames et Messieurs : Le monument culturel qui se présente devant vous ne doit de s&#8217;être élevé que par la grâce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ô trahison, ô infamie ! Le cinéma n&#8217;est pas que art, il est aussi business ! Il n&#8217;est pas création ex nihilo, il est avant tout réappropriation, recyclage, voire pompage pur et simple !</p>
<p>Contemplez, Mesdames et Messieurs : Le monument culturel qui se présente devant vous ne doit de s&#8217;être élevé que par la grâce de fondations creusées par d&#8217;autres. Que dis-je ? Par la grâce d&#8217;emprunts de matériaux de chantier sur le terrain du voisin ! Un monument d&#8217;écailles en caoutchouc made in Japan. À ma droite, Mesdames et Messieurs, la seule et unique tortue géante à réaction, le Dieu Vivant et Tutélaire des enfants du Globe, la Terreur des vils envahisseurs extraterrestres dresseurs de monstres cataclysmiques, le Challenger. C&#8217;est une tortue ? C&#8217;est un OVNI ? Non ! C&#8217;est Gamera !</p>
<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera_vs_guiron.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6049" title="gamera_vs_guiron" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera_vs_guiron.jpg" alt="Gamera vs Guiron" width="600" height="265" /></a></p>
<p>Tout commence en 1954 lorsque la grande maison de production Toho sort sur les écrans un tokusatsu (film à effets spéciaux) qui allait devenir un véritable symbole : <strong>Gojira</strong>. Un peu moins de 10 ans après la capitulation du Japon et après plusieurs années sous surveillance étroite des États-Unis, le Cinéma de l&#8217;archipel donna corps au traumatisme engendré par la destruction de Hiroshima et Nagasaki. Franc succès dans son pays, <strong>Gojira </strong>alla aussi séduire le public américain par le biais d&#8217;une version tronquée et « dénipponisée », titrée <strong>Godzilla, king of the monsters</strong>. Ce fut le début d&#8217;une longue épopée cinématographique et l&#8217;acte de naissance d&#8217;un sous-genre du tokusatsu, le kaiju eiga (désignant les films de monstres géants), dont la Toho conservera le quasi monopole.</p>
<p>Du moins, jusqu&#8217;en 1965&#8230;</p>
<p>C&#8217;est à cette époque que la Daiei, compagnie concurrente de la Toho, décide qu&#8217;il doit bien y avoir une place pour elle sur le podium, quelque part à côté de Godzi. Quitte à ce que ce soit dans son ombre. Entre temps, le lézard atomique de la Toho s&#8217;était peu à peu mué en mascotte des enfants, empruntant alors une pente savonneuse qui allait finir, à moyen terme, par totalement décrédibiliser le genre. Mais plutôt que de reprendre le kaiju eiga à sa source cathartique, la Daiei vise plutôt la rentabilité immédiate et décide d&#8217;aller encore plus loin que son modèle dans l&#8217;infantilisation. Ainsi, Gamera fut. Et la Daiei vit que cela était bon.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6050" title="gamera" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera.jpg" alt="Daikaiju Gamera" width="600" height="265" /></a></p>
<p>Car oui, Gamera fut le seul vrai challenger capable de chatouiller l&#8217;égo de Godzi. Bien plus que le pauvre Guilala (devenu Itoka chez nous, dois-je vraiment vous expliquer pourquoi ?) ou Gappa, tout deux lancés par la Nikkatsu ou les tentatives courageuses de la Toei de sortir de la routine du kaiju (<strong>Les monstres de l&#8217;Apocalypse</strong>, <strong>Les monstres de la Préhistoire</strong>&#8230;). Pourtant, si Gamera jouit au Japon d&#8217;une popularité presque équivalente à celle de Godzilla, il est un quasi inconnu dans notre bonne vieille France. Et pour cause : La grande majorité des <strong>Gamera </strong>étaient tout simplement inédite chez nous, là où les Godzilla bénéficieront de quelques sorties au cinéma ou en vidéo, essentiellement dans leur montage U.S., parfois dans des éditions aux titres et aux visuels gentiment portnawak (des  <em>flying jaquettes</em>, comme dirait Jean-Pierre Putters). Mieux encore, HK Vidéo entreprendra dans le courant des années 90 une grande entreprise de réhabilitation du mythe Godzilla en éditant en VHS, et pour la première fois en France, les montages originaux et remasterisés en VOST. Gamera, lui, n&#8217;avait eux droit qu&#8217;à une seule pauvre sortie en cassette sur le territoire français dans les années 80. Et même pas sous son vrai nom, qui plus est !</p>
<p>Mais on ne peut pas cacher longtemps à la vue du Monde une tortue de 60 mètres&#8230; WE Productions nous avait permis de découvrir la trilogie <strong>Gamera</strong> produite à la fin des années 90 en DVD, mais jusqu&#8217;ici, rien n&#8217;avait été fait pour les opus de la période allant de 1964 à 1980 (appelé « ère Showa », en référence au règne de l&#8217;Empereur Hirohito). Pour le public français curieux, motivé et plutôt anglophone, il restait toujours la possibilité d&#8217;en voir certains d&#8217;entre eux, dans leurs versions charcutées par AIP pour la télé américaine, sur des sites internet les proposant en consultation ou téléchargement gratuit, ces versions étant tombées dans le domaine public. Comble de malchance, les masters sont de qualité plus que médiocre. Il était grand temps de faire quelque chose, l&#8217;éditeur WE Productions le fait. Et il le fait franchement. En effet, WE nous propose deux coffrets DVD présentant, pour la première fois en France, les <strong>Gamera </strong>de l&#8217;ère Showa en version originale et intégrale. Nous allons pouvoir enfin rencontrer la légende pour de bon, à l&#8217;époque de sa folle et tumultueuse jeunesse.</p>
<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera_vs_viras_02.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6054" title="gamera_vs_viras_02" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera_vs_viras_02.jpg" alt="Gamera vs Viras" width="600" height="265" /></a></p>
<p>Si l&#8217;on compare globalement la filmographie de Godzilla et Gamera, force est d&#8217;admettre que ce dernier a eu bien du mal à tenir la distance face à son ainé : Après un démarrage-canon au rythme d&#8217;un film par an, la saga subit une première brutale interruption de 9 ans entre <strong>Gamera vs. Jiger</strong> (1971) et <strong>Uchu kaiju Gamera</strong> (1980), le dernier épisode de l&#8217;ère Showa. Mais cela correspond à une crise nationale sur le marché du kaiju que tous ces géants, Godzilla compris, subiront de plein fouet vers le milieu des 70&#8242;s. Cependant, il serait malvenu pour Gamera de se parer d&#8217;une coquille d&#8217;œuf à la Calimero en invoquant l&#8217;iniquité du Destin. D&#8217;abord parce que question couvre-chef, on pourrait trouver plus seyant pour une tortue géante, volante et cracheuse de feu. Ensuite parce que si la conjoncture ne lui fut pas favorable très longtemps, elle n&#8217;est pas la principale responsable de la carrière erratique de ce fer de lance de la Daiei. Car le premier à blâmer en cette matière&#8230; est la Daiei elle-même.</p>
<p>Ceci étant dit, revenons à nos tortues&#8230; Même dans une entreprise de pompage éhonté, il faut savoir se distinguer un minimum.  Ainsi, Gamera n&#8217;est pas un enfant de l&#8217;atome, ses origines sont beaucoup plus anciennes&#8230; Nous n&#8217;en n&#8217;apprendrons d&#8217;ailleurs que peu de chose, ce qui donnera le champs relativement libre aux initiateurs du reboot de la série dans les années 90.  Le premier épisode, <strong>Daïkaiju Gamera</strong> (<strong>Gammera</strong> (sic), <strong>the Invincible</strong> aux USA), dernier kaiju eiga tourné en noir et blanc, présente Gamera comme une créature antédiluvienne et légendaire (son existence est consignée dans une sorte de Pierre de Rosette d&#8217;origine incertaine), accidentellement réveillée par une explosion atomique provoquée par le crash d&#8217;un avion de chasse russe expérimental. Le nucléaire participe donc à sa libération, mais nullement à sa genèse, et ce sera là la seule évocation de la menace atomique dans toute la période Showa du monstre. Mais il est temps d&#8217;en arriver à l&#8217;un des ingrédients qui feront tout le « sel » de la première ère de Gamera, déjà présent ici : <strong>Daikaiju Gamera</strong> est en effet le premier film du genre à mettre au premier plan un enfant dans son scénario. Un enfant ? Mais Gamera n&#8217;est-il donc pas un danger, un fléau ? Oui et non. Oui si, en plus de sa taille handicapante pour faire des créneaux en ville sans renverser de buildings, l&#8217;on tient compte du fait qu&#8217;il se nourrit de feu en générale et de carburant fossile en particulier. Faut pas déconner avec la crise de l&#8217;énergie&#8230; Non si l&#8217;on s&#8217;en tient à l&#8217;avis de Toshio, le petit garçon renfermé et fan de tortue à qui Gamera a sauvé la vie.</p>
<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera_2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6056" title="gamera_2" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera_2.jpg" alt="Daikaiju Gamera" width="600" height="289" /></a></p>
<p>Le voici donc, ce gamin qui tient un rôle central dans <strong>Daikaiju Gamera</strong>. Mais attention ! « Central » ne veut nullement dire ici qu&#8217;il est important du point de vue narratif ! Car si le personnage de Toshio bénéficie d&#8217;un confortable temps de présence à l&#8217;écran, c&#8217;est très souvent pour ne rien faire qui pourrait faire avancer l&#8217;intrigue Son activité principale consiste à échapper à la vigilance de sa grande sœur pour tenter de revoir de près son colossale sauveur, ou crier à qui veut l&#8217;entendre que non, Gamera n&#8217;est pas méchant. La résolution du problème Gamera reste dans les mains des adultes, qui mettront au point le plan Z (re-sic) : Appâter le monstre avec du pétrole en feu pour l&#8217;enfermer dans une fusée direction l&#8217;espace. On croirait un traquenard mis au point par Vil Coyote et financé par les Nations Unis.</p>
<p>Le film a clairement pour but de nous faire les présentations avec sa grande star en puissance. Vis-à-vis des délires pop qui contaminaient à l&#8217;époque le kaiju (pour le meilleur ou pour le pire), <strong>Daikaiju Gamera</strong> est d&#8217;une facture sobre, aussi bien dans son écriture (totalement sous influence, certes), sa mise en image et ses effets spéciaux, soignés mais un poil moins bluffants que ceux d&#8217;un <strong>Rodan </strong>ou un <strong>Invasion Planète X</strong>. On pourrait presque user du terme « old school » si nous ne parlions pas d&#8217;un genre alors vieux de seulement 10 ans. Tout juste a-t-on droit à une séquence complètement hors-sujet, mais probablement « édifiante » une fois remise dans le contexte social du Japon de l&#8217;époque, présentant des teen-agers nippons préférant danser le twist en boite de nuit plutôt que d&#8217;évacuer un Tokyo en pleine dévastation. Mal leur en prendra. Ah, ces jeunes&#8230;</p>
<p>De jeunesse, il en sera curieusement beaucoup moins question dans le second épisode, prestement emballé l&#8217;année suivante : <strong>Gamera vs. Barugon</strong> (<strong>War of the Monsters</strong> pour les US). Une séquelle étrange, au scénario pourtant attendu (Gamera revient, n&#8217;est pas content et a affaire à un adversaire à sa taille) mais rétrospectivement à part dans la continuité d&#8217;une saga qui se cherche encore. Ce sera, toutes proportions gardées, l&#8217;épisode le plus adulte de l&#8217;ère Showa de la tortue-fusée : Pas d&#8217;enfant au premier plan, un Gamera vènère, un récit d&#8217;aventure à l&#8217;ancienne avec jungle et sables mouvants reconstitués en studio, meurtres, « sauvages » fuyant au premier coup de feu et jolie sauvageonne au cœur à prendre. Car oui, il y a bien une histoire d&#8217;amour dans <strong>Gamera vs. Barugon</strong>, et même des allusions bucco-sexuelles assez rigolotes quand on y prête attention. Cette « exception gameresque » serait-elle liée au fait que<strong> Gamera vs. Barugon</strong> soit le seul film que Noriaku Yuasa, metteur en scène attitré des Gamera « classiques », ne réalise pas ? Allez savoir&#8230;</p>
<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera_vs_barugon.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6051" title="gamera_vs_barugon" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera_vs_barugon.jpg" alt="Gamera vs Barugon" width="600" height="265" /></a></p>
<p>La saga se cherche, certes, mais n&#8217;en perd pas le nord pour autant : Après avoir pillé le premier Godzilla, la Daiei part à l&#8217;abordage de <strong>Godzilla contre Mothra</strong>. En inversant les rôles, toutefois, puisque c&#8217;est ce film qui va assoir Gamera comme une entité protectrice en l&#8217;opposant à Barugon, créature difficilement identifiable (quelque part entre le varan de Komodo, le crapaud et le rhinocéros&#8230; et un extincteur, aussi&#8230;) mais qui sera loin d&#8217;être la chimère en plastoc la plus délirante que devra affronter notre tortue.</p>
<p>Car comme Godzilla, Gamera est désormais bien parti pour affronter un nouveau challenger à chaque film. Après Barugon, alias le cousin germain au troisième degré de Mothra,  le suivant sur la liste sera le plus récurrent : Gyaos, le « frère caché » buveur de sang et hydrocéphale de Rodan. À l&#8217;occasion de ce premier round, la Daiei fait table rase de <strong>Gamera vs. Barugon</strong> et arrive enfin à la formule qui perdurera jusque dans les années 80. Les enfants deviennent les véritables ressorts de l&#8217;intrigue : Ici, non seulement le gamin de l&#8217;histoire baptise le méchant monstre, mais toutes les tactiques visant à le détruire sont suggérées par lui. Pendant ce temps, Gamera laisse au vestiaire le peu d&#8217;ambigüité qui lui restait pour personnifier le chaînon manquant entre Superman, Goldorak et Casimir. Bref, c&#8217;est à partir de ce <strong>Gamera vs. Gyaos</strong> que Gamera sera « vraiment » Gamera.</p>
<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera_vs_gyaos.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6052" title="gamera_vs_gyaos" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera_vs_gyaos.jpg" alt="Gamera vs Gyaos" width="600" height="265" /></a></p>
<p>C&#8217;est aussi le début de la routine pépère, les suites se brodant sur des canevas déjà rodés ailleurs : Une poignet d&#8217;extraterrestres débarquent sur Terre et au Japon en particulier pour nous envahir en lâchant leur(s) streum(s) géant(s) dévoué(s) (<strong>Gamera vs. Viras</strong>, <strong>Gamera vs. Zigra</strong>, <strong>Gamera le monstre de l&#8217;espace</strong>). Ou un monstre surgi du passé menace le bon déroulement de l&#8217;Exposition Universelle de Tokyo, ce qui semble être un acte bien plus intolérable que de détruire la ville (<strong>Gamera vs. Jiger</strong>). Ou encore, des enfants se retrouvent prisonniers d&#8217;un duo d&#8217;aliens feminines sur une planète peuplée de kaijus (<strong>Gamera vs. Guiron</strong>). Une fois la situation posée, Gamera arrive, répondant aux prières des enfants en détresse et accompagné de son thème musical triomphant, fait un premier round avec le(s) méchant(s) monstre(s), est blessé, puis revient au dernier acte pour administrer une solide rouste à la pesante menace. Fin. C&#8217;est simple, carré, immuable, presque reposant. La seule véritable évolution, c&#8217;est le rachitisme de plus en plus criant des budgets alloués aux films : Effets spéciaux faiblards (même pour l&#8217;époque), décors en carton, maquettes bâclées par manque de temps et de moyens et costumes de monstres ahurissants. Celui de Gamera, lui, ne change pas d&#8217;un poil (contrairement à celui de Godzilla qui subira pas mal d&#8217;évolutions). Mais comme nous allons le voir, ce dernier point s&#8217;avère très pratique&#8230;</p>
<p>En effet, il est temps d&#8217;aborder le dernier élément constitutif de la saga de Gamera : L&#8217;usage systématique de stock shots des combats antérieurs de notre tortue. Si <strong>Gamera vs. Gyaos</strong> et <strong>Gamera vs. Guiron</strong>, le quatrième film, sont de modestes éloges au remplissage (ses pseudo flash-backs peuvent meubler jusqu&#8217;à 15 minutes de métrages, tout de même&#8230;), les quatre autres sont des manifestes échevelées du recyclage de pellicule : Les stock-shots y constituent au bas mot 90% des scènes à effets spéciaux. La Daiei poussera sa quête perverse du développement durable adaptée au cinéma jusqu&#8217;à inclure des pans entiers du premier film (dans <strong>Gamera vs. Viras</strong>, notamment), personne ne semblant s&#8217;offusquer d&#8217;éventuels problèmes de raccord avec les scènes en couleurs&#8230; Le champion toutes catégories dans cette discipline sera <strong>Gamera, le monstre de l&#8217;espace</strong> (<strong>Uchu kaiju Gamera</strong>, 1980), huitième et dernier film de cette période : Cet épisode tardif pourrait presque passer pour une arnaque, étant donné qu&#8217;à peu de choses près, aucune scène présentant la tortue géante et ses adversaires n&#8217;est originale. TOUS les films précédents sont mis à contribution. Mais puisqu&#8217;il marque la mise en sommeil de la saga jusque dans les années 90, on peut aussi y voir une sorte de baroud d&#8217;honneur roublard, un <em>All Stars Gamera</em> aussi opportuniste que rétrospectif. Et enfin, ce sera tout bénéf&#8217; pour la France qui, dans un seul film, aura droit à un digest de tout ce qu&#8217;elle avait loupé. Car oui,  <strong>Uchu kaiju Gamera</strong> est le seul d&#8217;entre les huits métrages qui soit sorti sur notre territoire en VHS sous le titre <strong>Gameka</strong> (sic ter) <strong>et les trois super-women</strong> ou encore <strong>Gamerak</strong> (toutes ressemblances avec un certain robot à cornofulgure étant&#8230; pas très fortuites).</p>
<p>Mais alors que la conclusion de cette chronique arrive à toutes jambes, des questions doivent probablement se faire jour dans l&#8217;esprit du lecteur : Gamera n&#8217;est-il donc qu&#8217;une pompe à fric aux joints usés, une vulgaire opération marketing sans âme et sans fond(s)&#8230; Et donc sans intérêt ?</p>
<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera_vs_viras_01.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6055" title="gamera_vs_viras_01" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera_vs_viras_01.jpg" alt="Gamera vs Viras" width="600" height="265" /></a></p>
<p>La réponse est simple : Oui, mais non. Et réciproquement.</p>
<p>Oui, Gamera a été crée essentiellement pour disputer à la Toho son égémonie sur le divertissement à base de catch entre monstres. Oui, le but était de refaire du Godzilla avec le moins d&#8217;investissement possible, quitte à user de ficelles cache-misère honteuses. Mais Gamera, c&#8217;est bien plus que ça. Car au delà de toute son arrière-boutique bassement mercantile, cette saga parvient à accomplir un petit miracle : Retranscrire sur pellicule l&#8217;esprit et la texture des histoires que les enfants peuvent inventer dans leurs chambres avec leurs jouets. Sans doute que les conditions de production drastiques en terme de temps et de budget ont donné à ces objets à priori calibrés, ces ersatz pas même camouflés, cet aspect foncièrement basique, naïf et « brut de décoffrage » rafraichissant. Les Gamera de l&#8217;époque Showa sont de vrais spectacles pour gamins pas très sages, plein de bruits, de fureur et de suspension d&#8217;incrédulité acrobatique. Et c&#8217;est sans doute là que réside la clé du succès de Gamera auprès du public de l&#8217;époque, bien plus que son côté Godzilla <em>low cost</em>, et qui fera que le personnage perdurera, même pendant sa longue absence, dans l&#8217;esprit de toute une génération&#8230; Et dans quelques autres œuvres : Il fera un court caméo dans le manga <em><strong>Dragon Ball</strong></em> en 1984, et certains Golgoths de <strong><em>Goldorak</em></strong> pourrait facilement passer pour des « Mechagamera ». Certes, ces films ont les (gros) défauts de leurs (modestes) qualités, certains « messages » ont la finesse de leur héros (du nationalisme de mauvais aloi affleure ça et là) et la nanardise est souvent au rendez-vous (mais est-ce forcément un défaut ?). Mais avouons-le franchement, ce n&#8217;est pas tout les jours que l&#8217;on peut voir dans un film « live » une tortue géante faire de la barre fixe, affronter un croisement génétique entre Homer Simpson et un katana sur pattes qui lance des shurikens avec sa tête (<strong>Gamera vs. Guiron</strong>) ou voir l&#8217;empalement à répétition du héros servir à un gag visuel, quelque part entre Benny Hill et le Sam Raimi de <strong>Army of Darkness</strong> (<strong>Gamera vs. Viras</strong>)&#8230;</p>
<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera_vs_guiron_2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6053" title="gamera_vs_guiron_2" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/gamera_vs_guiron_2.jpg" alt="Gamera vs Guiron" width="600" height="265" /></a></p>
<p>Les éditions que nous propose WE Productions proposent l&#8217;essentiel, à savoir les films avec une image de très bonne tenue, en VO et format respecté, le tout dans de très beaux packagings. On pourra regretter l&#8217;absence de bonus digne de ce nom et quelques menues coquilles dans les sous-titres, mais la possibilité d&#8217;avoir enfin à disposition l&#8217;intégrale de Gamera, là, sur son étagère, est déjà en soi exceptionnelle. Un bel hommage est enfin rendu à cette icône alternative du Cinéma nippon dans notre pays. Il aura fallu attendre, mais heureusement, les tortues sont patientes.</p>
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		<title>Chinaman vs. Wild</title>
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		<pubDate>Thu, 23 Sep 2010 20:19:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Léo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
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		<description><![CDATA[Certes les Chinois sont petits, jaunes, avec les yeux fendus. Certes ils parlent le tchitchatchong, qu&#8217;ils gribouillent en bâtons à l&#8217;encre locale. Certes il mange du chien laqué et de la langue d&#8217;hirondelle en ravioles&#8230; Mais pour les cols blancs de Pékin ou les prolos de Shanghai, il y a plus bizarre encore : les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Certes les Chinois sont petits, jaunes, avec les yeux fendus. Certes ils  parlent le tchitchatchong, qu&#8217;ils gribouillent en bâtons à l&#8217;encre  locale. Certes il mange du chien laqué et de la langue d&#8217;hirondelle en  ravioles&#8230; Mais pour les cols blancs de Pékin ou les prolos de  Shanghai, il y a plus bizarre encore : les bouseux périphérique de leur  gigantesque pays. Des types qui ne leur ressemblent guère, ne partagent  pas leur culture, leur religion ou leur patois. Des péquenots bizarres,  qui survivent comme des bêtes aux confins des fins fonds.<br />
Par souci de récupération politique ou par simple goût d&#8217;exotisme, le  cinéma chinois de maintenant aime se pencher sur ces sujets. Et poser  les questions de la modernité et de la tradition, du rapport à la nature  et au paysage, du jeu entre autorité théorique et application réelle.<br />
Un peu comme nous avec <em>Bienvenue chez les chtis</em>.</p>
<p><strong>LE DERNIER VOYAGE DU JUGE FENG de Liu Jie </strong></p>
<p>Feng est juge dans l&#8217;extrême sud-ouest : il fait la tournée de villages  isolés, son tribunal à dos de cheval. Arrivé dans les bleds, il règle  les contentieux au nom de la République Populaire, au milieu d&#8217;un  jardin, entre deux porcheries. Il est assisté par une greffière  autochtone, tante Yang, et pour la première fois accompagné d&#8217;un jeune  juriste frais sorti de la fac.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="size-full wp-image-5642 aligncenter" title="feng" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/09/feng.jpg" alt="" width="600" height="400" /></p>
<p>Alors qu&#8217;il m&#8217;avait été vendu comme un film contemplatif sur les  montagnes du Yunnan, j&#8217;ai été plutôt surpris de découvrir dans ce film  un conte joliment troussé sur le rapport à l&#8217;altérité. Feng est un vieux  roublard, qui a fini, au terme de trente ans de carrière, par développer  son propre système de justice. Un précaire équilibre entre légalité,  pratiques autochtones et nécessité de conserver intacte son aura de  notable, garantissant seule l&#8217;application des sentences. Le regard de  Ah-Luo, le jeune étudiant, met en lumière les contradictions de ce mode  de fonctionnement, à la fois absurde et nécessaire.</p>
<p>La nature est bien là, mais sans ostentation. Les montagnes sont belles,  filmées très simplement. Les villages, les habitants, ont quelque chose  de dense et de captivant, et leur rapport à la modernité (la mule  trimbale une télé) un je-ne-sais-quoi de kusturicien. Il n&#8217;est pas  question de fantasmer sur les merveilleuses sociétés hors du temps, ni  d&#8217;au contraire vanter leur avidité de modernité. On est sur la crête :  vieilleries magiques et grosses parkas, cultes des ancêtres et journal  de vingt heures. Des gens montrés comme beaux et bouchés, à la fois  ouverts à l&#8217;étranger mais opaques à l&#8217;assimilation.</p>
<p>Ce petit film est, enfin, très bien écrit. L&#8217;histoire est simple mais  parfaitement dépliée, et elle travaille sur plusieurs niveaux à la fois,  le général, l&#8217;intime, le cours d&#8217;une vie et celui de l&#8217;histoire. Elle a  quelque chose de tout à fait abstrait dans le déroulé, qui lui donne un  côté conte millénaire, sans morale, juste un récit pour nous balader un  peu.<br />
On regretta d&#8217;autant plus l&#8217;intuition à la con du commercial de service  de merde, pour lui avoir donné ce titre français qui gâche rien moins  que tout la surprise de la fin.</p>
<p><em>Le dévédé de &laquo;&nbsp;Mabei shang de fating&nbsp;&raquo; (&laquo;&nbsp;A court on horseback&nbsp;&raquo;) date de  2006 et est édité en France par Jour2Fête. </em></p>
<p><strong>KEKEXILI, LA PATROUILLE SAUVAGE de Lu Chuan </strong></p>
<p><em>Kekexili </em>est un haut plateau du Tibet, à plus de 5000 mètres d&#8217;altitude.  C&#8217;est là que gambade et se reproduit l&#8217;antilope laineuse, massacrée pour  sa peau. La patrouille sauvage, horde de justiciers auto-proclamés,  menée par un militaire à la retraite, traque les braconniers. Roc, ciel  et désert. Des gentils inquiétants, des méchants insaisissables. Plus un  journaliste, venu de Pékin faire connaître cette histoire au grand  public, qui embarque avec eux pour une virée au bout de l&#8217;enfer.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-5643 aligncenter" title="kekexili" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/09/kekexili.jpg" alt="" width="418" height="567" /></p>
<p>Là encore, le dossier de presse est déceptif : vendu comme un film  d&#8217;action en milieu extrême, <em>Kekexili</em> est avant tout un incroyable récit  de voyage barré. A ranger à côté des folies amazoniennes d&#8217;Herzog, de  <em>Dersou Ouzala</em> ou des plus récentes aventures patagonnes. Le décor est,  pour le coup, stupéfiant, le passage rapide d&#8217;un jour sur l&#8217;autre  permettant de découvrir de nombreux paysages d&#8217;altiplanos, des choses  que vous n&#8217;avez jamais vues, pleine de glèbe, de sables mouvants et de  sommets marrons.</p>
<p>Comme souvent, la route est une affaire de bonhommes. Franches amitiés  viriles, kalachnikovs, pouilleux recrutés pour l&#8217;écorchage des bestiaux  rapidement prisonniers. Comme pour le juge Feng, la question de la  justice au bout du monde se pose, se résout de façon pratique et  ambiguë. Jusqu&#8217;où peut-on faire des concession de forme pour servir le  fond ? Comme chez Feng, aussi, la langue et la culture ont leur  importance, gens d&#8217;ici et regard extérieur, comment être légitime à juger ?</p>
<p>Lu Chuan est le garçon qui a fait<a href="http://www.cinetrange.com/support/seances-cine/city-of-life-and-death-de-chuan-lu" target="_blank"> <em>City of Life and Death</em></a>, dont je  causais récemment. On retrouve dans ce film précédent un goût pour le  brouillage de piste bien/mal, une nécessité de questionner, de  comprendre avant de juger. Il y a aussi tout son talent de mise en  scène, un formalisme hérité du classicisme hollywoodien et qui fait des  merveilles avec les paysage tibétains. Un récit dense, bien charpenté, à  voir sur écran de bon calibre pour profiter du voyage.</p>
<p><em>Kekexili, la patrouille sauvage date de 2004, 2006 pour le DVD  distribué par Columbia Pictures. </em></p>
<p><img class="size-full wp-image-5644 aligncenter" title="kekexili2" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/09/kekexili2.jpg" alt="" width="600" height="400" /></p>
<p>Retenons enfin, sur ces deux films, des B.O. étonnantes, travaillant le  côté anthropologique. Comptines sèches, petites voix, litanies. Scènes  de chant et de danse, des prières, des rites hérités des anciens mêlés  de bouddhisme. Manifestations d&#8217;une culture ultra-locale, étrange et  étrangère, qui paraissent dialoguer avec le muet des paysages.<br />
<em>Feng </em>comme <em>Kekexili </em>sont des films étrangers aux milieux qu&#8217;ils  décrivent, mais il abordent les peuples et coutumes autochtones avec une  bienveillance discrète assez remarquable. Ici on n&#8217;exalte ni  n&#8217;explicite, on regarde et, si l&#8217;on veut, on cherche à comprendre.<br />
Comparé avec la façon de faire d&#8217;un Nicolas Hulot, par exemple, on peut  dire que ça change agréablement.</p>
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		<title>Valhalla Rising, de Nicolas Winding Refn</title>
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		<pubDate>Sun, 22 Aug 2010 15:34:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chloé</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Inclassable]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[Valhalla Rising, sorti en 2009, est réalisé par Nicolas Winding Refn, le réalisateur danois auteur de la saga Pusher et plus récemment du film Bronson. Le film raconte l&#8217;histoire de One-Eye, un guerrier muet et sauvage, prisonnier d&#8217;un redoutable chef de clan. Grâce à l&#8217;aide d&#8217;un enfant, Are, il parvient à s&#8217;échapper et tous les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --><img class="alignleft size-medium wp-image-5405" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/08/valhallla20-600x399.jpg" alt="" width="389" height="258" /><em>Valhalla Rising</em>,<em> </em>sorti en 2009, est réalisé par Nicolas Winding Refn, le réalisateur danois auteur de la saga <em>Pusher</em> et plus récemment du film <em>Bronson</em>.</p>
<p>Le film raconte l&#8217;histoire de One-Eye, un guerrier muet et sauvage, prisonnier d&#8217;un redoutable chef de clan. Grâce à l&#8217;aide d&#8217;un enfant, Are, il parvient à s&#8217;échapper et tous les deux s&#8217;embarquent pour un voyage au coeur des ténèbres.</p>
<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --></p>
<p>Le film débute par une présentation de One-Eye (Mads Mikkelsen, interprète de Tonny dans <em>Pusher</em> et <em>Pusher II)</em>. Refn va droit au but et joue sur la répétition (notamment des combats) pour nous montrer le quotidien de son héros, alors encore à l&#8217;état d&#8217;esclave. One-Eye passera en effet par quatre étapes : esclave, guerrier, Dieu et homme. <em>« Son évolution contient l&#8217;évolution de l&#8217;humanité »</em>, explique le réalisateur. Chaque étape est l&#8217;occasion d&#8217;une plongée dans une nature différente. Tout le film a été tourné en Ecosse mais chaque endroit semble distinct des autres, comme si les protagonistes faisaient un bond énorme dans le temps.<br />
Et c&#8217;est bien de cela dont il est question. Refn a voulu faire un film moderne situé dans le passé. Il décrit <em>Valhalla Rising</em> comme de la SF mentale. Un voyage dans l&#8217;espace. Le voyage de One-Eye, un personnage mythologique qui combine de nombreux héros. Un monolithe qui n&#8217;a pas de passé, pas de présent, et donc pas d&#8217;émotions. Le scénario, basé sur une histoire vraie, n&#8217;a pas arrêté de changer. Au  départ, Refn voulait raconter l&#8217;histoire de vikings chrétiens en route  vers Jérusalem, mais la mythologie nordique fut oubliée pour en faire un  film sur le futur.</p>
<h5 class="mceTemp mceIEcenter">
<h6 class="mceTemp mceIEcenter">
<dl>
<dt><img class="size-full wp-image-5417" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/08/1102364_Valhalla_rising_prodcution_still1.jpg" alt="" width="586" height="390" /></dt>
<dd>
<h5>Mads Mikkelsen (One-Eye), Maarten Steven (Are) et le réalisateur Nicolas Winding Refn</h5>
</dd>
</dl>
</h6>
</h5>
<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } -->Pour créer l&#8217;ambiance si particulière de <em>Valhalla Rising</em>, Refn a revisité de nombreuses références, qui vont de <em>2001 : l&#8217;Odyssée de l&#8217;espace</em> au théâtre kabuki en passant par Snake Plissken (personnage de fiction créé par John Carpenter). De nombreux plans ont été tournés à la manière de tableaux. Certains présentent des teintes désaturées et fortement contrastées. Tout cela participe à l&#8217;aspect « hallucinogène » voulu par Refn. Sans parler de la musique, ou plutôt de l&#8217;absence de musique, puisque le silence des montagnes est devenu la voix du film. Seuls persistent quelques sons organiques.</p>
<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } -->Au final,<em> Valhalla Rising</em> est un « film expérience » qui nécessite qu&#8217;on s&#8217;y abandonne. De nombreuses interprétations sont possibles &#8211; ce qui le rend d&#8217;autant plus intéressant &#8211; mais force est de constater qu&#8217;à certains moments l&#8217;ennui nous guette. En effet, le réalisateur de <em>Pusher</em> semble parfois s&#8217;abandonner dans la contemplation de cette nature imposante, au point d&#8217;en oublier l&#8217;évolution du récit.</p>
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		<title>12 and Holding, de Michael Cuesta</title>
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		<pubDate>Sat, 07 Aug 2010 19:52:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chloé</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Depuis plusieurs années, le cinéma indépendant américain nous régale avec des films intelligents, parsemés de héros blessés et de personnages atypiques. Des films fort éloignés de la production actuelle, qui font du bien à leur(s) auteur(s) (comme dirait Hugues Dayez) et qui s&#8217;insinuent durablement dans l&#8217;inconscient du spectateur. Sundance et Deauville sont devenus des gages [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-medium wp-image-5327" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/08/12-and-holding-404x600.jpg" alt="" width="308" height="461" /> Depuis plusieurs années, le cinéma 	indépendant américain nous régale avec 	des films intelligents, parsemés de héros 	blessés et de personnages atypiques. Des 	films fort éloignés de la production 	actuelle, qui font du bien à leur(s) 	auteur(s) (comme dirait Hugues Dayez) 	et qui s&#8217;insinuent durablement dans 	l&#8217;inconscient du spectateur.  Sundance et 	Deauville sont devenus des gages de 	qualité et certains films primés lors de 	ces festivals ont marqué les esprits 	(<em>Little Miss Sunshine</em>, <em>Dans la peau de 	John Malkovich</em>, <em>Thirteen</em>, <em>Memento</em>, &#8230;).<br />
Michel Cuesta, réalisateur de plusieurs 	épisodes de <em>Six Feet Under</em>, fait partie de 	cette mouvance américaine. Déjà 	récompensé à Deauville (2002) pour son 	film L.I.E, il revient en 2006 avec <em>12 	and Holding</em>, un film choral sur le 	délicat passage de l&#8217;enfance à 	l&#8217;adolescence.</p>
<p>L&#8217;histoire de Jacob, Malee et Leonard, 	trois enfants de 12 ans qui subissent la 	perte d&#8217;un de leurs amis (le frère jumeau 	de Jacob). Cet événement les amènera à 	remettre en question leur propre existence et bouleversera leurs relations familiales.</p>
<p>Cuesta filme ses personnages de près, mais avec la distance nécessaire. Jamais il ne tombe dans la mièvrerie et réussit à traiter avec subtilité un sujet qui aurait très vite pu verser dans le pathos. Les interprètes sont excellents. Ces enfants qui agissent comme des adultes (face à leurs parents qui semblent eux retomber en enfance) nous renvoient à notre propre existence, à notre propre passage entre ces mondes imbriqués. C&#8217;est parfois drôle, souvent émouvant. On pense à Gregg Araki ou Larry Clark.</p>
<p>A travers l&#8217;histoire de ces trois héros, Cuesta nous livre sa vision de la quête d&#8217;identité, de la sexualité ou encore de l&#8217;importance accordée au jugement d&#8217;autrui. Des thèmes souvent galvaudés mais traités ici avec beaucoup de maîtrise.</p>
<p><strong>Dvd</strong> disponible depuis juillet 2009.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-5328" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/08/12-2.jpg" alt="" width="505" height="337" /></p>
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		<title>Vendredi 13, de Sean S. Cunningham</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Aug 2010 16:27:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chloé</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Film culte dès sa sortie (1980), Vendredi 13 frappe plus aujourd&#8217;hui par ses défauts que sa soit disant cruauté. Ecrit par Victor Miller et fortement inspiré du Halloween de Carpenter, ce film échoue là où Evil Dead excelle. Alors que Raimi parvient à nous faire peur avec des effets spéciaux artisanaux, Cunningham nous plonge dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center"><img class="aligncenter size-full wp-image-5284" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/08/vendredi13-3.jpg" alt="" width="599" height="333" /></p>
<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --></p>
<p>Film culte dès sa sortie (1980), <em>Vendredi 13</em> frappe plus aujourd&#8217;hui par ses défauts que sa soit disant cruauté. Ecrit par Victor Miller et fortement inspiré du <em>Halloween</em> de Carpenter, ce film échoue là où <em>Evil Dead</em> excelle. Alors que Raimi parvient à nous faire peur avec des effets spéciaux artisanaux, Cunningham nous plonge dans un ennui constant. Force est de constater que le film n&#8217;effraye plus. La réalisation est bancale, les comédiens désincarnés, le scénario vide. Le succès engendré à sa sortie est visiblement dû à l&#8217;aspect « sociologique » du film.<br />
En effet, Miller détourne l&#8217;image rassurante et paradisiaque du camp de vacances pour le transformer en un lieu de « dépravation » (la sexualité des adolescents) et de dangers.</p>
<p>L&#8217;histoire est simple : fermé à la suite de plusieurs meurtres inexpliqués, le camp <em>Crystal Lake</em> réouvre après de nombreuses années. Les adolescents employés pour le remettre à jour commencent alors à disparaître un par un.</p>
<p>Certaines scènes restent intéressantes visuellement, comme l&#8217;attaque à la hache ou l&#8217;apparition du petit Jason, mais les scènes importantes (telle que la révélation du tueur) tombent complètement à plat. On notera que les scènes de meurtres sont filmées en caméra subjective, procédé peu utilisé à l&#8217;époque et rentré depuis dans les moeurs du slasher.<br />
Betsy Palmer (la mère de Jason) ne convainc pas une seule seconde dans ce rôle de mère schizophrène. Pas plus que les autres acteurs (parmi lesquels Kevin Bacon) dont la psychologie des personnages n&#8217;est jamais explorée.</p>
<p>Au final, <em>Vendredi 13</em> apparaît culte pour deux raisons : avoir fixé de manière durable les règles du slasher (genre amorcé par <em>Black Christmas</em>) et engendré le mythique Jason Voorhees.</p>
<p style="text-align: center"><img class="aligncenter size-full wp-image-5287" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/08/palmer1.jpg" alt="" width="599" height="397" /></p>
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		<title>Not Quite Hollywood</title>
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		<pubDate>Sat, 31 Jul 2010 22:49:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Damien</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On vous avait présenté sa bande-annonce il y a bientôt deux ans, et bien ça y est, l&#8217;exceptionnel documentaire de Mark Hartley Not Quite Hollywood, consacré aux heures de gloire du cinéma d&#8217;exploitation australien, est désormais disponible en France, chez MK2 Edition. Starlettes dénudées, bikers furibards, animaux mangeurs d’hommes, meurtriers à la machette, courses-poursuites démentielles, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-5234" title="key_art_4078" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/07/key_art_4078-600x379.jpg" alt="" width="600" height="379" /></p>
<p>On vous avait présenté sa bande-annonce <a href="http://www.cinetrange.com/special/bande-annonce/not-quite-hollywood-ozploitation-rules">il y a bientôt deux ans</a>, et bien ça y est, l&#8217;exceptionnel documentaire de Mark Hartley <em>Not Quite Hollywood</em>, consacré aux heures de gloire du cinéma d&#8217;exploitation australien, est désormais disponible en France, chez MK2 Edition.</p>
<p>Starlettes dénudées, bikers furibards, animaux mangeurs d’hommes,  meurtriers à la machette, courses-poursuites démentielles, kung-fu  approximatif, érotisme de pacotille… Si le cinéma de genre Australien se plie volontiers à la Sainte Trinité Sexe/Action/Horreur, il n&#8217;en possède pas moins ses caractéristiques propres. A commencer par une durée de vie particulièrement limitée : apparu à la fin des années 60 suite à la création de la catégorie Restricted (interdit aux moins de 18 ans), il a commencé à décliner dès la fin des années 80 (avec l&#8217;apparition du marché de la vidéo) avant de reprendre enfin un peu de vigueur au milieu des années 2000, avec le succès à l&#8217;international de métrages comme <em>Undead, </em><em>Wolf Creek, </em><em>Black Water</em> ou <em>Solitaire (Rogue)</em>.</p>
<p>Une petite vingtaine d&#8217;années donc, qui ont permis l&#8217;émergence de quelques perles du fantastique signées Peter Weir (<em>Pique-nique à Hanging Rock, La Dernière Vague, Les voitures qui ont mangé Paris</em>&#8230;), mais également de toute une vague de films beaucoup plus bis, réalisés par des réalisateurs peu soucieux des conventions et prêts à tous les sacrifices pour voir leurs créations cheap et improbables projetées sur les écrans des drive-in locaux.</p>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-5260" title="still_3987" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/07/still_3987-600x385.jpg" alt="" width="600" height="385" /></p>
<p>Sexy comédies beauf et lourdingues (<em>Stork, The Adventures Of Barry McKenzie, Alvin Purple</em>&#8230;), tonnerres mécaniques (<em>Road Games, L&#8217;Homme de Hong-Kong, Mad Max, Midnite Spares</em>&#8230;), mondo locaux (<em>Australia After Dark</em>) films de vampires (<em>Thirst</em>), de crocodiles (<em>Dark Age</em>), de sangliers (<em>Razorback</em>), rape&#8217;n'revenge (<em>Fair Game</em>), ovnis inclassables (<em>Patrick, Harlequin, Le Survivant d&#8217;un monde parallèle</em>&#8230;), nanars incurables (<em>BMX Bandits Les Traqués de l’an 2000)&#8230;</em> C’est tout un pan d’une filmographie méconnue qui se dévoile progressivement, avec son lot de réalisateurs aventureux, d’acteurs de seconde zone, de cascadeurs têtes brûlées, et de moments de grâce inespérés (<em>Wake In Fright, Stone, Long Weekend</em>&#8230;).</p>
<p>Porté par un montage extrêmement cut, enchaînant sans temps mort  entretiens, extraits de films et séquences d’archives, <em>Not Quite Hollywood</em> impressionne également par la richesse de ses  intervenants (Jamie Lee Curtis, Dennis Hopper, George Lazenby, Stacy Keach, Richard Franklin, Ted Kotcheff, George Miller, Russell Mulcahy, Brian Trenchard-Smith&#8230; sans oublier un rayonnant Quentin Tarantino, visiblement euphorique à l&#8217;idée de pouvoir défendre quelques uns de ses métrages préférés). En rappelant le contexte économique, culturel, politique  et social dans lequel cette frange « autre » du cinéma s’est épanouie à l&#8217;orée des années 70, mais également en lui donnant vie à travers d’innombrables comptes-rendus de  tournage et anecdotes variés, ils donnent au final au documentaire de  Mark Hartley une profondeur inattendue.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-medium wp-image-5248  aligncenter" title="still_3973" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/07/still_3973-404x600.jpg" alt="" width="404" height="600" /></p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">Véritable constellation de films déviants, explosifs et déjantés, plus   volontiers sortis sur les écrans des drive-in que dans les salles  d’art  et d’essai européennes, la frange « honteuse » du cinéma aussie a  réussi, à sa modeste façon à trouver sa place dans l&#8217;histoire du cinéma  de genre mondial. De ses premiers pas timides à la fin des années 60, au  déferlement de violence et à la radicalité aventureuse  des années 70,  en passant par toute la phase bis et déviante des années 80, elle n&#8217;aura  eu de cesse de défier les conventions en cours, par conviction de temps à  autre, mais surtout par roublardise la plupart du temps. <em>Not Quite Hollywood</em> lui offre enfin la tribune qu&#8217;elle méritait de longue date, et on ne sera pas les derniers à s&#8217;en réjouir.</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: center;">
<p><strong><a href="http://www.dvd.mk2.com/fr/produit_44_mk2_55184_acheter_DVD_Not_Quite_Hollywood_en_stock.php"><em>Not Quite Hollywood</em>, de Mark Hartley (MK2 Editions)</a></strong></p>
<p>Suppléments : Entretien avec Quentin  Tarantino et Brian Trenchard-Smith, <em>Grant Page, cascadeur explosif</em>, Bande annonce</p>
<p>Site officiel : <a href="http://www.notquitehollywood.com.au">www.notquitehollywood.com.au</a></p>
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		<title>Des zombies et des hommes</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Jul 2010 22:19:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Damien</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Pas évident de réussir à renouveler une thématique aussi rebattue que celle des zombies en 2010. Les sorties ciné et DVD dans le registre ont beau s&#8217;accumuler mois après mois, les différents supports se décliner sans fin (jeux vidéos, livres, bandes dessinées, séries télé&#8230;), difficile de trouver grand chose de consistant à se mettre sous la dent&#8230; Faut-il pour autant sombrer dans les abîmes de la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bit_lit">bit-lit</a> et ses fadasses déclinaisons filmiques ? Non. En s&#8217;acharnant un peu, et en dépit du nombre non négligeable de fausses-bonnes surprises qui pullulent à droite à gauche, on réussit quand même à trouver quelques œuvres qui redonnent foi au genre. La preuve par trois.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-medium wp-image-5161  aligncenter" title="ZMBLND" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/07/ZMBLND-450x600.jpg" alt="" width="360" height="480" /></p>
<p style="text-align: center;">
<p><strong><em>Bienvenue à Zombieland</em>, de Ruben Fleischer</strong></p>
<p>Là ou tant de films se content d&#8217;exploiter un twist à la con jusqu&#8217;à plus soif (zombies sous la neige, zombies teenagers, zombies strip-teaseuses, zombies nazis, à quand les zombies ninja ?), Ruben Fleisher, jeune réalisateur ayant fait ses armes à la télé, a vu les choses en grand. Mélange de film d&#8217;action, d&#8217;horreur, de buddy movie et de comédie sentimentale, <em>Bienvenue à Zombieland</em>, sorti en salles l&#8217;automne dernier et depuis peu disponible en DVD, joue en effet le tout pour le tout, mais réussit à emballer ces différentes facettes au sein d&#8217;un univers cohérent, original et respectueux du genre. Que demander de plus ? Un duo d&#8217;acteurs doués et charismatiques (le trop rare Woody Harrelson et l&#8217;excellent Jesse Eisenberg, déjà repéré dans <em><a href="http://www.imdb.com/title/tt1091722">Adventureland</a></em>) ? Check. Un rythme échevelé enchainant sans répit, scènes d&#8217;humour, d&#8217;action, d&#8217;émotion, et d&#8217;horreur pure ? Check. Un générique au ralenti sur le <em>For Whom The Bell Tolls</em> de Metallica ? Check. Un climax final au sein d&#8217;un parc d&#8217;attraction rempli à craquer de zombies ? Check.</p>
<p>On pourrait continuer encore longtemps comme ça (une apparition du génial Bill Murray dans son propre rôle ? Ch&#8230; ), mais ce serait passer à côté du principal. Ce qui fait tout le sel de <em>Bienvenue à Zombieland</em>, c&#8217;est avant tout son postulat de départ, selon lequel, en cas d&#8217;invasion de zombies généralisée, les individus les plus aptes à la survie seraient les plus inadaptés à la vie quotidienne en société. En l&#8217;occurrence, un jeune geek sensible et solitaire, et un redneck misanthrope accro aux <a href="http://blog.brokore.com/images/users/depechan//images/357767bb7ca274ac71d6da6cac0d6d68.jpg">Twinkies</a> et aux armes à feu, rapidement rejoints par deux jeunes et belles arnaqueuses&#8230; En transformant progressivement son armada de freaks asociaux en communauté soudée et solidaire, Ruben Fleisher réussit à introduire avec succès humour, tendresse et émotion dans l&#8217;univers a priori hardcore du zombie flick, sans renier ses fondamentaux pour autant (univers glauque, quête désespérée, gore à outrance&#8230;). Un pari pas forcément gagné d&#8217;avance, mais dont le réalisateur s&#8217;acquitte ici brillamment, comme avait déjà su le faire Edgar Wright avec son <em>Shaun of The Dead</em> il y a bientôt 6 ans. Ce qui, mine de rien, n&#8217;est pas une mince référence&#8230;</p>
<p>DVD édité par <a href="http://www.zombieland-lefilm.com/">Sony Pictures Home Entertainement.</a><br />
Bande-annonce disponible <a href="http://www.youtube.com/watch?v=sK1zENJR-QA">ici</a></p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-medium wp-image-5162  aligncenter" title="WWZ" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/07/WWZ-390x600.jpg" alt="" width="312" height="480" /></p>
<p style="text-align: center;">
<p><strong><em>World War Z</em>, de Max Brooks</strong></p>
<p>Déjà auteur d&#8217;un remarqué <em><a href="http://www.editions-calmann-levy.com/livre/titre-319908-Guide-de-survie-en-territoire-zombie-auteur-ecrivain-Max-Brooks.html">Guide de survie en territoire zombi</a>e</em>, et accessoirement fils du réalisateur Mel Brooks, le romancier Max Brooks signe avec <em><a href="http://www.editions-calmann-levy.com/livre/titre-319909-World-war-Z-auteur-ecrivain-Max-Brooks.html">World War Z. Une histoire orale de la guerre des zombies</a></em>, un haletant récit d&#8217;anticipation, digne des meilleurs films du genre. Présenté comme la version non expurgée d&#8217;un rapport de l&#8217;ONU réalisé 12 après la Guerre des Zombies, <em>World War Z</em> est ainsi constitué d&#8217;une succession d&#8217;entretiens fictifs avec des survivants du cataclysme mondial, qu&#8217;ils y aient joué un rôle majeur, ou qu&#8217;ils en aient été de simples et anonymes témoins. Regroupés en différents chapitres classés par ordre chronologique (<em>Premiers Symptômes, La Faute, La Grande Panique</em>&#8230;), ces différents témoignages permettent au lecteur de reconstituer progressivement les évènements en filigrane, et à l&#8217;auteur de varier les registres de récit (angoisse, horreur, action, suspens) ainsi que les profils sociologiques abordés (militaires, scientifiques, politiques, gens du peuple&#8230;). Un dispositif narratif astucieux, qui permet par ailleurs à Max Brooks de développer le deuxième point fort du roman : son angle d&#8217;approche. En abandonnant le principe du petit groupe de survivants assaillis et la description de leur évolution psychologique progressive, il a en effet tout loisir de développer une trame globale complexe à souhait, où les rapports  géopolitiques entre pays pauvres et pays riches jouent un rôle clé dans la propagation de l&#8217;infection zombie. Alors certes, <em>World War Z</em> reste au final plus proche du divertissement intelligent que du véritable pamphlet politique sans concession, il n&#8217;en reste pas moins que le livre devrait s&#8217;imposer sans mal comme un des futurs maitres-étalons de la littérature zombiesque. C&#8217;est dit !</p>
<p>Livre édité par les éditions <a href="http://www.editions-calmann-levy.com">Calmann Lévy</a></p>
<p><span style="color: #828282;"><strong><br />
</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-5163  aligncenter" title="avatar_crossed_1" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/07/avatar_crossed_1.jpg" alt="" width="309" height="480" /></p>
<p style="text-align: center;">
<p><strong><em>Crossed</em>, de Garth Ennis &amp; Jacen Burrows</strong></p>
<p>Encore assez marginale dans la bande dessinée européenne, la figure du zombie occupe à l&#8217;inverse un part non négligeable du marché du comics américain. Si quelques titres phares du genre comme <em><a href="http://www.editions-delcourt.fr/catalogue/comics/walking_dead_1_passe_decompose">Walking Dead</a></em> ou l&#8217;iconoclaste  <em><a href="http://marvel.com/comics/marvel_zombies">Marvel Zombies</a></em> sont déjà disponibles en version française (respectivement aux éditions Delcourt et Panini Comics), l&#8217;une des œuvres les plus abouties du genre, <em>Crossed</em>, de Garth Ennis et Jacen Burrows (édité aux Etats-Unis chez <a href="http://www.avatarpress.com/">Avatar</a>) reste à ce jour scandaleusement inédite en France. Bien connu des amateurs de comics hardcore et sans concession, Garth Ennis est un scénariste irlandais à l&#8217;origine de fleurons comme la série culte <em>Preacher</em> chez Vertigo , et l&#8217;auteur d&#8217;un des runs les plus haletants de la série <em>Punisher</em> (dans la collection Marvel Max). Sa marque de fabrique : un dégout affiché pour le politiquement correct, une attraction sans limite pour les univers sombres et les facettes les plus noires de l&#8217;être humain, et enfin une propension innée à imaginer les scènes de violence et de sexe les plus outrancières possibles. Ce contexte posé, on comprendra rapidement, que <em>Crossed</em>, décrit par son auteur comme &laquo;&nbsp;<em>le récit le plus extrême et le plus dérangeant qu&#8217;il ait jamais écrit</em>&nbsp;&raquo; (sic), n&#8217;est pas un comics comme les autres. Et ce bien au-delà de la simple dimension &laquo;&nbsp;choc&nbsp;&raquo; de l&#8217;œuvre. Si massacres, viols collectifs, tortures et mutilations diverses sont en effet bien présents tout au court du récit, ce dernier s&#8217;apparente paradoxalement plus à une errance désespérée dans la ligne du roman <em>La Route</em> de Cormac McCarthy qu&#8217;à un stupide torture porn version comics. Dans <em>Crossed</em>, les zombies ne sont pas morts, ce sont simplement des humains dont une curieuse épidémie n&#8217;a laissé intacte que la part la plus sombre de leur psyché. Traqués sans relâche à travers les Etats-Unis, quelques survivants vont néanmoins tenter de rester envie, tout en conservant un semblant de santé mentale. Une quête évidemment vouée à l&#8217;échec&#8230; Sobre, sèche, froide et intelligente, la série impressionne surtout par sa capacité à instaurer un climat de tension permanente, réduisant à quelques cases seulement les déferlements d&#8217;ultra-violence pour mieux en renforcer l&#8217;impact. Si lire un comics en anglais ne vous rebute pas trop, l&#8217;achat de l&#8217;intégrale de la série sur le net (<a href="http://www.amazon.fr/Crossed-1-Garth-Ennis/dp/1592910904/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=english-books&amp;qid=1280525383&amp;sr=1-1">240 pages, 20 € environ</a>) est vivement recommandée.</p>
<p>Plus d&#8217;infos <a href="http://www.avatarpress.com/2010/04/your-complete-guide-to-the-crossed-comic-by-garth-ennis-and-jacen-burrows/">ici</a></p>
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