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	<title>Cinétrange &#187; Comédie</title>
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	<description>Les films les plus bizarres en dvd</description>
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		<title>Underwater love (onna no kappa)</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Nov 2011 17:45:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comédie]]></category>
		<category><![CDATA[Erotisme]]></category>
		<category><![CDATA[Japon]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Dvd]]></category>

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		<description><![CDATA[D&#8217;un point de vue occidental, les Japonais ont un rapport étrange avec les créatures marines, et plus généralement avec les choses de la nature, qu&#8217;elles soient animales ou végétales. Dans le folklore nippon, un kappa est un petit esprit de la nature, qui se matérialise sous la forme d&#8217;une tortue anthropomorphe. Pour survivre, le kappa [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>D&#8217;un point de vue occidental, les Japonais ont un<a href="http://www.nouvellechair.com/litterature/human-nature/" target="_blank"> rapport étrange avec les créatures marines</a>, et plus généralement avec les choses de la nature, qu&#8217;elles soient animales ou végétales. Dans le folklore nippon, un kappa est un petit esprit de la nature, qui se matérialise sous la forme d&#8217;une<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Kappa_(mythologie)" target="_blank"> tortue anthropomorphe</a>. Pour survivre, le kappa doit être humidifié en permanence. Il se nourrit exclusivement de concombres.</p>
<p><em>Underwater love</em> est un authentique Pinku Eiga, qui respecte le cahier des charges du genre. Doté d&#8217;un petit budget, le film doit contenir au moins trois ou quatre scènes de sexe, plutôt explicites. Généralement, on obtient une espèce de mutant qui se situe entre sexploitation et film d&#8217;auteur.</p>
<p>Asuka travaille chez un poissonnier installé au bord d&#8217;un lac. Fiancé au patron de l&#8217;entreprise, elle souhaite se marier très prochainement. Mais c&#8217;est à ce moment qu&#8217;Asuka rencontre un kappa. Elle découvre que la créature s&#8217;appelle en fait Aoki, et qu&#8217;il est un ancien amoureux du lycée, mort noyé dans un marécage, puis réincarné en tortue. Aoki va tout faire pour passer du temps avec Asuka et il va même tenter de la séduire. C&#8217;est sans compter le Dieu de la mort (un fumeur rasta japonais à la robe bariolée) qui va bouleverser le destin du couple.</p>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-6737" title="kappa1" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/11/kappa1-600x366.jpg" alt="" width="600" height="366" /></p>
<p>Le look du kappa constitue déjà une bonne tranche de rigolade puisqu&#8217;il s&#8217;agit clairement d&#8217;un homme dans un costume vaguement bricolé (une carapace collée sous la chemise, un bec accroché avec des élastiques). L&#8217;intrigue amoureuse est un peu simplette et donne lieu à quelques instants comiques légers. Le kappa tient plus du reptile que de l&#8217;humain et son organe sexuel est aussi impressionnant que monstrueux. Pourtant, cela ne rebute pas les jeunes filles qu&#8217;il croise, bien au contraire. Même si le membre a l&#8217;air d&#8217;être fait de plastique, les scènes érotiques impliquant le monstre sont clairement à connotations zoophiles !</p>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-6738" title="Underwater Love" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/11/Underwater-Love--600x337.jpg" alt="" width="600" height="337" /></p>
<p>La plus-value du film vient de ses incursions dans la comédie musicale. Les chorégraphies sont loin d&#8217;être professionnelles, d&#8217;ailleurs souvent c&#8217;est un peu n&#8217;importe quoi, mais elles sont faites avec un enthousiasme très communicatif. On finit par adhérer totalement au trip grâce à la musique de <a href="http://www.stereototal.de" target="_blank">Stéréo Total</a>, groupe electro-punk au genre indéfinissable. La chanteuse, Françoise Cactus, a interprété des chansons dans plusieurs langues : français, anglais, allemand et elle n&#8217;hésite pas à se lancer dans la pop japonaise avec un fort accent français. Peu importe, car associé à des rythmes entraînants, cela donne un charme kitsch irrésistible à l&#8217;ensemble.</p>
<p>OFNI à découvrir pour se changer les idées, <em>underwater love</em> rejoint dans son final la mythologie japonaise lorsque Aoki et Asuka s&#8217;enfoncent dans la forêt, à la rencontre d&#8217;autres kappas (avec toujours plein de costumes sophistiqués tels que des peignoirs). Ce patchwork foutraque est mis en scène par Shinji Imaoka, réalisateur d&#8217;autres films roses, et photographié par le célèbre Christopher Doyle (chef photo australien expatrié en Asie), et donc mis en musique par Stereo Total.</p>
<p><em>Ca se regarde sur dvd, au Royaume-Uni, chez l&#8217;éditeur Third Window Film. Des sous-titres anglais sont disponibles. Disponible à partir du 21 novembre 2011.</em></p>
<p><center><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/cjiX4JIyA4c" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center></p>
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		<title>Underwater love</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Sep 2011 19:37:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Attaque animale]]></category>
		<category><![CDATA[Bandes-annonces]]></category>
		<category><![CDATA[Comédie]]></category>
		<category><![CDATA[Japon]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans la lignée des pinku eiga, autrement dit des films érotiques japonais, Underwater love raconte l&#8217;histoire d&#8217;amour entre une femme et une créature marine. Réalisée par Shinji Imaoka et photographiée par le célèbre Christopher Doyle, cette bizarrerie est aussi une comédie musicale. On m&#8217;assure que le film a été tourné en 5 jours et demi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans la lignée des pinku eiga, autrement dit des films érotiques japonais, <em>Underwater love</em> raconte l&#8217;histoire d&#8217;amour entre une femme et une créature marine. Réalisée par Shinji Imaoka et photographiée par le célèbre Christopher Doyle, cette bizarrerie est aussi une comédie musicale. On m&#8217;assure que le film a été tourné en 5 jours et demi et en une seule prise. Pour parfaire le délire déjà bien avancé, la musique est composée par Stéréo Total, groupe berlinois dont fait partie une chanteuse d&#8217;origine française. Le style de Stéréo Total se situe &laquo;&nbsp;entre punk rock essentiel et easy listening hype&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Ca ne sortira probablement pas chez nous mais les habitants du Royaume-Uni pourront en profiter dans les salles en Octobre et en dvd en Novembre.</p>
<p style="text-align: center;"><iframe src="http://www.youtube.com/embed/PEw0_xKmBkM" frameborder="0" width="560" height="315"></iframe></p>
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		<title>Paul</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Sep 2011 19:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comédie]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[Paul est une comédie signée Nick Frost et Simon Pegg, inséparable duo d&#8217;acteurs qui avait marqué les esprits dans le fameux Shaun of the dead. A nouveau, on les retrouve ici en tant que comédiens mais aussi en tant que scénaristes. Après un atterrissage violent sur la Terre dans les années 50, l&#8217;extra-terrestre baptisé Paul collaborera [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-6588" title="19636870.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20110113_122557" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/09/19636870.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20110113_122557.jpg" alt="" width="547" height="307" /></p>
<p>Paul est une comédie signée Nick Frost et Simon Pegg, inséparable duo d&#8217;acteurs qui avait marqué les esprits dans le fameux <em>Shaun of the dead</em>. A nouveau, on les retrouve ici en tant que comédiens mais aussi en tant que scénaristes.</p>
<p>Après un atterrissage violent sur la Terre dans les années 50, l&#8217;extra-terrestre baptisé Paul collaborera en secret avec le gouvernement durant des années. Mais un jour, lassé, il fuit les laboratoires et tombe par hasard sur deux gus, fans hardcore de science-fiction.</p>
<p>Avant tout, il faudra préférer de loin la VO. La voix de Paul n&#8217;est autre que celle de Seth Rogen, que l&#8217;on retrouve à l&#8217;affiche de nombreuses comédies américaines récentes. On peut dire qu&#8217;il fait partie de la nébuleuse Apatow. Il prête à l&#8217;E.T. son style nonchalant entre nounours sympathique et pote de beuverie vulgaire. Concernant la VF, Paul est doublé par Philippe Manoeuvre ! Personnellement, sa voix m&#8217;agace. On a dû lui trouver que la  &nbsp;&raquo;cool attitude&nbsp;&raquo; collait bien au personnage mais pour moi, ce style est artificiel et daté. Tandis que chez Seth Rogen, ça sonne de manière naturelle. Pour finir, il y a presque trente ans d&#8217;écart entre les deux. Autant dire une génération !</p>
<p>Sous forme de road movie, <em>Paul </em>accumule les idées rigolotes. Ainsi, une bonne partie de la science-fiction contemporaine serait en fait issue des témoignages de l&#8217;alien. Quelques personnalités font d&#8217;amusantes apparitions dont une particulièrement réussie à la fin du film (il vaut mieux garder la surprise). L&#8217;humour vient donc principalement des références, et certains clins d&#8217;oeil nécessiteront une connaissance approfondie des films de SF. Comme toujours chez Pegg/Frost, on se moque gentiment des geeks, autrement dit des types un peu trop passionnés par ce qu&#8217;ils aiment, mais toujours avec respect. On le comprend vite, le duo d&#8217;acteurs/scénaristes sont certainement eux-mêmes de bons gros fans de science-fiction.</p>
<p>Outre le côté référentiel, on pourra se délecter des relations entre les personnages. Paul lui-même est une sorte de trentenaire pataud qui fume, boit et raconte des saloperies. En somme, l&#8217;alter ego extra-terrestre des personnages principaux. On a tant vu d&#8217;aliens vindicatifs envahir notre planète. On connait aussi <em>E.T.</em>, sorte de panda desséché mais néanmoins très gentil avec les nenfants. Mais on n&#8217;avait pas encore vu d&#8217;alien hippie. Ils croiseront quelques seconds couteaux : une femme borgne bigote qui va découvrir les jurons et la vie, trois agents très spéciaux, dont un d&#8217;une agence très secrète, et qui va tenter de récupérer la créature.</p>
<p>La réalisation de Greg Mottola est plutôt transparente, chose un peu surprenante, car il apportait une ambiance douce-amère via son style à <em>Supergrave </em>ou à <em>Adventureland</em>. Sans doute s&#8217;est-il vu un peu obligé de s&#8217;effacer derrière le scénario du couple Frost/Pegg quelque peu écrasant. C&#8217;est un détail mais il faut mentionner l&#8217;excellente intégration dans un cadre &laquo;&nbsp;live&nbsp;&raquo; d&#8217;un Paul en image de synthèse. Au bout d&#8217;un moment, on oublie totalement les effets spéciaux. Preuve que le personnage, l&#8217;histoire et la qualité des effets spéciaux sont convaincantes.</p>
<p><em>Paul </em>n&#8217;est pas une comédie qui enterrera les autres mais elle contient assez d&#8217;idées pour se glisser un peu au-dessus de <em>Hot Fuzz</em> et un peu en-dessous de<em> Shaun of the Dead</em>. Le film est disponible en dvd et en blu-ray avec des bonus pour rigoler encore un peu plus.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-6589" title="19636869.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20110113_122557" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/09/19636869.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20110113_122557.jpg" alt="" width="547" height="363" /></p>
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		<title>Scott Pilgrim vs The world</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Jan 2011 00:14:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comédie]]></category>
		<category><![CDATA[Inclassable]]></category>
		<category><![CDATA[Musical]]></category>

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		<description><![CDATA[Film protéiforme, SPVTW ne raconte ni plus ni moins que des souvenirs d&#8217;adolescence. En cela, l&#8217;intrigue ne va évidemment pas chercher très loin, et tout comme Shaun of the dead du même réalisateur, il ne cherche pas à véhiculer un message hautement philosophique. L&#8217;histoire évoque les affres amoureux d&#8217;un jeune homme de 22 ans, qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6161" title="SCOTT" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/01/SCOTT.jpg" alt="" width="600" height="337" /></p>
<p>Film protéiforme, SPVTW ne raconte ni plus ni moins que des souvenirs d&#8217;adolescence. En cela, l&#8217;intrigue ne va évidemment pas chercher très loin, et tout comme <em>Shaun of the dead</em> du même réalisateur, il ne cherche pas à véhiculer un message hautement philosophique. L&#8217;histoire évoque les affres amoureux d&#8217;un jeune homme de 22 ans, qui cherche à se décider avec qui il doit flirter. D&#8217;un côté, il y Knives Chau, une minette de 17 ans qui l&#8217;admire parce qu&#8217;il est trop cooool; il maîtrise les jeux d&#8217;arcade et joue dans un groupe de rock. De l&#8217;autre, il y a Ramnoa, la fille de ses rêves, plus âgée, plus mature (les flashbacks nous révèleront qu&#8217;elle a terminé sa période rebelle). La seule portée du film  est donc l&#8217;illustration de l&#8217;habituel passage de l&#8217;adolescence à l&#8217;âge adulte. Entre les deux, Scott Pilgrim devra affronter tous les obstacles de cette période de la vie représentés par les ex maléfiques de Ramona : la mode, les régimes alimentaires, la célébrité, la recherche d&#8217;une identité sexuelle, le talent musical, la cupidité. Chaque personnage caricatural se définit par un seul trait de caractère, considéré par la société adolescente qui trouve cela &laquo;&nbsp;cool&nbsp;&raquo;.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6162" title="SCOTT2" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/01/SCOTT2.jpg" alt="" width="600" height="400" /></p>
<p>Là où le réalisateur Edgar Wright fait fort, c&#8217;est qu&#8217;il invente de nouvelles règles et définit un nouveau média, à équidistance du jeu vidéo, du cinéma et de la bédé. Il transforme donc ce qui avait l&#8217;air d&#8217;être une comédie romantique pour ados, en spectacle audio-visuel truffé d&#8217;idées de mise en scène. C&#8217;est peut-être là également son inconvénient car le public doit accepter ces nouvelles lois qui régissent non seulement le déroulement de la trame mais aussi la crédibilité de l&#8217;univers. On pourra éprouver un certain plaisir à voir Wright enfreindre volontairement l&#8217;habituelle grammaire cinématographique, au risque que tout un chacun se réfère aux lois tacites du cinéma pour démonter le film. Ainsi quand le téléphone sonne, on voit marquer &laquo;&nbsp;drrrriiiing&nbsp;&raquo; sur l&#8217;écran. Cet effet purement esthétique n&#8217;a aucune espèce d&#8217;intérêt puisque le cinéma, depuis qu&#8217;il est &laquo;&nbsp;parlant&nbsp;&raquo;, peut très bien diffuser le bruit du téléphone. Par contre, le &laquo;&nbsp;drrriiing&nbsp;&raquo; écrit est tout simplement indispensable en bande-dessinée. L&#8217;artifice n&#8217;a aucune utilité dans le film mais c&#8217;est oublier que nous regardons autre chose qu&#8217;un film. Pourquoi mettre un &laquo;&nbsp;drrring&nbsp;&raquo; écrit ? Pourquoi pas, arais-je envie de dire ? En quoi est-ce réellement gênant si ce n&#8217;est que ça bouscule notre conception de ce que devrait être un film.</p>
<p>Cela peut être perçu comme une faiblesse du réalisateur (mettre un effet clipesque pour faire &laquo;&nbsp;style&nbsp;&raquo;) mais l&#8217;objectif premier d&#8217;Edgar Wright est vraiment de se référer à plusieurs médias en même temps. D&#8217;autres artifices, tout aussi inutiles en mode &laquo;&nbsp;cinéma&nbsp;&raquo;, sont inspirés du jeu vidéo : la barre de pipi ou l&#8217;extra-life. Il s&#8217;agit d&#8217;une vie supplémentaire que le héros a gagné et qui n&#8217;a de sens que dans un jeu puisqu&#8217;elle donne au joueur l&#8217;occasion de rejouer une même partie. Dans un film, refaire vivre à un personnage une même scène mais de façon différente tient de l&#8217;hérésie et n&#8217;est acceptable que si elle vient d&#8217;un délire bien défini (les fins alternatives de<em> Wayne&#8217;s World</em>) ou alors d&#8217;un élément surnaturel (<em>Un jour sans fin</em>).</p>
<p>Et tout le film est ainsi, modifiant les règles physiques ou logiques. Un cut de montage (transition ciné) peut servir de transition géographique. Plusieurs fois, le son qu&#8217;entendent les personnages dans la scène, servent en fait de bande originale au film. A un moment Scott Pilgrim s&#8217;exclame : &laquo;&nbsp;pourrais-tu me résumer la relation que tu as eu avec ce salaud afin que je trouve un détail que je puisse utiliser au bon moment ?&nbsp;&raquo;. A travers cette ligne de dialogue, le personnage se place à un niveau diégétique et informe purement et simplement le spectateur de ce qui va suivre !</p>
<p>Les nombreuses scènes d&#8217;action, d&#8217;homériques bastonnades, sont également un mélange de cinéma façon <em>Matrix </em>et de jeu de combat. Les chorégraphies sont parfois complexes, à base de kung-fu, de figures acrobatiques réalisées à partir de combinaisons compliquées de touches et de pouvoirs spéciaux surnaturels.</p>
<p>L&#8217;autre piège du film est de voir dans le film le portrait du geek traditionnel (féru d&#8217;informatique, boutonneux, looser en amour, fan de star wars). Si le film prend quelques éléments de jeux-vidéo des années 90, il n&#8217;en fait pas pour autant son fer de lance, et surtout Scott Pilgrim n&#8217;est pas un geek. On le voit une fois jouer sur un jeu d&#8217;arcade, relever son email, et jouer le score de Final Fantasy à la basse. Ca s&#8217;arrête là. Scott est donc un adolescent comme les autres. S&#8217;il y a des références parsemées ça et là, elles sont assez rares et ne sont aucunement utiles à la compréhension de l&#8217;histoire. Michael Cera, au physique de gringalet, n&#8217;est pas un autiste et il devient super fort dès lors qu&#8217;il s&#8217;agit de se battre. Encore une fois, c&#8217;est une entorse au réalisme mais personne n&#8217;a dit qu&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;un film réaliste. De l&#8217;aveu de l&#8217;auteur de la BD originale, Scott est le héros d&#8217;un film qu&#8217;il se fait de sa propre vie.</p>
<p>Il ne faudra pas sous-estimer la musique dans le film. L&#8217;adolescence de Scott Pilgrim, c&#8217;est avant tout faire du &laquo;&nbsp;rock indépendant&nbsp;&raquo; avec son groupe. Durant tout le film, Edgar Wright tente de communiquer l&#8217;enthousiasme, l&#8217;énergie, et le fun de faire de la musique qui dépote et aussi de l&#8217;écouter, l&#8217;esprit &laquo;&nbsp;garage&nbsp;&raquo; en somme que de nombreux ados. Pour cela, Beck s&#8217;est chargé de composer un rock qui fait du bruit. La musique contamine également les scènes d&#8217;action et inversement et l&#8217;on a parfois l&#8217;impression de voir une comédie musicale mixée avec du jeu vidéo comme dans l&#8217;hallucinante scène où le premier ex maléfique, Mathew Patel, se lance dans une espèce de parodie de bollywood avec des vampires !</p>
<p>Scott Pilgrim reste un objet indescriptible. Une première vision offre avant tout une claque dans les mirettes et les oreilles. C&#8217;est un mille-feuille additionnant les genres, mélangeant les médias culturels. Indigeste selon certains, avant-gardistes selon d&#8217;autres, on ne peut cependant pas nier l&#8217;exceptionnelle densité des idées en tous genres. On peut le regarder plusieurs fois et toujours trouver des &laquo;&nbsp;trucs&nbsp;&raquo; même dans des scènes à priori toutes simples.</p>
<p><em>Le film est furtivement sorti en salles fin décembre et est déjà disponible en blu-ray toutes zones aux USA.</em></p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6163" title="SCOTT3" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/01/SCOTT3.jpg" alt="" width="600" height="400" /></p>
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		<title>YatterMan, de Takeshi Miike + Mirage Man, d&#8217;Ernesto Diaz Espinoza</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Dec 2010 11:09:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rock</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comédie]]></category>
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		<category><![CDATA[Policier / Thriller]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
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		<description><![CDATA[« Plus tard, je veux être un super-héros ! » « Je voudrais que tu réfléchisses bien à ce que tu dis. Dis-moi, qu&#8217;est-ce qui se passe lorsque l&#8217;on devient un super-héros ? » « On arrête les méchants&#8230; On fait régner le bien. » « C&#8217;est tout ? » « &#8230; » « C&#8217;est facile de parler. De dire qu&#8217;on veut [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --></p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-medium wp-image-6125 aligncenter" title="yatterman - mirage man dvd" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/12/yatterman-mirage-man-dvd-600x479.jpg" alt="" width="600" height="479" /></p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Plus tard, je veux être un super-héros !</em> » « <em>Je voudrais que tu réfléchisses bien à ce que tu dis. Dis-moi, qu&#8217;est-ce qui se passe lorsque l&#8217;on devient un super-héros ?</em> » « <em>On arrête les méchants&#8230; On fait régner le bien. </em>» « <em>C&#8217;est tout ?</em> » « <em>&#8230; </em>» « <em>C&#8217;est facile de parler. De dire qu&#8217;on veut faire le boulot de la police, c&#8217;est mignon, mais as-tu pensé à tous les problèmes que tu aurais ? </em>» « <em>&#8230;</em> » « <em>Les gens voudront sans cesse profiter de toi ; tu leur donnes un doigt, ils prennent ta maison. Les médias aussi profiteront de toi, ils chercheront à découvrir ton identité dans le but d&#8217;avoir le scoop de l&#8217;année et maintenir l&#8217;audimat, et un jour ils y arriveront puisque c&#8217;est la triste logique des choses, mon fils : les médias gagnent toujours, regarde, Yannick Noah vend toujours des disques. Et là, tu finiras en prison. Les politiciens s&#8217;intéresseront à toi et si  tu acceptes quoi que ce soit avec eux, ton intégrité de rebelle en prendra un coup et tu seras pris pour un clown. Tu ne pourras jamais avoir de relation amoureuse stable parce que tu devras avouer ton identité à ta compagne, tu ne peux pas toujours vivre sous un masque, c&#8217;est pas hygiénique, et comment être sûr qu&#8217;elle ne te trahira jamais ? Faudrait qu&#8217;elle soit un super-héros elle aussi. Et là, un esprit de compétition détruira votre couple. Tu auras un emploi du temps trop chargé, faut pas rêver, super-héros ça ne paye pas ; tout le monde n&#8217;a pas la chance de Bruce Wayne. Tu devras vivre cacher, faire du sport et, à la fin, tu seras mort au travail. Et pourquoi ? Pour avoir sauver une pétasse qui ne t&#8217;aurait même pas regarder dans la rue et avoir donner des vacances aux flics ? Pour être fidèle à une philosophie de vie genre « </em>aime ton prochain<em> » et autres conneries, ce qui n&#8217;aura plus aucun sens à la fin des temps ? La violence ça ne se nettoie pas comme une tâche de freinage sur la gueule, Monsieur Propre, elle est ancrée en chacun de nous et survivra jusqu&#8217;à la prochaine extinction. Bienvenue dans le monde des humains. </em>» « <em>… C&#8217;est parce que t&#8217;es devenu agent de la circulation que tu veux briser mes rêves ? </em>» « <em>Tu as dix-sept ans, arrête de t&#8217;imaginer sauver le monde en collants, trouve-toi une copine, un job, arrête d&#8217;espérer un sens à la vie et rentre dans le rang.</em> » « <em>… Je pourrais devenir auteur de comics ? Ou réalisateur de films ? </em>» « <em>Trouve-toi un </em>vrai<em> job.</em> »</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est le genre de conversation que l&#8217;on pourrait imaginer si le créateur de <em>YatterMan</em> était le rejeton du réalisateur et scénariste de <em>Mirage Man</em>. WE Productions propose de faire découvrir deux films dont le point commun est le thème du super-héros, mais dont les traitements demeurent complètement différents. L&#8217;un veut en mettre plein la vue, l&#8217;autre essaye de faire de son mieux avec le peu qu&#8217;il a dans la poche. L&#8217;un semble vouloir faire rêver, l&#8217;autre tente d&#8217;être un peu plus terre à terre. Les deux n&#8217;ont pas pu passer par les salles obscures françaises et sont sortis directement en DVD il y a un certain temps déjà. Ils n&#8217;ont pu être chroniqué plus tôt pour des raisons diverses. Ne vous plaignez pas, les prix des DVD en question ont sûrement baissés.</p>
<h5 style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6126" title="Yatterman01" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/12/Yatterman01-600x254.png" alt="" width="600" height="254" /><em>YatterMan </em>: Ahhh, le Japon et son imagination débordante&#8230;</h5>
<p style="text-align: justify;">Habitué d&#8217;offrir des péloches hardcore comme <em>Dead or Alive</em>, <em>Audition</em> ou le délirant et ultra-violent <em>Ichi the Killer</em>, <em>YatterMan</em> représente un ovni dans la carrière du réalisateur japonais Takeshi Miike. En adaptant un animé ayant connu un fort succès au Japon dans les années 70, Miike s&#8217;adresse ici à un public très jeune. Pas de sang, pas de coke, pas de body-art, c&#8217;est comme si David Lynch se mettait à réaliser un Disney. Changement intéressant au premier abord qui vire rapidement à la stupéfaction lors de la découverte du film&#8230; Pour résumer, le film parle d&#8217;un duo de justiciers masqués surnommés « YatterMan » qui luttent contre le crime dans la ville Tokyoko. Ils se confrontent à Doronjo et ses sbires, des professionnels de l&#8217;arnaque. Ces derniers doivent trouver les quatre pierres-crânes qui permettraient d&#8217;exaucer leurs rêves. Aidés par Shoko, les YatterMan vont tout faire pour que Doronjo n&#8217;arrive jamais à ses fins&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Réalisé comme un manga-live avec des personnages sans substance et une histoire peu intéressante, <em>YatterMan</em> ne cesse d&#8217;agresser l&#8217;écran avec des effets visuels dégueulasses et des passages musicaux irritants au possible. Les acteurs ne cessent de gesticuler comme s&#8217;ils avaient un piège à souris dans le slibard, agaçants à souhait, à la limite du supportable, dont Kyôko Fukada remarquée notamment dans le soporifique <em>Kamikaze Girls</em>. L&#8217;humour, de bon enfant castré, est d&#8217;une niaiserie consternante, à se demander si Takeshi Miike ne cherchait pas à réaliser le film de super-héros le plus abrutissant qui soit pour se foutre de la gueule de son public et violer les esprits des mômes (provocation qui serait amusante, mais un peu vaine).  Regarder <em>YatterMan</em> c&#8217;est comme regarder un épisode des <em>Pokémon</em> : on sent qu&#8217;il y a un esprit malfaisant derrière tout ça qui cherche à nous rendre encore plus con qu&#8217;on ne l&#8217;est déjà. Et la stupéfaction a lieue lorsqu&#8217;on se rend enfin compte que cet esprit malfaisant n&#8217;est autre que le réalisateur d&#8217;<em>Ichi the Killer</em>. Tordu, son cinéma l&#8217;est, mais l&#8217;expérience <em>YatterMan </em>dépasse toutes les craintes sous un look inattendu.</p>
<p style="text-align: justify;">Au terme de cet attentat filmique, le fantasme de subir les tortures dont Takeshi Miike nous avait habitué dans ses films apparaît soudainement. Takeshi, gicle-nous du lait maternel sur la tronche si tu veux, mais laisse les enfants tranquille !</p>
<h5 style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6127" title="Mirage man01" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/12/Mirage-man01-600x337.png" alt="" width="600" height="337" /><em>Mirage Man</em> : Na&#8217;vi Style VS Cholo Style.</h5>
<p style="text-align: justify;"><em>Mirage Man</em>, coproduction américaine-chilienne, raconte l&#8217;histoire d&#8217;un videur de boîte de nuit, Marco, qui après avoir été témoin de l&#8217;assassinat de ses parents et du viol de son petit frère décide de ne vivre que pour fortifier son corps et apprendre les arts martiaux. Un soir, il tombe par hasard sur un cambrioleur en plein action. Il l&#8217;assomme, vole sa cagoule, rentre dans la baraque visée et s&#8217;occupe des complices sous les yeux des victimes qu&#8217;il parvient à sauver. Parmi elles, une jeune et belle journaliste de télévision qui parlera de lui comme un héros. Pour Marco, c&#8217;est une révélation : il se choisit alors un déguisement et décide de devenir un « vrai » super-héros.</p>
<p style="text-align: justify;">Le synopsis peut faire écho au chouette <em>Kick-Ass</em> de Matthew Vaughn, mais le traitement du sujet se trouve être très différent. Si <em>Kick-Ass</em> a un défaut que <em>Mirage Man</em> n&#8217;a pas, il s&#8217;agit de la voix off. Le protagoniste du film de Vaughn ne fait que répéter ce qui est déjà raconté en image, tandis que le réalisateur de <em>Mirage Man</em> est totalement étranger à ce concept. Espinoza choisit de garder une certaine distance avec Marco et ne prend pas le risque de nous imposer une interprétation. Marco n&#8217;est pas un fan de comics qui se dit qu&#8217;il est dommage que les super-héros n&#8217;existent pas, il s&#8217;agit d&#8217;un personnage ayant subit un traumatisme qui se choisit une thérapie atypique. Mais le réalisateur ne fait pas vraiment dans la psychologie.</p>
<p style="text-align: justify;">La réalisation de <em>Mirage Man</em> est un peu à l&#8217;image de son protagoniste : fauchée et parfois hésitante. Derrière la caméra, le chilien Ernesto Diaz Espinoza (qui avait déjà offert <em>Kiltro</em>) semble vouloir créer un pur divertissement entre potes qui rend hommage au cinéma d&#8217;action de Jean-Claude Van Damme et Bruce Lee avec des moyens très limités, ce qui se ressent énormément à l&#8217;écran. Cela dit, après une première demi-heure qui laisse perplexe, <em>Mirage Man</em> a de la gueule. Des combats plutôt bien chorégraphiés dont les coups et les cascades ont le mérite d&#8217;être lisibles (contrairement à un <em>Banlieue 13</em> qui, malgré ses talentueux cascadeurs, est handicapé par un montage qui ne cesse de charcuter les combats) et un scénario qui tient la route malgré quelques faiblesses. Au fur et à mesure, le film d&#8217;Espinoza devient plus sanglant, prend des initiatives audacieuses au risque de se casser la gueule et ose même mettre <em>Life on Mars?</em> de David Bowie à fond les manettes lors d&#8217;une séquence de romance vite avortée ! La situation du personnage principal devient de plus en plus complexe : censé se libérer d&#8217;une souffrance qui le ronge, le héros se retrouve finalement encore plus à l&#8217;étroit. Les médias le prenant pour un pantin en cumulant les plans foireux pour tenter de le démasquer, Mirage Man est un personnage torturé qui tient à sauver sa peau en affrontant ses démons dans une société noyée dans l&#8217;absurde dirigée par une population étrangère à toute notion de confiance.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Mirage Man </em>n&#8217;est pas le film le plus subtil qui soit, les ficelles sont loin d&#8217;être discrètes comme le lien entre le traumatisme de son protagoniste et sa mission la plus importante en tant que super-héros qui est de lutter contre un réseau pédophile. Mais il en résulte un film d&#8217;action sympathique au budget ridicule avec un acteur qu&#8217;on n&#8217;aimerait pas faire chier, Marko Zaror, <em> </em>sorte de mini-Van Damme en moins bavard surnommé au Chili <em>The Latin Dragon</em> dont la présence au casting d&#8217;<em>Undisputed 3</em> n&#8217;étonne pas. <em>Mirage Man</em> ne marquera peut-être pas l&#8217;histoire du film d&#8217;action, mais se retrouve parmi les bonnes petites surprises de ces dernières années aux cotés du largement supérieur <em>Blood and Bone</em> avec &#8211; le futur en personne – Michael Jai White.</p>
<h5 style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6128" title="Yatterman02" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/12/Yatterman02-600x254.png" alt="" width="600" height="254" /><em>YatterMan</em> : Mecha-Bellucci.</h5>
<p style="text-align: justify;">Le super-héros étant un sujet aux multiples points de vue et les deux films présentés ici étant artistiquement très différents, il est inutile de se demander quel traitement est le plus juste ou lequel est le plus généreux. Une approche comme celle de <em>Mirage Man</em>, ou encore <em>Kick-Ass</em> et <em>Incassable</em> livre un regard très personnel et « réaliste » sur un fantasme presque inavouable d&#8217;adulte, tandis que celle de <em>YatterMan</em> ou encore <em>Batman</em> et <em>Spiderman</em> a l&#8217;ambition de « réaliser » ce fantasme. La question la plus intéressante à se poser est celle de l&#8217;intérêt même du super-héros, du mysticisme qu&#8217;il exprime et de son sens profond. En cela, un film comme <em>YatterMan</em> est vide de toute substance, un truc soi-disant divertissant lobotomisant avec des images « spectaculaires » et un propos inexistant, ce qui en fait un film mort-né ; le spectateur est ici réduit à sa fonction la plus primaire. Moins <em>ambitieux </em>visuellement, un film comme <em>Mirage Man</em>, même s&#8217;il reste une sorte de <em>vandammerie</em>, (se) pose bien plus de questions sur la notion de « cinéma » et sur l&#8217;intérêt même d&#8217;une figure telle que le super-héros.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les bonus, les DVD proposés par WE Productions n&#8217;ont pas de quoi satisfaire les cinévores. Le DVD offrant le plus d&#8217;extras est bien sûr celui de <em>YatterMan</em> avec quelques interviews, dont une avec l&#8217;acteur Shô Sakurai qui a sérieusement l&#8217;air de se demander ce qu&#8217;il fout là, des images peu intéressantes du tournage et une bande annonce promotionnelle pour le Festival de Cannes avec un Takeshi Miike plutôt drôle persuadé que son film fera de l&#8217;ombre aux grosses productions US. Le DVD de <em>Mirage Man</em> n&#8217;offre qu&#8217;un Making of de trois minutes, le temps de voir deux ou trois cascades filmées avec un caméscope.</p>
<h5 style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6129" title="Mirage man02" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/12/Mirage-man02-600x337.png" alt="" width="600" height="337" /><em>Mirage Man</em> : La France n&#8217;a rien à voir avec ce film.</h5>
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		<title>Ouvert 24/7, de Thierry Paya (+ entretien avec Stéphanie Kern Siebering)</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Nov 2010 12:28:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rock</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comédie]]></category>
		<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Gore]]></category>
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		<description><![CDATA[Proposition cinématographique indécente ? Ca se pourrait. Nouvel espoir de survie pour le cinéma de genre français ? On ne sait jamais. Une bousasse sans intérêt menée par des amateurs trop influencés ? Peut-être pas. Mais trop influencés, oui, on ne fait pas un film à sketchs horrifique en France sans passer inaperçu auprès des fans du genre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-6073" title="jaquette" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/jaquette-358x600.jpg" alt="" width="286" height="480" />Proposition cinématographique indécente ? Ca se pourrait. Nouvel espoir de survie pour le cinéma de genre français ? On ne sait jamais. Une bousasse sans intérêt menée par des amateurs trop influencés ? Peut-être pas. Mais trop influencés, oui, on ne fait pas un film à sketchs horrifique en France sans passer inaperçu auprès des fans du genre et sans avouer son amour pour le <em>Creepshow</em> de Romero et le cinéma de genre américain des années 80. Le réalisateur Thierry Paya et le scénariste Colin Vettier ne s’en cachent jamais, l’avouent dans leur propre film en faisant passer un de leurs personnages devant un cinéma à la programmation fantasmagorique. Et les sketchs proposés attisent une certaine curiosité : les trois sketchs sont menés par des personnages féminins, le premier s’intéresse à un couple de cannibales traqué par un flic vengeur, le deuxième à une ogresse qui croise la route d’une petite fille pire qu’elle et le troisième à deux jeunes paysannes qui se libèrent du joug de leur père pédophile pour atteindre la ville. Le tout est évidemment raconté dans un bistrot.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><em>Ouvert 24/7</em> n’a pas eu droit à une sortie en salle et les échos des rares projections du film n’étaient pas très encourageants. Pour être bref, le film est sympathique. On peut lui reprocher pleins de choix scénaristiques (les deux amies de la fin du film qui ne servent pas à faire avancer quoi que ce soit, des dialogues parfois un peu trop américanisés) ou de réalisation (le passage musical du deuxième segment qui est d’une ringardise volontaire, mais tout de même insupportable), <em>Ouvert 24/7</em> est bien plus un hommage à l’univers Troma qu’à n’importe quel film à sketchs. Pour apprécier <em>Ouvert 24/7</em>, il faut voir <em>The Toxic Avenger</em> comme une référence, il faut avoir jouit devant <em>Class of Nuke Em High</em> et il faut s’être fendu la poire avec le génial <em>Poultrygeist</em>. L’œuvre ne se prenant pas au sérieux est d’un crade souvent tromaesque, les situations absurdes, les répliques débiles (« <em>Dans la vie, il y a deux types de personnes : ceux qui ont un trou de balle et ceux qui en ont deux</em> », « <em>Ma religion m’interdit la viande de beauf, c’est trop gras</em> » ou encore « <em>Casse-toi la nuisible !</em> »), les acteurs parfois très poussifs et la présence de Lloyd Kaufman à l’écran font qu’au fur et à mesure du film, il devient évident de voir <em>Ouvert 24/7</em> comme le premier Troma français.</p>
<h5 style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6074" title="01" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/01-600x337.jpg" alt="" width="600" height="337" />N&#8217;entrons pas dans les détails&#8230;</h5>
<p style="text-align: justify;">Mais cette conclusion demeure hésitante puisque certains éléments font aussi croire que le film avait un autre but : les maquillages de David Scherer sont vraiment gores (il avait d’ailleurs participé aux effets spéciaux de <em>Poultrygeist</em> et rend ici un hommage plus que convaincant à <em>Poltergeist</em>) et certaines situations n’ont pas de quoi faire sourire (la fin du troisième segment). Donc, on pourrait se dire qu’il ne s’agit peut-être pas du premier Troma français. Mais il y a Lloyd Kaufman et tout le reste.</p>
<p style="text-align: justify;">Une réponse à ce point d’interrogation enlèverait une partie du plaisir que le spectateur pourrait trouver devant ce film ; ne disséquons pas trop, gardons un peu de mystère. <em>Ouvert 24/7</em> est une œuvre très fragile (comme tous les films de genre français, finalement), bordélique, certes fauchée, mais plutôt marrante (malgré des tentatives humoristiques parfois plus que douteuses) menée par une équipe de passionné(e)s et des actrices qui méritent une attention particulière dont Maude Galet-Lalande, Stéphanie Kern Siebering, Morgane Housset et Marie-Pierre Vincent.</p>
<h5 style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6075" title="02" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/02-600x337.jpg" alt="" width="600" height="337" />Actors Studio made in France.</h5>
<p style="text-align: justify;">Le dvd étant édité par le très généreux Chat qui fume, un making of d’1h30 est proposé montrant au boulot la petite équipe d’<em>Ouvert 24/7</em> et des interviews qui n’hésitent pas à être décalées et surtout honnêtes (ce qui est une qualité rare). Jamais ennuyeux, le documentaire est dans le même esprit que le film (oui, un peu Troma). La galette offre aussi un entretien avec Thierry Paya et Maude Galet-Lalande qui refusent catégoriquement d’être sérieux deux secondes, une petite vidéo autour des effets-spéciaux de David Scherer et le peu convaincant court-métrage <em>Jogging</em> réalisé par Thierry Paya un an avant qu’il plonge dans <em>Ouvert 24/7</em>.</p>
<h5 style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6076" title="03" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/03-600x337.jpg" alt="" width="600" height="337" /><em>Je vous montre juste en quoi consiste le rôle du prêtre et on tourne. </em></h5>
<p style="text-align: justify;"><strong>ENTRETIEN AVEC STEPHANIE KERN SIEBERING</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-6077" title="3" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/3-398x600.jpg" alt="" width="318" height="480" />Stéphanie Kern Siebering joue deux personnages dans <em>Ouvert 24/7</em> : une jeune amoureuse soumise à sa compagne cannibale et une paysanne au dialecte et à la posture orgasmiques. Faisant partie de plus en plus de projets liés au cinéma de genre, on lui a déjà offert le titre de Scream Queen ! Présente au festival Ose ce court de Bischheim (à côté de Strasbourg) pour accompagner le court-métrage <em>36<sup>ème</sup> sous-sol</em> de Ph Debies, l’entretien autour d’<em>Ouvert 24/7</em> a basculé vers une discussion un peu plus générale sur la situation du cinéma de genre en France… Faute à son « journaliste » d’un professionnalisme olympique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qu’est-ce qui t’a attirée dans le projet d’<em>Ouvert 24/7 </em>?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En fait, le projet m’était un peu tombé dans les mains. Colin Vettier a travaillé pour la chaine de télévision où j&#8217;occupais un poste d&#8217;animatrice et journaliste. Un jour il m’a envoyé un texto disant : « <em>Avec un ami, on cherche une actrice pour un court-métrage horrifique, ça te tente ?</em> » J’étais super heureuse qu&#8217;on me demande, j&#8217;ai naturellement répondu positivement sans avoir lu le scénario. Il ne s&#8217;y attendait pas du tout. D&#8217;après lui, les films d’horreur n&#8217;ont pas la côte auprès des comédiennes. A l&#8217;époque, n&#8217;ayant jamais côtoyé les films de genre, je n&#8217;avais aucun a priori, j’étais donc partante. Ensuite, j&#8217;ai reçu le scénario, et il m&#8217;a fait rencontrer Thierry Paya, un dimanche pluvieux, et l&#8217;alchimie avec cet homme plein de gentillesse, de bonté, et de douceur s&#8217;est produite quasi instantanément ! Et pourtant, nous détestions les dimanches ! Il s&#8217;agissait d&#8217;une interview de mon personnage dans laquelle Thierry me dirigeait. La confiance était installée, les essais ont été un vrai déclic pour tous les trois: mon personnage de Delphine du 1er segment, Thierry et moi.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;avais pris beaucoup de plaisir lors de cet essai. Et j&#8217;allais en apprendre encore beaucoup. C&#8217;est ce qui m&#8217;a donné envie de faire partie du projet. En effet, c&#8217;était le premier scénario que je lisais où le personnage avait quelque chose à défendre. Celui-ci passait par plusieurs états&#8230; du quotidien en effectuant des tâches ménagères, à l&#8217;envie de commettre un meurtre envers la personne qu&#8217;elle aime&#8230; Ça n&#8217;arrive jamais qu&#8217;on te demande de préparer des doigts frits pour ta copine, mais va enfermer Thierry et Colin dans une pièce avec un ordinateur et tout est possible ! Même de changer le scénario la veille (rires), mais ça c&#8217;est une autre histoire.</p>
<p style="text-align: justify;">Je raconte ça, mais à la base il s&#8217;agissait d&#8217;un court-métrage&#8230; Je ne savais pas qu&#8217;un autre personnage m&#8217;attendait&#8230; et qu&#8217;en plus, il viendrait de moi (rires).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><img class="alignright size-medium wp-image-6078" title="3314_1174422840599_1228891521_30496106_3264448_n" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/3314_1174422840599_1228891521_30496106_3264448_n-396x600.jpg" alt="" width="317" height="480" />Est-ce que tu parles de l’origine du troisième segment ? </strong></p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;en suis en partie responsable, malheureusement (rires). Un soir, lors d&#8217;un barbecue chez Thierry,  pour je ne sais quelle raison, je me suis mise à imiter des personnages que je croisais très souvent dans mon enfance, avec un fort accent lorrain ou en parlant le « platt », le patois lorrain. Il s&#8217;agissait de paysans et fermières un peu bourrues, qui s&#8217;habillaient quotidiennement avec un tablier, un chiffon sur la tête, et des « <em>gummi stiffel </em>» aux pieds (des bottes en caoutchouc). Certains avaient la mâchoire en avant, c&#8217;est ce qu’on appelle dans ma région d&#8217;origine, une « <em>Schuhplatt Gosch </em> », en gros: « <em>des gueules d&#8217;</em><em>armoire à chaussures</em> ». Thierry et Colin étaient horrifiés autant qu&#8217;hilares et se sont exclamés « <em>c’est super, faudrait mettre ça dans un film !</em> » (rires). C’est à partir de ça que Colin a écrit le troisième segment et en se basant sûrement aussi un peu sur l&#8217;amplification des expériences déroutantes qu&#8217;il a vécues en terre Lorraine.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour jouer dans ce film tu as dû prendre certains risques, je fais notamment référence à la scène d’amour entre Maude Galet-Lalande et toi… </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Curieusement non, ce n’était pas le plus gros risque pour moi. Bien sûr, j&#8217;étais très excitée, c&#8217;était ma première scène où l&#8217;intimité des deux filles était dévoilée et je n&#8217;avais pas du tout connaissance du découpage technique. Mais, j&#8217;ai fais confiance à Thierry. Les plus grandes prises de risques, pour moi, étaient les scènes de menace avec couteau, le rapport de force entre le personnage d’Elodie (Maud Galet-Lalande) et le mien, Delphine. J&#8217;avais des doutes sur ce qu&#8217;attendait Thierry, et en même temps, j&#8217;avais très envie de montrer toutes les couleurs de ce personnage que j&#8217;avais tant fantasmé en lisant le scénario: toute l’ambiguïté de mon personnage. J&#8217;espère ne pas spoiler le film: Elodie est la dominante du couple, une cannibale, on le sait car on la voit se nourrir des hommes, tandis que pour Delphine, on ne le sait pas. L’une a besoin de manger et demande à l’autre de tuer, contre sa véritable nature ; Elodie a dénaturée Delphine. Lorsqu’elle réalise qu’elle est la seule à effectuer tous les sacrifices pour leur couple, Delphine pète les plombs. Il fallait trouver cette part de folie, il y avait un risque que ça ne passe pas&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le tournage, lors de la scène de meurtre, je me souviens avoir été dans une quasi tétanie.  J’avais donc plutôt peur de faire foirer le tournage en partant aux urgences. Les intentions du personnage étaient très fortes et les émotions contradictoires car Delphine ne tue pas de sang froid, elle fait peur quand l&#8217;acte se produit car ce n&#8217;est pas dans sa nature. Je me souviens avoir demandé à l’acteur de s’éloigner un peu parce qu&#8217;il y avait une telle tension dans mon corps que le couteau aurait pu le blesser&#8230; Pour la scène d’amour, c’était différent, nous avions pour obligation de voir le story-board, Thierry insistait qu&#8217;on lui fasse confiance sur ce point. Donc on savait qu’on allait s’amuser&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et donc les urgences n&#8217;ont jamais vu arriver quelqu&#8217;un du tournage ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Euh&#8230; eh bien en fait, si, les urgences parisiennes m&#8217;ont vu débarquer, mais ça n&#8217;avait aucun rapport avec le tournage (rires). Par contre, j&#8217;avais un mois d&#8217;arrêt ! Donc le film en a subi les conséquences, surtout pour le premier segment. Ils ont été contraints de re-écrire une séquence, afin de justifier l&#8217;absence de mon personnage. Alors que j&#8217;aurais adoré la faire !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><img class="alignleft size-medium wp-image-6079" title="h_2859" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/h_2859-451x600.jpg" alt="" width="361" height="480" />Ouvert 24/7</em> est assez différent des films de genre actuellement produits en France, as-tu un avis sur l’état du cinéma de genre français ? </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cela fait maintenant bien deux ans que je côtoie un peu le milieu du cinéma de genre&#8230; Ce n&#8217;est pas énorme pour s&#8217;y connaître, mais c&#8217;est assez pour s&#8217;en faire une idée&#8230; Depuis <em>Ouvert 24/7</em>, j&#8217;ai participé à six ou sept courts-métrages de genre et deux autres long-métrages dans la même veine. J&#8217;ai roulé ma bosse dans des festivals dédiés au fantastique en accompagnant mes films et cela m&#8217;a donné l&#8217;occasion de discuter avec des réalisateurs et des producteurs; et globalement, les  professionnels constatent qu&#8217;il y a deux écoles : soit on ne donne pas la chance aux bonnes personnes, le résultat n&#8217;est pas excellent et le produit ne trouve pas son public; soit le film est produit dans de bonnes conditions mais les échecs des précédents traumatise la distribution et le film est invisible dans la plupart des grandes villes de France. Je penche plutôt pour un problème de culture en France. La science-fiction et l&#8217;horreur ne sont pas vraiment dans notre éducation, le public français n&#8217;est pas habitué et trop souvent, les films de genre sont fait pour les véritables aficionados. J&#8217;entends trop souvent de la famille ou des amis qui m&#8217;accompagnent aux projections me dire qu&#8217;ils ne se sentent pas à l&#8217;aise parmi ces passionnés, et ce, dès la file d&#8217;attente pour entrer dans la salle. C&#8217;est dommage, et je suis la première à le regretter car j&#8217;ai re-visité ma cinéphilie depuis que j&#8217;ai débuté avec <em>Ouvert 24/7</em> et prends désormais du plaisir à regarder des films de genre.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais j’ai bon espoir que ça évolue. Regarde autour de toi, là, nous sommes à un festival de court-métrages. J’y étais l’an passé alors que deux ou trois films de genre y étaient programmés. Cette année, le genre est bien mieux représenté. Une vague se prépare à force de créer dans ce sens. Je conseillerais aux jeunes réalisateurs de se démener pour trouver des fonds pour leurs projets. On travaille toujours dans des conditions extrêmes : par exemple, de nuit, par -15°, en mini-jupe. Ou en pleine forêt, sans glacière ni café chaud pour la nuit, je ne parle même pas de l&#8217;hygiène (rires)&#8230; Et quand le film finit dans des cartons ou prend beaucoup trop de temps en post-production car on a voulu faire trop vite au tournage, c&#8217;est très rageant. Chacun met beaucoup d&#8217;énergie, de passion et de motivation dans ce qu&#8217;il fait, et avec beaucoup de professionnalisme, le tout bénévolement, donc ça mérite que le réalisateur se démène pour que son film soit soutenu correctement et bénéficie d&#8217;une visibilité. Qu&#8217;il vive après le tournage. La tournée des festivals, c&#8217;est un budget, il faut le prévoir. Une bonne production qui vous soutient, ça peut permettre une meilleure vie au film avant, pendant et après&#8230; Pour certains, « faire du genre » signifie « auto production », mais je crois qu&#8217;on s&#8217;égare. Il y a des films en ce moment qui cartonnent en festival, parce qu’ils sont produits. Ils se sont donné les moyens pour que leurs effets spéciaux mécaniques ou numériques fassent leur effet. Si vous avez un bon scénario il est possible d’avoir des moyens. Il faut juste en avoir très envie et beaucoup de patience.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Y a-t-il des réalisateurs français que tu voudrais soutenir particulièrement ? </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il y en a plein qui mériteraient d’être cités. En fait, je peux dire à tous ceux qui m&#8217;ont fait confiance jusque là, que je replongerais aussi sec dans leurs projets. Mais pour te donner quelques collectifs ou sociétés, je dirais que je pense aux équipes de chez Forge. Il s&#8217;agit de la boîte de production qui a fait le long-métrage <em>Le Jour de la Comète, </em>actuellement en post-production et qui se donne beaucoup de mal en investissant les moyens nécessaires. Le travail en termes de décors et de costumes est stupéfiant, leurs histoires sortent des années 80, tu es transporté dans des univers comme <em>Retour vers le Futur</em> ou <em>Les Goonies</em>, tu te dis que ce n’est pas possible qu’on fasse ça en France… Et pourtant ils l&#8217;ont fait et ça en met plein la vue. En plus, nombreux sont les réalisateurs talentueux qui gravitent autour d&#8217;eux en prêtant main forte et en portant l&#8217;insigne des « forgerons ». C’est mon coup de cœur. Après, je pense à ceux avec qui j&#8217;ai collaboré de près ou de loin. Je pense notamment aux Films de la Lymphe (Poitiers), Humal productions (Nancy) qui sont allés collaborer avec des américains pour réaliser <em>The Hunters</em>, Pok Prod (Paris), Feary Dream (Pau), School&#8217;s Out (Montpellier), mais je ne cite pas de nom, on y serait encore demain.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><img class="alignright size-medium wp-image-6080" title="n727914288_1670777_1730" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/n727914288_1670777_1730-600x398.jpg" alt="" width="432" height="286" />Ta filmographie commence peu à peu à se spécialiser dans le genre (<em>Mon Père,</em> <em>36<sup>ème</sup> sous-sol</em>, <em>Miseria</em>…), qu’est-ce qui t’y attire ? </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce que j’aime dans le genre ce sont des caractères qui sont vraiment variés. Tu peux partir dans une imagination délirante, jamais je n’aurais cru un jour pouvoir incarner une meurtrière qui fait manger ses victimes à son amie, dans un film français. Tu as une approche beaucoup plus américaine dans ce genre de films, autant dans le scénario que dans le jeu. Ce qui me convient parfaitement, j’adore ça. On peut me demander d’imaginer n’importe quoi en face de moi, il n’y a pas de problème. Il arrive que cela bloque les comédiens, car on n&#8217;est pas encore habitué aux effets spéciaux en France et je peux le comprendre&#8230; Personnellement, travailler sur fond vert ou en motion capture, rien ne me ferait plus plaisir !</p>
<p style="text-align: justify;">Les films de genre reposent beaucoup sur la présence, le charisme. Parfois j’ai très peu de dialogue, c&#8217;est essentiellement basé sur des regards, des tensions ; on n’a pas besoin de dire « <em>je prends un café</em> » pour prendre un café ! En France, on a besoin d’entendre parler pour juger d&#8217;un acteur, c’est une tradition. Ça vient du théâtre où il est important de bien articuler, ce qui est normal. Lorsque je suis au 15<sup>e</sup> rang d&#8217;un théâtre, je demande à entendre le comédien. Mais lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de la déclamation, je ne la supporte pas parce qu’elle me coupe de l&#8217;émotion. Le corps est essentiel !</p>
<p style="text-align: justify;">Je suis très honorée de cette image de Scream Queen, mais je comprends parfaitement qu&#8217;elle puisse être déroutante pour une comédienne française. De là à vivre financièrement du genre, c&#8217;est pour l&#8217;instant impossible. Je sais que les allemands ont été moins frileux quand je leur ai présenté mon travail, et j&#8217;ai éprouvé moins de difficulté quant à me rapprocher d&#8217;un agent par exemple.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Justement, as-tu des projets à venir ? </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Côté cinéma, j&#8217;espère bientôt pouvoir travailler avec Jean-Pierre Mocky. Encore un scénario bien singulier, mais je ne peux pas en dire plus pour l&#8217;instant&#8230; Et l&#8217;an prochain, on m&#8217;a promis quelque chose de très intéressant à Lorrywood&#8230; (rires) et je ne suis guère en mesure d&#8217;en raconter plus. Sinon, c&#8217;est plutôt du théâtre qui est venu vers moi, très spontanément, à la rentrée. Je suis donc en répétition d&#8217;une création « Chromozone Y » déjà programmée en résidence au Plateau 31 à Gentilly en avril 2011, d&#8217;après une mise en scène de l&#8217;irlandais Bryan Mc Cormack. Un spectacle pour deux comédiennes que je partage avec Marie Brette. Et je prépare une autre création avec un jeune metteur en scène, Vincent Doron et une équipe de 5 jeunes comédiens « Sur Le Pont De Nos Désirs ». Enfin, en collaboration avec un écrivain, nous sommes en écriture d&#8217;un One Woman Show&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Parallèlement, je viens tout juste de débuter des cours d&#8217;acrobaties et de kicks dans le but de commencer à me former aux cascades pour le cinéma. Et enfin, je fais un peu de musique&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">En ce moment, je fais la tournée des festivals avec mes films et ça me prend beaucoup de temps, et d&#8217;argent (rires), je reviens d&#8217;ailleurs de Montreal avec <em>36ème sous-sol</em> qui a déjà beaucoup de  sélections. C&#8217;est important d&#8217;aller jusqu&#8217;au bout dans ses projets. C&#8217;est un choix que j&#8217;ai fait et je l&#8217;assume.</p>
<p style="text-align: justify;">En ce mois de novembre, je cesse de courir dans les festivals, et je reprends les castings. Mes recherches se concentrent essentiellement sur le cinéma. On peut compter sur moi 24/7 (rires).</p>
<p style="text-align: justify;">Crédits photos : Chris Schu</p>
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		<title>La Merditude des choses, de Felix van Groeningen</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Sep 2010 00:05:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rock</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Comédie]]></category>
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		<description><![CDATA[La Merditude des choses est le portrait quasi-documentaire d’une famille vivant dans un village flamand. Gunther Strobbe, le plus jeune âgé de 13 ans, vit avec sa grand-mère, son père et ses trois oncles. La famille vit dans un climat de beuverie et glande constante. Gunther est toujours en retard à l’école et rentre chaque [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><em><img class="size-medium wp-image-5538 alignleft" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/09/Merditudedvd1-331x600.jpg" alt="" width="214" height="389" />La  Merditude</em><em> des choses</em> est le portrait quasi-documentaire d’une famille vivant dans un village flamand. Gunther Strobbe, le plus jeune âgé de 13 ans, vit avec sa grand-mère, son père et ses trois oncles. La famille vit dans un climat de beuverie et glande constante. Gunther est toujours en retard à l’école et rentre chaque soir avec une punition à rédiger. En parallèle, le film suit ce même personnage des années plus tard, lorsque Gunther tente de devenir écrivain et se retrouve sur le point d’être papa.</p>
<p style="text-align: justify">Le film s’inspire à la fois d’un roman écrit par Dimitri Verhulst et d’un épisode de l’intéressante émission <em>Strip-Tease</em>. Armé de ces deux différents supports, Felix van Groeningen filme les Strobbe à travers le regard d’un enfant aimant sa famille, mais aussi soucieux à l’idée de finir comme eux : sans but, constamment dans un état second et donc à demi-mort.</p>
<p style="text-align: justify">Le réalisateur ne juge pas ses protagonistes, il les observe et nous laisse libre de penser ce qu’on veut. Mais il est un peu à l’image de la famille Strobbe : sans but. Le film est vraiment un épisode de <em>Strip-Tease</em> (avec un peu plus de musique et de trucages) étiré sur 1h45 qui peine à trouver une quelconque réflexion au travers de ce portrait familial. Les images de cette famille utopiste défilent sous nos yeux, on rigole face aux différentes conneries qu’elle raconte, on s’indigne un tant soit peu de leur comportement, puis arrivé au générique on passe à autre chose, comme si rien ne s’était passé.</p>
<p style="text-align: justify">Dommage, parce que les qualités sont bien présentes : le rythme du film est des plus efficaces, les acteurs sont irréprochables et le réalisateur ne cherche pas à nous endormir avec un quelconque discours social ou politique au milieu de cette « merditude » ; il se concentre uniquement sur cette famille, leurs actes et leurs conséquences au sein d&#8217;elle et la vie d’adulte de Gunther. Seulement, le film n’est qu’une constatation creuse d’une situation familiale complexe.</p>
<h5 style="text-align: center"><img class="aligncenter size-full wp-image-5547" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/09/Merditude02.bmp" alt="" width="582" height="246" />&laquo;&nbsp;<em>Typiquement belge&#8230;</em>&laquo;&nbsp;</h5>
<p style="text-align: justify">Les bonus du dvd sont plutôt généreux, même trop si vous n’avez pas aimé le film : un making of découpé en petits épisodes d’une durée totale de 48 minutes durant lequel le réalisateur fait partager ses impressions du tournage et les quelques défis qu’il a pu rencontrer lors de l’écriture du scénario et de la réalisation du film. Mais le plus attrayant des bonus est ce fameux épisode de <em>Strip-Tease</em> qui a inspiré le film, un épisode réalisé en 1992 suivant la famille belge De Becker qui possède un style de vie proche des personnages que l’on peut observer dans <em>La  Merditude</em><em> des choses</em>.</p>
<h5 style="text-align: center"><img class="aligncenter size-medium wp-image-5552" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/09/Merditude3-600x337.png" alt="" width="600" height="337" /><em>L&#8217;équipe a trouvé une solution très économique pour réaliser les fausses moustaches.<br />
</em></h5>
]]></content:encoded>
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		<title>Des zombies et des hommes</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Jul 2010 22:19:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Damien</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pas évident de réussir à renouveler une thématique aussi rebattue que celle des zombies en 2010. Les sorties ciné et DVD dans le registre ont beau s&#8217;accumuler mois après mois, les différents supports se décliner sans fin (jeux vidéos, livres, bandes dessinées, séries télé&#8230;), difficile de trouver grand chose de consistant à se mettre sous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pas évident de réussir à renouveler une thématique aussi rebattue que celle des zombies en 2010. Les sorties ciné et DVD dans le registre ont beau s&#8217;accumuler mois après mois, les différents supports se décliner sans fin (jeux vidéos, livres, bandes dessinées, séries télé&#8230;), difficile de trouver grand chose de consistant à se mettre sous la dent&#8230; Faut-il pour autant sombrer dans les abîmes de la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bit_lit">bit-lit</a> et ses fadasses déclinaisons filmiques ? Non. En s&#8217;acharnant un peu, et en dépit du nombre non négligeable de fausses-bonnes surprises qui pullulent à droite à gauche, on réussit quand même à trouver quelques œuvres qui redonnent foi au genre. La preuve par trois.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-medium wp-image-5161  aligncenter" title="ZMBLND" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/07/ZMBLND-450x600.jpg" alt="" width="360" height="480" /></p>
<p style="text-align: center;">
<p><strong><em>Bienvenue à Zombieland</em>, de Ruben Fleischer</strong></p>
<p>Là ou tant de films se content d&#8217;exploiter un twist à la con jusqu&#8217;à plus soif (zombies sous la neige, zombies teenagers, zombies strip-teaseuses, zombies nazis, à quand les zombies ninja ?), Ruben Fleisher, jeune réalisateur ayant fait ses armes à la télé, a vu les choses en grand. Mélange de film d&#8217;action, d&#8217;horreur, de buddy movie et de comédie sentimentale, <em>Bienvenue à Zombieland</em>, sorti en salles l&#8217;automne dernier et depuis peu disponible en DVD, joue en effet le tout pour le tout, mais réussit à emballer ces différentes facettes au sein d&#8217;un univers cohérent, original et respectueux du genre. Que demander de plus ? Un duo d&#8217;acteurs doués et charismatiques (le trop rare Woody Harrelson et l&#8217;excellent Jesse Eisenberg, déjà repéré dans <em><a href="http://www.imdb.com/title/tt1091722">Adventureland</a></em>) ? Check. Un rythme échevelé enchainant sans répit, scènes d&#8217;humour, d&#8217;action, d&#8217;émotion, et d&#8217;horreur pure ? Check. Un générique au ralenti sur le <em>For Whom The Bell Tolls</em> de Metallica ? Check. Un climax final au sein d&#8217;un parc d&#8217;attraction rempli à craquer de zombies ? Check.</p>
<p>On pourrait continuer encore longtemps comme ça (une apparition du génial Bill Murray dans son propre rôle ? Ch&#8230; ), mais ce serait passer à côté du principal. Ce qui fait tout le sel de <em>Bienvenue à Zombieland</em>, c&#8217;est avant tout son postulat de départ, selon lequel, en cas d&#8217;invasion de zombies généralisée, les individus les plus aptes à la survie seraient les plus inadaptés à la vie quotidienne en société. En l&#8217;occurrence, un jeune geek sensible et solitaire, et un redneck misanthrope accro aux <a href="http://blog.brokore.com/images/users/depechan//images/357767bb7ca274ac71d6da6cac0d6d68.jpg">Twinkies</a> et aux armes à feu, rapidement rejoints par deux jeunes et belles arnaqueuses&#8230; En transformant progressivement son armada de freaks asociaux en communauté soudée et solidaire, Ruben Fleisher réussit à introduire avec succès humour, tendresse et émotion dans l&#8217;univers a priori hardcore du zombie flick, sans renier ses fondamentaux pour autant (univers glauque, quête désespérée, gore à outrance&#8230;). Un pari pas forcément gagné d&#8217;avance, mais dont le réalisateur s&#8217;acquitte ici brillamment, comme avait déjà su le faire Edgar Wright avec son <em>Shaun of The Dead</em> il y a bientôt 6 ans. Ce qui, mine de rien, n&#8217;est pas une mince référence&#8230;</p>
<p>DVD édité par <a href="http://www.zombieland-lefilm.com/">Sony Pictures Home Entertainement.</a><br />
Bande-annonce disponible <a href="http://www.youtube.com/watch?v=sK1zENJR-QA">ici</a></p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-medium wp-image-5162  aligncenter" title="WWZ" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/07/WWZ-390x600.jpg" alt="" width="312" height="480" /></p>
<p style="text-align: center;">
<p><strong><em>World War Z</em>, de Max Brooks</strong></p>
<p>Déjà auteur d&#8217;un remarqué <em><a href="http://www.editions-calmann-levy.com/livre/titre-319908-Guide-de-survie-en-territoire-zombie-auteur-ecrivain-Max-Brooks.html">Guide de survie en territoire zombi</a>e</em>, et accessoirement fils du réalisateur Mel Brooks, le romancier Max Brooks signe avec <em><a href="http://www.editions-calmann-levy.com/livre/titre-319909-World-war-Z-auteur-ecrivain-Max-Brooks.html">World War Z. Une histoire orale de la guerre des zombies</a></em>, un haletant récit d&#8217;anticipation, digne des meilleurs films du genre. Présenté comme la version non expurgée d&#8217;un rapport de l&#8217;ONU réalisé 12 après la Guerre des Zombies, <em>World War Z</em> est ainsi constitué d&#8217;une succession d&#8217;entretiens fictifs avec des survivants du cataclysme mondial, qu&#8217;ils y aient joué un rôle majeur, ou qu&#8217;ils en aient été de simples et anonymes témoins. Regroupés en différents chapitres classés par ordre chronologique (<em>Premiers Symptômes, La Faute, La Grande Panique</em>&#8230;), ces différents témoignages permettent au lecteur de reconstituer progressivement les évènements en filigrane, et à l&#8217;auteur de varier les registres de récit (angoisse, horreur, action, suspens) ainsi que les profils sociologiques abordés (militaires, scientifiques, politiques, gens du peuple&#8230;). Un dispositif narratif astucieux, qui permet par ailleurs à Max Brooks de développer le deuxième point fort du roman : son angle d&#8217;approche. En abandonnant le principe du petit groupe de survivants assaillis et la description de leur évolution psychologique progressive, il a en effet tout loisir de développer une trame globale complexe à souhait, où les rapports  géopolitiques entre pays pauvres et pays riches jouent un rôle clé dans la propagation de l&#8217;infection zombie. Alors certes, <em>World War Z</em> reste au final plus proche du divertissement intelligent que du véritable pamphlet politique sans concession, il n&#8217;en reste pas moins que le livre devrait s&#8217;imposer sans mal comme un des futurs maitres-étalons de la littérature zombiesque. C&#8217;est dit !</p>
<p>Livre édité par les éditions <a href="http://www.editions-calmann-levy.com">Calmann Lévy</a></p>
<p><span style="color: #828282;"><strong><br />
</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-5163  aligncenter" title="avatar_crossed_1" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/07/avatar_crossed_1.jpg" alt="" width="309" height="480" /></p>
<p style="text-align: center;">
<p><strong><em>Crossed</em>, de Garth Ennis &amp; Jacen Burrows</strong></p>
<p>Encore assez marginale dans la bande dessinée européenne, la figure du zombie occupe à l&#8217;inverse un part non négligeable du marché du comics américain. Si quelques titres phares du genre comme <em><a href="http://www.editions-delcourt.fr/catalogue/comics/walking_dead_1_passe_decompose">Walking Dead</a></em> ou l&#8217;iconoclaste  <em><a href="http://marvel.com/comics/marvel_zombies">Marvel Zombies</a></em> sont déjà disponibles en version française (respectivement aux éditions Delcourt et Panini Comics), l&#8217;une des œuvres les plus abouties du genre, <em>Crossed</em>, de Garth Ennis et Jacen Burrows (édité aux Etats-Unis chez <a href="http://www.avatarpress.com/">Avatar</a>) reste à ce jour scandaleusement inédite en France. Bien connu des amateurs de comics hardcore et sans concession, Garth Ennis est un scénariste irlandais à l&#8217;origine de fleurons comme la série culte <em>Preacher</em> chez Vertigo , et l&#8217;auteur d&#8217;un des runs les plus haletants de la série <em>Punisher</em> (dans la collection Marvel Max). Sa marque de fabrique : un dégout affiché pour le politiquement correct, une attraction sans limite pour les univers sombres et les facettes les plus noires de l&#8217;être humain, et enfin une propension innée à imaginer les scènes de violence et de sexe les plus outrancières possibles. Ce contexte posé, on comprendra rapidement, que <em>Crossed</em>, décrit par son auteur comme &laquo;&nbsp;<em>le récit le plus extrême et le plus dérangeant qu&#8217;il ait jamais écrit</em>&nbsp;&raquo; (sic), n&#8217;est pas un comics comme les autres. Et ce bien au-delà de la simple dimension &laquo;&nbsp;choc&nbsp;&raquo; de l&#8217;œuvre. Si massacres, viols collectifs, tortures et mutilations diverses sont en effet bien présents tout au court du récit, ce dernier s&#8217;apparente paradoxalement plus à une errance désespérée dans la ligne du roman <em>La Route</em> de Cormac McCarthy qu&#8217;à un stupide torture porn version comics. Dans <em>Crossed</em>, les zombies ne sont pas morts, ce sont simplement des humains dont une curieuse épidémie n&#8217;a laissé intacte que la part la plus sombre de leur psyché. Traqués sans relâche à travers les Etats-Unis, quelques survivants vont néanmoins tenter de rester envie, tout en conservant un semblant de santé mentale. Une quête évidemment vouée à l&#8217;échec&#8230; Sobre, sèche, froide et intelligente, la série impressionne surtout par sa capacité à instaurer un climat de tension permanente, réduisant à quelques cases seulement les déferlements d&#8217;ultra-violence pour mieux en renforcer l&#8217;impact. Si lire un comics en anglais ne vous rebute pas trop, l&#8217;achat de l&#8217;intégrale de la série sur le net (<a href="http://www.amazon.fr/Crossed-1-Garth-Ennis/dp/1592910904/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=english-books&amp;qid=1280525383&amp;sr=1-1">240 pages, 20 € environ</a>) est vivement recommandée.</p>
<p>Plus d&#8217;infos <a href="http://www.avatarpress.com/2010/04/your-complete-guide-to-the-crossed-comic-by-garth-ennis-and-jacen-burrows/">ici</a></p>
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		<title>Top Cops, le nouveau Kevin Smith</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Jun 2010 13:26:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bandes-annonces]]></category>
		<category><![CDATA[Comédie]]></category>
		<category><![CDATA[Usa]]></category>

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		<description><![CDATA[Celui-ci se trouve un chemin vers les salles (23 juin 2010). Peut-être grâce à la présence de Bruce Willis?! L&#8217;histoire : deux flics de la NYPD à la recherche d&#8217;une carte de baseball volée, rare mais en parfait état, et qui se retrouvent vite face à un impitoyable gangster obsédé par les objets souvenirs !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Celui-ci se trouve un chemin vers les salles (23 juin 2010). Peut-être grâce à la présence de Bruce Willis?! L&#8217;histoire : deux flics de la NYPD à la recherche d&#8217;une carte de baseball volée, rare mais en parfait état, et qui se retrouvent vite face à un impitoyable gangster obsédé par les objets souvenirs !</p>
<p><center><object width="590" height="365"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/44gb5RI24lc&#038;hl=en_US&#038;fs=1&#038;"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/44gb5RI24lc&#038;hl=en_US&#038;fs=1&#038;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="590" height="365"></embed></object></center></p>
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		<title>Art School Confidential, de Terry Zwigoff</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Jun 2010 07:10:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Léo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Comédie]]></category>
		<category><![CDATA[Usa]]></category>

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		<description><![CDATA[Daniel Clowes est, depuis quinze ans, un des artistes les plus chic de la bédé sérieuse américaine. Auteur de Ghost World dans les années 90, puis de David Boring et de Comme un gant de velours pris dans la fonte, il est toujours au top du talent, avec par exemple la traduction chez Cornelius de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-5014 aligncenter" title="artschool1" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/06/artschool1.jpg" alt="" width="600" height="398" /></p>
<p>Daniel Clowes est, depuis quinze ans, un des artistes les plus chic de  la bédé sérieuse américaine. Auteur de <em>Ghost World</em> dans les années 90,  puis de <em>David Boring</em> et de <em>Comme un gant de velours pris dans la  fonte</em>, il est toujours au top du talent, avec par exemple la traduction  chez Cornelius de son génial <em>Le rayon de la mort</em>, tiré du fanzine  &laquo;&nbsp;Eightball&nbsp;&raquo;. Un dessin froid, un humour &laquo;&nbsp;entre cynisme, sarcasme et  tendresse&nbsp;&raquo; (lui-même dixit), et une capacité à rendre l&#8217;humanité dans  son détail sans mièvrerie, en font un artiste de grande tenue. Si vous  coloriez ça d&#8217;une intelligence fine et d&#8217;une conscience aiguë de sa  singularité, vous obtenez un portrait impressionniste mais assez complet  du personnage et de son œuvre. En bref, pour ceux qui ne connaissent pas  son travail, vous avez de belles découvertes devant vous.</p>
<p><em>Ghost World</em> le film, déjà réalisé par Terry Zwigoff, était une bien  bonne surprise. Adapté du comic éponyme, il racontait les dernièrs mois  d&#8217;amitié fusionnelle entre deux adolescentes, sur le point d&#8217;être  séparées par la fin du lycée et leur entrée à la fac. La tonalité du  long-métrage était moins sèche que celle de la bédé, le passage sur  pellicule avait un peu atténué l&#8217;âpreté des portraits et teinté  d&#8217;onirisme les interminables banlieues clowsiennes&#8230; <em>Art School  Confidential</em> s&#8217;inspire cette fois d&#8217;une brève courte, conçue par  l&#8217;artiste pour &laquo;&nbsp;boucher les trous dans [son] fanzine&nbsp;&raquo; (sic again),  prenant pour sujet ses années passées dans une école d&#8217;art. Croquage de  portraits-types, mise en évidence des tics, description des  fonctionnements absurdes &#8211; et pas de narration, a priori, dans le  matériau d&#8217;origine. Ca ne l&#8217;a pas empêché d&#8217;un tirer un script de  long-métrage, pour le troisième film de son pote Zwigoff (entre-temps ce  dernier avait tourné la pochade festive <em>Bad Santa</em>, iconoclaste &amp; pas  inoubliable).</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-5015" title="artschoolcover" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/06/artschoolcover.jpg" alt="" width="300" height="427" />Le pitch, enfin : Jérôme est un geek du dessin, persuadé d&#8217;être un futur  grand artiste. Il débarque à l&#8217;université dans l&#8217;espoir de perdre sa  virginité, tombe amoureux de la modèle de son cours de nu académique. En  même temps, il fréquente des artistes échoués, des galiéristes véreux,  des stylistes gays. Mais un étrangleur règne sur le campus. Tin tin tin.</p>
<p>Sans y aller par quatre chemin, le film est très décevant. Et si  j&#8217;aurais bien aimé jeter la seule pierre au réalisateur, histoire de  garder intacte le grand bédéaste qu&#8217;est Clowes, j&#8217;ai bien peur que les  responsabilités soient partagées.<br />
Ce qui fait l&#8217;essence de l&#8217;art clowsien est ce que le film a de  meilleur, de plus drôle, de mieux vu. Les portraits vite-fait des types  d&#8217;élève. Les montages rapides des foirades sentimentales. Les manigances  des professeurs. Les expériences artistiques absurdes. En comptant  large, mettons dix pour cent film.<br />
Le reste, par contre, c&#8217;est à dire tout ce qui prétend faire avancer une  quelconque intrigue, est d&#8217;un carton si imbibé qu&#8217;il menace de partir en  sucette à chaque scène. La romance est affreuse de caricature et de  vacuité. Le récit policier, qui aurait pu être poilant parodique, est  plombé par une gestion du suspense embarrassante. Et le récit  d&#8217;apprentissage est d&#8217;un premier degré si navrant qu&#8217;on rit, une heure  durant, en imaginant que ça ne peut qu&#8217;être une caricature. Un film sans  os, au final, qui laisse entrevoir, par tranches de quelques secondes, à  quel point il aurait été drôle s&#8217;il avait été fait par les frères Coen.<br />
Pire encore &#8211; comme si ça ne suffisait pas &#8211; le petit côté artsy-fartsy  de Clowes, qui est la seule chose que je puisse trouver, au bout du  compte, à reprocher à certaines de ses bédés (son côté &#8216;je suis en train  de plier une oeuvre géniale, je le sais, je vous montre que je le sais&#8217;)  suinte ici et là. On reconnaît qu&#8217;il se voit en Jérôme. Et, devant la  nullité de son personnage principal, on frémit. Pour le coup, il ne se  rend pas service.<br />
On comprend au final pourquoi, malgré un casting plutôt slurp  (Malkovitch en minimaliste abstrait, Buscemi en patron de bar  prescripteur&#8230;), ce film est sorti direct en vidéo et dans une  indifférence assez méritée.</p>
<p>Rattrapez donc <em>Ghost World</em> (film &amp; bédé) si ça n&#8217;est déjà fait, et  penchez-vous sur le reste des travaux graphiques de Clowes, presque tous  chez <a href="http://www.cornelius.fr/" target="_blank">Cornelius</a>. Ce garçon peut rater tous les scripts qu&#8217;il veut,<em> Comme  un gant de velours&#8230;</em> restera un chef d&#8217;œuvre lynchéen sans égal, et <em>David Boring</em> la meilleure histoire de fin du monde depuis le bug de  l&#8217;an 2000, au moins.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Art School Confidential&nbsp;&raquo; est un bildungsroman romantique noir comédie  de mœurs policière dans une faculté d&#8217;art nouillorquaise, datée de 2005.  Réalisé par Terry Zwigoff, avec Max Minghella, Sophie Myles, Ethan  Suplee et d&#8217;autres gens. Un dévédé Columbia Sony Pictures, avec des  boni, des langues, des sous-titres.</em></p>
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		<title>Zack and Miri make a porno</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Jun 2010 07:00:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comédie]]></category>
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		<description><![CDATA[Sans doute effrayés à cause de son titre sans équivoque mais pourtant trompeur, les distributeurs français boudent cette comédie romantique sympathique réalisée par Kevin Smith en 2008. Zack et Miri sont co-locataires de longue date. S&#8217;ils partagent leur vie quotidienne et donc leur intimité, leur relation reste strictement platonique. Accumulant les galères au milieu de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Sans doute effrayés à cause de son titre sans équivoque mais pourtant trompeur, les distributeurs français boudent cette comédie romantique sympathique réalisée par Kevin Smith en 2008.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-4937 aligncenter" title="zm1" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/06/zm1.jpg" alt="" width="540" height="800" /></p>
<p>Zack et Miri sont co-locataires de longue date. S&#8217;ils partagent leur vie quotidienne et donc leur intimité, leur relation reste strictement platonique. Accumulant les galères au milieu de l&#8217;hiver, ils ne parviennent plus à payer leur facture d&#8217;eau ou d&#8217;électricité. Afin de boucler les fins de mois difficiles, ils s&#8217;entourent de quelques connaissances et décident de tourner leur propre film porno dans le café où ils travaillent. Mais après avoir tourné leur scène de sexe, ils découvrent tous deux qu&#8217;ils ont finalement des sentiments l&#8217;un pour l&#8217;autre, ce qui va compliquer les choses&#8230;</p>
<p>Voir <em>Zack and Miri make a porno</em>, c&#8217;est d&#8217;abord l&#8217;occasion d&#8217;apprécier la bouille de nounours extrêmement sympathique de Seth Rogen, que vous avez certainement vu dans l&#8217;amusant <em>En cloque mode d&#8217;emploi</em> ou en flic déjanté dans <em>Supergrave</em>, et dans <em>40 ans toujours puceau</em>, de la galaxie Judd Apatow.</p>
<p>A travers ce film, Kevin Smith fait transparaître son goût pour le cinéma fauché. Lui-même a commencé à tourner sur son lieu de travail avec très peu de moyens. Ce qui a donné <em>Clerks</em>, et qui lui a valu la reconnaissance. Ici il effectue donc un travail autobiographique et en guise de morale, il nous dit que faire du cinéma, c&#8217;est surtout partager une expérience intense avec une bande de potes.  Malgré le premier degré du titre, il n&#8217;y a pas vraiment de scènes hard et le porno en question cumule et caricature tous les défauts du genre : musique d&#8217;ascenceur, acteurs sans aucun talent, prétextes irréalistes et coïts industriels.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-4938 aligncenter" title="zm2" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/06/zm2.jpg" alt="" width="600" height="397" /></p>
<p>Certes, l&#8217;aspect romantique est traité de manière attendue : le couple a rapidement sa première scène de ménage et le quiproquo est rapidement défait. Mais l&#8217;on ne s&#8217;ennuie pas une minute car l&#8217;alchimie entre Zack et Miri, qui fonctionne déjà bien, est soutenue par des seconds rôles croustillants : Jason Mewes, grand pote de Kevin Smith joue un obsédé sexuel pro du porno. Traci Lords, ancienne hardeuse, interprète Bubbles, qui peut faire des bulles avec son&#8230; Bref, on ne s&#8217;ennuie pas une minute et quelques scènes sont franchement hilarantes. On citera le rassemblement d&#8217;anciens élèves (où Miri, sans le savoir, drague à mort un amour de jeunesse travaillant maintenant dans le porno gay) ou la parodie de <em>Star Wars</em>, intitulé <em>Star Whores</em>, avec Dark Vibrator et Hung Solo. On retrouve aussi le Kevin Smith &laquo;&nbsp;geek cinéphile&nbsp;&raquo; lorsque Zack et Miri cherchent un titre pour leur film : Fuckback mountain, Star Sex 3 : the search for cock, The phantom man ass, etc. Quelques références à nos chers films de zombies ont été parsemées ici ou là, et notamment un caméo de Tom Savini dans un supermarché !</p>
<p>Même si on y croise un zizi et une paire de seins siliconés, <em>Zack and Miri.</em>.. reste finalement assez gentil dans son illustration de la pornographie. C&#8217;est plutôt dans les dialogues très crus que l&#8217;on trouvera du &laquo;&nbsp;trash&nbsp;&raquo;, les personnages n&#8217;hésitant pas à parler des choses du sexe sans aucune gêne (les détails de la technique pseudo-masturbatoire mutuelle du <a href="http://www.urbandictionary.com/define.php?term=dutch%20rudder" target="_blank">Dutch rudder</a> et du double Dutch rudder). On remarquera là l&#8217;habituel franc-parler et la provocation anti-puritaine du réalisateur. Même si ce ne sont que des mots, c&#8217;est dans ces moments que Kevin Smith met dans le mille, grâce à des dialogues qui se transforment souvent en logorrhées surréalistes, allant toujours crescendo dans l&#8217;obscénité et l&#8217;absurde.</p>
<p><em>Zack and Miri make a porno</em> n&#8217;est pas sorti en salles chez nous, et n&#8217;est pas disponible en dvd. Il reste l&#8217;édition zone 1 US (ou blu-ray zone &laquo;&nbsp;all&nbsp;&raquo;) qui ne contient que des sous-titres anglais. C&#8217;est un inconvénient car les dialogues sont rapides et incluent de l&#8217;argot et des jeux de mots parfois compliqués. Mais c&#8217;est aussi un avantage car ces dialogues qui constituent le principal de l&#8217;art de Kevin Smith sont parfois intraduisibles.</p>
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		<title>My name is Bruce, de Bruce Campbell</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Apr 2010 20:17:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma bis]]></category>
		<category><![CDATA[Comédie]]></category>
		<category><![CDATA[Personnalités]]></category>
		<category><![CDATA[Séries Z]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Dvd]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour beaucoup, Bruce Campbell n&#8217;est l&#8217;homme que d&#8217;une seule série de films : la trilogie Evil Dead de Sam Raimi. Même s&#8217;il travaille régulièrement, il faut avouer que l&#8217;acteur au menton plat n&#8217;est plus jamais parvenu à atteindre une large reconnaissance depuis Evil Dead. Il n&#8217;a surtout pas suivi l&#8217;ascension fulgurante de son compère Sam [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-4601" title="MNIB_Selects-039" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/04/MNIB_Selects-039.jpg" alt="" width="352" height="492" />Pour beaucoup, Bruce Campbell n&#8217;est l&#8217;homme que d&#8217;une seule série de films : la trilogie<em> Evil Dead </em>de Sam Raimi. Même s&#8217;il travaille régulièrement, il faut avouer que l&#8217;acteur au menton plat n&#8217;est plus jamais parvenu à atteindre une large reconnaissance depuis <em>Evil Dead.</em> Il n&#8217;a surtout pas suivi l&#8217;ascension fulgurante de son compère Sam Raimi, qui a révolutionné le film de super héros à Hollywood avec ses <em>Spiderman</em>. Paradoxalement c&#8217;est <em>Bubba Ho-Tep,</em> mettant en scène un couple de vieux séniles mythomanes, qui a redonné à Bruce Campbell une seconde jeunesse. Le film l&#8217;a fait découvrir à un public plus large que son cercle de fans hardcore, même si ce succès reste tout relatif. Mais excepté cela, il fait surtout des voix (il a un timbre très reconnaissable), occupe de petits rôles au cinéma et des grands rôles dans des direct-to-video (<em>Alien Apocalypse</em>) et la série <em>Burn Notice</em>.</p>
<p>Un soir de biture dans un cimetière, l&#8217;adolescent Jeff et ses potes réveillent Guan-Di, un démon chinois protecteur des anciens mineurs immigrés de Gold lick, en Oregon. Guan-Di se met à décapiter les autochtones et Jeff pense alors à faire appel à Bruce Campbell dont il est un grand fan. L&#8217;acteur tourne justement son nouveau film <em>Cave Alien 2</em>. Il est kidnappé par Jeff qui le ramène au village et qui compte sur lui pour se débarrasser de la malédiction locale.</p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-4602" title="AMARAY_BRUCE_3D" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/04/AMARAY_BRUCE_3D.jpg" alt="" width="350" height="580" /><em>My name is Bruce </em>fonctionne à la fois comme une série Z et comme une comédie pleine d&#8217;autodérision. L&#8217;acteur s&#8217;amuse en effet à analyser son statut d&#8217;acteur &laquo;&nbsp;culte&nbsp;&raquo; et sa carrière, pas vraiment remplie de chef d&#8217;oeuvres. Ce qui est touchant, c&#8217;est qu&#8217;il semble vraiment lucide sur sa situation un peu spéciale. Comme Campbell est aussi réalisateur de son film, le sous-texte sur sa condition d&#8217;acteur semble sincère. L&#8217;auto-critique est donc intéressante et il dépeint aussi une relation &laquo;&nbsp;amusante&nbsp;&raquo; (mais que l&#8217;on devine pas loin de la réalité) avec son agent, joué par Ted Raimi (le frère de Sam bien sûr). Cependant, on ne saura jamais vraiment quelle est la part de vrai et de faux. Il se montre aussi comme un alcoolique notoire, condescendant envers les villageois, alors qu&#8217;on imagine le type bien plus sympathique.</p>
<p><em>My name is Bruce </em>est une bonne petite comédie, qui séduira tous ceux qui connaissent  un peu l&#8217;acteur. Seul bémol, le film a visiblement l&#8217;air fauché (image vidéo, décors et effets spéciaux minimalistes) et il a dû bénéficier des mêmes budgets rikiki que les séries B et Z où figure habituellement Bruce Campbell&#8230;</p>
<p><em>Déjà disponible en dvd chez M6 Vidéo.</em></p>
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		<title>Bienvenue à cadavres-les-bains (Der Knochenmann)</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Apr 2010 06:51:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comédie]]></category>
		<category><![CDATA[Policier / Thriller]]></category>

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		<description><![CDATA[Le film est en fait une adaptation de romans policiers écrits par Wolf Haas. Le héros de la série est Brenner, une sorte d&#8217;agent de recouvrement, chargé de saisir des véhicules payés à crédit lorsque les clients ne paient pas leurs traites. Bievenue à Cadavres-les-bains constitue une bonne occasion pour découvrir le cinéma autrichien et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-4557 aligncenter" title="cadavres" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/04/cadavres.jpg" alt="" width="600" height="401" /></p>
<p>Le film est en fait une adaptation de romans policiers écrits par Wolf Haas. Le héros de la série est Brenner, une sorte d&#8217;agent de recouvrement, chargé de saisir des véhicules payés à crédit lorsque les clients ne paient pas leurs traites. Bievenue à Cadavres-les-bains constitue une bonne occasion pour découvrir le cinéma autrichien et son héros débonnaire, dont l&#8217;équivalent français pourrait être le poulpe.</p>
<p>Travaillant à Vienne, Brenner se voit obligé d&#8217;aller à la montagne pour saisir la new beetle jaune du peintre Horvath. A l&#8217;auberge Löschenkohl (du nom du patron), il est très mal accueilli par le personnel qui semble cacher beaucoup d&#8217;informations.</p>
<p>Si l&#8217;intrigue prend parfois la forme d&#8217;une farce grotesque (le patron qui passe les témoins gênants au hachoir à os), les personnages s&#8217;inscrivent néanmoins dans un contexte social réaliste. Au départ, c&#8217;est la misère affective et sexuelle pour tous les personnages, et notamment pour Brenner, qui n&#8217;est pas un type sympa. En effet, celui-ci est chargé de saisir les voitures payées à crédit et dont les propriétaires ne payent pas leur traites.</p>
<p>Mais Brenner repère une serveuse et il va se servir de sa mission pour tenter de la séduire. Malheureusement, elle est déjà mariée au fils du patron, et cela va poser de gros problèmes à notre anti-héros.</p>
<p>Le film prend son temps pour installer ses personnages et le rythme un peu mou au début pourra rebuter. Mais ensuite, l&#8217;intrigue va crescendo jusqu&#8217;à l&#8217;apothéose lors d&#8217;un bal masqué populaire. On pense imméditament aux films de frères Coen car on y retrouve les mêmes personnages de &laquo;&nbsp;loosers&nbsp;&raquo; sympathiques. Plus ils essayent de s&#8217;en sortir et plus leur situation empire, les cadavres se multipliant par la même occasion. On trouve aussi des similarités avec les Coen dans l&#8217;intrigue alambiquée où tout le monde essaie de tromper tout le monde dans un engrenage infernal.</p>
<p>Le film séduit surtout grâce à ses personnages et ses acteurs principauw. On prend plaisir à les suivre dans des sous-intrigues délirantes où se mêlent des meurtres crapuleux, des chantages odieux, du cannibalisme, des proxénètes russes et surtout&#8230; De l&#8217;amouuuur !</p>
<p><em>Réalisé par Wolfgang Murnberger. Scénario de Wolf Haas. Avec Josef Hader, Josef Bierbichler, Birgit Minichmayr. Année : 2009</em></p>
<p>Disponible en dvd zone 2 chez <a href="http://www.mk2.fr" target="_blank">MK2</a>.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-4558 aligncenter" title="cadavres2" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/04/cadavres2.jpg" alt="" width="600" height="401" /></p>
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		<title>Brüno</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Jan 2010 21:09:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comédie]]></category>
		<category><![CDATA[Notules]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Blu-Ray]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Dvd]]></category>

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		<description><![CDATA[Sacha Baron Cohen récidive en créant le remplaçant de son Borat. Le concept est exactement le même, &#171;&#160;l&#8217;auteur&#160;&#187; se met dans la peau d&#8217;un personnage, force la caricature, afin de faire ressortir les plus viles pulsions chez des quidams, américains de préférence. Borat stigmatisait la peur de l&#8217;étranger et l&#8217;antisémitisme. Brüno s&#8217;attaque à l&#8217;homophobie, en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-4227 aligncenter" title="brunoe1" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/01/brunoe1.jpg" alt="brunoe1" width="600" height="400" /></p>
<p>Sacha Baron Cohen récidive en créant le remplaçant de son Borat. Le concept est exactement le même, &laquo;&nbsp;l&#8217;auteur&nbsp;&raquo; se met dans la peau d&#8217;un personnage, force la caricature, afin de faire ressortir les plus viles pulsions chez des quidams, américains de préférence. Borat stigmatisait la peur de l&#8217;étranger et l&#8217;antisémitisme. Brüno s&#8217;attaque à l&#8217;homophobie, en passant par l&#8217;univers de la mode et par le shobiz (voir l&#8217;hilarante &laquo;&nbsp;interview&nbsp;&raquo; d&#8217;Harrison Ford).</p>
<p>La comédie burlesque de Sacha Baron Cohen est double tranchant. Prise au premier degré, on rit à gorge déployée pour peur que l&#8217;on soit amateur d&#8217;humour absurde et de grosses conneries un peu à la mode &laquo;&nbsp;Jackass&nbsp;&raquo;. Ainsi Brüno se pose systématiquement en némésis de la personne interviewée. Il force à chaque fois la caricature afin de pousser son intervenant dans ses derniers retranchements. Le clou du spectacle arrive quand il s&#8217;improvise catcheur en Alabama dans une salle remplie de rednecks chauffés à blanc par le désir de voir deux mecs se mettre sur la gueule.  Brüno transforme alors le combat et sur le ring, les deux hommes se roulent des pelles avant de se déshabiller, provoquant l&#8217;ire des spectateurs bourrés de testostérone.</p>
<p>Le problème se situe dans les conditions de tournage. On ne sait jamais vraiment comment les gens sont piégés. La plupart du temps, la caméra n&#8217;est pas cachée donc les gens se savent filmer et l&#8217;on devine que Sacha Baron Cohen a dû organiser un traquernard. Cela n&#8217;empêche pas certains de dire des horreurs avec une effrayante spontanéité&#8230;</p>
<p>Pour apprécier Brüno, il faudra donc être un peu schizophrène. Bas de plafond pour rire aux énormes farces, il sera aussi nécessaire de prendre du recul pour comprendre quel est le discours de ce provocateur, qui n&#8217;est d&#8217;ailleurs pas très clair. S&#8217;il critique ouvertement certaines stars, on les retrouve à la fin pour une chanson, devenues subitement complices de la farce&#8230;</p>
<p><em>Disponible en dvd et blu-ray chez Sony Picture Home Entertainment. </em></p>
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