<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Cinétrange &#187; Entretiens</title>
	<atom:link href="http://www.cinetrange.com/category/entretiens/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.cinetrange.com</link>
	<description>Les films les plus bizarres en dvd</description>
	<lastBuildDate>Thu, 09 Feb 2012 21:30:56 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.2.1</generator>
		<item>
		<title>Sirène, clown, poisson froid et cadavre</title>
		<link>http://www.cinetrange.com/support/sortie-dvd/sirene-clown-poisson-froid-et-cadavre/</link>
		<comments>http://www.cinetrange.com/support/sortie-dvd/sirene-clown-poisson-froid-et-cadavre/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 29 Jun 2011 22:04:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma bis]]></category>
		<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Notules Dvd]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Blu-Ray]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Dvd]]></category>
		<category><![CDATA[alex de la iglesia]]></category>
		<category><![CDATA[andrew hull]]></category>
		<category><![CDATA[Blu-Ray]]></category>
		<category><![CDATA[cold fish]]></category>
		<category><![CDATA[dead hooker in a trunk]]></category>
		<category><![CDATA[dvd]]></category>
		<category><![CDATA[eric valette]]></category>
		<category><![CDATA[sion sono]]></category>
		<category><![CDATA[siren]]></category>
		<category><![CDATA[soska sisters]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.cinetrange.com/?p=6510</guid>
		<description><![CDATA[SIREN Nos amis anglais ont sorti Siren en dtv, d&#8217;Andrew Hull. Le pitch et l&#8217;affiche (un peu mensongère) étaient cools mais malheureusement ça ne pisse pas bien loin. Un couple décide de partir avec un ami sur un bateau pour visiter les îles grecques. Le voyage tourne court lorsqu&#8217;ils secourent un homme agonisant. Ils découvrent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><strong>SIREN</strong></h3>
<p>Nos amis anglais ont sorti <em><strong>Siren </strong></em>en dtv, d&#8217;Andrew Hull. Le pitch et l&#8217;affiche (un peu mensongère) étaient cools mais malheureusement ça ne pisse pas bien loin.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6511" title="130634820288238" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/06/130634820288238.jpg" alt="" width="350" height="500" /></p>
<p>Un couple décide de partir avec un ami sur un bateau pour visiter les îles grecques. Le voyage tourne court lorsqu&#8217;ils secourent un homme agonisant. Ils découvrent une île et sur cette île, une jeune femme mystérieuse. Le début a de quoi intriguer, distille une ambiance malsaine avec son triangle amoureux. On est effectivement pas loin de<em> Calme blanc</em>. On attend avec impatience l&#8217;apparition de la sirène promise et c&#8217;est là que le bât blesse. Sylphide blonde (of course), celle-ci tente de séduire la femme du groupe et de rendre fou les hommes. Le récit part alors dans plusieurs directions (thriller, hallucinations horrifiques, explorations de l&#8217;île) mais oublie de raconter une histoire. Dommage, car il y avait matière à réussite, les acteurs étant plutôt convaincants et impliqués et les décors naturels à la fois exotiques et inquiétants. C&#8217;est disponible en dvd sur amazon.co.uk par exemple.</p>
<h3>DEAD HOOKER IN A TRUNK</h3>
<p>Egalement en dtv, nous avons <em><strong>Dead hooker in a trunk</strong></em> des soeurs jumelles Jen et Sylvia Soska, aka les twisted twins (<a href="http://www.twistedtwinsproductions.net/">http://www.twistedtwinsproductions.net/</a>). Le film fait très amateur et l&#8217;on sent un budget plus que limite. Mais voilà, la jeunesse et la passion des deux réalisatrices rend ce road movie fauché et gore plutôt sympathique et les deux filles peuvent se vanter d&#8217;avoir été remarquée par Eli Roth.</p>
<p>A Vancouver, quatre amis découvrent le cadavre d&#8217;une prostituée dans leur coffre. Ils décident d&#8217;aller cacher le corps mais en chemin, ils doivent affronter différents personnages. Parfois, les images parviennent à être magiques, poétiques, parfois on a droit à des délires gores (l&#8217;une perd un oeil, l&#8217;autre un bras). Ca va un peu n&#8217;importe où n&#8217;importe comment, et ç&#8217;aurait gagner à être plus court.</p>
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="560" height="349" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/9SAEN43OHZc?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="560" height="349" src="http://www.youtube.com/v/9SAEN43OHZc?version=3&amp;hl=fr_FR" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<h3>COLD FISH de Sion Sono</h3>
<p>C&#8217;est toujours avec impatience que l&#8217;on attend les nouveaux travaux de Sion Sono. Le japonais nous a marqué avec vie avec son <a href="http://www.cinetrange.com/?film=495" target="_self">Suicide Club</a> et a livré une improbable oeuvre somme avec <a href="http://www.cinetrange.com/special/chronique/love-exposure-ai-no-mukidashi-de-sion-sono" target="_self">Love Exposure</a>. <em>Cold Fish </em>prend pour base un fait réel, l&#8217;histoire d&#8217;un serial killer qui aurait tué plus de cinquante personnes.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6512" title="coldfish" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/06/coldfish.jpg" alt="" width="600" height="419" /></p>
<p>Shamoto tient un modeste magasin de poissons tropicaux. Remarié après le décès de sa femme, sa fille Mitsuko n&#8217;accepte pas vraiment sa nouvelle mère. Tout va changer lorsque le trio va rencontrer l&#8217;exhubérant Murata. Coïncidence, celui-ci tient un méga-supermarché de poissons. Il offre un travail à Mitsuko qui va se sentir valorisée et propose un business à Shamoto, qui devrait lui rapporter de l&#8217;argent. Mais voilà, derrière son air goguenard, Murata cache en fait un psychopathe. Il dépouille ses victimes et va ensuite les dissoudre dans une cabane isolée dans la forêt. Malgré lui, Shamoto est entraîné dans une spirale de violence.</p>
<p>Certaines choses sont très réussies. Le personnage de Murata est décrit avec minutie. Il parle tout le temps, il a constamment le sourire aux lèvres. Cette bonne humeur permanente finit par le rendre réellement flippant. On découvre aussi peu à peu son côté prédateur. Il agit non par altruisme mais pour profiter des autres, que ce soit financièrement ou sexuellement. Sion Sono prend du temps pour nous présenter une famille en dysfonction : Mitsuko, Shamoto et sa nouvelle femme ne s&#8217;entend pas du tout et Shamoto est prêt à tout pour que tout le monde soit heureux. Il croit voir en Murata un salut mais découvre trop tard qu&#8217;il est complètement fou.</p>
<p>Le problème est que l&#8217;auteur a visiblement voulu coller à la réalité et nous donne absolument tous les détails, multipliant jusqu&#8217;à l&#8217;absurde les dialogues de sourds entre Murata et Shamoto. Au bout d&#8217;une heure de film, nous avons compris les tenants et les aboutissants. C&#8217;est alors que nous passons à une nouvelle victime, et à nouveau un cycle infernal. Mais le récit s&#8217;étend sur 2h20 ! Il faut attendre l&#8217;épilogue pour que les choses redeviennent intéressantes car à force de fréquenter Murata, Shamoto s&#8217;est littéralement transformé.</p>
<p>Le film est disponible chez Third Window Films. Il est disponible en dvd et en blu-ray. En japonais avec sous-titres anglais.</p>
<h3>ALEX DE LA IGLESIA et ERIC VALETTE</h3>
<p>Pour finir, deux vidéos intéressantes de nos confrères belges de <a href="http://www.cinemafantastique.be" target="_blank">cinemafantastique.be</a>. L&#8217;une propose un entretien avec Alex de la Iglesia pour son film <em>Balada Triste de Trompeta</em>. Un film coup de poing dans la tronche, qui mérite plusieurs visions et un peu de recul avant de pouvoir en parler. Et un entretien &#8220;carrière&#8221; d&#8217;Eric Valette, réalisateur de <a href="http://www.cinetrange.com/support/seances-cine/la-proie-deric-valette-2" target="_self"><em>la Proie</em>.</a></p>
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="270" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="wmode" value="transparent" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xjbawq" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="270" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xjbawq" wmode="transparent" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="270" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="wmode" value="transparent" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xih45t" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="270" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xih45t" wmode="transparent" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.cinetrange.com/support/sortie-dvd/sirene-clown-poisson-froid-et-cadavre/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Mandragore de Fabrice Blin</title>
		<link>http://www.cinetrange.com/special/personnalites/mandragore-de-fabrice-blin/</link>
		<comments>http://www.cinetrange.com/special/personnalites/mandragore-de-fabrice-blin/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 27 Apr 2011 11:10:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Personnalités]]></category>
		<category><![CDATA[conte]]></category>
		<category><![CDATA[court-métrage]]></category>
		<category><![CDATA[fabrice blin]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[jean image]]></category>
		<category><![CDATA[mandragore]]></category>
		<category><![CDATA[metaluna productions]]></category>
		<category><![CDATA[moebius]]></category>
		<category><![CDATA[monsieur méchant]]></category>
		<category><![CDATA[philippe caza]]></category>
		<category><![CDATA[roland topor]]></category>
		<category><![CDATA[super 8]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.cinetrange.com/?p=6418</guid>
		<description><![CDATA[Fabrice Blin a de multiples casquettes. Il a beaucoup écrit sur le cinéma d&#8217;animation, et notamment sur les oeuvres de René Laloux, un auteur auquel il a consacré un livre entier. Il s&#8217;essaye également à la réalisation et nous avait déjà montré son Monsieur Méchant, petite idée simple mais mise en image de manière efficace. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Fabrice Blin a de multiples casquettes. Il a beaucoup écrit sur le cinéma d&#8217;animation, et notamment sur les oeuvres de René Laloux, un auteur auquel il a consacré un livre entier. Il s&#8217;essaye également à la réalisation et nous avait déjà montré son <em>Monsieur Méchant</em>, petite idée simple mais mise en image de manière efficace. Après ce coup d&#8217;essai, il revient avec <em>Mandragore</em>. Grâce à Metaluna Productions (Jean-Pierre Putters et Fabrice Lambot), il obtient des moyens plus conséquents. Le scénario reste relativement simple mais il prend le temps d&#8217;installer une atmosphère étrange, évoquant la figure mythique de la sorcière, au beau milieu d&#8217;une forêt perdue.</p>
<p><center><object width="549" height="309"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="movie" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=22935071&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=1&amp;color=00adef&amp;fullscreen=1&amp;autoplay=0&amp;loop=0" /><embed src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=22935071&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=1&amp;color=00adef&amp;fullscreen=1&amp;autoplay=0&amp;loop=0" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" width="549" height="309"></embed></object></center></p>
<p>Le début du film est intrigant. Un homme nu se réveille en pleine forêt. Il erre dans la nature avant d&#8217;arriver à une maison isolée et habitée par une jeune femme et son enfant. Celle-ci secourt l&#8217;homme et se prend d&#8217;affection pour lui. Mais bientôt, la femme se montre capable d&#8217;étranges pouvoirs, comme par exemple faire pousser une plante sur une table en bois&#8230;</p>
<p>Les ambitions du réalisateur restent toujours relativement modestes et c&#8217;est sans doute un bon choix. Ainsi les moyens sont tout à fait adaptés à l&#8217;histoire. L&#8217;auteur ne cherche pas non plus à jouer au plus malin et livre une intrigue de fantastique &#8220;premier degré&#8221; sans être péjoratif. La première partie du film est assez mystérieuse et développe un début de relation amoureuse. Puis le rythme va crescendo; il y a un twist, que l&#8217;on ne révélera pas bien entendu, et qui fait basculer le film dans le fantastique. La fin du film réserve quelques surprises dont une scène choc aux effets spéciaux particulièrement réussis. Le couple Agathe de la Boulaye / Bruno Slagmulder, et la douce musique composée par Raphaël Gesqua, finissent de rendre l&#8217;histoire crédible et envoûtante.</p>
<h2><strong>Entretien avec Fabrice Blin</strong></h2>
<p><strong>Quelles             étaient tes intentions en faisant &#8220;Mandragore&#8221; ?</strong></p>
<p>J&#8217;essaie de faire les choses par étapes. Mon premier           court-métrage &#8220;professionnel&#8221; était un film d&#8217;animation qui s&#8217;appelle <em>Lobotoman </em>et date de 2002. C&#8217;était un peu compliqué car j&#8217;étais réalisateur, mais je           ne me chargeais ni du graphisme, ni de l&#8217;animation. De           plus, même si j&#8217;adore le cinéma d&#8217;animation,  je suis attiré depuis toujours par la prise           de vue réelle. D&#8217;où la réalisation, en 2007, de <em>Monsieur           Méchant</em>, un conte noir, que j&#8217;ai pris avant tout comme un exercice de style. Pour moi,           c&#8217;était une manière de voir si j&#8217;étais capable de maîtriser           une narration simple, avec peu de personnages, un huis-clos           doté de peu de moyens. <em>Mandragore</em> est un peu plus ambitieux, car en           17 minutes, on peut commencer à installer quelque chose qui va au-delà de la simple anecdote. Mon objectif est donc d&#8217;aller un peu plus           loin à chaque fois, tout en essayant de travailler avec des           gens avec lesquels ça s&#8217;est bien passé auparavant. L&#8217;étape           suivante sera sans doute le long-métrage !<br />
Pour <em>Mandragore</em>, je me suis inspiré de l&#8217;esprit des épisodes de <em>The Twilight Zone</em>, une série culte qui m&#8217;a beaucoup           marqué étant jeune. Dans une moindre mesure, il y a eu aussi, plus           récemment, les <em>Masters of  Horror</em>, dont certains épisodes étaient vraiment réussis. J&#8217;aime beaucoup l&#8217;idée de chercher à créer un petit           univers en 30 ou 60 minutes, et de terminer avec une chute           originale. Je me suis donc inspiré d&#8217;un fantastique très classique,           en abordant le thème de la sorcellerie, mais en y ajoutant un soupçon de           science-fiction. Ce mélange des genres était le pari qu&#8217;on a cherché à relever, avec Fabrice Lambot, le producteur.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6429" title="Mandragore32" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/04/Mandragore32.jpg" alt="" width="600" height="252" /></p>
<p><strong>Comment             as-tu débuté ta carrière de réalisateur ?</strong></p>
<p>Gamin, je faisais des films super 8. A 10 ans, je m&#8217;essayais           déjà à l&#8217;animation en bricolant des histoires avec des           dinosaures et de la pâte à modeler, pendant que mes copains allaient jouer au foot. Je           faisais ça dans ma chambre et puis je sortais une bobine de           temps en temps, que je présentais à ma famille.  Un peu plus           tard, adolescent, j&#8217;ai présenté mon           court-métrage <em>Handicapman</em> au Festival du Super 8 Fantastique de Mad           Movies, grand rendez-vous annuel organisé par Jean-Pierre Putters, où le spectacle était autant           à l&#8217;écran que dans la salle. On y voyait des choses maladroites, mais souvent étonnantes. A l&#8217;époque, faire un film           était vraiment beaucoup plus difficile           qu&#8217;aujourd&#8217;hui, sans vouloir faire mon vieux con. Quand on           coupait dans la pelloche, on n&#8217;avait pas intérêt à se tromper.           Il n&#8217;y avait pas de négatif.  Et question confort, ce n&#8217;était pas comme aujourd&#8217;hui           avec un logiciel de montage. Toute coupe était définitive.            Mais ces difficultés faisaient aussi partie du plaisir de créer. On ne se           posait pas de questions, on faisait, voilà tout. Et en 1987, <em>Handicapman</em> a           remporté le Prix du Public et le Grand Prix du Festival de Mad Movies. C&#8217;était une espèce de           consécration, dont j&#8217;étais le premier surpris d&#8217;ailleurs.</p>
<p><strong>Dans             quelles circonstances as-tu rencontré René Laloux ?</strong></p>
<p>Tout petit déjà, j&#8217;aimais beaucoup le cinéma de genre et le cinéma           d&#8217;animation. Et il y avait un seul réalisateur qui faisait ça en           France :  René Laloux. J&#8217;ai découvert très jeune son premier long métrage, <em>La Planète           sauvage</em>, un film d&#8217;animation de           science-fiction. A l&#8217;époque, ce mélange était tout à fait  improbable. J&#8217;en avais d&#8217;abord vu des extraits à la télévision et ça  m&#8217;avait fait halluciner ! Ce           n&#8217;était clairement pas pour les enfants, le propos était assez           pessimiste et bizarre, mais les images, hypnotiques. La thématique de <em>La Planète sauvage</em> est d&#8217;ailleurs un peu la même que  celle de <em>La Planète des singes</em> : l&#8217;homme y est traité comme un animal  par           une race supérieure. C&#8217;était très troublant de           voir ça.<br />
J&#8217;ai rencontré Laloux en 1995, soit une dizaine d&#8217;années avant sa disparition. Je voulais           tellement l&#8217;approcher que je me souviens m&#8217;être fait passer auprès de lui pour un           journaliste de Mad Movies. Je           me demandais donc comment j&#8217;allais lui avouer que l&#8217;interview           ne serait publiée nulle part ! Mais finalement, ça s&#8217;est très bien           passé. On a sympathisé et il m&#8217;a raconté plein d&#8217;anecdotes. De           fil en aiguille, je me suis dit qu&#8217;il y avait vraiment un livre à           écrire sur ce personnage. Car Laloux a rencontré énormément de           difficultés pour faire ses films. Ce n&#8217;est pas pour s&#8217;apitoyer           sur son sort, mais simplement pour expliquer pourquoi il n&#8217;a réalisé que trois           longs-métrages dans sa vie. Il n&#8217;a jamais été vraiment           reconnu&#8230;<br />
L&#8217;écriture du livre s&#8217;est faite assez rapidement.           J&#8217;ai pu rencontrer ses collaborateurs (comme Moebius, Caza, Topor ou           Gabriel Yared). Par contre, après ça, j&#8217;ai mis huit ans pour trouver un           éditeur.  C&#8217;était très déprimant, mais finalement, ça ne faisait que refléter           les difficultés que lui-même avait rencontrées pour faire ses films. En 2003, grâce           à Philippe Caza, je suis entré en contact avec un petit éditeur, Le Pythagore, qui a réalisé           un superbe travail, avec beaucoup de passion et d&#8217;honnêteté.           Au final, je suis ravi du résultat et content d&#8217;avoir attendu aussi longtemps pour           trouver la bonne personne.</p>
<p><strong> René             Laloux est-il vraiment connu en France ?</strong></p>
<p>Je crois que c&#8217;est avant tout une histoire de génération. Quand je parle de <em>La Planète sauvage</em> autour de moi, ce sont plutôt les  gens de 50 à           60 ans qui connaissent. Car le film a beaucoup fait parler de  lui en remportant le Prix Spécial du Jury au Festival de Cannes en 1973.  Pourtant, Roland Topor, le graphiste du film, était           beaucoup plus célèbre que Laloux, notamment auprès de la  génération précédant la mienne, très sensible à ce film. Ma           génération a été davantage marquée par <em>Les Maîtres du temps</em>,           dessiné par Moebius et réalisé au début des années 80. Le  troisième et dernier           film de Laloux, <em>Gandahar</em>, sorti à la fin des années 80, est  cher au coeur des spectateurs âgés aujourd&#8217;hui d&#8217;une trentaine           d&#8217;années.<br />
Ceux qui  ont été sensibles aux films de Laloux dans leur enfance, sont restés  marqués à vie. Je ne sais pas si René Laloux est connu, mais quand on a           vu ses films, on ne les oublie pas. Au-delà de la forme  vieillotte, leur pouvoir d&#8217;évocation reste incroyable. Et puis, chaque  film est un véritable OVNI. Bien sûr, certaines           personnes sont complètement réfractaires, ce que je comprends  parfaitement car ce sont des films assez lents, décousus, un peu  planants. Ils           ne sont pas faciles d&#8217;accès, mais pour autant, ce sont des  films           très généreux : on trouve mille idées dans chaque oeuvre. Il           n&#8217;y a rien qui ressemble à un film de René Laloux, ce qui en  fait           quelque chose de très précieux. Laloux n&#8217;est pas assez connu.           C&#8217;est un peu un laissé pour compte, mais au final, il a fait           les films qu&#8217;il voulait faire, et c&#8217;est déjà beaucoup.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6430" title="planetesauvage" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/04/planetesauvage.jpg" alt="" width="600" height="548" /></p>
<p><strong> Y             a-t-il une relève dans le cinéma d&#8217;animation ?</strong></p>
<p>De René Laloux, non, ce serait  difficile&#8230; Même si, dans le genre, <em>Les Enfants de la pluie</em> sorti en  2003 et réalisé par Philippe Leclerc d&#8217;après des dessins et un scénario  de Caza, est une réelle réussite. Mais c&#8217;est un cas unique. Pourtant,  depuis les années           90, il y a beaucoup plus de films d&#8217;animation qui parviennent à  se monter en France. Avant il y  avait <em>Le           Roi et l&#8217;oiseau </em>de Paul Grimault, les films de Laloux, ceux  de           Jean Image, les Astérix, les Lucky Luke&#8230; A part ça, il n&#8217;y  avait pas grand chose. A la           télévision par contre, dans les années 80,  il y avait des  séries comme <em>Ulysse 31</em>, une           production franco-japonaise qui m&#8217;avait littéralement  traumatisé, au bon sens du terme. Il y avait           une vraie invention : mélanger la mythologie grecque avec <em>Star Wars</em>, le tout avec un design d&#8217;animé japonais, fallait oser ! Du  même producteur, Jean Chalopin, il y avait aussi <em>Les Mystérieuses cités  d&#8217;or</em> qui ont marqué toute une génération.           C&#8217;était du divertissement intelligent, bien fichu, de la bonne           télé.<br />
Aujourd&#8217;hui, il y a des projets  d&#8217;animation intéressants mais, que ce soit sur le petit ou le grand  écran,           c&#8217;est toujours très ponctuel. J&#8217;ai un peu décroché de           l&#8217;animation française car je n&#8217;y trouve plus trop mon compte.           Je prends plus de plaisir avec les produits américains ou  japonais&#8230; Malgré tout, ces dernières années, j&#8217;ai beaucoup aimé <em>Renaissance</em>, un film d&#8217;animation français qui en a : de           la SF pour adultes, tout en noir et blanc, animé avec la  technique de la motion capture, ce qui n&#8217;était pas           si commun à l&#8217;époque. C&#8217;est clair que le scénario traîne un           peu en longueur et n&#8217;est pas super original, mais il y a de           très belles scènes et c&#8217;est un cinéma très courageux. Par les  mêmes producteurs, il y a <em>La Nuit des enfants rois (The Prodigies) </em> qui va sortir           prochainement, adapté d&#8217;un livre du français Bernard Lenteric.           Ca a l&#8217;air très intéressant. En fait, ce qui me plaît c&#8217;est  quand           l&#8217;animation est au service du sujet, quand on oublie que l&#8217;on           regarde de l&#8217;animation.</p>
<h2>Pour en savoir plus</h2>
<p>La page facebook de Mandragore :</p>
<p><a href="http://www.facebook.com/mandragoremovie" target="_blank">http://www.facebook.com/mandragoremovie</a></p>
<p>Mandragore chez Metaluna Productions :</p>
<p><a href="http://www.metalunaproductions.fr/movies/disponibles/mandragore/" target="_blank">http://www.metalunaproductions.fr/movies/disponibles/mandragore/</a></p>
<p>L&#8217;ouvrage sur René Laloux :</p>
<p><a href=" http://www.noosfere.org/icarus/livres/niourf.asp?numlivre=2146566563" target="_blank"> http://www.noosfere.org/icarus/livres/niourf.asp?numlivre=2146566563</a></p>
<p>Le myspace consacré à René Laloux :</p>
<p><a href="http://www.myspace.com/renelaloux" target="_blank">http://www.myspace.com/renelaloux</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.cinetrange.com/special/personnalites/mandragore-de-fabrice-blin/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Etranges nuits rouges (entretien)</title>
		<link>http://www.cinetrange.com/special/festivals/etranges-nuits-rouges-entretien/</link>
		<comments>http://www.cinetrange.com/special/festivals/etranges-nuits-rouges-entretien/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 13 Apr 2011 09:08:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Festivals]]></category>
		<category><![CDATA[Personnalités]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.cinetrange.com/?p=6386</guid>
		<description><![CDATA[Une journée de l&#8217;étrange festival de Strasbourg fut consacrée aux bourreaux Julien Carbon et Laurent Courtiaud, expatriés à Hong-Kong, et qui se sont déplacés dans la capitale mondiale de la choucroute pour présenter leur film : les nuits rouges du bourreau de Jade. A Hong-Kong, plusieurs femmes se disputent le crâne du bourreau de jade, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une journée de l&#8217;étrange festival de Strasbourg fut consacrée aux bourreaux Julien Carbon et Laurent Courtiaud, expatriés à Hong-Kong, et qui se sont déplacés dans la capitale mondiale de la choucroute pour présenter leur film : <em>les nuits rouges du bourreau de Jade.</em></p>
<p>A Hong-Kong, plusieurs femmes se disputent le crâne du bourreau de jade, contenant un antique poison aux caractéristiques mythiques. Entre tractations financières et menaces armées, c&#8217;est la plus maligne et la plus perverse qui gagnera.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6394" title="RedNights-Toronto-01" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/04/RedNights-Toronto-01.jpg" alt="" width="600" height="300" /></p>
<p>De l&#8217;aveu des réalisateurs, c&#8217;est une oeuvre qui leur ressemble, et vue l&#8217;érudition des deux bonhommes dans bien des domaines, le film est assez complexe et plutôt bizarre.  <em>Les nuits rouges&#8230;</em> est bien sûr référentiel mais l&#8217;oeuvre reste basée sur ce que voulaient raconter les deux scénaristes, une intrigue de luttes de pouvoir entre femmes à la lisière du fantastique. En d&#8217;autres termes, on évite l&#8217;habituel effet kiss cool des jeunes réalisateurs cinéphiles qui nous resservent des plans déjà vus.</p>
<p>Le film est qualifié de &#8220;thriller fétichiste&#8221;, une bonne définition puisque toutes les images ou presque passent par l&#8217;objet. Les costumes, le verre, le coffret, les instruments de torture, les &#8220;griffes&#8221; de Carrie, le Dry Martini&#8230; Une liste longue comme le bras d&#8217;accessoires qui évoquent à chaque fois une sensation. La photographie rouge et noir d&#8217;un Hong-Kong underground caresse la rétine, un ongle tranchant sous la plante des pieds provoque des frissons, et la musique de Seppuku Paradigm (électro avec des notes sixties/seventies) finit de nous plonger dans une atmosphère suave.</p>
<p>Si l&#8217;univers se tient, la narration est un peu plus chaotique. Les ruptures de ton sont nombreuses. Parfois, on a l&#8217;impression d&#8217;avancer en terrain connu (un polar à suspense) et tout à coup, on se retrouve dans le repère d&#8217;une dominatrice adepte du bondage ! Il n&#8217;y pas vraiment de personnage principal. On suit le destin de l&#8217;une ou l&#8217;autre femme à tour de rôle, même si c&#8217;est finalement la &#8220;méchante&#8221; Carrie qui semble la plus mise en valeur. La progression de l&#8217;intrigue n&#8217;est donc pas linéaire et l&#8217;on flotte d&#8217;une scène à l&#8217;autre lors de lents travellings. On regrettera que le personnage de la française (interprétée par Frédérique Bel) et notamment l&#8217;histoire avec son mari soient un peu bancals et ne servent pas à grand chose au final, si ce n&#8217;est à véhiculer une image &#8220;cool&#8221; de femme fatale avec imperméable et mauser.</p>
<p>Les deux auteurs ont pondu un œuf,  fruit mutant né de leur intégration à Hong-Kong et d&#8217;une ingestion massive de culture populaire franco-asiatique. Interdit aux moins de 16 ans, le film va parfois loin dans le gore et dans l&#8217;érotisme, allant jusqu&#8217;à développer une imagerie <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/BDSM" target="_blank">bdsm </a>que l&#8217;on ne voit guère au cinéma. Le film sort le 27 avril dans les salles françaises.</p>
<p>A l&#8217;occasion de leur venue, nous avons interrogé Laurent Courtiaud et Julien Carbon. Ils évoquent le film mais aussi leurs travaux avec Tsui Hark et l&#8217;état actuel du cinéma hong-kongais.</p>
<p><center><object width="560" height="314"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xi3seh?width=560&#038;theme=none"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowScriptAccess" value="always"></param><param name="wmode" value="transparent"></param><embed type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xi3seh?width=560&#038;theme=none" width="560" height="314" wmode="transparent" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"></embed></object></center></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.cinetrange.com/special/festivals/etranges-nuits-rouges-entretien/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Proie &#8211; Entretien avec Antoine Blossier et Erich Vogel</title>
		<link>http://www.cinetrange.com/special/entretiens/proie-entretien-avec-antoine-blossier-et-erich-vogel/</link>
		<comments>http://www.cinetrange.com/special/entretiens/proie-entretien-avec-antoine-blossier-et-erich-vogel/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 23 Dec 2010 15:31:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Udéka</dc:creator>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.cinetrange.com/?p=6113</guid>
		<description><![CDATA[Pouvez-vous nous parler de vos parcours respectifs ? Antoine Blossier (réalisateur et co-scénariste) : Après un bac L option arts plastiques, j’ai suivi des études de cinéma en fac à Paris 3. Les cours y étaient très théoriques et s’intéressaient principalement au cinéma d’auteur et de la nouvelle vague, loin du fantastique, du thriller et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6119" style="border: 3px solid black;" title="Proie - 1" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/12/P2-600x255.jpg" alt="" width="600" height="255" /></p>
<p><strong>Pouvez-vous nous parler de vos parcours respectifs ?</strong></p>
<p>Antoine Blossier (réalisateur et co-scénariste) : Après un bac L option arts plastiques, j’ai suivi des études de cinéma en fac à Paris 3. Les cours y étaient très théoriques et s’intéressaient principalement au cinéma d’auteur et de la nouvelle vague, loin du fantastique, du thriller et de la SF que j’affectionne. C’est là-bas que j’ai rencontré Erich. On était tous les deux assez perdus au milieu de l’élitisme ambiant. Certains cours m’ont quand même sensibilisé au découpage, notamment pour les scènes de suspense et de tension. Après la licence, je suis passé régisseur et assistant mise en scène, essentiellement dans la pub, pendant près de 6 ans. C’est là que j’ai le plus appris. C’est durant un tournage que j’ai rencontré Olivier Oursel, qui était sur le point de créer Quasar Pictures. En parallèle, j’ai développé un court-métrage (NDLR : <em>L’Abominable Malédiction du Peintre Gray</em> en 2004) qui a fait quelques festivals et qui m’a permis de passer réal sur quelques pubs. Lorsque Olivier a appris que Canal+ ouvrait la case « French Frayeur », il m’a proposé de développer un film d’angoisse pour sa production. J’ai proposé à Erich de l’écrire avec moi.</p>
<p>Erich Vogel (scénariste) : Je me souviens, à Paris 3, on se demandait tous les deux ce qu’on foutait là. Il y avait des cours de théorie du cinéma, des cours de théorie de la théorie du cinéma. Quelques bons profs surnageaient, mais c’était assez rare. C’était une bonne planque pour ne pas faire le service militaire. Parallèlement, j’ai écrit beaucoup d’articles pour <strong>Mad Movies</strong>, <strong>Elegy</strong>, les éditions <strong>Atlas</strong>. J’ai essayé d’écrire dans des médias où il y avait moins de théorie et un peu plus de bon sens et d’humour.  Après, j’ai fait quelques petits boulots, j&#8217;ai été assistant photo dans la mode, puis j’ai réalisé un clip aux États-Unis. Ensuite, j’ai bossé avec Tristan Schulman sur l’émission Frisson Break sur <strong>Ciné-Cinéma</strong>.</p>
<p><strong>Pourriez-vous nous parler de l&#8217;écriture du scénario ?</strong></p>
<p>AB : Au départ, nous étions partis sur une histoire de maison hantée, donc rien à voir avec <em>Proie</em>. Avec Erich, nous nous sommes isolés dans une maison de campagne pour y réfléchir. Au final, nous nous sommes rendu compte que la campagne française, en période automnale, pouvait être aussi flippante que le Texas de <em>Massacre à la tronçonneuse</em> ou que le Maine de Stephen King. En plus, des chasseurs aux alentours nous empêchaient de nous concentrer en tirant dans les bois à côté de la maison. Nous sommes donc partis sur un postulat extrêmement simple : un film de monstres dans lequel une partie de chasse tourne mal. Nous avons résumé l’histoire et les ambitions sur quelques pages, ce qui a convaincu Olivier Oursel de nous le développer. L’écriture fut ensuite très longue pour plusieurs raisons. D’abord, nous tenions à faire un survival crédible dans un contexte français, ce qui n’est pas aussi aisé qu’il n’y paraît. Ensuite, nous ne voulions surtout pas prendre pour acquis tous les codes du survival, notamment vis-à-vis des personnages que nous voulions denses. Enfin, il a bien fallu réécrire pour des raisons budgétaires, ce qui a finalement été bénéfique puisque nous avons gagné en efficacité.</p>
<p>EV : Ça a été assez long, près de deux ans de développement. Sans doute parce qu’il y a assez peu de personnages et que l’action vient aussi beaucoup de conflits internes. L’univers du film était assez dense et donc assez long à détailler. L’origine des monstres, les histoires antérieures de chaque personnage avaient une importance énorme sur le déroulement de l’histoire. De plus, on voulait une forêt assez typique, ne pas tricher avec des éléments du décor qui nous arrangeaient. Le rapport créateur/créature est un truc qui m’a toujours fait rêver au cinéma. Faire ça en France était assez excitant, même si on a du, pour des raisons budgétaires, se calmer sur la gestation, la mutation et l’exposition des monstres. Du coup, on s’est resserré sur les personnages, ce qui a permis de très bien les connaitre, ce qui n’est pas plus mal.</p>
<p><strong>Le projet a-t-il été dur à monter ? Concrètement, comment fait-on pour monter un film &#8220;d&#8217;agression animale&#8221; en France ?</strong></p>
<p>AB : Disons juste que « faire un premier film »… « de genre »… qui plus est d’« agression animale »… et « en France » n’est pas forcément la chose la plus aisée à faire. Concrètement, nous avons été suivi dès le départ par Canal+ qui a donné les premiers financements. Après, les sources de financement furent plus compliquées à trouver, tout simplement parce que ce genre de film n’est pas habituel dans le paysage français, ce qui suscite certaines craintes légitimes de la part des investisseurs. Nous avons eu la chance d’intéresser <a href="http://www.rezofilms.com/">Rezo Films</a> pour la distribution. Le financement a été long et difficile. Grâce à la persévérance des producteurs, nous avons fini par boucler le budget, juste quelques semaines avant le début du tournage.</p>
<p>EV : Il faut être un peu taré… Tous les gens qui font du film de genre en France savent que c’est un risque à prendre. On partait avec toutes les chances contre nous. Mais personnellement, c’est ces films là que j’aime voir en salles. Ceux qui semblent sortis de nulle part, pas ceux qui essaient de calculer de façon hystérique un succès. S’il n’y avait pas eu Canal+, Rezo et l’envie du producteur Olivier Oursel de faire un film de genre, le film n’aurait eu aucune chance d’être fait en France.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6115" style="border: 3px solid black;" title="Proie - 2" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/12/Proie-2-600x399.jpg" alt="" width="600" height="399" /></p>
<p><strong>Quel était le budget de <em>Proie</em> ? É</strong><strong>tait-il adéquat par rapport à vos aspirations ?</strong></p>
<p>AB : Le budget de <em>Proie</em> tourne autour des 2 millions d’euros. Bien évidemment, j’aurais aimé avoir plus. Mais au final, je ne suis pas aussi frustré que ce que j’aurais pensé. Certes, nous étions bien plus ambitieux au départ. Certaines scènes très épiques resteront hélas dans les tiroirs. De plus, la mise en scène n’est pas aussi ample et aussi fluide que je l’aurais voulu. Maintenant, je ne me plains pas. Je pense avoir été exactement dans le même cas que tous les réalisateurs qui font un premier film de genre en France. Au final, comme dit plus haut, je pense que le manque d’argent m’a permis d’avoir des idées plus radicales sur le scénario et la mise en scène, ce qui m’a permis de me recentrer sur la narration et d’être le plus efficace possible.</p>
<p><strong>Quelles ont été vos influences directes ou indirectes sur le film, de l&#8217;écriture au tournage proprement dit ? J&#8217;imagine bien que vous avez ressorti le DVD de <em>Razorback</em> en cette occasion.</strong></p>
<p>EV : Pas du tout. J’ai jamais aimé <em>Razorback</em>. Le film est éclairé comme un clip de Duran Duran. J’ai rien contre le film, mais il ne m’a jamais fait peur ni intrigué.  Antoine et moi, on aimait surtout <em>Cujo</em> de Lewis Teague, on se refilait la vidéo cassette et on se le matait tellement qu’elle devenait irregardable. Par extension, tous les romans de Stephen King aussi. Et absolument tous les films de monstres possibles et imaginables, de <em>La créature du lac noir</em> à <em>Relic</em> en passant par<em> Tremors</em> jusqu’à <em>The Descent</em> !</p>
<p>AB : Pour être honnête, je ne suis pas un grand fan de <em>Razorback</em>. Il faut dire que je l’ai vu très tard. <em>Razorback</em> est un film marqué par les codes visuels de son époque. Il est très « années 80 ». Avec Erich, nous l’avons revu par acquis de conscience durant la phase du scénario, mais je n’ai plus jamais ouvert le boitier du DVD depuis. Les influences sont assez diverses au final : elles viennent aussi bien de films de monstres comme <em>The Descent</em> ou <em>Cujo</em> que de films français comme <em>La traque</em> de Serge Leroy ou certains Chabrol. Pour l’efficacité proprement série B, j’ai cherché du côté de John Carpenter ou de Walter Hill. Ensuite, <em>Les Dents de la mer</em> est sans aucun doute le film que j’ai le plus regardé pour <em>Proie</em>, notamment pour l’incroyable capacité de Spielberg à filmer des scènes d’agression et de tension sans jamais montrer le requin. Lors du scénario, Erich et moi tentions d’élaborer des scènes se déroulant dans des décors susceptibles de cacher les bêtes. En gros, nous avons remplacé la mer par la végétation de la forêt…</p>
<p><strong>En parallèle du survival, Proie est un récit confrontant des hommes qui ne peuvent s&#8217;entendre et la crédibilité globale repose énormément sur ce point. Pouvez-vous nous parler de votre travail avec les comédiens ?</strong></p>
<p>AB : L’idée était de rendre l’histoire crédible, que le spectateur puisse se dire que l’action pouvait se dérouler pas loin de chez lui. Pour ça, comme dit précédemment, Erich et moi avons décidé de ne pas tomber dans le stéréotype d’une bande de jeunes qui courent en hurlant dans les bois. Nous avons abordé le thème de la chasse par son aspect traditionnel et familial. De plus, nous tenions que l’attaque du groupe par les bêtes révèle les tensions entre les personnages. L’urgence du moment a fait qu’hélas, je n’ai pas pu faire de vrai préparation avec les comédiens du film. Seules Bérénice Béjo et Isabelle Renaud ont été impliqués très tôt dans le projet. Pour des raisons diverses, les autres acteurs ont étés choisis très tard. Je savais parfaitement quel était l’état émotionnel de chaque personnage à chaque scène. Avec Grégoire Colin, nous avons fait de longues lectures du scénario pour que l’évolution de son personnage soit crédible. Ce qui m’a surpris sur le tournage, c’est la façon dont François Levantal et Joseph Malerba ont abordé la relation de « frères ennemis » qu’Erich et moi avions écrit. Ils y ont mis une forme d’humour qui, je trouve, renforce ce qui était au départ sur le papier.</p>
<p><strong>Une sensibilité française réside dans de nombreux éléments : la ruralité, le conflit familial, les « tronches » typiques. Si je peux vous faire un compliment, j&#8217;ai trouvé que ce métissage entre le film de série B des années quatre-vingt (terme non péjoratif) et une sensibilité française sonne juste et cet équilibre est dur à obtenir. Comment avez-vous géré cet aspect ?</strong></p>
<p>AB : Merci. En fait, tout est parti de notre idée initiale, à Erich et à moi, d’aborder la campagne française comme Stephen King aborde le Maine. Erich et moi, nous voulions vraiment rester français. Pas franchouillards ; français. Nous avons tenté de raconter une histoire très française avec l’efficacité narrative d’un film américain. Après, la démarche a été la même durant toutes les phases de production du film.</p>
<p>EV : Fallait voir ce qui était propre à la France avant de considérer les références américaines. La forêt française, ça peut être quelque chose d&#8217;effrayant. La chasse est une tradition du pays. L’idée, c’était avant tout de faire un film d’horreur français, pas un ersatz de film américain avec des adolescents qui courent pour échapper à un tueur. On l’aurait obligatoirement moins bien fait que les américains, parce qu’on n’aurait pu l’ancrer dans aucune réalité crédible.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6120" style="border: 3px solid black;" title="Proie - 3" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/12/P1-600x268.jpg" alt="" width="600" height="268" /></p>
<p><strong>Les sangliers entrent en action grâce un ensemble de techniques variées, de la plus artisanale à la plus complexe. Je crois que vous avez utilisé une centaine de plans numériques invisibles ?</strong></p>
<p>AB : Oui, mais peu pour les sangliers au final, si ce n’est pour les rendre moins mécaniques dans leurs mouvements. De plus, nous leur avons rajouté de la bave et du sang, de même que nous les avons rendus plus vivants en corrigeant leurs yeux. Sinon, les techniques de mise en action étaient effectivement variées. Nous avons beaucoup utilisé la végétation et les différents décors pour suggérer les bêtes. De plus, le travail sur le son en post-production a été très important pour appuyer la présence des agresseurs. Les ombres ensuite dans certaines scènes. Et l’obscurité, bien sûr. Au final, le film comporte beaucoup de techniques issues des films de monstre depuis le début du cinéma. Pour ce qui est de la représentation des bêtes, j’ai eu la chance de collaborer avec Pascal Molina sur les animatroniques et les effets de plateau.</p>
<p><strong>Vu le tournage en forêt et le sujet, le film a sans douté été éreintant. Avez-vous le souvenir d&#8217;une journée particulièrement ardue ?</strong></p>
<p>AB : Oui, le tournage a été très dur physiquement mais en même temps, cette urgence, ce manque de moyens et ces conditions difficiles ont permis de souder l’équipe, ce qui était très appréciable. Je me sais très chanceux d’avoir eu une équipe technique aussi enthousiaste et porteuse. La journée (ou plutôt la nuit) dont je me souviens le plus, est celle où nous avons tourné l’accident de voiture, qui demandait du jeu de comédien, de la cascade et des effets spéciaux de plateau, le tout en plan séquence et en décor naturel. Grâce à l’extrême efficacité de l’équipe, tout s’est très bien passé. Je me suis écroulé après cette nuit tellement la tension avait été grande et tellement j’étais rassuré. Autant les comédiens que l’équipe technique ont été parfaits cette nuit là.</p>
<p><strong>Quel était pour vous le plus grand défi à relever pour le film ?</strong></p>
<p>AB : Au final, le plus grand défi était de rendre ce film de monstres crédible dans le paysage français.</p>
<p>EV : Juste écrire une série B dynamique et efficace, entre le film de monstres et le film d’aventures.</p>
<p><strong>Une question un tantinet provocatrice : ne pensez-vous pas que le cinéma de genre français reste bloqué (en bien ou en mal) trente ans en arrière, qu&#8217;il reste centré toujours autour des mêmes références ? Le Carpenter des décennies 70/80, le Hooper de <em>Massacre à la tronçonneuse</em>, le McTiernan de <em>Predator</em> et de <em>Piège de cristal</em>&#8230; C&#8217;est un cinéma que j&#8217;affectionne également, mais ces références constantes ne vont-t-elles pas faire tourner le cinéma de genre hexagonal en rond au bout d&#8217;un moment ?</strong></p>
<p>AB : Vous avez sans doute raison. En même temps, quand on voit tous les remakes américains de Carpenter, qu’il s’agisse d’<em>Halloween</em>, de <em>Fog</em> ou bientôt de <em>The Thing</em>, sans compter ceux de <em>Predator</em>, de Freddy et de <em>Massacre à la tronçonneuse</em>, il me semble que nous ne sommes pas les seuls à rester bloqués. Maintenant, c’est vrai que les scénaristes et les réalisateurs français, je m’inclus dedans, ont cette tendance à légitimer leur film en citant les hommages et les références des longs-métrages qu’ils ont vus étant ados.  Après, je ne sais pas si ça va faire tourner le cinéma de genre français en rond. Je pense qu’il faut du temps pour digérer les influences.</p>
<p>EV : Si, sans doute, mais c’est un peu normal. On est tous des enfants de ces films-là. Et comme il n’y a pas eu de film de genres en France depuis très longtemps, on revient vers ces sources et on les utilise comme des bases. On peut pas nous reprocher d’aimer Carpenter et McTiernan, c’est quand même des réalisateurs incroyables. L’autre jour, je regardais <em>Story of Elvis</em>, un téléfilm que Carpenter a fait sur le King, et même ça, ça tue. Carpenter et McTiernan, c’est un peu les derniers grands, non ?</p>
<p><strong>Quels sont vos projets actuels ou à venir ?</strong></p>
<p>AB : Je travailler sur un projet qui n’est pas au sens strict un film de genre. Le prochain sera sans doute plus ouvert que <em>Proie</em>.</p>
<p>EV : Un remake de <em>La soupe aux choux</em> avec Danny Trejo !</p>
<p><em>Propos recueillis par Udéka.</em></p>
<p>Remerciement spécial à Nosfé.</p>
<div id="_mcePaste" style="position: absolute; left: -10000px; top: 684px; width: 1px; height: 1px; overflow: hidden;">
<p style="margin-bottom: 0cm;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">Ça</span></span></p>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.cinetrange.com/special/entretiens/proie-entretien-avec-antoine-blossier-et-erich-vogel/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Ouvert 24/7, de Thierry Paya (+ entretien avec Stéphanie Kern Siebering)</title>
		<link>http://www.cinetrange.com/support/sortie-dvd/ouvert-247-de-thierry-paya/</link>
		<comments>http://www.cinetrange.com/support/sortie-dvd/ouvert-247-de-thierry-paya/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 13 Nov 2010 12:28:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rock</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comédie]]></category>
		<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Gore]]></category>
		<category><![CDATA[Horreur]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Dvd]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.cinetrange.com/?p=6072</guid>
		<description><![CDATA[Proposition cinématographique indécente ? Ca se pourrait. Nouvel espoir de survie pour le cinéma de genre français ? On ne sait jamais. Une bousasse sans intérêt menée par des amateurs trop influencés ? Peut-être pas. Mais trop influencés, oui, on ne fait pas un film à sketchs horrifique en France sans passer inaperçu auprès des fans du genre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-6073" title="jaquette" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/jaquette-358x600.jpg" alt="" width="286" height="480" />Proposition cinématographique indécente ? Ca se pourrait. Nouvel espoir de survie pour le cinéma de genre français ? On ne sait jamais. Une bousasse sans intérêt menée par des amateurs trop influencés ? Peut-être pas. Mais trop influencés, oui, on ne fait pas un film à sketchs horrifique en France sans passer inaperçu auprès des fans du genre et sans avouer son amour pour le <em>Creepshow</em> de Romero et le cinéma de genre américain des années 80. Le réalisateur Thierry Paya et le scénariste Colin Vettier ne s’en cachent jamais, l’avouent dans leur propre film en faisant passer un de leurs personnages devant un cinéma à la programmation fantasmagorique. Et les sketchs proposés attisent une certaine curiosité : les trois sketchs sont menés par des personnages féminins, le premier s’intéresse à un couple de cannibales traqué par un flic vengeur, le deuxième à une ogresse qui croise la route d’une petite fille pire qu’elle et le troisième à deux jeunes paysannes qui se libèrent du joug de leur père pédophile pour atteindre la ville. Le tout est évidemment raconté dans un bistrot.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><em>Ouvert 24/7</em> n’a pas eu droit à une sortie en salle et les échos des rares projections du film n’étaient pas très encourageants. Pour être bref, le film est sympathique. On peut lui reprocher pleins de choix scénaristiques (les deux amies de la fin du film qui ne servent pas à faire avancer quoi que ce soit, des dialogues parfois un peu trop américanisés) ou de réalisation (le passage musical du deuxième segment qui est d’une ringardise volontaire, mais tout de même insupportable), <em>Ouvert 24/7</em> est bien plus un hommage à l’univers Troma qu’à n’importe quel film à sketchs. Pour apprécier <em>Ouvert 24/7</em>, il faut voir <em>The Toxic Avenger</em> comme une référence, il faut avoir jouit devant <em>Class of Nuke Em High</em> et il faut s’être fendu la poire avec le génial <em>Poultrygeist</em>. L’œuvre ne se prenant pas au sérieux est d’un crade souvent tromaesque, les situations absurdes, les répliques débiles (« <em>Dans la vie, il y a deux types de personnes : ceux qui ont un trou de balle et ceux qui en ont deux</em> », « <em>Ma religion m’interdit la viande de beauf, c’est trop gras</em> » ou encore « <em>Casse-toi la nuisible !</em> »), les acteurs parfois très poussifs et la présence de Lloyd Kaufman à l’écran font qu’au fur et à mesure du film, il devient évident de voir <em>Ouvert 24/7</em> comme le premier Troma français.</p>
<h5 style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6074" title="01" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/01-600x337.jpg" alt="" width="600" height="337" />N&#8217;entrons pas dans les détails&#8230;</h5>
<p style="text-align: justify;">Mais cette conclusion demeure hésitante puisque certains éléments font aussi croire que le film avait un autre but : les maquillages de David Scherer sont vraiment gores (il avait d’ailleurs participé aux effets spéciaux de <em>Poultrygeist</em> et rend ici un hommage plus que convaincant à <em>Poltergeist</em>) et certaines situations n’ont pas de quoi faire sourire (la fin du troisième segment). Donc, on pourrait se dire qu’il ne s’agit peut-être pas du premier Troma français. Mais il y a Lloyd Kaufman et tout le reste.</p>
<p style="text-align: justify;">Une réponse à ce point d’interrogation enlèverait une partie du plaisir que le spectateur pourrait trouver devant ce film ; ne disséquons pas trop, gardons un peu de mystère. <em>Ouvert 24/7</em> est une œuvre très fragile (comme tous les films de genre français, finalement), bordélique, certes fauchée, mais plutôt marrante (malgré des tentatives humoristiques parfois plus que douteuses) menée par une équipe de passionné(e)s et des actrices qui méritent une attention particulière dont Maude Galet-Lalande, Stéphanie Kern Siebering, Morgane Housset et Marie-Pierre Vincent.</p>
<h5 style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6075" title="02" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/02-600x337.jpg" alt="" width="600" height="337" />Actors Studio made in France.</h5>
<p style="text-align: justify;">Le dvd étant édité par le très généreux Chat qui fume, un making of d’1h30 est proposé montrant au boulot la petite équipe d’<em>Ouvert 24/7</em> et des interviews qui n’hésitent pas à être décalées et surtout honnêtes (ce qui est une qualité rare). Jamais ennuyeux, le documentaire est dans le même esprit que le film (oui, un peu Troma). La galette offre aussi un entretien avec Thierry Paya et Maude Galet-Lalande qui refusent catégoriquement d’être sérieux deux secondes, une petite vidéo autour des effets-spéciaux de David Scherer et le peu convaincant court-métrage <em>Jogging</em> réalisé par Thierry Paya un an avant qu’il plonge dans <em>Ouvert 24/7</em>.</p>
<h5 style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6076" title="03" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/03-600x337.jpg" alt="" width="600" height="337" /><em>Je vous montre juste en quoi consiste le rôle du prêtre et on tourne. </em></h5>
<p style="text-align: justify;"><strong>ENTRETIEN AVEC STEPHANIE KERN SIEBERING</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-6077" title="3" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/3-398x600.jpg" alt="" width="318" height="480" />Stéphanie Kern Siebering joue deux personnages dans <em>Ouvert 24/7</em> : une jeune amoureuse soumise à sa compagne cannibale et une paysanne au dialecte et à la posture orgasmiques. Faisant partie de plus en plus de projets liés au cinéma de genre, on lui a déjà offert le titre de Scream Queen ! Présente au festival Ose ce court de Bischheim (à côté de Strasbourg) pour accompagner le court-métrage <em>36<sup>ème</sup> sous-sol</em> de Ph Debies, l’entretien autour d’<em>Ouvert 24/7</em> a basculé vers une discussion un peu plus générale sur la situation du cinéma de genre en France… Faute à son « journaliste » d’un professionnalisme olympique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qu’est-ce qui t’a attirée dans le projet d’<em>Ouvert 24/7 </em>?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En fait, le projet m’était un peu tombé dans les mains. Colin Vettier a travaillé pour la chaine de télévision où j&#8217;occupais un poste d&#8217;animatrice et journaliste. Un jour il m’a envoyé un texto disant : « <em>Avec un ami, on cherche une actrice pour un court-métrage horrifique, ça te tente ?</em> » J’étais super heureuse qu&#8217;on me demande, j&#8217;ai naturellement répondu positivement sans avoir lu le scénario. Il ne s&#8217;y attendait pas du tout. D&#8217;après lui, les films d’horreur n&#8217;ont pas la côte auprès des comédiennes. A l&#8217;époque, n&#8217;ayant jamais côtoyé les films de genre, je n&#8217;avais aucun a priori, j’étais donc partante. Ensuite, j&#8217;ai reçu le scénario, et il m&#8217;a fait rencontrer Thierry Paya, un dimanche pluvieux, et l&#8217;alchimie avec cet homme plein de gentillesse, de bonté, et de douceur s&#8217;est produite quasi instantanément ! Et pourtant, nous détestions les dimanches ! Il s&#8217;agissait d&#8217;une interview de mon personnage dans laquelle Thierry me dirigeait. La confiance était installée, les essais ont été un vrai déclic pour tous les trois: mon personnage de Delphine du 1er segment, Thierry et moi.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;avais pris beaucoup de plaisir lors de cet essai. Et j&#8217;allais en apprendre encore beaucoup. C&#8217;est ce qui m&#8217;a donné envie de faire partie du projet. En effet, c&#8217;était le premier scénario que je lisais où le personnage avait quelque chose à défendre. Celui-ci passait par plusieurs états&#8230; du quotidien en effectuant des tâches ménagères, à l&#8217;envie de commettre un meurtre envers la personne qu&#8217;elle aime&#8230; Ça n&#8217;arrive jamais qu&#8217;on te demande de préparer des doigts frits pour ta copine, mais va enfermer Thierry et Colin dans une pièce avec un ordinateur et tout est possible ! Même de changer le scénario la veille (rires), mais ça c&#8217;est une autre histoire.</p>
<p style="text-align: justify;">Je raconte ça, mais à la base il s&#8217;agissait d&#8217;un court-métrage&#8230; Je ne savais pas qu&#8217;un autre personnage m&#8217;attendait&#8230; et qu&#8217;en plus, il viendrait de moi (rires).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><img class="alignright size-medium wp-image-6078" title="3314_1174422840599_1228891521_30496106_3264448_n" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/3314_1174422840599_1228891521_30496106_3264448_n-396x600.jpg" alt="" width="317" height="480" />Est-ce que tu parles de l’origine du troisième segment ? </strong></p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;en suis en partie responsable, malheureusement (rires). Un soir, lors d&#8217;un barbecue chez Thierry,  pour je ne sais quelle raison, je me suis mise à imiter des personnages que je croisais très souvent dans mon enfance, avec un fort accent lorrain ou en parlant le « platt », le patois lorrain. Il s&#8217;agissait de paysans et fermières un peu bourrues, qui s&#8217;habillaient quotidiennement avec un tablier, un chiffon sur la tête, et des « <em>gummi stiffel </em>» aux pieds (des bottes en caoutchouc). Certains avaient la mâchoire en avant, c&#8217;est ce qu’on appelle dans ma région d&#8217;origine, une « <em>Schuhplatt Gosch </em> », en gros: « <em>des gueules d&#8217;</em><em>armoire à chaussures</em> ». Thierry et Colin étaient horrifiés autant qu&#8217;hilares et se sont exclamés « <em>c’est super, faudrait mettre ça dans un film !</em> » (rires). C’est à partir de ça que Colin a écrit le troisième segment et en se basant sûrement aussi un peu sur l&#8217;amplification des expériences déroutantes qu&#8217;il a vécues en terre Lorraine.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour jouer dans ce film tu as dû prendre certains risques, je fais notamment référence à la scène d’amour entre Maude Galet-Lalande et toi… </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Curieusement non, ce n’était pas le plus gros risque pour moi. Bien sûr, j&#8217;étais très excitée, c&#8217;était ma première scène où l&#8217;intimité des deux filles était dévoilée et je n&#8217;avais pas du tout connaissance du découpage technique. Mais, j&#8217;ai fais confiance à Thierry. Les plus grandes prises de risques, pour moi, étaient les scènes de menace avec couteau, le rapport de force entre le personnage d’Elodie (Maud Galet-Lalande) et le mien, Delphine. J&#8217;avais des doutes sur ce qu&#8217;attendait Thierry, et en même temps, j&#8217;avais très envie de montrer toutes les couleurs de ce personnage que j&#8217;avais tant fantasmé en lisant le scénario: toute l’ambiguïté de mon personnage. J&#8217;espère ne pas spoiler le film: Elodie est la dominante du couple, une cannibale, on le sait car on la voit se nourrir des hommes, tandis que pour Delphine, on ne le sait pas. L’une a besoin de manger et demande à l’autre de tuer, contre sa véritable nature ; Elodie a dénaturée Delphine. Lorsqu’elle réalise qu’elle est la seule à effectuer tous les sacrifices pour leur couple, Delphine pète les plombs. Il fallait trouver cette part de folie, il y avait un risque que ça ne passe pas&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le tournage, lors de la scène de meurtre, je me souviens avoir été dans une quasi tétanie.  J’avais donc plutôt peur de faire foirer le tournage en partant aux urgences. Les intentions du personnage étaient très fortes et les émotions contradictoires car Delphine ne tue pas de sang froid, elle fait peur quand l&#8217;acte se produit car ce n&#8217;est pas dans sa nature. Je me souviens avoir demandé à l’acteur de s’éloigner un peu parce qu&#8217;il y avait une telle tension dans mon corps que le couteau aurait pu le blesser&#8230; Pour la scène d’amour, c’était différent, nous avions pour obligation de voir le story-board, Thierry insistait qu&#8217;on lui fasse confiance sur ce point. Donc on savait qu’on allait s’amuser&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et donc les urgences n&#8217;ont jamais vu arriver quelqu&#8217;un du tournage ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Euh&#8230; eh bien en fait, si, les urgences parisiennes m&#8217;ont vu débarquer, mais ça n&#8217;avait aucun rapport avec le tournage (rires). Par contre, j&#8217;avais un mois d&#8217;arrêt ! Donc le film en a subi les conséquences, surtout pour le premier segment. Ils ont été contraints de re-écrire une séquence, afin de justifier l&#8217;absence de mon personnage. Alors que j&#8217;aurais adoré la faire !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><img class="alignleft size-medium wp-image-6079" title="h_2859" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/h_2859-451x600.jpg" alt="" width="361" height="480" />Ouvert 24/7</em> est assez différent des films de genre actuellement produits en France, as-tu un avis sur l’état du cinéma de genre français ? </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cela fait maintenant bien deux ans que je côtoie un peu le milieu du cinéma de genre&#8230; Ce n&#8217;est pas énorme pour s&#8217;y connaître, mais c&#8217;est assez pour s&#8217;en faire une idée&#8230; Depuis <em>Ouvert 24/7</em>, j&#8217;ai participé à six ou sept courts-métrages de genre et deux autres long-métrages dans la même veine. J&#8217;ai roulé ma bosse dans des festivals dédiés au fantastique en accompagnant mes films et cela m&#8217;a donné l&#8217;occasion de discuter avec des réalisateurs et des producteurs; et globalement, les  professionnels constatent qu&#8217;il y a deux écoles : soit on ne donne pas la chance aux bonnes personnes, le résultat n&#8217;est pas excellent et le produit ne trouve pas son public; soit le film est produit dans de bonnes conditions mais les échecs des précédents traumatise la distribution et le film est invisible dans la plupart des grandes villes de France. Je penche plutôt pour un problème de culture en France. La science-fiction et l&#8217;horreur ne sont pas vraiment dans notre éducation, le public français n&#8217;est pas habitué et trop souvent, les films de genre sont fait pour les véritables aficionados. J&#8217;entends trop souvent de la famille ou des amis qui m&#8217;accompagnent aux projections me dire qu&#8217;ils ne se sentent pas à l&#8217;aise parmi ces passionnés, et ce, dès la file d&#8217;attente pour entrer dans la salle. C&#8217;est dommage, et je suis la première à le regretter car j&#8217;ai re-visité ma cinéphilie depuis que j&#8217;ai débuté avec <em>Ouvert 24/7</em> et prends désormais du plaisir à regarder des films de genre.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais j’ai bon espoir que ça évolue. Regarde autour de toi, là, nous sommes à un festival de court-métrages. J’y étais l’an passé alors que deux ou trois films de genre y étaient programmés. Cette année, le genre est bien mieux représenté. Une vague se prépare à force de créer dans ce sens. Je conseillerais aux jeunes réalisateurs de se démener pour trouver des fonds pour leurs projets. On travaille toujours dans des conditions extrêmes : par exemple, de nuit, par -15°, en mini-jupe. Ou en pleine forêt, sans glacière ni café chaud pour la nuit, je ne parle même pas de l&#8217;hygiène (rires)&#8230; Et quand le film finit dans des cartons ou prend beaucoup trop de temps en post-production car on a voulu faire trop vite au tournage, c&#8217;est très rageant. Chacun met beaucoup d&#8217;énergie, de passion et de motivation dans ce qu&#8217;il fait, et avec beaucoup de professionnalisme, le tout bénévolement, donc ça mérite que le réalisateur se démène pour que son film soit soutenu correctement et bénéficie d&#8217;une visibilité. Qu&#8217;il vive après le tournage. La tournée des festivals, c&#8217;est un budget, il faut le prévoir. Une bonne production qui vous soutient, ça peut permettre une meilleure vie au film avant, pendant et après&#8230; Pour certains, « faire du genre » signifie « auto production », mais je crois qu&#8217;on s&#8217;égare. Il y a des films en ce moment qui cartonnent en festival, parce qu’ils sont produits. Ils se sont donné les moyens pour que leurs effets spéciaux mécaniques ou numériques fassent leur effet. Si vous avez un bon scénario il est possible d’avoir des moyens. Il faut juste en avoir très envie et beaucoup de patience.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Y a-t-il des réalisateurs français que tu voudrais soutenir particulièrement ? </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il y en a plein qui mériteraient d’être cités. En fait, je peux dire à tous ceux qui m&#8217;ont fait confiance jusque là, que je replongerais aussi sec dans leurs projets. Mais pour te donner quelques collectifs ou sociétés, je dirais que je pense aux équipes de chez Forge. Il s&#8217;agit de la boîte de production qui a fait le long-métrage <em>Le Jour de la Comète, </em>actuellement en post-production et qui se donne beaucoup de mal en investissant les moyens nécessaires. Le travail en termes de décors et de costumes est stupéfiant, leurs histoires sortent des années 80, tu es transporté dans des univers comme <em>Retour vers le Futur</em> ou <em>Les Goonies</em>, tu te dis que ce n’est pas possible qu’on fasse ça en France… Et pourtant ils l&#8217;ont fait et ça en met plein la vue. En plus, nombreux sont les réalisateurs talentueux qui gravitent autour d&#8217;eux en prêtant main forte et en portant l&#8217;insigne des « forgerons ». C’est mon coup de cœur. Après, je pense à ceux avec qui j&#8217;ai collaboré de près ou de loin. Je pense notamment aux Films de la Lymphe (Poitiers), Humal productions (Nancy) qui sont allés collaborer avec des américains pour réaliser <em>The Hunters</em>, Pok Prod (Paris), Feary Dream (Pau), School&#8217;s Out (Montpellier), mais je ne cite pas de nom, on y serait encore demain.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><img class="alignright size-medium wp-image-6080" title="n727914288_1670777_1730" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/11/n727914288_1670777_1730-600x398.jpg" alt="" width="432" height="286" />Ta filmographie commence peu à peu à se spécialiser dans le genre (<em>Mon Père,</em> <em>36<sup>ème</sup> sous-sol</em>, <em>Miseria</em>…), qu’est-ce qui t’y attire ? </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce que j’aime dans le genre ce sont des caractères qui sont vraiment variés. Tu peux partir dans une imagination délirante, jamais je n’aurais cru un jour pouvoir incarner une meurtrière qui fait manger ses victimes à son amie, dans un film français. Tu as une approche beaucoup plus américaine dans ce genre de films, autant dans le scénario que dans le jeu. Ce qui me convient parfaitement, j’adore ça. On peut me demander d’imaginer n’importe quoi en face de moi, il n’y a pas de problème. Il arrive que cela bloque les comédiens, car on n&#8217;est pas encore habitué aux effets spéciaux en France et je peux le comprendre&#8230; Personnellement, travailler sur fond vert ou en motion capture, rien ne me ferait plus plaisir !</p>
<p style="text-align: justify;">Les films de genre reposent beaucoup sur la présence, le charisme. Parfois j’ai très peu de dialogue, c&#8217;est essentiellement basé sur des regards, des tensions ; on n’a pas besoin de dire « <em>je prends un café</em> » pour prendre un café ! En France, on a besoin d’entendre parler pour juger d&#8217;un acteur, c’est une tradition. Ça vient du théâtre où il est important de bien articuler, ce qui est normal. Lorsque je suis au 15<sup>e</sup> rang d&#8217;un théâtre, je demande à entendre le comédien. Mais lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de la déclamation, je ne la supporte pas parce qu’elle me coupe de l&#8217;émotion. Le corps est essentiel !</p>
<p style="text-align: justify;">Je suis très honorée de cette image de Scream Queen, mais je comprends parfaitement qu&#8217;elle puisse être déroutante pour une comédienne française. De là à vivre financièrement du genre, c&#8217;est pour l&#8217;instant impossible. Je sais que les allemands ont été moins frileux quand je leur ai présenté mon travail, et j&#8217;ai éprouvé moins de difficulté quant à me rapprocher d&#8217;un agent par exemple.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Justement, as-tu des projets à venir ? </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Côté cinéma, j&#8217;espère bientôt pouvoir travailler avec Jean-Pierre Mocky. Encore un scénario bien singulier, mais je ne peux pas en dire plus pour l&#8217;instant&#8230; Et l&#8217;an prochain, on m&#8217;a promis quelque chose de très intéressant à Lorrywood&#8230; (rires) et je ne suis guère en mesure d&#8217;en raconter plus. Sinon, c&#8217;est plutôt du théâtre qui est venu vers moi, très spontanément, à la rentrée. Je suis donc en répétition d&#8217;une création « Chromozone Y » déjà programmée en résidence au Plateau 31 à Gentilly en avril 2011, d&#8217;après une mise en scène de l&#8217;irlandais Bryan Mc Cormack. Un spectacle pour deux comédiennes que je partage avec Marie Brette. Et je prépare une autre création avec un jeune metteur en scène, Vincent Doron et une équipe de 5 jeunes comédiens « Sur Le Pont De Nos Désirs ». Enfin, en collaboration avec un écrivain, nous sommes en écriture d&#8217;un One Woman Show&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Parallèlement, je viens tout juste de débuter des cours d&#8217;acrobaties et de kicks dans le but de commencer à me former aux cascades pour le cinéma. Et enfin, je fais un peu de musique&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">En ce moment, je fais la tournée des festivals avec mes films et ça me prend beaucoup de temps, et d&#8217;argent (rires), je reviens d&#8217;ailleurs de Montreal avec <em>36ème sous-sol</em> qui a déjà beaucoup de  sélections. C&#8217;est important d&#8217;aller jusqu&#8217;au bout dans ses projets. C&#8217;est un choix que j&#8217;ai fait et je l&#8217;assume.</p>
<p style="text-align: justify;">En ce mois de novembre, je cesse de courir dans les festivals, et je reprends les castings. Mes recherches se concentrent essentiellement sur le cinéma. On peut compter sur moi 24/7 (rires).</p>
<p style="text-align: justify;">Crédits photos : Chris Schu</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.cinetrange.com/support/sortie-dvd/ouvert-247-de-thierry-paya/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Septième Lune, d’Eduardo Sanchez (+ entretien avec Eduardo Sanchez)</title>
		<link>http://www.cinetrange.com/support/sortie-dvd/septieme-lune-d%e2%80%99eduardo-sanchez-entretien-avec-eduardo-sanchez/</link>
		<comments>http://www.cinetrange.com/support/sortie-dvd/septieme-lune-d%e2%80%99eduardo-sanchez-entretien-avec-eduardo-sanchez/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 20 Sep 2010 21:38:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rock</dc:creator>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Horreur]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Dvd]]></category>
		<category><![CDATA[Usa]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.cinetrange.com/?p=5626</guid>
		<description><![CDATA[Retour en &#8217;99 En 1999, Eduardo Sanchez et son acolyte Daniel Myrick ont organisés Le Projet Blair Witch, petit film d’angoisse filmé comme un documentaire par ses trois acteurs principaux. Projet un peu bizarre pour lequel les acteurs ont dû vraiment passer plusieurs jours et nuits dans une forêt du Maryland avec seulement quelques consignes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong><img class="alignleft size-full wp-image-5627" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/09/dvd.jpg" alt="" width="320" height="478" />Retour en &#8217;99<br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify">En 1999, Eduardo Sanchez et son acolyte Daniel Myrick ont organisés <em>Le Projet Blair Witch</em>, petit film d’angoisse filmé comme un documentaire par ses trois acteurs principaux. Projet un peu bizarre pour lequel les acteurs ont dû vraiment passer plusieurs jours et nuits dans une forêt du Maryland avec seulement quelques consignes à suivre et 35 pages consacrées au mythe qui intéresse leur soi-disant documentaire. La fatigue, la faim, le stress et même la peur étaient bien au rendez-vous. En effet, Sanchez et Myrick ont choisis de ne pas prévenir les acteurs de ce qui allait leur arriver : le bébé qui pleure en pleine nuit suivi des secousses de la tente, la disparition de Josh, la fameuse maison de la séquence finale et bien d’autres éléments ont été de véritables surprises pour les trois acteurs. Sorte de séjour dans un train fantôme plus ou moins improvisé et épuisant avec lequel les réalisateurs profitent pour donner leur définition de la peur : pas de monstre, presque pas de sang et surtout une spontanéité que seule la caméra à l’épaule peut créer, ou encore mieux, la caméra subjective. Grâce à internet et au bouche à oreille, <em>Le Projet Blair Witch</em> a connu succès international qui lui vaudra d’être reconnu comme étant l’un des films les plus rentables de l’histoire du cinéma… mais aussi l’un des plus agaçants pour un grand nombre de spectateurs.</p>
<p style="text-align: justify"><img class="alignright size-full wp-image-5628" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/09/together_sm.jpg" alt="" width="300" height="196" />En effet, même si le film inspire beaucoup d’audace pour une grande partie du public, il inspire un véritable sujet de dispute auprès de plusieurs cinéphiles qui se posent éternellement la question du « qu’est-ce que le cinéma ? » (qu’est-ce que le sexe ?) Certains qualifient le film de vulgaire blague ennuyeuse et illisible durant lequel il ne se passe absolument rien. On ne rencontre pas la sorcière de Blair, ni de créatures étranges, on entend seulement quelques bruits inquiétants et on assiste à la querelle interminable entre les trois personnages principaux, autre élément qui divise le public (remarquez, on m’aurait embarqué dans un projet en me faisant croire que tout ira bien pour finalement me paumer dans une forêt connue pour être hantée, j’aurai grave les boules). Ceux qui n’ont pas aimé <em>Le Projet Blair Witch</em> se moquent souvent des fans en leur faisant remarquer qu’il n’y a aucune raison d’avoir peur devant ce film. Seulement, cette conclusion hâtive et un peu conne balaie soigneusement la possibilité que la peur n’a pas du tout la même définition pour tout le monde. L’idée d’être perdu en forêt ne semble pas inquiéter la plupart des gens, et c’est là que le film a prit un gros risque : aborder une perception très (peut-être trop) personnelle de la peur dont toute les bases du mythe abordé remontent à un très étrange film de 1922 réalisé par Benjamin Christensen, <em>Häxan : Witchcraft Through the Ages</em> (dont le titre a été emprunter pour la boîte de prod de Sanchez et Myrick, Häxan Films).</p>
<p style="text-align: justify"><img class="alignleft size-full wp-image-5629" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/09/thisismyhome.gif" alt="" width="225" height="169" />Sur le moment, le fait de suggérer les événements plutôt que de les montrer a un impact intéressant puisqu’il fait appel à l’imagination de son spectateur et lui donne d’office un rôle important durant tout le long-métrage. Mais au final, ce qu’on retient essentiellement du film est ce déchirement total, cette angoisse et déstabilisation progressive qui nait chez les trois protagonistes. La nature et l’impossibilité de contrôler les événements ont le don de faire émerger une certaine folie qu’avait déjà approché Werner Herzog dans <em>Aguirre, la colère de Dieu</em> en 1972. Les trois personnages du <em>Projet Blair Witch</em> ne sont pas forcément appréciables, ce qui constitue un défaut pour certains, alors que c’est ce qui rend le film plus intéressant parce que, encore une fois, il nous empêche de nous mettre dans une position confortable. Pour ce qui est de l’aspect esthétique, soyons lucide, il n’existe pas dans <em>Le Projet Blair Witch</em> et ne peut exister s’il tient à respecter au pied de la lettre l’idée de spontanéité. Le film de Sanchez et Myrick n’a rien à voir avec le pourtant très bon <em>Rec </em>ou le récent et nullissime <em>The Last Exorcism</em> parce qu’il est bien le seul film de ce style, à ce jour, à avoir assumé tous les risques de la caméra subjective jusqu’au bout.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>10 ans plus tard, la Septième Lune…</strong></p>
<p style="text-align: justify">Un peu dépassés par les événements et presque oubliés, Eduardo Sanchez et Daniel Myrick n’ont encore rien sorti de neuf en salles à ce jour. Leur boîte a produit la sympathique mais inachevée série <em>Freakylinks</em> et Myrick réalise de son côté quelques DTV comme <em>Solstice</em>, <em>Believers</em> et <em>The Objective</em> (ces deux derniers sont toujours inédits en France). Sanchez a prit un peu plus son temps et réalise <em>Altered</em> en 2006, huis-clos autour de cinq personnages et un extraterrestre… Pas convaincant, le film finit par ennuyer et n’exploite que trop peu son potentiel horrifique et fantastique sans pour autant être honteux. D’abord prévu en salles aux Etats-Unis, les producteurs, déçus de comprendre qu’il s’agit d’un film complètement différent du <em>Projet Blair Witch</em>, ne savent comment vendre le « produit » et le film finira par sortir directement en dvd au grand regret de son réalisateur.</p>
<p style="text-align: justify"><img class="alignright size-medium wp-image-5630" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/09/Melissa-and-Yul-at-Hungry-Ghost-Fest-600x400.jpg" alt="" width="420" height="280" />Son film suivant, qui vient de sortir en dvd en France chez Opening, <em>Septième Lune</em> est à la fois proche et différent du <em>Projet Blair Witch</em>. Proche parce qu’il continue à jouer avec les sons étranges, le hors-champs et la désorientation de ses personnages. Différent parce qu’il est vraiment mis en scène, utilise de la musique, des acteurs professionnels et dévoile les monstres.</p>
<p style="text-align: justify">Pour résumer, le film suit un jeune couple profitant de leur lune de miel en Chine. Le couple apprend qu’il existe une légende locale disant qu’au cours de la Septième Lune, les morts viennent se mêler aux vivants. Conduits par un guide qui inspire la sympathie, le couple se retrouve vite égaré au milieu de nulle part en pleine nuit, celle de la Septième Lune…</p>
<p style="text-align: justify"><img class="alignleft size-medium wp-image-5631" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/09/blurry-bloody-man-with-pale-figures-600x400.jpg" alt="" width="420" height="280" />Encore plus instable que <em>Le Projet Blair Witch</em> (la caméra est sans cesse en mouvement, le seul plan fixe est celui qui ouvre le film et dure environ 20 secondes), <em>Septième Lune</em> a de quoi susciter l’inquiétude au premier abord. Mais il parvient à exploiter avec beaucoup d’efficacité toute son intensité grâce à une réalisation précise malgré une fragilité indiscutable et une bande originale excellente à mille lieux de ce qui est habituellement balancé dans nos oreilles – aucun <em>jumpscares</em> inutiles, la musique d’Antonio Cora et Kent Sparling reste calme, subtile et même planante et installe le spectateur dans une atmosphère inquiétante jusqu’au dernier plan du film.</p>
<p style="text-align: justify"><img class="alignright size-medium wp-image-5632" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/09/Melissa-in-the-weeds-600x400.jpg" alt="" width="420" height="280" />Restant modeste dans sa démarche, Eduardo Sanchez prend néanmoins soin de livrer un film d’horreur différent (que ce soit du <em>Projet Blair Witch</em> ou de la majorité des productions actuelles) qui secoue sans cesse son spectateur sans jamais lui lâcher les tripes et porte un regard presque attachant sur la tension présente au sein de ce couple complètement dépassé par les événements. Durant seulement 1h20, le film souffre tout de même de quelques longueurs.</p>
<p style="text-align: justify">Ces défauts ne détruisent aucunement le résultat final qui mérite une attention particulière non seulement pour la curiosité de voir une nouvelle production de l’équipe du <em>Projet Blair Witch</em>, mais aussi pour la simple raison qu’il s’agit d’une œuvre oppressante, flippante et sincère à visionner dans le noir et, de préférence, seul avec le volume à fond.</p>
<p style="text-align: justify">Malheureusement, le dvd édité par Opening n’offre d’autre bonus que la bande annonce, alors qu’un making of n’aurait pas été inintéressant…</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Entretien avec Eduardo Sanchez</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong><img class="alignleft size-medium wp-image-5633" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/09/Ed-Sanchez-on-the-set-of-SEVENTH-MOON-600x400.jpg" alt="" width="420" height="280" />Comment le projet de <em>Septième Lune</em> est-il né ? </strong></p>
<p style="text-align: justify">J&#8217;avais dans l&#8217;idée de faire un film avec un budget microscopique qui se déroulerait en une nuit et que je pourrais tourner près de chez moi. Mais je ne trouvais pas de monstre ou de méchant que j&#8217;aimais vraiment, ici aux Etats-Unis. C&#8217;aurait été des zombies et un fou échappé d&#8217;un asile psychiatrique, ce qui ne m&#8217;enchantait guère. Ensuite j&#8217;ai discuté avec la co-productrice Ann Lu à propos d&#8217;un film d&#8217;horreur à tourner en Chine et l&#8217;idée a germé. La  Chine étant mystérieuse, un projet de ce genre pourrait très bien fonctionner. J&#8217;ai commencé à me renseigner sur les mythes et légendes de la Chine et j&#8217;ai trouvé la &#8220;fête du fantôme affamé&#8221;. Le reste de l&#8217;histoire s&#8217;est tout naturellement mis en place.<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong><br />
Peux-tu nous parler du casting ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">J&#8217;ai toujours voulu travailler avec Amy Smart. Je trouve que c&#8217;est une actrice intéressante et nous avions déjà essayé de travailler avec elle sur <em>Altered</em> mais ça n&#8217;a pas marché. Elle était donc en n°1 de notre liste pour <em>Septième Lune</em> et par chance elle a aimé le scénario que nous avions écrit. Nous avons découvert Tim grâce à un casting. C&#8217;est un acteur fantastique et c&#8217;était génial de travailler avec lui. Ce fut une très bonne expérience de travailler avec ces deux personnes dans les rôles principaux.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Tu portes une attention particulières aux mythes et légendes (comme les sorcières, les aliens ou les fantômes), pourquoi ? </strong></p>
<p style="text-align: justify">Je pense que c&#8217;est la base pour la vraisemblance. Cela donne à l&#8217;horreur un fondement, quelque chose d&#8217;inscrit dans l&#8217;Histoire. Cela donne aussi de la crédibilité car ce sont des événements qui se sont déroulés avant et qui peuvent très bien avoir lieu encore aujourd&#8217;hui. Enfin, je trouve que ça rend les méchants plus intéressants.</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em><img class="alignright size-medium wp-image-5634" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/09/Pale-figures-attack-600x400.jpg" alt="" width="420" height="280" />Septième Lune</em> aborde la peur un peu de la même manière que <em>Le Projet Blair Witch</em> : il joue avec l’obscurité, parfois avec le hors-champs et surtout avec les sons étranges, comme si tu cherchais à retourner aux origines du film d’horreur… Qu’est-ce qui te plait dans cette idée ? </strong></p>
<p style="text-align: justify">Il doit y avoir un équilibre entre ce que l&#8217;on montre et ce que l&#8217;on suggère. On doit donner au public assez d&#8217;informations pour remplir les blancs mais on ne doit pas tout expliquer.  C&#8217;est l&#8217;incertitude qui créé la peur. On entend un bruit, on en voit la conséquence et au public de comprendre ce qui s&#8217;est passé. C&#8217;est très efficace.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Où le tournage avait-il lieu ? S’est-il bien passé ou y avait-il certaines difficultés ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">Nous avons tourné à Hong-Kong et c&#8217;était une bonne expérience culturelle et professionnelle. L&#8217;équipe s&#8217;est vraiment donnée à fond. Bien sûr, tout n&#8217;était pas rose non plus. Nous tournions toujours de nuit et c&#8217;est devenu fatigant au bout d&#8217;un moment. J&#8217;étais plutôt déprimé et j&#8217;ai eu des nuits très agitées au milieu de nulle part en Chine.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>La camera est constamment en mouvement, qu’est-ce t’attire dans ce procédé ? </strong></p>
<p style="text-align: justify">Je voulais garder une énergie constante. Je ne voulais pas que le public puisse s&#8217;échapper du cauchemar que j&#8217;étais en train de créer.  J&#8217;adore l&#8217;aspect claustrophobe de ce type de mise en scène.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>La musique est très intéressante : la plupart du temps, elle fait planer plus qu’elle n’effraie, comment et pourquoi as-tu fait ce choix ? </strong></p>
<p style="text-align: justify">Je ne voulais pas une musique de film classique. J&#8217;avais envie de quelque chose qui sonne comme un cauchemar, qui puisse accompagner les gens dans le film. De la musique de fond plutôt qu&#8217;une musique qui mène l&#8217;action. Tony et Kent ont fait un travail remarquable; j&#8217;adore ce qu&#8217;ils ont composé. (En voici quelques extraits sur <a href="http://www.amazon.com/Seventh-Moon-Antonio-Cora/dp/B002N5KENS">Amazon</a>, <em>ndlr</em>)<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong><br />
<img class="alignleft size-medium wp-image-5635" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/09/Ed-directs-Tim-Chiou-Yul-600x400.jpg" alt="" width="420" height="280" />Comment le film a-t-il été reçu ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify">Les réactions étaient globalement bonnes. Mais nous n&#8217;avons pas non plus eu droit à une sortie en salles aux Etats-Unis.</p>
<p style="text-align: justify"><strong><br />
D’après le site d’Häxan Films, le fait que ton précédent film, <em>Altered</em>, soit directement sorti en dvd t’a beaucoup touché… Est-ce que <em>Septième Lune</em> a souffert des mêmes problèmes ? </strong></p>
<p style="text-align: justify">Le marché a beaucoup changé durant la production de <em>Septième Lune</em> et une fois que l&#8217;on n&#8217;atteint pas les salles de cinéma, il reste seulement le dvd, ce qui est arrivé au film. J&#8217;ai donc beaucoup souffert avec <em>Septième Lune</em>. Comme tous les réalisateurs, je souhaite que mes films soient aimés par le public. Mais quand ça ne marche pas comme on veut, il faut apprendre à vivre avec.<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong><br />
Peux-tu nous parler de ton prochain film, <em>The Possession</em> ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">Nous sommes de retour au Maryland où nous avions tourné <em>Blair Witch</em>, espérons que cela nous donne un peu de chance sur ce nouveau film. C&#8217;est un scénario très intéressant et la production a été bouclée plutôt rapidement. C&#8217;est un thriller horrifique qui parle d&#8217;une femme pensant être hantée par l&#8217;esprit de son père décédé. Ce sera effrayant et très brutal.<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong><br />
Qu’en est-il de <em>Blair Witch 3</em>..? </strong></p>
<p style="text-align: justify">Je ne peux rien dire excepté qu&#8217;on n’a jamais été aussi proche du but !</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><em>Pour avoir plus d&#8217;informations sur </em>Septième Lune<em> :</em><a href="http://www.haxan.com/seventhmoon/dvdexclusive/" target="_blank"> http://www.haxan.com/seventhmoon/dvdexclusive/</a></p>
<p style="text-align: justify">Häxan Films :<a href="http://www.haxan.com/" target="_blank"> http://www.haxan.com/</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.cinetrange.com/support/sortie-dvd/septieme-lune-d%e2%80%99eduardo-sanchez-entretien-avec-eduardo-sanchez/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Snip, de Julien Zenier</title>
		<link>http://www.cinetrange.com/special/les-indep/snip-de-julien-zenier/</link>
		<comments>http://www.cinetrange.com/special/les-indep/snip-de-julien-zenier/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 05 Jul 2010 21:51:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Courts-métrages]]></category>
		<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Gore]]></category>
		<category><![CDATA[Horreur]]></category>
		<category><![CDATA[Les Indép']]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.cinetrange.com/?p=5062</guid>
		<description><![CDATA[Un homme seul avec son chat. Un appartement, une télé et un cutter. Estomacs sensibles, vous abstenir. Pour les autres, isolez-vous, mettez la vidéo en plein écran, en HD, et le son assez fort. Entretien avec Julien Zenier (extrait du Hors-série Cinétrange sur le cinéma fantastique francophone) Pourquoi Nacho Cerda est-il remercié dans le générique [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un homme seul avec son chat. Un appartement, une télé et un cutter. Estomacs sensibles, vous abstenir. Pour les autres, isolez-vous, mettez la vidéo en plein écran, en HD, et le son assez fort.</p>
<p><center><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="400" height="170" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=10066270&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=0&amp;color=&amp;fullscreen=1" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="400" height="170" src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=10066270&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=0&amp;color=&amp;fullscreen=1" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></center></p>
<h2><strong>Entretien avec Julien Zenier </strong></h2>
<p><em>(extrait du Hors-série Cinétrange sur le cinéma fantastique francophone)</em></p>
<p><strong>Pourquoi Nacho Cerda est-il remercié dans le générique ?</strong></p>
<p>Avant de concrétiser SNIP, nous avons travaillé avec mon co-scénariste Marc Troonen pendant plus de deux ans sur un projet intitulé  <em>I AM A SHADOW</em>. C&#8217;était un projet un peu fou, très ambitieux visuellement, un véritable objet de cinéma pensé par des passionnés pour les passionnés du cinéma de genre.</p>
<p>Il y a an et demi, durant le festival de Sitges, j&#8217;ai présenté un dossier du projet à Nacho. Et nous sommes restés en contact, tout simplement ; ce qui est assez rare dans ce milieu où l&#8217;on vous dit souvent qu&#8217;on vous rappelle sans jamais tenir sa parole&#8230;</p>
<p>Nacho m&#8217;a écouté puis conseillé. Ses mots étaient simples, son discours limpide. Ça aide beaucoup, encore plus lorsque ça vient d&#8217;une personne dont vous admirez le travail. Si j&#8217;ai donc pu rebondir avec <em>SNIP</em>, c&#8217;est aussi grâce à lui.</p>
<p><strong>Comment as-tu trouvé le comédien Zoé Berriatú</strong><strong>a ?</strong></p>
<p>De la manière la plus simple au monde : je l&#8217;ai appelé pour lui proposer le scénario et le rôle. Il a lu le script et a accepté.</p>
<p>Il faut dire que je connaissais Zoe Berriatúa en tant que producteur et réalisateur de courts-métrages. On s&#8217;était croisé et j&#8217;avais eu un bon feeling avec lui. J&#8217;étais moins au fait de son travail en tant qu&#8217;acteur, donc je me suis renseigné. Après avoir vu quelques uns des films, je me suis dit qu&#8217;il serait parfait pour interpréter le personnage de SNIP.</p>
<p><strong>Peux-tu parler un peu de la société qui a réalisé ces effets spéciaux saisissants ?</strong></p>
<p>La société en question se nomme Quimera FX. Elle est basée à Bilbao, au pays basque, et est gérée par le talentueux Gorka Aguirre, aidé dans sa tâche par sa collaboratrice Cristina Iglesias. Dès le départ du projet, je m&#8217;étais constitué une base de documents, de croquis et de photos anatomiques que j&#8217;ai passé à Gorka.</p>
<p>Il fallait que le résultat soit le plus réaliste possible sous peine de faire capoter l&#8217;entreprise. C&#8217;était la gageure du projet <em>SNIP</em>. Le défi était de créer le matériel nécessaire en moins de trente jours, en plus de leur travail quotidien sur une comédie musicale. On a d&#8217;ailleurs dû modifier le plan de travail le jour-même du début du tournage pour leur donner quelques heures supplémentaires !</p>
<p>Il y eut pas mal de stress généré par ce retard, mais ça a vraiment valu la peine.</p>
<p><strong>Avec quel type de matériel as-tu tourné le film et pourquoi ce choix?</strong></p>
<p>SNIP a été tourné en HDCAM avec la Sony HDW 750 et optiques Zeiss Digiprimes. Nous avons choisi ce matériel avec le chef opérateur pour son rapport qualité/prix. Snip est un court métrage à petit budget et je ne pouvais pas me permettre un tournage en pellicule, mais nous savions que gonfler des rushes HDCAM en 35mm était possible sans qu&#8217;il y ait une grande perte de qualité.</p>
<p><strong>Quel est le rapport entre le zapping et la mutilation ?</strong></p>
<p>Je ne suis pas tout à fait d&#8217;accord avec le terme de &#8220;mutilation&#8221; ou &#8220;d&#8217;automutilation&#8221;. Tout simplement parce qu&#8217;il relève plus du champ médical et qu&#8217;il implique avant tout des troubles du comportement (dépression, phobies). Ce qui n&#8217;est pas le cas ici.</p>
<p>Je comprends que cela puisse dérouter mais &#8211; dans le contexte de cette histoire particulière &#8211; il s&#8217;agit d&#8217;un acte volontaire et profondément libérateur. Il y a de la part du personnage une véritable prise de conscience. Et puis il y a la métamorphose &#8211; douloureuse, inconcevable même &#8211; mais nécessaire. Jusqu&#8217;au plan final où on le devine apaisé. J&#8217;insiste beaucoup sur cet aspect là : car avant d&#8217;être un réquisitoire contre la télévision, <em>SNIP </em>est l&#8217;histoire d&#8217;une libération.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.cinetrange.com/special/les-indep/snip-de-julien-zenier/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Romero sur FilmoTV</title>
		<link>http://www.cinetrange.com/special/personnalites/romero-sur-filmotv/</link>
		<comments>http://www.cinetrange.com/special/personnalites/romero-sur-filmotv/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 16 Jun 2010 19:20:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Personnalités]]></category>
		<category><![CDATA[Web]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.cinetrange.com/?p=5003</guid>
		<description><![CDATA[ENTRETIEN avec George A.Romero, mené par Erwan Chaffiot. Réalisé à l’occasion de ses venues lors de la Rétrospective qui lui consacra la Cinémathèque française en 2001 &#38; lors de la sortie de LAND OF THE DEAD en 2005. Seront également disponibles (été 2010) sur FILMO TV : Season of the witch; La nuit des morts [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.filmotv.fr/rub/21/filmo-uzik.html#/romero" target="_blank">ENTRETIEN avec George A.Romero, mené par Erwan Chaffiot. </a></p>
<p>Réalisé à l’occasion de ses venues lors de la Rétrospective qui lui consacra la Cinémathèque française en 2001 &amp; lors de la sortie de LAND OF THE DEAD en 2005.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-5004 aligncenter" title="romero" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/06/romero.jpg" alt="" width="523" height="275" /></p>
<p>Seront également disponibles (été 2010) sur FILMO TV :</p>
<p>Season of the witch; La nuit des morts vivants; La nuit des fous vivants</p>
<p>Martin; Land of the dead &amp; Diary of the dead</p>
<p>Consacré dieu vivant d’un certain type de revenants  par toute une génération de cinéphiles dès son premier long-métrage, LA NUIT DES MORTS VIVANTS, en 1968, George A.Romero, as de la conjugaison fantastique et horrifique, qui n’empêche pas quelques fulgurances poétiques, parfois même mélancoliques, ne cessera dès lors de creuser les mêmes sujets obsédants : la part sombre et paranoïaque de l’Amérique et un vieux rêve qui marche encore… le changement, inéluctable, la révolution, incarné par ses mutants d’outre-tombe. D’emblée, les français sont sensibles au sous-texte de ce film miroir d’une époque qui reflétait tous les possibles, à commencer par celui d’un monde meilleur, contrairement aux compatriotes de Romero initialement. C’est le début d’une trilogie poursuivie avec un film-borne, ZOMBIE (1978, co-écrit avec Dario Argento, qui fut précédé d’une angoissante esquisse, LA NUIT DES FOUS VIVANTS/THE CRAZIES dont le remake, produit par Romero, vient de sortir en salles),  clôturée en 1985 avec LE JOUR DES MORTS VIVANTS.</p>
<p>En 2004, Romero réanime ses créatures avec LAND OF THE DEAD, le territoire des morts, &#8211; où, dans un futur proche réaliste, il enterre définitivement la croyance de la protection par les eaux &#8211; avec Dennis Hopper et Asia Argento (il revient alors sur le 11 septembre qui laissa les gens « abasourdis »… clamant le retour de «John Wayne »…).  Vingt ans après, le personnage de Big Daddy reprend celui de Bub (le zombie du  Jour des morts vivants presque doué de parole, capable d’imitation), cherchant à initier cette fois ses semblables. « Je préfère développer mes zombies de manière sociologique, mais on ne les verra jamais courir »…</p>
<p>Surgit DIARY OF THE DEAD, chronique des morts-vivants en 2007, auquel « fait suite » SURVIVAL OF THE DEAD (Gérardmer 2010) qui n’a pas encore eu les honneurs d’une sortie française.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.cinetrange.com/special/personnalites/romero-sur-filmotv/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Precut girl, d&#8217;Eric Dinkian</title>
		<link>http://www.cinetrange.com/support/courts-metrages/precut-girl-deric-dinkian/</link>
		<comments>http://www.cinetrange.com/support/courts-metrages/precut-girl-deric-dinkian/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 23 Feb 2010 20:32:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Courts-métrages]]></category>
		<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Japon]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.cinetrange.com/?p=4350</guid>
		<description><![CDATA[Le mariage entre culture japonaise et culture française a toujours été improbable, tant les différences sont marquées. Il suffit de regarder quelques films japonais (ou pire des émissions télé) pour se rendre compte que nos valeurs sont radicalement différentes. Nombreux sont ceux qui pensent que les Japonais sont des extra-terrestres, que ce soit par leur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><!--pagetitle:Precut Girl--></p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-4359 aligncenter" title="affiche1209" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/02/affiche1209.jpg" alt="affiche1209" width="450" height="675" /></p>
<p>Le mariage entre culture japonaise et culture française a toujours été improbable, tant les différences sont marquées. Il suffit de regarder quelques films japonais (ou pire des émissions télé) pour se rendre compte que nos valeurs sont radicalement différentes. Nombreux sont ceux qui pensent que les Japonais sont des extra-terrestres, que ce soit par leur tradition (les <a href="http://www.kanpai.fr/guide-de-voyage-japon-politesse-recommandations-diverses.html" target="_blank">codes de politesse</a>, le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sashimi" target="_blank">poisson cru</a>, le <a href="http://www.youtube.com/watch?v=zUhtCLKFMx0&amp;feature=related" target="_blank">théâtre nô</a>) ou par leur côté excentrique (les films de<a href="http://www.cinetrange.com/notule-dvd/sukiyaki-western-django" target="_blank"> Takashi Miike</a>, le <a href="http://www.youtube.com/watch?v=jc1CWi6Jv8k&amp;feature=channel" target="_blank">parapara</a>, la<a href="http://erogene.cinetrange.com/sblog/2008/12/genki-genki/" target="_blank"> pornographie à base d&#8217;animaux marins</a>).Après tout, l&#8217;extrême-orient n&#8217;est pas nommé ainsi pour rien. Grâce à la mondialisation et à Internet, certains aspects de la culture japonaise nous sont tout de même parvenus. Le cas des mangas est exemplaire car ils ont littéralement envahi les rayons des librairies.</p>
<p>Pour un occidental, s&#8217;imprégner de la culture japonaise reste  difficile, ne serait-ce qu&#8217;à cause de la barrière de la langue. Quelques français s&#8217;y sont risqués, sans doute fascinés par une richesse intellectuelle que l&#8217;on ne trouve guère ici. On citera Jean-Pierre Limosin, qui pose un regard d&#8217;entomologiste sur le Japon, et qui parvient à s&#8217;y fondre en prenant bien soin de ne pas juger. Cette humilité lui a permis de pénétrer l&#8217;univers fermé de la mafia japonaise avec <a href="http://www.cinetrange.com/sortie-dvd/young-yakuza" target="_blank">Young Yakuza.</a> Dans le genre &#8220;bizarre&#8221;, on trouve Romain Slocombe, écrivain et photographe. Il s&#8217;intéresse au fétichisme local (le bondage) et à des thématiques bien précises comme l&#8217;art médical à travers les photographies de jeunes femmes plâtrées et prisonnière de leur lit d&#8217;hôpital !</p>
<p>Eric Dinkian fait donc aussi partie de ces nippophiles, en quête de compréhension de cet étrange pays. A travers<em> Precut Girl</em>, il propose de mixer la culture française et japonaise en choisissant comme personnages principaux un français et une japonaise. La voix-off omniprésente est en japonais mais certains dialogues en français.</p>
<p>Kami se suicide régulièrement. A chaque fois, elle se réveille dans un terrain vague, enveloppée dans une bache de plastique. Désespérée, elle se trouve un petit ami pour l&#8217;aider à mourir et l&#8217;assister dans ses morbides expérimentations.</p>
<p>Le film s&#8217;inscrit clairement dans le genre fantastique/horreur, avec son héroïne qui ne peut mourir et ses nombreuses tentatives de suicide à l&#8217;arme blanche. L&#8217;idée est originale et le plus proche parent semble être <em>Un jour sans fin</em>, où Bill Murray essaye de se suicider de mille façons mais sans succès. Bien entendu, le traitement est radicalement différent ! <em>Precut Girl</em> reste sérieux, même si l&#8217;on note parfois quelques touches d&#8217;humour noir. De manière presque scientifique, Kami tente en vain de retrouver l&#8217;extatique moment de sa première mort, le &#8220;moment&#8221; où tout change.  Eros et Thanatos ne sont donc pas bien loin. D&#8217;ailleurs, les deux amants vont peu à peu nouer une étrange relation proche du sado-masochisme.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-4360 aligncenter" title="precutgirl04" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2010/02/precutgirl04.jpg" alt="precutgirl04" width="600" height="338" /></p>
<p>Visuellement,<em> Precut Girl </em>séduit car la photographie est grise et soignée en accord avec les décors froids à base de béton, de verre et de métal. Un intéressant travail a été réalisé sur les structures urbaines géométriques (escaliers, immeubles) et produit un contraste avec des éléments plus organiques comme les coups de couteau entaillant la chair ou le réveil dans la décharge, métaphore industrielle d&#8217;un utérus. L&#8217;esthétique fait immanquablement penser au cadavre de Laura Palmer dans<em> Twin Peaks</em> mais lorgne aussi du côté de Shinya Tsukamoto (<em>Tokyo Fist</em> notamment) lors des explosions soudaines de violence. Le tout est soutenu par une bande originale efficace, avec petite mélodie au piano pendant les moments poétiques, et des riffs de guitare avec percussions sèches pour les plans où ça charcle.</p>
<p>Film tordu et mutant, <em>Precut Girl</em> contient de nombreuses contradictions. Il est à la fois ambitieux (son propos sur la mort) et modeste (les expérimentations de Kami sous forme de journal intime). Il est à la fois poétique et gore, romantique et érotique.<em> Gokurosama desu !</em></p>
<p><center><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="389" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/xbzzg7" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="389" src="http://www.dailymotion.com/swf/xbzzg7" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></center><br />
<em><br />
</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.cinetrange.com/support/courts-metrages/precut-girl-deric-dinkian/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le Dernier Cri</title>
		<link>http://www.cinetrange.com/special/les-indep/le-dernier-cri/</link>
		<comments>http://www.cinetrange.com/special/les-indep/le-dernier-cri/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 20 Sep 2009 12:43:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Damien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Les Indép']]></category>
		<category><![CDATA[Personnalités]]></category>
		<category><![CDATA[Théma]]></category>
		<category><![CDATA[affiches de film]]></category>
		<category><![CDATA[art brut]]></category>
		<category><![CDATA[bande-dessinée]]></category>
		<category><![CDATA[caroline sury]]></category>
		<category><![CDATA[dérangeant]]></category>
		<category><![CDATA[dernier cri]]></category>
		<category><![CDATA[dvd]]></category>
		<category><![CDATA[extrême]]></category>
		<category><![CDATA[ghana]]></category>
		<category><![CDATA[graphsime]]></category>
		<category><![CDATA[holywoodoo]]></category>
		<category><![CDATA[hôpital brut]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[marseille]]></category>
		<category><![CDATA[pakito bolino]]></category>
		<category><![CDATA[religions sauvages]]></category>
		<category><![CDATA[sérigraphie]]></category>
		<category><![CDATA[underground]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.cinetrange.com/?p=3140</guid>
		<description><![CDATA[Bien connu des amateurs d&#8217;art brut(al), dérangeant, et non-formaté, Le Dernier Cri est un éditeur underground basé à Marseille spécialisé dans le graphisme, la bande dessinée et la sérigraphie. Depuis 16 ans, Pakito Bolino et Caroline Sury proposent les travaux, souvent extrêmes, d&#8217;artistes issus des 4 coins de la planète. Ils ont gentiment accepté de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h6 class="mceTemp" style="text-align: left;">
<dl id="attachment_3146" class="wp-caption " style="width: 610px;">
<dt class="wp-caption-dt"><img class="size-medium wp-image-3146" title="p1020081" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2009/09/p1020081-600x450.jpg" alt="p1020081" width="600" height="450" /></dt>
<dd class="wp-caption-dd"> </dd>
</dl>
</h6>
<p style="text-align: left;">Bien connu des amateurs d&#8217;art brut(al), dérangeant, et non-formaté, <a href="http://www.lederniercri.org/">Le Dernier Cri</a> est un éditeur underground basé à Marseille spécialisé dans le graphisme, la bande dessinée et la sérigraphie.</p>
<p style="text-align: left;">Depuis 16 ans, Pakito Bolino et Caroline Sury proposent les travaux, souvent extrêmes, d&#8217;artistes issus des 4 coins de la planète. Ils ont gentiment accepté de répondre à nos questions.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="alignnone size-full wp-image-3231" title="thumbnail" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2009/09/thumbnail.jpg" alt="thumbnail" width="408" height="262" /></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;"><strong>Quelques mots-clefs pour définir la ligne éditoriale du Dernier Cri ?</strong><br />
VOMIR DES YEUX !!!! Le Dernier Cri veut tout. Le Dernier Cri n&#8217;a rien que ce qu&#8217;il chie. Le Dernier Cri est pour l&#8217;action purifigrafique et irréversible qui élimine les taches d&#8217;autocensure. Un Dernier Cri  n&#8217;a pas à être beau. Un Dernier Cri n&#8217;est jamais acceptable par tous. Le  Dernier Cri soutient tous les styles de malversations et de confusions grafiques comme principe d&#8217;opposition fondamentale au trait formaté ! Le Dernier Cri produit et vend son jus pour continuer le pire. Le Dernier Cri sont des monstres de foires. Le Dernier Cri publie des livres de papier saturés de traits jusqu&#8217;à l&#8217;explosion.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Vous éditez des artistes du monde entier ou presque. Comment et par le biais de quels supports les découvrez-vous ?</strong><br />
Les livres, car la plupart font de l&#8217;auto-édition&#8230; Le net, maintenant, et les expos Dernier Cri  à l&#8217;étranger&#8230;</p>
<p style="text-align: center;"><img class="alignnone size-full wp-image-3234" title="katasf" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2009/09/katasf.jpg" alt="katasf" width="444" height="262" /></p>
<p style="text-align: left;"><strong>La création du Dernier Cri remonte à&#8230; </strong><br />
Juin 1993. Dans un squat a Ris-Orangis&#8230;</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Qu&#8217;est-ce qui a le plus changé depuis ses débuts ?</strong><br />
Plus de machines&#8230; Plus de stocks de production. Plus d artistes dans le vortex&#8230;</p>
<p style="text-align: left;"><strong>À l&#8217;inverse, qu&#8217;est ce qui n&#8217;a pas changé ?</strong><br />
Les livres sont toujours fabriqués a la main. C&#8217;est du stakhanovisme total,  il faut garder la même envie et énergie comme au premier jour, et c&#8217;est ça le plus dur&#8230; Le prix a payer pour la liberté éditoriale&#8230;</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;"><strong>Vous avez édité il y a quelques temps <a href="http://www.lederniercri.org/shop/DVD.htm"><em>Les Religions Sauvages</em></a>, un DVD qui constitue en quelque sorte le pendant audiovisuel de votre travail sur papier&#8230;</strong><br />
<em>Les Religions Sauvages</em> est une auto-production totale. Le tournage a duré longtemps, peut être 2 ans, avec 1 semaine de prise de vue par mois, le reste du temps étant consacré a la production de livres qui rapportent l&#8217;argent de la guerre des nerfs&#8230; Merci a tous nos amateurs de papier, sans eux, pas de film&#8230;</p>
<p style="text-align: center;"><object width="425" height="344" data="http://www.youtube.com/v/KJxwHdni1H8&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;" type="application/x-shockwave-flash"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/KJxwHdni1H8&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;" /><param name="allowfullscreen" value="true" /></object></p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: center;"><!--pagetitle:1--></p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.cinetrange.com/special/les-indep/le-dernier-cri/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Pascal Stervinou</title>
		<link>http://www.cinetrange.com/special/les-indep/pascal-stervinou/</link>
		<comments>http://www.cinetrange.com/special/les-indep/pascal-stervinou/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 26 Jul 2009 18:43:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Courts-métrages]]></category>
		<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Les Indép']]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.cinetrange.com/?p=2979</guid>
		<description><![CDATA[Le jeune réalisateur Pascal Stervinou a fait des études de cinéma et il n&#8217;en est pas à son premier essai. Il est donc normal que ses films font preuve d&#8217;une certaine maîtrise de l&#8217;image, du cadre et de la direction d&#8217;acteurs. Par ailleurs, le réalisateur s&#8217;entoure à chaque fois ou presque d&#8217;une structure qui assure [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-3004 aligncenter" title="slasher1" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2009/07/slasher1.jpg" alt="slasher1" width="540" height="305" /></p>
<p>Le jeune réalisateur Pascal Stervinou a fait des études de cinéma et il n&#8217;en est pas à son premier essai. Il est donc normal que ses films font preuve d&#8217;une certaine maîtrise de l&#8217;image, du cadre et de la direction d&#8217;acteurs. Par ailleurs, le réalisateur s&#8217;entoure à chaque fois ou presque d&#8217;une structure qui assure la production et nous offre au final une oeuvre aboutie et professionnelle.</p>
<p>Pourtant, j&#8217;ai découvert ses oeuvres avec son film <em>Slasher</em>, un &#8220;truc&#8221; fait à l&#8217;arrache en super 8 qui ne laisse que peu présager du réel talent du réalisateur. <em>Slasher</em> n&#8217;est pas un film où l&#8217;on tue de l&#8217;adolescent par brochettes de douze mais le mot est pris au pied de la lettre, c&#8217;est-à-dire taillader, trancher. Deux personnages se poursuivent : un humain et un zombie. Le zombie s&#8217;en prend plein la tronche mais grâce à son statut, il continue de vivre. Encore un énième film de zombie ? Pas si sûr une fois que l&#8217;on voit la chute plutôt originale.</p>
<p>Le film le plus recherché de Pascal Stervinou est sans doute <em>Reptil</em>, qui conte le morne quotidien d&#8217;un homme moqué par tous ses voisins, enfants et adultes. D&#8217;une atmosphère pittoresque dans les petites rues d&#8217;une ville, nous passons progressivement à un environnement plus glauque, avec des insectes vivants cloués sur la porte, des choses suintantes. L&#8217;appartement de l&#8217;homme ressemble plus à une tanière qu&#8217;autre chose. Les marques gluantes dans son dos finissent par nous confirmer qu&#8217;il n&#8217;est pas tout à fait humain. Les voisins semblent d&#8217;ailleurs au courant. Le film fait la part belle aux décors, dont chaque détail est pensé pour donner un rendu très malsain.</p>
<p><em>Gouzi-gouzi</em> ne dure que quelques minutes mais s&#8217;inspire de l&#8217;atmosphère ambiguë de <em>Rosemary&#8217;s baby</em> en plus rigolo (ça semble difficile mais c&#8217;est cas). Malheureusement, il est impossible de dire quoi que ce soit du film sans éventer sa chute hilarante. Disons simplement qu&#8217;il reprend la scène bien connue de toute la famille qui s&#8217;émerveille devant le petit dernier dans son berceau et qui ne tarit pas d&#8217;éloges. Mais qui sont vraiment les parents de ce petit &#8220;monstre&#8221; ?</p>
<h2>Entretien avec le réalisateur</h2>
<p><strong><img class="alignright size-full wp-image-3005" title="reptil1" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2009/07/reptil1.jpg" alt="reptil1" width="402" height="221" />Peux-tu nous décrire ton parcours ?</strong><br />
Enfance cinéphilique axée sur les films de genre. J&#8217;ai vomi de peur en voyant <em>La Fiancée de Frankenstein</em> au Cinéma de Minuit quand j&#8217;avais une dizaine d&#8217;années. A la même époque, j&#8217;assiste au tournage de <em>Tess </em>et devient illico un grand fan de Polanski. Lecteur compulsif de Starfix. Réalisation de nombreux films Super 8 durant l&#8217;adolescence. Ecole de cinéma à Paris après le bac. Réalisation d&#8217;une demi douzaine de courts métrages pros (super 16 ou 35mm) multi primés et multi diffusés. Projets de moyen et de long métrage annulé au dernier moment dans les 90&#8242;s. Je travaille actuellement sur l&#8217;écriture et la création de séries de dessins animés pour la TV. Plus de détails sur : <a href="http://www.myspace.com/pascalstervinou" target="_blank">www.myspace.com/pascalstervinou</a> J&#8217;ai un projet de long fantastique intitulé EVILAND (titre provisoire) qui est en passe de trouver un producteur. Voir dessins préparatoires sur ma page My Space également.</p>
<p><strong>Il me semble que tu aimes bien tourner en &#8220;vraie&#8221; pellicule. Est-ce un  choix ? </strong><br />
J&#8217;aime tourner en film avec de véritables chefs opérateurs. Il me semble qu&#8217;on peut plus travailler la lumière, qu&#8217;elle est plus subtile et nuancée et donc plus émouvante. Le rendu est différent du numérique encore un peu froid. J&#8217;ai commencé à tourner des courts au début des années 90, donc en pellicule car le numérique était encore largement minoritaire. J&#8217;ai gardé cette habitude. Je tournerai sûrement mon prochain court (ou mon long, on peut rêver) en numérique. C&#8217;est curieux, mais la HD me semble trop nette, le piqué est sans pitié pour le grain de la peau et les décors. On voit beaucoup de choses très laides et sans personnalité dans ce format qui doit s&#8217;accompagner de vrais techniciens dédiés à ce procédé.</p>
<p><strong>Quels sont tes projets ?</strong><br />
La finalisation de l&#8217;écriture de la série d&#8217;animation que j&#8217;ai créée intitulée GARAGE CLUB pour la chaîne TV Nickelodeon. Diffusion fin 2009. Un court métrage auto-produit comme SLASHER et un long métrage (EVILAND) pour un producteur que j&#8217;ai déjà trouvé mais avec lequel je n&#8217;ai pas encore signé.</p>
<p><strong>Tous tes films flirtent avec le fantastique. Quel rapport  entretiens-tu avec le genre ? </strong><br />
Le fantastique. Entre mes 10 et 20, je n&#8217;ai vu quasiment que des films de genre et des films fantastiques en particulier. J&#8217;en suis très fan, même si le genre est souvent galvaudé. C&#8217;est pour moi un genre noble. Tous les grands réalisateurs ont un jour ou l&#8217;autre flirté avec le fantastique. Ce nest pas un hasard. C&#8217;est du cinéma à l&#8217;état brut. Je n&#8217;ai pas envie de tourner à la terrasse d&#8217;un café les mésaventures amoureuses d&#8217;un couple. D&#8217;un couple d&#8217;extraterrestres à la rigueur. C&#8217;est justement en utilisant les chemins détournés du fantastique qu&#8217;on parle mieux de notre société et de notre quotidien. Le cinéma est l&#8217;Art du détour et le cinéma de genre son instrument. Je préférerai toujours la vision d&#8217;un Cronenberg qui parle de la maladie au sein d&#8217;un couple dans <em>The Fly</em> plutôt qu&#8217;un film français démagogique qui aborde frontalement et sans sublimation un sujet si sensible.</p>
<p><strong>On trouve aussi chez toi un goût pour l&#8217;humour noir. A ton avis, d&#8217;où vient cette envie  de &#8220;cruauté&#8221; ? </strong><br />
Pour moi l&#8217;humour et l&#8217;horreur sont étroitement liés. Le rire est souvent une défense naturelle contre les choses terribles de la vie et les scènes insoutenables qu&#8217;on nous inflige au cinéma. Je pense que par définition l&#8217;humour est cruel. Il n&#8217;y a pas de réelle envie de cruauté de ma part dans mes films, mais juste l&#8217;envie de provoquer quelque chose chez le spectateur. Rires, frissons, larmes, peu importe. Je ne souscris pas par exemple au films de torture très à la mode actuellement dans le cinéma d&#8217;horreur. Je déteste <em>Hostel </em>et la série des <em>Saw </em>(dont je n&#8217;ai vu que le premier épisode) ne m&#8217;intéresse pas.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-3006 aligncenter" title="reptil2" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2009/07/reptil2.jpg" alt="reptil2" width="611" height="352" /></p>
<p><strong>Comment sont nés les projets Reptil et Slasher ? </strong><br />
L&#8217;idée de base de <em>Reptil</em> vient d&#8217;une blague de collégien (Comment se suicide un caméléon ? En se jetant sur une couverture écossaise ! Ah, Ah !) que j&#8217;ai prise au pied de la lettre. Ensuite le film a pris, je l&#8217;espère, une autre envergure. Je voulais parler de solitude, de maladie, du phénomène de la rumeur. J&#8217;aimais l&#8217;idée de raconter toute la vie d&#8217;un homme en montrant seulement les deux moments clefs de son existence (sa possession et son suicide). Je voulais faire un film d&#8217;ambiance à la direction artistique soignée. Je voulais aussi faire un film presque sans dialogue, assez sensitif où le cadre et la lumière suffisent pour raconter l&#8217;intrigue. Je l&#8217;ai tourné avec peu d&#8217;argent mais avec une équipe nombreuse et motivée. J&#8217;ai pu compter sur des boîtes de post-prod très à l&#8217;écoute sans lesquelles je n&#8217;aurais jamais pu terminer le film. Les productions successives se sont montrées par contre incompétentes. Elles n&#8217;ont pas soutenu le film et j&#8217;ai dû l&#8217;inscrire moi-même dans les festivals.</p>
<p>La genèse de <em>Slasher </em>a quelque chose de très &#8220;potache&#8221; : tourner en quelques jours un hommage aux slashers entre copains et au scénario (c&#8217;est un bien grand mot) quasi improvisé. Les scènes étaient &#8220;écrites&#8221; en fonction des décors rencontrés au hasard de nos pérégrinations. Ce film tient plus de l&#8217;exercice de style et de l&#8217;éclate pure que du film d&#8217;auteur à message. J&#8217;ai tournée <em>Slasher </em>en Super8. Je suis aussi parti du principe que c&#8217;était un peu crétin de fabriquer numériquement des sautes d&#8217;images et des rayures pour les films Grindhouse de Tarantino et Rodriguez. Le principe a quelque chose de profondément absurde. J&#8217;avais envie de montrer qu&#8217;en 2009 on pouvait encore faire de vraies rayures sur de la vraie pellicule. <em>Slasher </em>est une façon de rendre un bien modeste hommage au cinéma bis que j&#8217;ai toujours aimé.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.cinetrange.com/special/les-indep/pascal-stervinou/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Rencontre avec Jodo (2ème)</title>
		<link>http://www.cinetrange.com/support/lecture/rencontre-avec-jodo-2eme/</link>
		<comments>http://www.cinetrange.com/support/lecture/rencontre-avec-jodo-2eme/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 29 Jun 2009 18:24:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Personnalités]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.cinetrange.com/?p=2822</guid>
		<description><![CDATA[A l’occasion de la parution du livre De la cage au grand écran aux éditions K-Inite, Hors-circuits vous invite à nous rejoindre à une soirée rencontre avec Alejandro Jodorowsky et Jean-Paul Coillard. vendredi 3 juillet à LA SOCIÉTÉ DE CURIOSITÉS, 9 cité des trois bornes, 75011 Paris (m° Parmentier) de 19h à 22h30 : dédicaces, papotage [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-2823" title="cache_844129711" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2009/06/cache_844129711.jpg" alt="cache_844129711" width="209" height="315" />A l’occasion de la parution du livre De la cage au grand écran aux éditions K-Inite, Hors-circuits vous invite à nous rejoindre à une soirée rencontre avec Alejandro Jodorowsky et Jean-Paul Coillard.</p>
<p><strong>vendredi 3 juillet</strong></p>
<p>à <strong>LA SOCIÉTÉ DE CURIOSITÉS</strong>, 9 cité des trois bornes, 75011 Paris (m° Parmentier)</p>
<p>de 19h à 22h30 : dédicaces, papotage autour d’une restauration japonaise et du bar,</p>
<p>de 20h30 à minuit : projections de La cravate, El Topo et La montagne sacrée.</p>
<p>… et l’entrée est libre !</p>
<p><em><strong>DE LA CAGE AU GRAND ECRAN</strong></em></p>
<p>On connaît surtout Alexandro Jodorowsky en tant que scénariste de BD à succès (plus d’une cinquantaine, dont les séries des ‘incals’, des ‘Bouncers’, des ‘Technopères’ ou des ‘Borgia’), ainsi que pour ses nombreuses mises en scène de théâtre, son œuvre poétique, surréaliste et romanesque, et bien évidemment sa relecture des tarots et ses applications en thérapie, par le biais de la psychomagie. Mais c’est également un homme d’images, metteur en scène de films ayant influencé les réalisateurs du monde entier, depuis plusieurs générations, et que l’on redécouvre aujourd’hui, au travers de leur réédition progressive en DVD. Curieusement, jusqu’alors, aucun ouvrage en français ne s’était plongé dans cette importante partie de son œuvre. C’est aujourd’hui chose faite, tandis que « King Shot » pointe enfin le bout de son nez, avec cet ouvrage écrit en étroite collaboration entre ses deux auteurs, rendant finalement justice à un aspect fondamental de l’œuvre de ce créateur protéiforme. On ne peut s’évader de la cage, on ne peut que la distendre, l’étendre aux dimensions de l’infini. Laissez vous emporter…</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.cinetrange.com/support/lecture/rencontre-avec-jodo-2eme/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>De la cage au grand écran</title>
		<link>http://www.cinetrange.com/special/entretiens/de-la-cage-au-grand-ecran/</link>
		<comments>http://www.cinetrange.com/special/entretiens/de-la-cage-au-grand-ecran/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 27 May 2009 19:54:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Manu</dc:creator>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.cinetrange.com/?p=2572</guid>
		<description><![CDATA[Entretien avec Jodorowsky et analyse de son univers cinématographique par Jean-Paul Coillard Les admirateurs de Jodorowsky vont être aux anges. Le 2 juin 2009 sort chez l&#8217;éditeur indépendant K-Inite, « De la cage au grand écran », ouvrage d&#8217;entretiens et d&#8217;analyse, consacré au cinéma si singulier de Jodorowsky, auteur des perles que sont entre autres Santa Sangre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Entretien avec Jodorowsky et analyse de son univers cinématographique</em></strong></p>
<p>par Jean-Paul Coillard</p>
<p>Les admirateurs de Jodorowsky vont être aux anges. Le 2 juin 2009 sort chez l&#8217;éditeur indépendant K-Inite, « De la cage au grand écran », ouvrage d&#8217;entretiens et d&#8217;analyse, consacré au cinéma si singulier de Jodorowsky, auteur des perles que sont entre autres Santa Sangre et El topo.</p>
<p>Le livre écrit par Jean-Paul Coillard alterne brillamment analyse et longs entretiens passionnants avec un Jodorowsky pleinement impliqué.</p>
<p>Les veinards qui habitent Paris pourront se retrouver le 4 juin au Black Dog (voir flyer ci-joint) pour une rencontre avec Jean-Paul Coillard et Alejandro Jodorowsky.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-2573 aligncenter" title="2009-06-04-jododicace-flyer" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2009/05/2009-06-04-jododicace-flyer.jpg" alt="2009-06-04-jododicace-flyer" width="586" height="800" /></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.cinetrange.com/special/entretiens/de-la-cage-au-grand-ecran/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Sakura No Kage et Survival, de Guillaume Tauveron</title>
		<link>http://www.cinetrange.com/special/les-indep/sakura-no-kage-et-survival-de-guillaume-tauveron/</link>
		<comments>http://www.cinetrange.com/special/les-indep/sakura-no-kage-et-survival-de-guillaume-tauveron/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 30 Mar 2009 19:58:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Courts-métrages]]></category>
		<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Les Indép']]></category>
		<category><![CDATA[Guillaume Tauveron]]></category>
		<category><![CDATA[Hiroshi Toda]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.cinetrange.com/?p=2210</guid>
		<description><![CDATA[Pierre est un tueur à gages. Un mystérieux contrat l&#8217;amène au Japon, sur les traces d&#8217;un hommes d&#8217;affaires et des ses filles. Il doit abattre l&#8217;une d&#8217;entre elles devant les yeux du père. Réalisé à quatre mains par Hiroshi Toda et Guillaume Tauveron, Sakura no kage est un étrange échange entre la France et le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignright size-full wp-image-2231" title="affiche_sakura_no_kage" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2009/03/affiche_sakura_no_kage.jpg" alt="affiche_sakura_no_kage" width="352" height="497" />Pierre est un tueur à gages. Un mystérieux contrat l&#8217;amène au Japon, sur les traces d&#8217;un hommes d&#8217;affaires et des ses filles. Il doit abattre l&#8217;une d&#8217;entre elles devant les yeux du père.</p>
<p>Réalisé à quatre mains par Hiroshi Toda et Guillaume Tauveron, <em>Sakura no kage</em> est un étrange échange entre la France et le Japon, qui nous rappelle un peu les expérimentations transculturelles d&#8217;un Jean-Pierre Limosin. Le début du film se passe à Clermont-Ferrand. Nous sommes les témoins de la vie d&#8217;un assassin, faite d&#8217;un quotidien somme toute banal : Pierre se fait des oeufs au plat. Il va faire son footing. Il prend sa douche. Et occasionellement, il tue un quidam! Le début est contemplatif, se passe presque de tout dialogue. Au moment où l&#8217;on sent poindre l&#8217;ennui, le film opère une première rupture de ton avec l&#8217;arrivée d&#8217;une mystérieuse enveloppe. Un contrat lui demande de tuer la fille aînée d&#8217;Okayama, un homme d&#8217;affaires japonais. Le tueur se rend alors à l&#8217;autre bout de la planète. Okayama n&#8217;est pas là. Pierre fait alors connaissance de sa fille aînée, au caractère très taciturne et avec laquelle il va se lier d&#8217;amitié, ou d&#8217;amour, la frontière est assez floue. Leur relation est décrite par une succession de dialogues muets et tout passe par leur façon de bouger, de se déplacer et de se regarder. Ce langage des corps est magnifié par un découpage millimétré des scènes.<br />
Nouvelle rupture de ton lorsqu&#8217;apparaît l&#8217;autre fille d&#8217;Okayama. Celle-ci se passionne pour le français (et pour tous les clichés qui accompagnent notre culture) et le réalisateur compose alors sur le thème de la comédie, lorsqu&#8217;elle drague littéralement le personnage principal.</p>
<p>Artiste indépendant, Guillaume Tauveron n&#8217;oublie cependant pas de donner une forme professionnelle à son film. Les cadres sont soignés, tout comme la lumière. La qualité d&#8217;image est au rendez-vous et donne un aspect très abouti à l&#8217;ensemble. Pas le moindre amateurisme ici si ce n&#8217;est dans quelques mouvement de caméra limités par le matériel. Grâce à un soin maniaque apporté à la décoration, les réalisateurs sont parvenus à donner au film un style personnel très épuré. Très peu de mobilier, un minimum d&#8217;accessoires, et de nombreux plans fixes confèrent au film un aspect typiquement &#8220;japonais&#8221;, que l&#8217;on pourrait qualifier de zen. Guillaume Tauveron et Hiroshi Toda ont fait preuve d&#8217;un indéniable talent pour développer une atmosphère basée essentiellement sur l&#8217;esthétique. Il faudra sans doute être quelque peu sensible à la culture japonaise pour saisir cette magie. Celle-ci nous fait progressivement aimer les personnages, et l&#8217;on finit par ne plus s&#8217;en détacher.</p>
<p>Alors que <em>Sakura No Kage </em>est un long-métrage (1h10), <em>Survival </em>est un court-métrage de 20 mn, réalisé cette fois-ci, par un Guillaume Tauveron seul aux commandes. Le thème de la survie est abordé mais il ne s&#8217;inscrit pas dans la vague actuelle des slashers forestiers. Sullivan est un ancien champion de kickboxing. Un cancer l&#8217;empêche néanmoins de poursuivre sa carrière. Déchu, le combattant sombre dans l&#8217;alcool et délaisse sa petite amie. Il se laisse mourir à petit feu jusqu&#8217;à sa rencontre avec trois êtres mystérieux. La maladie, la mort et Dieu l&#8217;attendent pour un ultime combat.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-2232  aligncenter" title="survival-12" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2009/03/survival-12.jpg" alt="survival-12" width="572" height="308" /></p>
<p>L&#8217;ambition du film est de réunir des univers à priori très éloignés les uns des autres. Le réalisateur conçoit donc un cocktail singulier à base de kickboxing, de romantisme et de mystique, et s&#8217;affranchit ainsi d&#8217;être catalogué dans un quelconque genre. S&#8217;il y a bien quelques coups de savates échangés entre &#8220;la mort&#8221; et Sullivan, le film évite l&#8217;écueil du ridicule. Le récit ne traîne pas, la mise en scène est dynamique. Damien Leconte, enfermé dans le stéréotype du tas de muscles avec un bon fond, s&#8217;en sort plutôt bien. Malgré quelques dialogues poussifs, la cohérence de l&#8217;ensemble sauve les meubles et l&#8217;on passe au final un bon moment, grâce à quelques jolies scènes d&#8217;action, soutenues par des effets spéciaux assez réussis.</p>
<p>Sakura no kage sur dailymotion : <a href="http://www.dailymotion.com/user/shineiga/video/x8ksuv_sakura-no-kage-part-1_shortfilms" target="_blank">partie 1</a>, <a href="http://www.dailymotion.com/user/shineiga/video/x8m4ia_sakura-no-kage-part2_shortfilms" target="_blank">partie 2</a></p>
<p><a href="http://www.dailymotion.com/user/shineiga/video/x8new6_survival_shortfilms" target="_blank">Survival sur dailymotion</a></p>
<p><object width="480" height="381" data="http://www.dailymotion.com/swf/x8cdj6_survival-trailer2_shortfilms&amp;related=1" type="application/x-shockwave-flash"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/x8cdj6_survival-trailer2_shortfilms&amp;related=1" /><param name="allowfullscreen" value="true" /></object></p>
<p><!--pagetitle:Entretien avec G. Tauveron--></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.cinetrange.com/special/les-indep/sakura-no-kage-et-survival-de-guillaume-tauveron/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>No Morirè Sola (I&#8217;ll never die alone)</title>
		<link>http://www.cinetrange.com/special/chronique/no-morire-sola-ill-never-die-alone/</link>
		<comments>http://www.cinetrange.com/special/chronique/no-morire-sola-ill-never-die-alone/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 22 Mar 2009 09:06:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Adrian Bogliano]]></category>
		<category><![CDATA[Paura Flics]]></category>
		<category><![CDATA[rape and revenge]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.cinetrange.com/?p=1173</guid>
		<description><![CDATA[Ces derniers temps, presque tous les genres des années 70 ont été remis au goût du jour par le biais de remakes ou de reprises d&#8217;idées mises au goût du jour. Il reste cependant un genre auquel personne n&#8217;a touché : le rape and revenge. Sans doute à cause du côté &#8220;rape&#8221;. Car si aujourd&#8217;hui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-2183 aligncenter" title="no-morire-sola2" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2009/03/no-morire-sola2.jpg" alt="no-morire-sola2" width="552" height="774" /></p>
<p>Ces derniers temps, presque tous les genres des années 70 ont été remis au goût du jour par le biais de remakes ou de reprises d&#8217;idées mises au goût du jour. Il reste cependant un genre auquel personne n&#8217;a touché : le rape and revenge. Sans doute à cause du côté &#8220;rape&#8221;. Car si aujourd&#8217;hui la torture ne semble plus du tout être un tabou, il en est tout autre de la sexualité. On sait que dans une fiction, le viol est très dérangeant car il place souvent le spectateur en tant que voyeur, et induit une certaine connivence avec l&#8217;agresseur. C&#8217;est tout à fait le cas avec No Morirè Sola, du réalisateur Adrian Bogliano.</p>
<p>Quatre étudiantes partent en voyage. Sur le chemin, elles trouvent une jeune fille ensanglantée au bord de la route. Celle-ci a été blessée par balle par des chasseurs imprudents. Elles décident de sauver la fille qui meurt en court de route. Arrivées à Trinidad, village paumé le plus proche, elles signalent l&#8217;incident à la police. Les jeunes filles se rendent compte, un peu tardivement, que ce sont les chasseurs qui font la loi dans les environs. Ils kidnappent les filles afin de leur faire subir les pires outrages au fin fond d&#8217;une forêt.</p>
<p>Adrian Garcia Bogliano est un jeune réalisateur (même pas trentenaire) argentin qui se propose donc de revisiter un genre bien connu des années 70. Les influences ne sont pas masquées et elles sont même affichées dans le générique. On retrouve entre autres <em><a href="http://www.cinetrange.com/thema/la-derniere-maison-sur-la-gauche">La Dernière maison sur la gauche</a>, Les chiens de paille, <a href="http://www.cinetrange.com/?film=533">Thriller : a cruel picture</a></em>. Rien que des grosses pointures dont on se demande comment le film pourra rivaliser. Au final, Bogliano réussit son pari car il n&#8217;hésite pas à nous balancer à la tête quelques scènes aussi crues que cruelles, brisant les tabous que n&#8217;abordent aucunement les films d&#8217;horreur actuels et notamment les survival. Il respecte la structure en trois actes : insouciance, viol, vengeance. Le début est assez classique mais présente tout de même un décor original composé de forêts, de routes pleines de sable et de patelins paumés en Argentine. L&#8217;image est brute de décoffrage et laisse entrevoir un traitement premier degré et hardcore du récit. La longue scène de viol est très marquante car elle va loin dans la description graphique des comportements barbares du groupe d&#8217;homme. Suite à ce moment intense, les survivantes rassemblent leurs esprits lors de très belles scènes où elles déambulent dans la nature, et le film devient alors presque muet.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-2184" title="enganche-apaisadas_0002_p1010839" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2009/03/enganche-apaisadas_0002_p1010839.jpg" alt="enganche-apaisadas_0002_p1010839" width="352" height="264" />Plutôt que de reprendre les ingrédients et d&#8217;appliquer la recette à la lettre, Bogliano se permet de digresser pour son propre plaisir. Même si la bande-annonce laisse penser le contraire, le montage du film n&#8217;est pas absolument pas hystérique, bien au contraire. Il laisse souvent tourner la caméra lors de scènes à priori inutiles; par exemple lorsqu&#8217;après le viol, les filles errent longuement dans les bois, totalement hébétées. Le réalisateur semble particulièrement attiré par la nature environnante, magnifiée par des bruitages d&#8217;insecte omniprésents. L&#8217;ambiance sonore est très bien conçue et alterne des bruits internes (respiration, battements de coeur) avec des bruits externes (insectes, cris d&#8217;animaux, le vent dans les arbres). Plus qu&#8217;un simple divertissement, <em>No Morirè Sola</em> prend du recul par rapport à son propos et nous dit que finalement c&#8217;est la loi de la jungle qui s&#8217;applique, celle du plus fort et que les jolies rivières, les petits oiseaux et les insectes zézayants ne changent absolument rien à l&#8217;affaire. Le réalisateur préfère la contemplation d&#8217;une nature indifférente à la violence, plutôt que d&#8217;insister sur les actes déviants des sales types.</p>
<p>Le réalisme parfois presque documentaire, s&#8217;efface un peu lors des scènes gores dont les effets sont parfois un peu trop &#8220;explosifs&#8221; pour être crédibles. De même, le sourire complice de la part des filles à la caméra permet de s&#8217;astreindre d&#8217;un réalisme trop pesant qui aurait rendu l&#8217;expérience vraiment glauque (pour cela on regardera <em>Eden Lake</em>). Si Adrian Bogliano n&#8217;innove pas fondamentalement, il livre ici un film original à la mise en scène très personnelle qui fait de lui un auteur et non un simple faiseur de film d&#8217;exploitation. Si l&#8217;on considère la maigreur du budget, on sera encore plus surpris de la réussite de ce film. Malheureusement <em>No Morirè Sola</em> n&#8217;est disponible en dvd qu&#8217;en Allemagne et au Japon. Les droits pour la France sont disponibles. Avis aux éditeurs&#8230;</p>
<p><object width="400" height="321" data="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=1542700&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=0&amp;color=&amp;fullscreen=1" type="application/x-shockwave-flash"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=1542700&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=0&amp;color=&amp;fullscreen=1" /></object></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.cinetrange.com/special/chronique/no-morire-sola-ill-never-die-alone/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

