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	<title>Cinétrange &#187; Sorties Dvd</title>
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	<description>Les films les plus bizarres en dvd</description>
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		<title>Le livre noir</title>
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		<pubDate>Sat, 12 May 2012 15:43:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Manu</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma bis]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Dvd]]></category>

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		<description><![CDATA[Les cinéphiles ont tendance à oublier que le début de carrière d’Anthony Mann était placé sous le signe de la série B. Il est d’abord reconnu comme étant le maître du western moderne, grâce à son approche picturale du traitement visuel et  à la complexité des personnages et des enjeux.  L’homme de l’ouest, je suis un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6906" title="LivreNoir-04" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2012/05/LivreNoir-04.jpg" alt="" width="600" height="471" /></p>
<p>Les cinéphiles ont tendance à oublier que le début de carrière d’Anthony Mann était placé sous le signe de la série B. Il est d’abord reconnu comme étant le maître du western moderne, grâce à son approche picturale du traitement visuel et  à la complexité des personnages et des enjeux. <em> L’homme de l’ouest, je suis un aventurier </em>et<em> Winchester 73</em> sont de véritables chefs-d’œuvre qui ont marqué  l’histoire du septième art. Avant de devenir un « auteur » à part entière au sein même de l’industrie hollywoodienne, Mann fut un spécialiste émérite du petit polar fauché, sec et vigoureux, tourné dans des conditions difficiles et dans des décors naturels.</p>
<p>Filmés en extérieur, <em>La brigade des suicides</em> ou <em>Marché de brutes</em> tranchaient avec la production courante, en mêlant approche documentaire et lyrisme sombre. Ce côté âpre et rigoureux était sublimé  par les compositions visuelles de Jon Alton, l’un des plus grands chef op de tous les temps. Tourné à la même époque, <em>Le livre noir</em> est en revanche un film totalement atypique, à la lisière de nombreux genres.  Il s’agit d’un drame historique situé au lendemain de la révolution française, en 1794, période trouble et chaotique, baignant dans un climat de terreur.  Robespierre n’a qu’un but : éliminer tous ses rivaux afin de conserver les grâces de la convention.  Dans un petit livre noir, il a dressé une liste de ses ennemis, conspirateurs,  victimes de la cruauté révolutionnaire. Ce petit livre doit être détruit. Charles d’Aubigny est chargé de retrouver le livre dans le but de destituer Robespierre.</p>
<p>Si  l’on s’en tient à l’aspect purement historique,  Le livre noir est une catastrophe, truffée d’invraisemblances, de contrevérités, de dates erronées, d’anachronismes. Un carton situe le film en 1791 alors que nous sommes bien en 1794. Ensuite, le portrait outré de Robespierre  est certainement loin de la réalité : il apparaît comme une sorte de méchant ultime, un type effrayant  et diabolique, une sorte d’incarnation du mal. En face de lui, Danton n’est rien d’autre qu’un saint, un sauveur de la France. Ce manichéisme très hollywoodien peut déranger les historiens. Ils n’ont pas tort. Sauf que le cinéma n’est pas la reproduction du réel. Anthony Mann ne s’intéresse pas à l’exactitude des faits. Il n’est d’ailleurs pas le seul grand réalisateur à prendre ses distances avec la vérité historique. Les bondissants films d’aventure des années 50 tels que <em>Les chevaliers de la table ronde</em> ou <em>Les trois mousquetaires</em> sont parfois des modèles de révisionnisme. Plus récemment, <em>Amadeus</em> de Milos Forman dressait un double portrait de Mozart et Salieri en partie erroné. Dans le génial <em>La chair et le sang</em>, Verhoeven ne respecte pas  le souci du détail, au point de faire intervenir une échelle de pompier tout ce qu’il y a de plus moderne.</p>
<p>Mann raconte d’abord une histoire haletante comme dans ses meilleurs polars. La vraisemblance est sacrifiée au profit d’une efficacité narrative qui s’interdit tout temps mort. Ce qui impressionne dans <em>Le livre noir, </em>c&#8217;est l’incroyable densité du récit, la tension permanente qui émane d’un film qui ne s’interdit aucune fantaisie ni humour (notamment le final, avec l’apparition de Napoléon). Le film est construit comme un film noir à suspense en empruntant de nombreux codes au récit d’espionnage. On retrouve les thèmes de la manipulation, de la trahison, et du double. Et le fameux livre noir n’est au final qu’un prétexte à une histoire où les personnages ne cessent de mentir, dupé, tromper autrui. Ce livre n’est qu’un McGuffin dans le sens où son contenu ne nous intéresse pas et ne sera d’ailleurs jamais révélé.</p>
<p>Anthony Mann s’aventure même parfois  du côté obscur de l’univers gothique. Pour le meurtre  de Duval, la mise en scène glisse vers le cinéma d’épouvante en jouant habilement sur les clairs obscurs été les cadrages alambiqués. Le grand talent de Mann est d’avoir su tirer pleinement parti de son budget dérisoire. La reconstitution historique, tournée entièrement en studio, souffre d’un évident manque de moyen. L’absence de plan larges, de décors imposants, de figurants est heureusement compensée par une mise en scène inventive et économe, servi par une photo noir et blanc magnifique. Le talent de Jon Alton déborde de tous les côtés du cadre, il compose des images aux textures expressionnistes  n’ayant rien à envier aux plus beaux films muets de Fritz Lang.</p>
<p>Divertissant et sombre, Le livre noir est une pépite de la série B, une œuvre d’une étonnante modernité formelle portée par une interprétation remarquable de comédiens peu connus et aussi une impeccable direction artistique.</p>
<p><em>(1949) d’Anthony Mann avec Robert Cummings, Arlene Dahl, Richard Baseheart.</em></p>
<p><em>Dvd édité par <a href="http://www.artusfilms.com" target="_blank">Artus Films</a>. Bonus entretien avec Jean-Claude Missiaen</em></p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6907" title="LivreNoir-03" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2012/05/LivreNoir-03.jpg" alt="" width="600" height="467" /></p>
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		<title>Âmes perdues de Dino Risi</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Apr 2012 15:56:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Manu</dc:creator>
				<category><![CDATA[Italie]]></category>
		<category><![CDATA[Policier / Thriller]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Dvd]]></category>

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		<description><![CDATA[Certains films vous hantent à vie. Pas forcément les meilleurs. Et parfois pour des raisons obscures mais intimes. Ceux qui renvoient à vos premiers émois cinéphiliques, qui vous impriment la rétine d’images que vous n’oublierez jamais. La découverte du haut de mes 13 ans, en rentrant du collège, d’Ames perdues fut un choc total. Et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-6892" title="amesperdues" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2012/04/amesperdues-421x600.jpg" alt="" width="421" height="600" /></p>
<p>Certains films vous hantent à vie. Pas forcément les meilleurs. Et parfois pour des raisons obscures mais intimes. Ceux qui renvoient à vos premiers émois cinéphiliques, qui vous impriment la rétine d’images que vous n’oublierez jamais.</p>
<p>La découverte du haut de mes 13 ans, en rentrant du collège, d’<em>Ames perdues</em> fut un choc total. Et pourtant je ne suis même pas convaincu d’avoir vu le film intégralement quand il passa autour de 17 h sur FR3. Je ne connaissais à l’époque ni Dino Risi, ni Vittorio Gassman. L’image, forte et angoissante de Vittorio Gassman, dévorant une pastèque en s’agitant comme un malade mental dans la pièce où il se trouvait cloitré, m’avait littéralement terrorisé.  La révélation finale me perturba pendant des semaines. Pourtant, il ne s’agissait pas d’un film d’horreur mais en apparence d’un drame psychologique plutôt bourgeois.</p>
<p>Mais commençons par le début. Le jeune Tino (Danilo Mattei que l’on croisera dans des bisseries comme <em>Cannibal ferox</em> ou <em>La guerre du fer</em>)  débarque à Venise pour habiter chez son oncle et sa tante, un couple austère, marqué par un passé douloureux et sur qui pèse un lourd secret. L’oncle, Fabio Stoltz, est un homme rigide, coincé dans sa morale rigoureuse et terrifiante tandis que sa femme, Elisa,  soumise, semble vivre dans la peur. A l’étage au-dessus vit le frère de Fabio, un artiste devenu fou qui vit reclus après avoir causé la mort de Beba, la fille du premier mariage d’Elisa.</p>
<p>Spécialiste émérite de la comédie à l’italienne (<em>Les monstres, le fanfaron, l’homme aux mille visages</em>), Dino Risi a pourtant réalisé ses plus beaux films dans des registres différents. Souvenez –vous de <em>Fantôme d’amour</em>, magnifique romance fantastique ou du poignant <em>Parfum de femmes</em>, splendide mélo désenchanté. <em>Ames perdues</em> baigne dès ses premières images, dans un climat étouffant et morbide. Venise, une fois n’est pas coutume, n’est pas filmé comme dans un dépliant touristique mais comme une cité mortifère peuplée de secrets inavouables. Il plane sur cette ville une tristesse infinie que Risi retranscrit à merveille grâce à une utilisation pertinente de la topographie : rues désertes, devantures sales des habitations, autochtones aux visages ravagés. Rarement un lieu aura projeté sur le spectateur un effet aussi glaçant, une austérité  aussi éprouvante. Ensuite, la vaste demeure, tout droit sortie d’un conte de Poe, parait plongée dans un passé glauque. Le poids de l’éducation sous tendu par la religion, les frustrations sexuelles qui amènent ce  couple à vivre dans une rigidité morale extrême, nous entraînent dans un univers aussi puritain qu’inquiétant. Bien sûr tout cela n’est qu’une façade dissimulant un mystère. A travers le regard vierge et naïf du jeune Tino, le spectateur découvre un monde peuplé de faux semblants. Angoissant jusqu’à l’absurde, <em>Ames perdues</em>  s’empare d’un sujet Buñuellien pour le pousser jusqu’au bout de sa logique terrifiante. Construit comme un pur film de genre, prenant et inquiétant, le film de Risi est aussi une virulente critique des institutions familiales, du poids de l’ordre et de la morale.</p>
<p>Porté par une mise en scène épurée en accord avec le sujet traité et doté d’un twist final qui fait froid dans le dos, <em>Ames perdues</em> est un immense film qui traite de la folie à travers la schizophrénie d’un individu. Vittorio Gassman est extraordinaire tandis que Deneuve dans un rôle très de celui de Tristana, est bouleversante.</p>
<p><em>(ITA-1977) de Dinoi Risi avec Vittorio Gassman, Catheine Deneuve, Danilo Mattei</em></p>
<p><em>Format : 1.85 (16/9). Audio : français, Italien (mono). Sous titres : Français. Durée : 89 mn. Bonus : notes de production, Parlons cinéma : Tonino Delli Colli (chef opérateur), un docu de Carlo Lizzani, Bandes annonces. Edité en DVD par M6 VIDEO (SNC les maîtres italiens)</em></p>
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		<title>Faux-semblants</title>
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		<pubDate>Sat, 07 Apr 2012 07:34:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Léo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Inclassable]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Blu-Ray]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Dvd]]></category>

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		<description><![CDATA[Entre 2000 et 2001, le réalisateur canadien David Cronenberg a été kidnappé par des agents d&#8217;Annexie, enfermé dans une cave aux murs de glaise électrique, puis livré en pâture à des téléviseurs affamés. Un double malfaisant a ensuite pris sa place ici-bas, réalisant sous son nom, et dans le seul but de le discréditer, la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-6865" title="Dead Ringers-C002" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2012/04/Dead-Ringers-C002-600x414.jpg" alt="" width="600" height="414" /></p>
<p>Entre 2000 et 2001, le réalisateur canadien David Cronenberg a été kidnappé par des agents d&#8217;Annexie, enfermé dans une cave aux murs de glaise électrique, puis livré en pâture à des téléviseurs affamés. Un double malfaisant a ensuite pris sa place ici-bas, réalisant sous son nom, et dans le seul but de le discréditer, la fable plan-plan-psychanalytique <em>Spider</em>, le triste &amp; sec <em>History of violence</em>, puis le sous-depalmesque <em>Eastern promises</em>. Peut-être est-ce un autre clone qui a pris la relève pour <em>A dangerous method</em>, et peut-être n&#8217;est-ce que le même, continuant de se détériorer. Difficile d&#8217;expliquer autrement comment un réalisateur aussi cohérent et marqué que lui ait pu basculer dans ce jaccuzi du mainstream auteurisant hollywoodien, où on ne distingue plus guère un Nolan d&#8217;un Spielberg et un Scorcese d&#8217;un Aronowsky. <em>La Mouche</em>, putain, David, et <em>le Festin nu</em>, et <em>Crash</em> et <em>Vidéodrome</em>, comment aurais-tu pu, comment aurais-tu pu nous faire ça ?</p>
<p>Dans sa filmographie d&#8217;avant, <em>Dead Ringers</em> (1988) reste mon number one favori. Une histoire de frère jumeaux gynécologues, travaillant peu à peu à la séparation de leur couple quasi-siamois. Featuring une actrice de série télé qui tourne aux amphètes, des champs opératoires rouge pétants, du triolisme affectif sur In the Still of the Night, des utérus trifides, des outils amusants pour sonder l&#8217;intérieur des femmes, et Jeremy Irons impeccable dans ces deux rôles principaux qui parfois n&#8217;en font qu&#8217;un. Un film d&#8217;horreur exemplaire, indubitablement cronenbergien, entre fascination et répulsion pour les corps, le sexe, la technique (ici les outils et les drogues) et la métamorphose.</p>
<p>Ce qui m&#8217;a épaté à cette revoyure, c&#8217;est la lente avancée du film, sa transformation même. La première heure, et un peu plus sans doute, repose sur une admirable construction théâtrale. Minutie, précision, presque froideur dans la façon de mettre en scène. Tout est très intelligent, très fixé, les plans ont pile la bonne longueur, les scènes nouent et dénouent les enjeux, presque tous les dialogues sont à double sens, l&#8217;image donne à voir les troubles intérieurs. Un brillante mécanique narrative, un sens du dramatique très littéraire, en fait, qui aurait pu passer dans bien d&#8217;autres médiums. Par-dessus, bien sûr, il y a aussi la photo très léchée, le choix de décors typique des films de Cronenberg (intérieur chic propret virant au champ de bataille, installation scientifico-médicale empruntant à l&#8217;imagerie scifi&#8230;) C&#8217;est très bon mais ça reste un peu mécanique, des actions, des réactions, poser, déplacer, faire évoluer les personnages.</p>
<p>Et puis il y a les dernières minutes, qui sont du pur cinéma. La combinaison du montage, sde mouvements de caméra, d&#8217;images, de son. La musique d&#8217;Howard Shore sur des fondus enchaînés de stores vénitiens. Les pano sur les instruments couverts de sang. La seringue figée dans la cire fondue d&#8217;une bougie. Des textures, des liens sensuels, des ellipses, pour finir sur ce plan fixe façon peinture renaissance, la piéta déformée des deux frères. Terrible, terrible.</p>
<p>Juste avant ça, on avait eu droit au plan électrochoc de Bev cherchant son frère, faisant semblant de ne pas le voir, se dandinant au premier plan en chougnant &laquo;&nbsp;Elli, Elli&#8230;&nbsp;&raquo; tandis que le spectateur, lui, ne peut détacher ses yeux du cadavre sur l&#8217;établi. Il y a un truc pareil dans <em>Requiem pour un massacre</em>, ce moment très dérangeant où le héros refuse de regarder et où nous, de l&#8217;autre côté de l&#8217;écran, n&#8217;avons pas le choix. Cela dure un peu, un peu trop pour que ce soit confortable, et on ressent alors presque physiquement l&#8217;emprise de ce temps de captivité, le nœud dans les tripes. Quelque chose que le cinéma, bien utilisé, sait seul produire. Au delà des bâillements, des sourires de connivence ou d&#8217;une anesthésie de l&#8217;attention pendant deux heures de temps.</p>
<p><em>Dead Ringers</em> est un masterpisse.</p>
<p>Honte à l&#8217;Annexie ! Mort aux traitres et aux fous ! Liberté pour Cronenberg !</p>
<p>*</p>
<p>Une réédition &laquo;&nbsp;collector&nbsp;&raquo; de <em>Faux-Semblants</em> a été faite par Filmedia début 2012. En DVD elle est composée de deux disques, l&#8217;un avec le film (115 mn, v.o. ou v.f., notez que les sous-titres sont calamiteux, avec plusieurs contresens délirants) et l&#8217;autre contenant les bonuses. Ceux-ci se dissèquent comme suit : une heure de récap de la carrière de Cronenberg (docu U.S. classique, sous-titrés là encore avec le dos du scalpel, pas inintéressant), une demi-heure d&#8217;interviews en français autour de la gémellité (inégal, mais l&#8217;essentiel est tenu par un psychologue spécialiste plutôt fin, et qui suit le film de très près), vingt minutes d&#8217;effets spéciaux décortiqués (dix-huit sont inutiles), un extrait de docu d&#8217;époque et une bande-annonce. Comme souvent, tout ça manque un peu de funk. Reste que le film, tout seul, tout sec, vaut largement ses 15 euros.</p>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-6866" title="Dead Ringers-C001" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2012/04/Dead-Ringers-C001-600x405.jpg" alt="" width="600" height="405" /></p>
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		<title>Les monstres viennent de l&#8217;espace</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Mar 2012 08:50:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Manu</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma bis]]></category>
		<category><![CDATA[Fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Dvd]]></category>

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		<description><![CDATA[Artus nous présente un coffret de science-fiction un peu particulier dans le cadre d’un sous-genre qui emprunte ses codes aux films de monstres : les invasions extra-terrestres. Ce bel objet intitulé « Les monstres viennent de l’espace » nous propose quatre films d’inégales qualités mais proposant à chaque fois un point de vue intéressant sur le sujet. Ces [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.artusfilms.com" target="_blank">Artus </a>nous présente un coffret de science-fiction un peu particulier dans le cadre d’un sous-genre qui emprunte ses codes aux films de monstres : les invasions extra-terrestres. Ce bel objet intitulé « Les monstres viennent de l’espace » nous propose quatre films d’inégales qualités mais proposant à chaque fois un point de vue intéressant sur le sujet. Ces films, tournés à la fin des années 50 en pleine période du Maccarthysme  reflètent les inquiétudes des Etats Unis, la paranoïa, et proposent une vision belliciste et parfois un discours humaniste.</p>
<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2012/03/not3.jpg"><img class="size-medium wp-image-6840 aligncenter" title="not3" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2012/03/not3-600x466.jpg" alt="" width="600" height="466" /></a></p>
<p><strong>THE HIDEOUS SUN DEMON</strong></p>
<p>Premier film du coffret, <em>The hideous  sun demon</em> reprend l’idée de départ du génial<em> L’homme qui rétrécit,</em> le chef d’œuvre de Jack Arnold, d’après Richard Matheson. Le Docteur Ken, chercheur en sciences atomiques,  se retrouve exposé  à des radiations nucléaires. Mais plutôt que de rétrécir, il se transforme en une créature mi-homme mi-lézard au contact du soleil.</p>
<p>Plombé par un début bavard et conventionnel avec un exposé scientifique aussi fastidieux que convenu,<em> The hideous sun demon</em> reste une agréable série Z qui ne propose guère de surprise,  hormis une transformation du personnage principal en monstre écailleux. Sur la terrasse d’un hôpital, bien allongé sur une chaise longue face au soleil, il subit sa première métamorphose … hors champs, hormis une main pleine d’écailles censée être la première séquence choc. Il faudra attendre la 34 ème minute pour découvrir le fameux homme-lézard dans son costume caoutchouteux moins crédible que la célèbre créature du lac noir qui possède un design assez fascinant.</p>
<p>Avec ses faux airs de Cary Grant, le docteur, victime d’une malédiction peu commune à l’instar de Bruce Banner se transformant en Hulk , va rencontrer une femme fatale (pas très jolie) et des gangsters issus d’un pur film noir conférant une petite touche d’originalité à ce mélange sympa de <em>La mouche noire</em>, <em>Hulk</em> et le film de loup-garou. Le film a dû inspirer aussi John Gilling pour <em>La femme reptile</em>, excellente production de la Hammer.</p>
<p>Néanmoins, il manque quelques beaux éclairages nocturnes, la griffe d’un vrai cinéaste, fait que l’on ne pourra reprocher au second film du coffret, le surprenant <em>Not of this earth</em> du stakhanoviste Roger Corman, l’un des plus grands dénicheurs de talents (James Cameron, Joe Dante, Jack Nicholson, Francis Ford Coppola).</p>
<p><strong>NOT OF THIS EARTH</strong></p>
<p>Producteur prolifique et souvent opportuniste, Roger Corman est aussi un cinéaste passionnant, capable avec 3 fois rien de transformer un script anémique et un budget ridicule, en série B intelligente et haletante.</p>
<p>L’histoire est simple mais redoutablement efficace : un agent extra-terrestre est envoyé sur terre pour récolter beaucoup de sang humain afin que sa race, mourante, puisse survivre.  Le monstre, loin des créatures hideuses et kitch des traditionnelles nanars de SF, ressemble à un être humain affaibli, devenu cruel par nécessité. Il émane de cette silhouette, vêtue d’un costume cravate et affublée de lunettes noires masquant le blanc des  yeux,  un mélange d’effroi et de mélancolie plutôt singulier.</p>
<p>Détournant les codes usuels du genre, Corman traite à sa manière du vampirisme. Réalisé avec soin,<em> Not of this earth</em> tire parti de son  minimalisme topographique. L’unité de lieu, les personnages peu nombreux et la sécheresse du récit qui va d’un point A à un point B, donnent lieu à une forme de quintessence de la série B. Et comme on ne se refait pas, le goût pour les personnages féminins forts (l’infirmière) allié à un érotisme discret, indiquent bien que l’on se trouve en terrain familier chez l’auteur du génial <em>The intruder</em> et des épatantes adaptations de Poe.</p>
<p><strong>THE COSMIC MAN</strong></p>
<p>Un cran en dessous, <em>The cosmic man</em> mérite tout de même le détour. Porté par un casting impeccable,  avec en tête John Carradine, l’acteur fétiche de John Ford qui finira par pointer sa trogne dans un des meilleurs Troma, <em>Monster in the closet</em> , le film d’Herbert S. Greene est un rip-off intéressant du <em>Jour où la terre s’arrêta,</em> de Robert Wise. Un vaisseau spatial, en forme de boule blanche, débarque sur terre avec un étrange E.T dont la motivation reste obscure jusqu’au dénouement final. Critique à contre courant de l’esprit belliciste des humains, symbolisé par des représentants bornés (mais sympathiques quand même) de l’armée, The cosmic man est une jolie fable jouxtant habilement L’homme invisible (l’arrivée de l’homme cosmique dans le motel évoque furieusement le chef d’œuvre de James Whale) et la SF humaniste, loin des élans patriotiques et paranoïaque des classiques tels que les envahisseurs de la planète rouge ou la guerre des mondes.</p>
<p><strong>KRONOS</strong></p>
<p>Le coffret  se clôt par le seul film en cinémascope, l’amusant <em>Kronos</em> réalisé par un des spécialiste du genre, Kurt Neumann, à qui l’on doit le célèbre<em> la mouche noire</em> avec Vincent Price.</p>
<p>Une météorite en forme de saladier s’engouffre dans l’océan. Une forme métallique en sort, une sorte de robot au design curieux qui va puiser toute l’énergie électrique disponible. Ce robot géant est guidé à distance par un esprit venu d’ailleurs, s’étant emparé du corps d’un scientifique. L’alliance du corps et de la matière risque de détruire à jamais l’humanité. Heureusement un couple de scientifique veille au grain.</p>
<p><em>Kronos</em>, en référence à la mythologie grecque (le roi des titans), est un chouette petit film de SF  en forme de parabole sur les dangers du nucléaire. L’ombre d’Hiroshima plane sur cette modeste production bénéficiant d’une somptueuse photographie et d’une dernière demi-heure très enlevée et plein de charme avec ses stock-shots et explosions d’un autre âge.</p>
<p>Le coffret est accompagné de superbes cartes postales reprenant les affiches de l’époque et d’un livret écrit par Brave Dr Ghoul, alias (je ne sais pas si je dois le dire). Le tout pour la modique somme de 18,99 euros</p>
<p>Artus Films</p>
<p><strong>THEHIDEOUS SUN DEMON</strong> (USA-1959) de Robert Clarck et Tom Boutross. 71 mn Noir et blanc VOST. Format original : 1.33 -4/3</p>
<p><strong>NOT OF THIS EARTH</strong> (USA-1957) de Roger Corman. 64 mn Noir et blanc VOST. Format original : 1.33 -4/3</p>
<p><strong>THE COSMIC MAN</strong> (USA-1959) de Herbert S. Greene. 69 mn Noir et blanc VOST. Format original : 1.33 -4/3</p>
<p><strong>KRONOS</strong> (USA-1957) de Kurt Neumann. 78 mn Noir et blanc VOST. Format original : Cinémascope 2.35 16/9 ème compatible 4/3</p>
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		<title>The woman, de Lucky McKee</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Mar 2012 23:51:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Manu</dc:creator>
				<category><![CDATA[Horreur]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Blu-Ray]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Dvd]]></category>
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		<description><![CDATA[La question qui brûle aux lèvres de tous les amateurs au sujet de The woman parait inévitable : le parfum de petit scandale qui entoure le nouveau film de Lucky McKee est-il justifié ? Et surtout, rend-il au fond justice à un cinéaste qui n’a jamais frappé par son esprit racoleur mais plutôt par une vision [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La question qui brûle aux lèvres de tous les amateurs au sujet de<em> The woman</em> parait inévitable : le parfum de petit scandale qui entoure le nouveau film de Lucky McKee est-il justifié ? Et surtout, rend-il au fond justice à un cinéaste qui n’a jamais frappé par son esprit racoleur mais plutôt par une vision personnelle de l’horreur. Au festival de Sundance, un spectateur s’est même enfui en courant de la salle s’écriant « <em>&laquo;&nbsp;Ce n’est pas humain le film est dégradant pour les femmes, vous êtes malades, ce n’est pas de l’art, Sundance devrait avoir honte&nbsp;&raquo;</em>. La vidéo circule <a href="http://www.youtube.com/watch?v=9Frliyp33sM" target="_blank">sur Internet</a>.</p>
<p style="text-align: left;">Depuis, <em>The woman</em> se traîne de festival en festival une réputation de film trash, extrême, misogyne, ultraviolent qui a malheureusement fini par le desservir. En réduisant le long métrage au rang de pur trash movie au même titre que les peu ragoutants <a href="http://www.cinetrange.com/support/blu-ray/srpski-film/"><em>A serbian film</em> </a>ou <em><a href="http://www.cinetrange.com/support/sortie-dvd/the-human-centipede-de-tom-six/">Human centipede</a></em>,  la presse et le public se privent du coup d’un film infiniment plus subtil que ses apparences ne laissent supposer.
</p>
<p><center><iframe src="http://www.youtube.com/embed/nEKFeAYmN9c" frameborder="0" width="560" height="315"></iframe></center></p>
<p style="text-align: left;">Au préalable, il s’agit d’une collaboration étroite entre Lucky McLee et l’écrivain culte James Ketchum, qui ferait passer Clive Barker pour un romancier à l’eau de rose. Ils ont déjà travaillé ensemble sur <em>Red</em> avant que McKee ne soit évincé du tournage. La fusion entre les deux artistes est par ailleurs curieuse. Ils ont commencé par écrire un scénario puis, chacun de leur coté, en ont tiré respectivement un roman et un film.</p>
<p>L’histoire de <em>The woman</em> est simple, voire basique. La femme éponyme est une sauvageonne en guenilles qui vit dans la forêt comme au temps de la préhistoire. D’où vient-elle ? Que fait-elle ? Comment est-ce possible ? Autant de questions qui n’intéressent pas le réalisateur. La véritable nature du film est ailleurs. Cette femme va se faire capturer par une famille de la middle class américaine, noyautée par un père tyrannique et déséquilibré. Attachée au fond d’une cave, elle va subir les pires sévices et tortures sous le prétexte fallacieux de civiliser cette femme.</p>
<p>En apparence cette famille parait normale, attachée à des valeurs simples et traditionnelles sans paraître fanatiques. Entre une belle maison, une voiture confortable, un grand jardin et une situation financière plus qu’honorable, rien ne semble troubler le bonheur de cette famille. Mais dès que l‘on gratte le verni, la vraie nature de ces pseudo bourgeois saute aux yeux. Le père qui apparaît de plus en plus cinglé, n’est pas le seul fautif. La passivité de la mère exaspère, le malaise de la fille est trop insistant pour être anodin; le fils poussé par une vénération pour son père, se vautre dans la perversion. Le malaise s’installe doucement, lentement jusqu’à devenir insupportable. Les dix dernières minutes proprement insoutenables prennent une tournure inattendue et révèle le véritable sens du film, encore plus sombre et décadent que l’on ne le soupçonnait. Mais chut, Spoiler !!!! Je n’en dirais pas plus. Achetez le film, louez le ou trouvez un autre moyen pour vous le procurer !</p>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-6836" title="woman1" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2012/03/woman1-600x337.jpg" alt="" width="600" height="337" /></p>
<p>Tourné avec un budget très réduit, <em>The woman</em> tire parti de cette contrainte. La  mise en scène, épurée et frontale, séduit par son style naturaliste. En réfutant tout artifice inutile, Lucky McKee traite un sujet périlleux avec une grande honnêteté intellectuelle. En confrontant une femme sauvage avec des êtres soit disant civilisés, il interroge notre regard sur le rapport nature/culture. La violence primaire d’un animal ne sera jamais aussi insoutenable que celle pensée et analysée d’un individu ou d’un groupe d’individu. Au nom d’une volonté de dressage, le brave père de famille a perdu toute notion morale et humaine. La sauvageonne n’est plus qu’un tas de chair soumise à une série d’expériences humiliantes. Sur un sujet proche, François Truffaut avait tiré un très beau film, <em>l’enfant sauvage</em> d’après les travaux du professeur Itard. Le regard impitoyable de Mckee s’oppose à celui humaniste de Truffaut. Mckee traite du fascisme, de l’exploitation de l’homme par l’homme, sans se vautrer dans des théories fumeuses.</p>
<p>Entre le pur trip d’exploitation d’une violence graphique inouïe et le film d’auteur radical, <em>The woman</em> est une œuvre atypique, une expérience éprouvante qui n’est pas sans rappeler le cinéma d’Haneke sans le côté donneur de leçon. On pense aussi à <em>Canine</em> de Yorgos Lánthimos ou un père éduquait ses enfants comme des chiens au sens propre. Mais à  la différence du film grec qui possédait une dimension absurde et onirique, celui de McKee agit comme un cauchemar sur pellicule, peu aimable et pas facile à vendre.</p>
<p>Avis aux amateurs de curiosités et d’objets filmique bizarres. Ce film est pour vous. Surtout, je tiens à le souligner. Lucky McKee est un des rares auteurs des années 2000 en matière de cinéma d’horreur. Avec Richard Kelly.</p>
<p><em>(usa-2010)  de Lucky McKee avec Polyanna McIntosh, Sean Bridges et Angela Betis. Disponible en dvd et blu-ray chez Emylia.</em></p>
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		<title>Meurtre à la mode</title>
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		<pubDate>Sat, 03 Mar 2012 18:33:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Manu</dc:creator>
				<category><![CDATA[Policier / Thriller]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Dvd]]></category>
		<category><![CDATA[Usa]]></category>

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		<description><![CDATA[Karen, une jolie fille candide, est amoureuse d’un photographe de charme qui lui a promis de l’épouser une fois qu’il aurait divorcé avec sa femme. Mais, confronté à des difficultés financières, il accepte de tourner une commande, un film pour adultes produit par l’énigmatique Otto, personnage fantasque et dérangeant qui collectionne les décès violents dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6834" title="meurtre a la mode" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2012/03/meurtre-a-la-mode.jpeg" alt="" width="576" height="988" /></p>
<p>Karen, une jolie fille candide, est amoureuse d’un photographe de charme qui lui a promis de l’épouser une fois qu’il aurait divorcé avec sa femme. Mais, confronté à des difficultés financières, il accepte de tourner une commande, un film pour adultes produit par l’énigmatique Otto, personnage fantasque et dérangeant qui collectionne les décès violents dans son entourage.</p>
<p>Après une série de courts métrages remarqués, Brian De Palma signe son premier long métrage avec <em>Murder a la mod</em>, une œuvre hybride et passionnante à la lisière de l’essai expérimental. Le futur géniteur des indispensables <em>Phantom of the paradise</em> et <em>Scarface</em>, embarque le spectateur dans un maelström d’images foisonnantes, d’audaces graphiques, de références pointues, de pirouettes scénaristiques avec une absence de complexe qui force souvent l’admiration. Toutes les obsessions et thèmes majeures de De Palma sont éjectés à l’écran à l’état brut avec entre autres : le goût pour la manipulation, le voyeurisme, la trahison, la critique de la société de consommation et la satire politique. En 1967, Brian De Palma n’a pas encore trouvé sa voix. Entre  la nouvelle vague, le cinéma d’auteur européen et le  thriller hitchcockien, son cœur balance.</p>
<p>Après un générique chanté par l’excellent William Finley sur fond de photographies, <em>Murder a la mod</em> débute par une série de séances photos de charmes prises en contreplongée. Dès ses premières images, De Palma se lâche, se moque du bon goût et en cinéaste débutant n’a cure de ce qu’il faut montrer ou pas. Instable, épuisant et parfois indigeste, ce pastiche de thriller n’en demeure pas moins passionnant ne serait-ce que pour sa réflexion pertinente sur la nature même d’une  mise en scène. A la manière de Godard, De Palma prend un malin plaisir à nous dire comment ça marche, où sont les trucs et les ficelles. Un peu arrogant mais toujours ludique. Mais à la différence de certains de ses confrères se noyant dans un cinéma intello new yorkais artificiel, on sent chez De Palma un plaisir de filmer une histoire scindée en deux parties, fourmillant d’idées narratives et visuelles.</p>
<p>La première partie rappelle <em>Le voyeur</em> de Michael Powell. Elle se concentre sur la relation entre l’apprenti cinéaste manipulateur et sa petite amie. Il prétexte un besoin d’argent pour la déshabiller mais on sent poindre chez ce personnage un rapport pathologique et obsessionnel à l’image, un goût prononcé du voyeurisme (il aime filmer sa copine mais ne l’a encore jamais touchée).  Il évoque  par ailleurs toute une flopée de personnages que l’on verra ultérieurement dans <em>Body Double, Blow out,</em> ou <em>Femme fatale</em>.</p>
<p>La deuxième partie s’inspire ouvertement de la construction de <em>Rashomon</em> d’Akira Kurosawa. La même histoire nous est racontée du point de vue des 3 personnages : Otto l’espère de pitre farfelu du film, le jeune cinéaste, et l’amie de Karen. L’une des réflexions centrales du cinéma de De Palma est formulée à l’état de brouillon. L’absence d’informations (le manque d’images) conduit à une mauvaise interprétation de la réalité. Chaque personnage est trompé par les apparences. Seul le spectateur possède les éléments en mains, soit les 3 points de vue qui permettent de reconstituer le puzzle. Donc la vérité. Cette longue séquence, virtuose et ludique, est une pure leçon de mise en scène. Tout le dispositif mis en place avec la valise dans le cimetière permet au jeune cinéaste d’expérimenter des angles de prises de vues insolites, un découpage filmique moderne et de savants travellings latéraux.</p>
<p><em>Murder a la mod</em> est certes imparfait (l’interprétation est inégale, la plupart des gags tombent à plat) mais reste une proposition de cinéma stimulante qui contient à l’état de gestation  tout ce qui, plus tard, éclatera dans les films majeurs de l’auteur de <em>Carrie</em>. A signaler enfin une scène de meurtre au rasoir, violente et esthétique, qui  préfigure  celle, inégalée, de l’ascenseur dans <em>Pulsions</em>.</p>
<p><em>(USA-1967) de Brian De Palma avec Margo Norton, Andra Akers, Jared Martin, William Finley, Jennifer Salt</em></p>
<p><em>Editeur : <a href="http://www.lechatquifume.com" target="_blank">Le chat qui fume</a>. Format : 1.33. Durée : 82 mn. Audio : Anglais. Sous-titres : français.</em></p>
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		<title>Echap, de Trent et Dist + Little Deaths, de Sean Hogan, Andrew Parkinson et Simon Rumley</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Dec 2011 19:08:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rock</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Horreur]]></category>
		<category><![CDATA[Royaume-uni]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Dvd]]></category>

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		<description><![CDATA[Toujours en retards, jamais à l’heure, on dira que certains rédacteurs de Cinétrange sont des feignasses qui devraient se payer un putain de calendrier pour cocher chaque date de sortie des dvd qu’ils reçoivent (bordel !). Ne nous jugez pas (ne me jugez pas), il est vrai que Patrick Cauvin a dit qu’être en retard est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-6769" title="echap-littledeaths-dvd" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/12/echap-littledeaths-dvd-600x422.jpg" alt="" width="600" height="422" /></p>
<p>Toujours en retards, jamais à l’heure, on dira que certains rédacteurs de Cinétrange sont des feignasses qui devraient se payer un putain de calendrier pour cocher chaque date de sortie des dvd qu’ils reçoivent (bordel !). Ne nous jugez pas (ne me jugez pas), il est vrai que Patrick Cauvin a dit qu’être en retard est le signe d’une âme négligente, mais Henri Jeanson a aussi dit qu’être à l’heure signifie être obsédé. Cela dit, si vous ne venez pas, vous avez intérêt à être mort, sinon vous êtes con. Mon bon esprit m’échappe, il est donc venu le temps de parler films, avec les sorties direct en dvd (depuis plus d’un mois) chez l’éditeur Emilya des films <em>Echap</em> et <em>Little Deaths</em>.</p>
<p>Le premier est un long-métrage français réalisé par deux potes : Trent, journaliste cinéma, et Dist, réalisateur de films porno. Le film se déroule dans une maison au lendemain d’un enterrement de vie de jeune fille, cinq copines veulent passer un week-end ensemble et s’occupent comme elles peuvent : piscine, session Chatroulette, ou encore séance de spiritisme. Et c’est bien sûr lors de cette dernière occupation que le week-end se barre en cacahuètes. Un ancien camarade de classe entre en contact avec les jeunes femmes et s’amuse à utiliser divers outils technologiques pour jouer avec elles. Mais « <em>dans certains cas, la touche Echap ne sert plus à rien…</em> »</p>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-6770" title="echap2" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/12/echap2-600x337.png" alt="" width="600" height="337" /></p>
<p>Ecrit en juillet 2010, tourné en Lorraine en août 2010 sur moins d’une semaine avec des actrices provenant de milieux divers (la télévision, la musique, le porno) et un budget d’environ 1500€, évidemment <em>Echap</em> transpire l’amateurisme, mais ses réalisateurs ont plusieurs mérites : se lancer dans un projet en disant merde aux financeurs, le préparer aussitôt qu’il est écrit pour éviter de le ranger dans un tiroir et l’oublier, rester fidèle à son délire au risque de faire chier le monde. C’est vrai que c’est pas toujours bien foutu, loin de là, mais <em>Echap</em> possède cet enthousiasme rare (dont le récent <em>Donoma</em> de Djinn Carrenard a réussi à communiquer avec brio), ce désir jouissif de liberté qui fait qu’il est difficile de pouvoir cracher sur un film pareil malgré ses nombreux défauts.</p>
<h5 style="text-align: center;"><img class="size-medium wp-image-6771 aligncenter" title="echap4" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/12/echap4-600x337.png" alt="" width="600" height="337" />L&#8217;amour cinéaste/journaliste cinéma.</h5>
<p>En effet, si <em>Echap</em> a le mérite de motiver les troupes, on peut lui reprocher un scénario très bancal, malgré une certaine originalité, des actrices qui n’ont pas toujours l’air d’être en phase avec leurs personnages, quelques longueurs lors des séquences autour de la table servant à la séance de spiritisme, des dialogues un peu fades, des scènes « d’action » pour le moins molles et des expérimentations visuelles ou sonores qui demeurent très intéressantes pour la plupart (l’idée de couper le son lors d’une scène de viol, les séquences de couloir) ou qui semblent parfois ne rien apporter au film (la répétition d’une séquence entre deux actrices, par exemple). Il est inutile de débattre sur le casting, dont une partie provient de l’industrie du porno ; débattre là-dessus reviendrait au même que de débattre sur l’intérêt d’un film de Russ Meyer. Comme le disent les réalisateurs eux-mêmes, <em>Echap</em> est un « film de vacances », qui s’amuse, ose quelques expérimentations, quelques conneries et qui, au moins, ne vient pas nous souler avec une cinquantaine de références ; le film ne se prend pas pour plus qu’il n’est et il serait peut-être exagéré de le prendre pour encore moins…</p>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-6772" title="echap1" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/12/echap1-600x337.png" alt="" width="600" height="337" /></p>
<p>Le deuxième film dont il est question ici est un tryptique britannique portant un regard sur le sexe, les vices, la mort… Le première partie, réalisée par Sean Hogan, est titrée <em>House and Home</em> et présente un couple de bourgeois qui a l’habitude d’accueillir de « bon cœur » des jeunes filles à la rue pour leur faire passer une soirée plus classe en leur donnant à manger, à boire, un bain… Seulement, la véritable intention du couple est bien sûr plus perverse qu’on ne le croit. Mais lors d’une soirée avec une jeune SDF, les choses prennent une direction pour la moins surprenante… La deuxième partie de <em>Little Deaths</em> est réalisée par Andrew Parkinson, s’appelle <em>Mutant Tool</em> et observe en parallèle un médecin créant une très curieuse drogue et une femme qui la teste. La troisième et dernière partie est réalisée par Simon Rumley, s’appelle simplement <em>Bitch</em> et montre un jeune couple pratiquant des jeux sexuels un peu bizarre : malgré sa peur des chiens, Claire a transformé son copain en petit toutou soumis. Jusqu’au jour où son copain aura marre d’être traité comme un clebs…</p>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-6773" title="littledeaths2" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/12/littledeaths2-600x267.png" alt="" width="600" height="267" /></p>
<p>Pour faire court, les deux premiers métrages ne possèdent que peu d’intérêt… Les trois films ont tous cette volonté d’être <em>borderline</em>, ce qui fait que <em>Little Deaths</em> garde un certain équilibre, mais sombre vite dans l’ennui, surtout lors du deuxième segment dont même la vision d’une quequette de près d’un mètre éveille à peine le spectateur. En fait, il ne serait pas si bête d’avancer le film jusqu’au troisième segment : <em>Bitch</em>, qui peut être perçu comme une version perverse et barge de <em>9 songs</em> de Michael Winterbottom. Le film suit le quotidien d’un couple à la relation particulière… Tellement particulière que le garçon de l’histoire finit par craquer. Cette partie réalisée par Simon Rumley, que ce soit du point de vue narratif ou esthétique, est largement au-dessus des tentatives de Hogan et Parkinson et se trouve probablement être le seul à communiquer une atmosphère sincèrement douteuse et joliment malsaine.</p>
<p>En tant que tryptique, <em>Little Deaths</em> n’a rien d’inoubliable (si ce n’est son dernier segment), son rythme est bien trop laborieux et son regard guère très captivant.</p>
<h5 style="text-align: center;"><img class="size-medium wp-image-6774 aligncenter" title="littledeaths4" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/12/littledeaths4-600x253.png" alt="" width="600" height="253" /><em>Bitch</em> : ce que <em>Twilight</em> vous cache.</h5>
<p>Côté bonus, on peut faire très court pour le dvd de <em>Little Deaths</em> : il n’y a rien. Par contre, celui d’<em>Echap</em> est plutôt généreux : un commentaire audio des réalisateurs (guère indispensable, mais sympathique tout de même), un making of de 40 minutes montrant une équipe réduite bossant avec des moyens réduits sur près d’une semaine (loin d’être un document indispensable pour toute personne voulant se lancer dans un projet cinématographique, mais une curiosité à l’esprit bon enfant permettant de se rendre vraiment compte des limites techniques du tournage), une interview des actrices, des images de l’avant-première parisienne, de la séance dédicace au Paris Manga, ainsi qu’un clip de Lussi. Le dvd offre même la possibilité de visionner le film avec des sous-titres anglais. En bref, le dvd d’<em>Echap</em> ne se fout pas la gueule du monde.</p>
<h5 style="text-align: center;"><img class="size-medium wp-image-6775 aligncenter" title="echap5" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/12/echap5-600x337.png" alt="" width="600" height="337" />Trouvez l’émoticône.</h5>
<p><em>Les dvd sont disponibles chez Emylia.</em></p>
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		<title>Stake Land, de Jim Mickle</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Dec 2011 16:55:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Damien</dc:creator>
				<category><![CDATA[Blu-Ray]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Notules Dvd]]></category>
		<category><![CDATA[Post-nuke]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Blu-Ray]]></category>
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		<description><![CDATA[L&#8217;Amérique est une nation perdue. Quand une épidémie de vampirisme frappe le pays, les hommes sont obligés de fuir pour échapper aux bêtes sauvages assoiffées de sang que sont devenus les morts. Les villes ne sont plus que des cimetières et les survivants se rassemblent dans des petits villages, terrifiés à la tombée de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/12/Stake-Land.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6752" title="Stake-Land" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/12/Stake-Land-406x600.jpg" alt="" width="400" height="592" /></a></p>
<p><em>L&#8217;Amérique est une nation perdue.</em><br />
<em>Quand une épidémie de vampirisme frappe le pays, les hommes sont obligés de fuir pour échapper aux bêtes sauvages assoiffées de sang que sont devenus les morts. Les villes ne sont plus que des cimetières et les survivants se rassemblent dans des petits villages, terrifiés à la tombée de la nuit.</em><br />
<em>Un mystérieux fugitif à la traque des vampires prend sous son aile le jeune Martin, dont la famille vient d&#8217;être sauvagement assassinée sous ses yeux. Accompagnés d&#8217;une religieuse et d&#8217;une jeune femme enceinte, ils sillonnent le pays en direction du Canada, &laquo;&nbsp;Nouvel Eden&nbsp;&raquo; selon les rumeurs&#8230;</em></p>
<p>Déjà auteur en 2006 du remarqué <em>Mulberry Street</em> (sorti chez nous directement en DVD en 2009), Jim Mickle signe avec <em>Stake Land</em> un film de vampires post-apocalyptique mineur, mais plutôt sympathique, à la croisée de <em>Je suis une légende</em> (on parle évidemment du classique roman d&#8217;anticipation de Richard Matheson, pas de son horripilante et pleurnicharde adaptation ciné avec Will Smith), des films de zombies façon Roméro (pour la dimension politique), et du livre <em>La route</em> de Cormac McCarthy (pour le caractère dépouillé du récit).</p>
<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/12/StakeLand1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6753" title="StakeLand1" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/12/StakeLand1-600x401.jpg" alt="" width="550" height="367" /></a></p>
<p>Si le métrage ne joue pas, on l&#8217;aura compris, la carte de l&#8217;originalité à tout crin, il réussit en revanche la gageure de ne pas se laisser trop écraser par ces références prestigieuses, en tablant avant tout sur des bases solides : un univers crédible, une ambiance soignée, des personnages convaincants, un tournage dans de splendides décors naturels, et un minimalisme épuré des plus réussi. Paris gagné, on entre dans le film sans problème, et on se laisse rapidement séduire par un récit âpre et mélancolique, mais jamais larmoyant, engagé juste ce qu&#8217;il faut (les extrémistes religieux en prennent pour leur grade), et privilégiant le développement d&#8217;atmosphères vénéneuses et les moments de tension rémanente à la débauche de scènes-chocs, de dialogues et d&#8217;action.</p>
<p>Dénué de prétention, mais pas d&#8217;ambition (on sent le réalisateur sincèrement attaché aux personnages de son film, chose devenue de plus en plus rare dans le tout venant du cinéma horrifique contemporain), <em>Stake Land</em> ne révolutionne donc pas le genre, mais assure un spectacle des plus honorables, porté par des personnages touchants et une mise en scène discrète mais efficace.</p>
<p><em><a href="http://www.stakelandmovie.com/">Stake Land</a> est édité par Entertainment One, et distribué par Aventi en France. Le films est disponible en DVD, Blu-Ray et VOD.</em></p>
<p><iframe src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xi9t0j?logo=0&amp;hideInfos=1" frameborder="0" width="600" height="263"></iframe></p>
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		<title>Underwater love (onna no kappa)</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Nov 2011 17:45:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Comédie]]></category>
		<category><![CDATA[Erotisme]]></category>
		<category><![CDATA[Japon]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Dvd]]></category>

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		<description><![CDATA[D&#8217;un point de vue occidental, les Japonais ont un rapport étrange avec les créatures marines, et plus généralement avec les choses de la nature, qu&#8217;elles soient animales ou végétales. Dans le folklore nippon, un kappa est un petit esprit de la nature, qui se matérialise sous la forme d&#8217;une tortue anthropomorphe. Pour survivre, le kappa [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>D&#8217;un point de vue occidental, les Japonais ont un<a href="http://www.nouvellechair.com/litterature/human-nature/" target="_blank"> rapport étrange avec les créatures marines</a>, et plus généralement avec les choses de la nature, qu&#8217;elles soient animales ou végétales. Dans le folklore nippon, un kappa est un petit esprit de la nature, qui se matérialise sous la forme d&#8217;une<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Kappa_(mythologie)" target="_blank"> tortue anthropomorphe</a>. Pour survivre, le kappa doit être humidifié en permanence. Il se nourrit exclusivement de concombres.</p>
<p><em>Underwater love</em> est un authentique Pinku Eiga, qui respecte le cahier des charges du genre. Doté d&#8217;un petit budget, le film doit contenir au moins trois ou quatre scènes de sexe, plutôt explicites. Généralement, on obtient une espèce de mutant qui se situe entre sexploitation et film d&#8217;auteur.</p>
<p>Asuka travaille chez un poissonnier installé au bord d&#8217;un lac. Fiancé au patron de l&#8217;entreprise, elle souhaite se marier très prochainement. Mais c&#8217;est à ce moment qu&#8217;Asuka rencontre un kappa. Elle découvre que la créature s&#8217;appelle en fait Aoki, et qu&#8217;il est un ancien amoureux du lycée, mort noyé dans un marécage, puis réincarné en tortue. Aoki va tout faire pour passer du temps avec Asuka et il va même tenter de la séduire. C&#8217;est sans compter le Dieu de la mort (un fumeur rasta japonais à la robe bariolée) qui va bouleverser le destin du couple.</p>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-6737" title="kappa1" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/11/kappa1-600x366.jpg" alt="" width="600" height="366" /></p>
<p>Le look du kappa constitue déjà une bonne tranche de rigolade puisqu&#8217;il s&#8217;agit clairement d&#8217;un homme dans un costume vaguement bricolé (une carapace collée sous la chemise, un bec accroché avec des élastiques). L&#8217;intrigue amoureuse est un peu simplette et donne lieu à quelques instants comiques légers. Le kappa tient plus du reptile que de l&#8217;humain et son organe sexuel est aussi impressionnant que monstrueux. Pourtant, cela ne rebute pas les jeunes filles qu&#8217;il croise, bien au contraire. Même si le membre a l&#8217;air d&#8217;être fait de plastique, les scènes érotiques impliquant le monstre sont clairement à connotations zoophiles !</p>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-6738" title="Underwater Love" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/11/Underwater-Love--600x337.jpg" alt="" width="600" height="337" /></p>
<p>La plus-value du film vient de ses incursions dans la comédie musicale. Les chorégraphies sont loin d&#8217;être professionnelles, d&#8217;ailleurs souvent c&#8217;est un peu n&#8217;importe quoi, mais elles sont faites avec un enthousiasme très communicatif. On finit par adhérer totalement au trip grâce à la musique de <a href="http://www.stereototal.de" target="_blank">Stéréo Total</a>, groupe electro-punk au genre indéfinissable. La chanteuse, Françoise Cactus, a interprété des chansons dans plusieurs langues : français, anglais, allemand et elle n&#8217;hésite pas à se lancer dans la pop japonaise avec un fort accent français. Peu importe, car associé à des rythmes entraînants, cela donne un charme kitsch irrésistible à l&#8217;ensemble.</p>
<p>OFNI à découvrir pour se changer les idées, <em>underwater love</em> rejoint dans son final la mythologie japonaise lorsque Aoki et Asuka s&#8217;enfoncent dans la forêt, à la rencontre d&#8217;autres kappas (avec toujours plein de costumes sophistiqués tels que des peignoirs). Ce patchwork foutraque est mis en scène par Shinji Imaoka, réalisateur d&#8217;autres films roses, et photographié par le célèbre Christopher Doyle (chef photo australien expatrié en Asie), et donc mis en musique par Stereo Total.</p>
<p><em>Ca se regarde sur dvd, au Royaume-Uni, chez l&#8217;éditeur Third Window Film. Des sous-titres anglais sont disponibles. Disponible à partir du 21 novembre 2011.</em></p>
<p><center><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/cjiX4JIyA4c" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center></p>
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		<title>Maximum Shame, de Carlos Atanes</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Nov 2011 20:51:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[Inclassable]]></category>
		<category><![CDATA[Musical]]></category>
		<category><![CDATA[Post-nuke]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Dvd]]></category>

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		<description><![CDATA[Carlos Atanes est un réalisateur espagnol underground. Peu enclin à embrasser les modes, il continue d&#8217;être un artisan indépendant et réalise des films à petits budgets, souvent expérimentaux. Et Maximum Shame ne dénote pas dans sa carrière. Avec son compagnon ventripotent et aux cheveux longs, une jeune femme disserte sur ses nombres préférés. L&#8217;homme l&#8217;écoute, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6683" title="Maximum Shame 6" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/10/Maximum-Shame-6.jpg" alt="" width="600" height="450" /></p>
<p>Carlos Atanes est un réalisateur espagnol underground. Peu enclin à embrasser les modes, il continue d&#8217;être un artisan indépendant et réalise des films à petits budgets, souvent expérimentaux.</p>
<p>Et<em> Maximum Shame</em> ne dénote pas dans sa carrière. Avec son compagnon ventripotent et aux cheveux longs, une jeune femme disserte sur ses nombres préférés. L&#8217;homme l&#8217;écoute, vaguement terrorisé. Soudain, nous entendons son monologue intérieur. Il annonce que la fin du monde est pour le lendemain, que la Terre va disparaître dans un trou noir.</p>
<p>Puis l&#8217;homme tombe dans un monde parallèle. Cet univers tout neuf est régi par une reine, toute de cuir vêtue, et qui se déplace avec des patins à roulettes. A ses pieds, une esclave doit manger une forêt noire malgré un écarteur de bouche qui lui maintient la mâchoire écartelée.</p>
<p>Comme on pourra s&#8217;en rendre compte à l&#8217;aide de ce résumé, on ne comprend pas très bien ce qui se passe. Mais qu&#8217;importe, l&#8217;imagerie SM, les délires paranoïaques, ainsi que des scènes dignes d&#8217;une comédie musicale, emportent le spectateur dans l&#8217;enthousiasme communicatif du réalisateur. A base de fétichisme, de symbolisme et de philosophie, le film disserte sur plusieurs thèmes : la liberté, la souffrance, la perdition, et bien sûr l&#8217;humiliation en tant que dépouillement total de toute dignité. Les décors, une gigantesque friche industrielle en ruine, donnent un look unique et post-apocalyptique à l&#8217;ensemble.  Mettre des femmes aux allures de dominatrices sexy parmi des immondices; voilà pour l&#8217;esthétique de<em> Maximum Shame</em>. Ce grand bazar fonctionne, notamment grâce aux acteurs, qui ont tous l&#8217;air convaincus de savoir de quoi il retourne malgré de grands monologues quelque peu abscons.</p>
<p><em>Avec : Ana Mayo, Marina Gatell, Ignasi Vidal, Paco Moreno, Ariadna Ferrer, David Castro et Eleanor James</em></p>
<p>Le film est disponible sous forme de DVD-R ici : <a href="https://www.createspace.com/320167" target="_blank">https://www.createspace.com/320167</a></p>
<p>&nbsp;</p>
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<p>ou ici : <a href="http://www.amazon.com/Maximum-Shame-Carlos-Atanes/dp/B005OCJQGI" target="_blank">http://www.amazon.com/Maximum-Shame-Carlos-Atanes/dp/B005OCJQGI</a></p>
<p>Son film FAQ est aussi <a href="http://www.amazon.com/FAQ-Spéciale-française-Carlos-Atanes/dp/B005OMKG6W/" target="_blank">disponible en français</a></p>
<p>Gallino est le titre de son prochain film et vous pouvez participer au financement du projet : <a href="http://www.gallinofilm.com/p/funds.html" target="_blank">http://www.gallinofilm.com/p/funds.html</a></p>
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		<title>Hobo with a shotgun, de Jason Eisener</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Nov 2011 10:12:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nunzio</dc:creator>
				<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Dvd]]></category>

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		<description><![CDATA[Si Godard ou Kubrick se sont souvent amusés à triturer les codes de genres variés (films noirs, SF, guerre&#8230;), Tarantino s&#8217;est intéressé, plutôt qu&#8217;aux codes, à l&#8217;esprit d&#8217;un Cinéma mal élevé et peu fréquentable, celui que l&#8217;on dit &#171;&#160;d&#8217;exploitation&#160;&#187;. D&#8217;une certaine manière, Tarantino avait fait dans les 90&#8242;s ce que Spielberg et Lucas avaient fait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/11/hobo-03.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6716" title="hobo-with-a-shotgun-03" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/11/hobo-03.jpg" alt="" width="600" height="246" /></a></p>
<p>Si Godard ou Kubrick se sont souvent amusés à triturer les codes de genres variés (films noirs, SF, guerre&#8230;), Tarantino s&#8217;est intéressé, plutôt qu&#8217;aux codes, à l&#8217;esprit d&#8217;un Cinéma mal élevé et peu fréquentable, celui que l&#8217;on dit &laquo;&nbsp;d&#8217;exploitation&nbsp;&raquo;. D&#8217;une certaine manière, Tarantino avait fait dans les 90&#8242;s ce que Spielberg et Lucas avaient fait à la fin des 70&#8242;s : remettre au goût de son temps l&#8217;esprit d&#8217;un Cinéma que l&#8217;on pensait, sinon révolu, du moins dépassé. Et comme Spielberg/Lucas, Tarantino suscitera beaucoup de vocations ou engendrera des alliances de sensibilités &#8211; avec Robert Rodriguez, notamment -  et une espèce de &laquo;&nbsp;mouvement&nbsp;&raquo; sans nom mais néanmoins reconnaissable.</p>
<p>Si Tarantino et Rodriguez sont plutôt des gamins des 60&#8242;s / 70&#8242;s et vont naturellement puiser dans l&#8217;exploit&#8217; de cette époque, la génération qui les suit est, en toute logique, plutôt inspirée par les fameuses &#8211; certains iront même jusqu&#8217;à &laquo;&nbsp;glorieuses&nbsp;&raquo; &#8211; années 80. Comme Jason Eisener, jeune Canadien qui, après quelques courts-métrages, tente avec succès sa chance au concours de fausses bandes annonces organisé en 2007 à l&#8217;occasion du double programme <em>Grindhouse</em>. Ainsi naquit le court <em>Hobo with a shotgun</em>, idée à la con gentiment branque entièrement résumée par son titre, qui n&#8217;avait pas spécialement destination à devenir un long. Il faut se méfier des idées à la con gentiment branques, surtout lorsqu&#8217;elles sous-tendent l&#8217;ensemble d&#8217;un film. C&#8217;est vachement instables, ces machines-là&#8230; Au mieux, ça donne du culte authentiquement déviant, au pire du gros bouzin qui renifle le fond de calbute mal entretenu.</p>
<p>Mais notre <em>Hobo</em> désormais devenu long métrage ne se situe hélas/heureusement dans aucun de ses deux extrêmes. Quoique, en ce qui concerne l&#8217;hypothèse &laquo;&nbsp;culte&nbsp;&raquo;, il convient de laisser passer un certain laps de temps (voire un laps de temps certain) avant de se prononcer. <em>Hobo</em> est, comme l&#8217;on pouvait s&#8217;en douter, un film-concept et un exercice de style. Et comme souvent dans ces cas-là, cela peut être à la fois sa force et sa faiblesse. Commençons par la &laquo;&nbsp;mauvaise nouvelle&nbsp;&raquo; : <em>Hobo</em> participe largement de cette tendance toute tarantino-rodriguezienne à la citation cinéphilico-bisseuse. Cela aussi, on pouvait s&#8217;y attendre. Ainsi, on trouvera une photo soigneusement étudiée qui rappellera les riches heures de <em>Brain damage</em> (en beaucoup moins granuleux, le film n&#8217;usant pas des effets de pellicule en post-prod du diptyque <em>Grindhouse</em>) ou des références plus ou moins directes à <em>Street Trash</em>, bien sûr, mais aussi à <em>Invasion Los Angeles</em> ou <em>Evil Dead 2</em> (il manque juste un <em>&laquo;&nbsp;Groovy !&nbsp;&raquo;</em> à la fin d&#8217;une certaine séquence de bricolage pour parfaire le feeling). On le constate, le réalisateur Jason Eisener se déclare, avec franchise, tributaire d&#8217;un cinéma indé (au sens large) et <em>low budget</em>. Si on peut lui reprocher d&#8217;exprimer son amour sans grande finesse, on peut tout autant lui concéder d&#8217;avoir bon goût.</p>
<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/11/hobo-01.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6717" title="hobo-with-a-shotgun-01" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/11/hobo-01.jpg" alt="" width="600" height="246" /></a></p>
<p>Seulement voilà, le risque lorsque l&#8217;on cite ainsi ses références est que l&#8217;on prête fatalement le flanc à une comparaison qui peut s&#8217;avérer fort peu flatteuse. Et c&#8217;est là que l&#8217;on arrive à la bonne nouvelle : le film se défend plutôt bien. <em>Hobo</em> fait preuve d&#8217;une énergie juvénile effrontée et communicative. <em>Hobo</em> est un vrai trip crade, gore et outrancier dont on croyait que seul Troma avait réussi à conserver miraculeusement la recette. Mais pourtant, ô agréable surprise, <em>Hobo</em> ne se vautre pas dans un second degré post-moderniste hélas trop courant dans le domaine du petit budget qui cherche à dissimuler son indigence sous le masque du &laquo;&nbsp;nanar volontaire&nbsp;&raquo;. Derrière son côté &laquo;&nbsp;film bis à l&#8217;ancienne komonhenféplu sétémieuhavan&nbsp;&raquo; &#8211; le sujet de l&#8217;exercice imposé, en l&#8217;occurrence &#8211; <em>Hobo</em> n&#8217;oublie pas d&#8217;être un bon film bis, lapalissade a priori, mais pourtant fait assez rare pour être marquant : C&#8217;est foutraque et bordélique comme un plaidoyer pour faire de la suspension d&#8217;incrédulité une discipline olympique, c&#8217;est pulp à souhait et le film montre de quoi se fâcher à jamais avec l&#8217;Office du Tourisme Canadien, mais tout ça semble assumé avec une décontraction et une candeur qui font plaisir à voir. Un bon bis, quoi. Et c&#8217;est très heureux, parce qu&#8217;avec un Rutger Hauer impérial comme interprète principal (je vous fais l&#8217;insulte des présentations ?), Eisener avait tout intérêt à ne pas louper son coup.</p>
<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/11/hobo-02.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6718" title="hobo-with-a-shotgun-02" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/11/hobo-02.jpg" alt="" width="600" height="246" /></a></p>
<p>À dire vrai, on imagine presque que si <em>Hobo with a shotgun</em> était sorti tel quel il y a 30 ans (le fameux &laquo;&nbsp;laps de temps certain&nbsp;&raquo; ?), il serait sans doute cité en référence au même titre que ses modèles et la chronique que vous avez sous les yeux traiterait probablement de son remake-éloigné-de-l&#8217;esprit-bis-de-l&#8217;original. Mais voilà, en l&#8217;état, <em>Hobo</em> demeure un exercice de style, un pastiche. Réussi, sincère, jouissif et bien plus proche de l&#8217;esprit de la lettre que la tentative <em>Grindhouse</em> de Tarantino/Rodriguez. C&#8217;est déjà beaucoup pour un premier long métrage.</p>
<p><em>Disponible en DVD et Blu-Ray chez TF1 Vidéo.</em></p>
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		<title>Brigades rouges / Orchestre noir</title>
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		<pubDate>Fri, 21 Oct 2011 15:48:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Léo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Dvd]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Double feature *POLITICA E PASTA* On dirait que depuis que terrorisme des années 70 est devenu sujet de fiction cinéma, les films se multiplient. Comme d&#8217;hab&#8217; il y a du bon et du crado dans la pléthore, depuis le désastreux BAADER dont je causais ici jusqu’au plus intimiste BUNJIORNO, NOTTE, en passant par le gros-budget [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-6695" title="Brigades rouges 7" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/10/Brigades-rouges-7-600x337.jpg" alt="" width="600" height="337" /></p>
<p>Double feature <strong>*POLITICA E PASTA*</strong></p>
<p>On dirait que depuis que terrorisme des années 70 est devenu sujet de fiction cinéma, les films se multiplient. Comme d&#8217;hab&#8217; il y a du bon et du crado dans la pléthore, depuis le désastreux<a href="http://www.cinetrange.com/special/chronique/la-bande-a-baader" target="_blank"> BAADER dont je causais ici</a> jusqu’au plus intimiste BUNJIORNO, NOTTE, en passant par le gros-budget MUNICH ou la minisérie CARLOS. Séparément, ces récits rencontrent des problèmes d&#8217;espaces, pour présenter de façon suffisante les enjeux idéologiques et historiques de cette drôle d&#8217;époque.<br />
Considérés comme une nébuleuse et mis bout à bout (ajoutez un AVOCAT DE LA TERREUR et un IDI AMIN DADA pour faire bonne mesure), on  commence à distinguer derrière tous ces films des thèmes sous-jacents. Des récits se croisent, des personnages reviennent, des évènements font cascades de dominos. On voit se dessiner une histoire polyphonique, on perçoit les choix de traitements des scénaristes et des réalisateurs, les éventuels éclairages politiques. On perçoit la façon, aussi, dont le temps qui passe nous éloigne de ces évènements réels pour les simplifier, les mythifier, les restreindre à une seule lecture : à en faire des récits, enfin.</p>
<p>Pour ce film clash, pas de fiction, pas de clash, mais deux documentaires produits par ARTE à dix ans d&#8217;écart, sur un aspect précis de cette nébuleuse d&#8217;activisme : les seventies italiennes.<br />
Le plus récent des films, ILS ÉTAIENT LES BRIGADES ROUGES, part de l&#8217;enlèvement et de l&#8217;exécution d&#8217;Aldo Moro en 1978 pour revenir sur la fondation et la chute de cette fraction armée de l&#8217;extrème-gauche italienne. L&#8217;ORCHESTRE NOIR, quant à lui, est une très minutieuse enquête sur l&#8217;attentat fasciste de la Piazza Fontana en 1969, et ses conséquence au fil des décennies suivantes.<br />
D&#8217;un côté des cellules dormantes de petits soldats du peuple, de l&#8217;autre des canailles post-mussolinis acoquinées avec des barbouzes états-uniens. Si l&#8217;on pense que Bond incarnait alors l&#8217;agent de l&#8217;ombre, on mesure à quel point il y avait loin du rêve sur pellicule au concret des body bags&#8230;</p>
<p><strong><em>ILS ETAIENT LES BRIGADES ROUGES (2011)</em></strong><br />
docu de Mosco Levi Boucault, 60+66 minutes, plus une heure de bonus<br />
dispo chez Arte vidéo pour une vingtaine d&#8217;euros</p>
<p>Trente ans après leur arrestation, les membres des Brigades Rouges qui ont participés au kidnapping et à l&#8217;exécution de Moro ont purgés leur peine. Plus ou moins sortis de tôle, plus ou moins réinsérés, ils ont eu le temps de ruminer à ce qu&#8217;ils ont fait, gamins, leur espoir d&#8217;embraser les foules de prolétaires, de voir la Révolution l&#8217;emporter. Ils avaient trente ans quand leur histoire s&#8217;est arrêtée, ils ressortent blanchis et bouffés d’arthrite. Excellente idée de M.L. Boucault d&#8217;avoir basé son documentaire sur leur parole : retrouver les vieux, les faire causer. On sent que les mots, à ce stade, c&#8217;est tout ce qu&#8217;il leur reste. Ils vont donc tâcher de se montrer convainquant, essayer de donner à comprendre au journaliste qui ils sont, ce qu&#8217;ils ont faits et pourquoi.<br />
<em>&laquo;&nbsp;Ils étaient les brigades rouges&nbsp;&raquo;</em> est un plaidoyer tardif pour une cause depuis longtemps éventée. Les raisonnements politiques, les façons de s&#8217;exprimer, le jargon du gauchisme de l&#8217;époque sont souvent opaques, ou semblent dictés par des esprits bornés, arrêtés dans un passé qui n’est jamais passé. Leurs raisonnements minutieux permettent de passer comme de rien de la lutte des classes à la lutte secrète à la lutte armée. On récuse le terme de terroriste, on parle de guérilla. Derrière chaque acte, on revient sur les débats d’idées, les discussions. Au point que, parfois, ça bugue dans la tête du spectateur. Un charmant papy vient de lui expliquer à quel point c&#8217;était malin de décharger un flingue dans la jambe d&#8217;un procureur, combien ça faisait avance la cause des camarades des usines… Bien sûr, c&#8217;est aussi ça qui fait la valeur de ce film : des témoignages de premières main des acteurs du mouvement sur sa genèse, ses buts, ses errances, et sa fin dramatique.</p>
<p>Pour contrebalancer ce point de vue univoque &#8211; bien que certains des vétérans soient plus secs, plus factuels que d’autres, qu’ils reconnaissent parfois des errances, cherchent à se justifier &#8211; le documentaire offre, sans commentaire, des images des journaux tévé de l&#8217;époque. Et là on est dans un tout autre monde, beaucoup plus familier : celui du fait divers, du vingt-heures-de-TF1. Du sang, des corps, beaucoup-d&#8217;émotion, Pape-au-balcon, langue de bois officielle. La démonstration très simple, transparente, d&#8217;à quel point la médiatisation par le drame vide les évènements qu&#8217;elle prétend commenter de toute idéologie et de toute réflexion.</p>
<p>Enfin, une voix off féminine accompagne tout le récit. Celle d’une militante de l&#8217;époque, qui pose de façon plus nette la complexité des enjeux. Comment les syndicalistes, les communistes, toute la gauche italienne en fait, s&#8217;est trouvée acculée, dépassée et outrée par les actions des Brigades Rouges. Le contrepoint est important, qui montre la frontière qui existe entre activistes réguliers et clandestins, ceux qui choisissent la rue, les urnes et ceux qui prennent les armes.</p>
<p>A la base de la radicalisation des Brigades Rouges, né  mouvement ouvrier, il y a un évènement dramatique : l&#8217;attentat de la Piazza Fontana. Prétendument commis par un anarchiste, il se révèla vite être le fruit d&#8217;une collaboration entre police et extrème-droite. Quatre bombes, une quinzaine de morts, une quarantaine de blessés : le signal, pour les gauchistes, que leur lutte devenait une guerre et qu&#8217;il convenait de riposter. Une tentative, peut-être, d&#8217;instaurer un régime autoritaire dans une Italie que le communisme attirait.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6696" title="Brigades rouges vol" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/10/Brigades-rouges-vol.jpg" alt="" width="500" height="733" /></p>
<p><strong><em>L&#8217;ORCHESTRE NOIR (1998)</em></strong><br />
docu de Jean-Michel Meurice d&#8217;après l&#8217;enquête de Fabrizio Calvi et Frédéric Laurent, 60+64 minutes. Pas de DVD, mais une capture de VHS est dispo <a href="http://video.google.com/videoplay?docid=-74869621512485488" target="_blank">en streaming sur Google vidéo</a></p>
<p>Rarement on aura vu docu d&#8217;enquête plus tendu, plus pinailleur, plus savant, aussi. Également composé d&#8217;entrevues, d&#8217;extraits de dialogues, mais beaucoup plus haché. La parole, ici, n&#8217;a pas valeur de témoignage ou de justification. Tous les gens que l&#8217;on entend sont impliqués à divers degrés dans une machination opaque, et ils ne causent que pour se faire du tort les uns aux autres. Souvent ils &#8216;oublient&#8217; des évènements importants, des noms, des rencontres. Les témoignages se contredisent. Régulièrement, à l&#8217;écran, une main écrit un nouveau nom sur un organigramme. On voit sa photo, on entend ce qu&#8217;il a à dire. <em>&laquo;&nbsp;L&#8217;Orchestre noir&nbsp;&raquo;</em> est le fruit d&#8217;une enquête sur plus de vingt ans. Il faut s&#8217;accrocher pour ne pas s&#8217;y perdre. Le dédale est immense et il débouche à des endroits imprévus&#8230;<br />
Dans l&#8217;extrême-gauche du film précédent, la complexité était dans les idées : guérilla contre grève, médiatisation contre secret, Lénine vs. Trostky, Staline vs. Mao, etc. Comment s&#8217;organiser ? Que demander ? Quels moyens ? Dans les réseaux néo-fasciste, les problèmes sont pratiques : qui décide quoi, qui manipule qui, qui te tient par les couilles, qui joue double, triple jeu, et au sommet de la pyramide, y a-t-il vraiment quelqu&#8217;un ?</p>
<p>En deux heures de cette cascade d&#8217;information, on croise une loge maçonnique occulte, la CIA, les service secrets militaires américains, un ancien de l&#8217;OAS, des règlements de compte au sein d&#8217;un parti chrétien-démocrate, des ex-mussoliniens, un ex Waffen SS, un Prince Noir. Des petites mains en tôle à vie décidées à baver et des juges menacés pour tenter d&#8217;élucider les liens. Un incroyable scénario de thriller, si ce n&#8217;était son abominable complexité.<br />
Et c&#8217;est là l&#8217;épatant, en réalité, que tout reste embrouillé même au terme du film. Là où certains aimeraient voir dans ces attentats la main unique des Etats-Unis, des fachos, d&#8217;Andreoti, la réalité est cent plus complexe. Il n&#8217;y a pas de Grand Complot, à la fin, seulement des circonstances, des volontés disparates, des liens secrets qui unissent des crapules au travers du monde, pour le résultat que l&#8217;on sait.<br />
Au terme de l&#8217;histoire, on retrouve même les Brigade Rouge, pour un éclairage étonnant sur la fin d&#8217;Aldo Moro. Je recommande plus que vivement de mater les deux docus à la suite, l&#8217;un éclairant l&#8217;autre et approfondissant les récits de façon édifiante.</p>
<p>Et puis, juste pour rigoler.<br />
Dans les boni du film sur les Brigades Rouges, on a droit aux interviews des &#8216;camarades français&#8217;, les vétérans de la Gauche Prolétarienne. A eux de nous expliquer, entre autres, pourquoi ils n&#8217;avaient jamais pris les armes. Après avoir entendu les vieux ritals séchés par la tôle, nos ex-Mao July, Geismar ou Cohn-Bendit font gras notables. Tandis que les BR bricolaient des bombes, eux causaient avec Sartre et Deleuze au Flore : dans la famille terrorisme, on a vu plus tendu ! Autre son de cloche dans le film sur les fachos, curieusement. Là les Français tiennent des rôles à leur mesure. A croire qu&#8217;on a toujours été plus doué pour la guérilla contre-insurrectionnelle, l&#8217;obtention d&#8217;infos par la torture et la formation de criminels. Ceux qu&#8217;on nous dépeint dans l&#8217;Orchestre Noir valent en tout cas leur tour de gégène. Bizarre déséquilibre de représentation, donc, qui ne rend pas justice à ce beau grand pays démocratique qu&#8217;est le nôtre, celui de Jaurès, de la Résistance et de mai 68 (kof kof).</p>
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		<title>Sulfures</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Oct 2011 19:00:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Manu</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma bis]]></category>
		<category><![CDATA[Policier / Thriller]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Blu-Ray]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Dvd]]></category>

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		<description><![CDATA[Encore un slasher de plus mâtiné de torture porn racoleur. C’est ce que le spectateur blasé doit se dire en lisant le résumé au dos de la jaquette. Et comme le film est édité par Emylia, spécialiste en série z qui tâche j’avoue avoir fait l’impasse sur le DVD lorsqu’il est sorti en pack avec [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6693" title="RVB_DIVERS12-DONTLET" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/10/RVB_DIVERS12-DONTLET.jpg" alt="" width="600" height="338" /></p>
<p>Encore un slasher de plus mâtiné de torture porn racoleur. C’est ce que le spectateur blasé doit se dire en lisant le résumé au dos de la jaquette. Et comme le film est édité par Emylia, spécialiste en série z qui tâche j’avoue avoir fait l’impasse sur le DVD lorsqu’il est sorti en pack avec Mad movies.</p>
<p>Les premières images n’augurent rien de franchement passionnant mais au moins l’efficacité est au rendez-vous. Dans un décor lugubre, une grotte ou un abri sous terre,  une jeune femme attachée se débat. Son bourreau, dont on ne perçoit que la silhouette, la libère et la laisse s’enfuir à l’air libre en pleine forêt. L’ambiance est malsaine, la réalisation enlevée et pour une fois voilà un DTV qui ne propose pas une photo trop moche. Fin du prologue.</p>
<p>Retour en arrière, deux jours avant les évènements. Un jeune couple, Paige et Calcin, accompagné de la sœur de ce dernier et de son étrange compagnon de dernière minute, Tristan, décide de partir en week-end  à la campagne dans une baraque isolée. Arrivés sur les lieux, nos braves occupants sont prévenus par l’officier local (qui ressemble à tout sauf à un flic, bonjour le casting) qu’un serial killer surnommé « le chirurgien des arbres » sévit dans le coin. Inquiet mais sans s’affoler plus que de raison, ils décident de rester, ce qui pose quand même un premier point noir dans la conduite du récit. D’emblée la crédibilité n’est pas au rendez-vous. De plus, le mystérieux Tristan, au lieu d’être ambigu et inquiétant, est franchement odieux et antipathique. Il cache un secret de polichinelle dont le spectateur se contrefout dès la première bobine. Et la découverte de ses motivations par l’intermédiaire de son portable accuse un sérieux problème d’écriture. Bref, le scénario est d’une surprenante maladresse et l’une des rares bonnes idées (les deux tueurs aux motivations opposés qui s’affrontent) est malheureusement esquissé au profit d’un thriller horrifique tendu mais conventionnel.</p>
<p>Le gentil couple s’accommode un peu vite de son attitude exécrable.  Enfin passons. Juste pour dire, que Sulfures (joli titre français mais qui ne veut strictement rien dire) ne démarre pas sous les meilleurs auspices. Mais soyons indulgent. Pour un premier film, il s’agit d’une carte de visite honorable. Kelly Smith livre un petit slasher tendu et suffisamment maîtrisé sur le plan visuel pour faire illusion. La tension monte en crescendo dans une atmosphère en demi-teinte, entre naturalisme et décalage typiquement british. Certaines digressions sont particulièrement drôles comme la séquence où le flic raconte comment une enseignante a  découvert l’une des victimes en forêt pendant qu’elle donnait un cour de dessin à ses élèves. D’autres moins ragoûtantes, révèlent un réalisateur plutôt doué pour les scènes chocs teintées de macabre (le vers qui sort de l’œil).  Les effets gore peu nombreux sont néanmoins efficaces et crédibles et l’interprétation, comme souvent dans les productions britanniques même les plus fauchés, est crédible en dépit de dialogues parfois risibles. Le final tourne un peu court comme si Smith avait peur d’en faire trop et se termine dans un bain de sang tout ce qu’il y a de plus classique. Au moins il évite le sempiternel happy end (l’héroïne qui se transforme en justicière) ou le rebondissement de dernière minute qui ne surprend plus personne.</p>
<p>En dépit d’un sérieux problème d’écriture,  cette production fauchée se démarque par une mise en scène efficace et parfois inventive qui laisse présager le meilleur à l’avenir pour le débutant Kelly Smith.</p>
<p><em>(GB-2011) d e Kelly Smith avec Sophie Linfield, Sam Hazeldine, Gordon Alexander.</em></p>
<p><em>Blu-ray et DVD édités par Emylia. Format: 1.85 (16/9). Audio : Français (5.1 dolby digital) Anglais (5.1 dolby digital et 5.1 DTS). Sous-titres : Français. Bandes annonces</em></p>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-6694" title="RVB_DIVERS5-DONTLET" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/10/RVB_DIVERS5-DONTLET-600x337.jpg" alt="" width="600" height="337" /></p>
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		<title>The devil times five / The killing kind</title>
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		<pubDate>Wed, 05 Oct 2011 22:05:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Manu</dc:creator>
				<category><![CDATA[Horreur]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Dvd]]></category>
		<category><![CDATA[Usa]]></category>

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		<description><![CDATA[Artus se lance dans une collection consacrée à l’horreur US 70’s, ce qui ne peut que réjouir l’amateur de pépites introuvables, d’autant que, mise à part quelques films très connus ou cultes, il reste beaucoup de perles à découvrir. L’éditeur qui avait déjà sorti le magnifique Messiah of evil dont on vous avait dit le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Artus se lance dans une collection consacrée à l’horreur US 70’s, ce qui ne peut que réjouir l’amateur de pépites introuvables, d’autant que, mise à part quelques films très connus ou cultes, il reste beaucoup de perles à découvrir. L’éditeur qui avait déjà sorti le magnifique Messiah of evil dont <a href="http://www.cinetrange.com/support/sortie-dvd/messiah-of-evil">on vous avait dit le plus grand bien sur ce site</a>, poursuit son exploration de titres méconnus avec deux raretés qui bénéficièrent néanmoins en leur temps d’une exploitation vidéo.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6667" title="DTF1" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/10/DTF1.jpg" alt="" width="600" height="489" /></p>
<p><em>The devil times five</em> de l’inconnu Sean Mc Gregor mérite le détour pour le portrait cynique et agressif de cinq enfants dérangés mentalement. Un accident d’autobus leur rend la liberté. Ils vont s’immiscer dans une vaste demeure où séjourne pour les vacances une famille particulièrement antipathique. Si les vingt premières minutes n’augurent rien de franchement emballant (musique vieillote pénible, dialogues peu inspirés et dispositif long à mettre en place), la suite surprend par son ton politiquement incorrect et particulièrement transgressif. La violence d’un récit ponctué de meurtres sadiques, ne cesse de surprendre tout au long du métrage. Le premier crime, gratuit et inattendu, filmé au ralenti dans un style visuel quasi expérimental, fascine autant qu’il dérange. Voir des gosses, dont une étrange future nonne, exécuter gratuitement un homme, fait froid dans le dos. Cette séquence détermine sans explication psychologique superflue le caractère malsain de ces êtres en apparence inoffensifs. Évidemment, le film prend racine au cœur des années 70, période symptomatique de la perte des illusions, du pessimisme et du refus de l’innocence comme valeur refuge. L’enfant n’est plus, du moins dans le cinéma de genre, un être à protéger mais une incarnation du mal, un danger potentiel sous des traits angéliques comme en témoigne des œuvres aussi différentes que <em>La malédiction, Les révoltés de l’an 2000, Attention les enfants regardent </em>ou plus près <em>Les tueurs de l’éclipse</em>. Bien sûr dans les années 60, <em>Les innocents</em> et <em>Le village des damnés</em> avaient déjà traités le terrain mais de manière moins directe.</p>
<p>Sans être une réussite absolue, <em>The devil times five (Cinq fois la mort)</em> tire le meilleur parti de son atmosphère lugubre et nihiliste, en multipliant les séquences &laquo;&nbsp;choc&nbsp;&raquo; inventives et variées (dont une excellente scène avec des piranhas dans une baignoire). La bonne idée de ce petit film d’horreur glaçant est de présenter les enfants comme de véritables psychopathes en puissance, des rejetons improbables des tarés borderline de <em>La dernière maison sur la gauche </em>ou de <em>Week-end sauvage</em>. Le spectateur, médusé, n’éprouve aucune empathie envers les victimes, représentation archétypale d’un comportement décadent de l’univers des adultes : nymphomanes, alcooliques, débile léger, patron méprisant et arriviste s’activent pour rester en vie sans que cela nous provoque la moindre émotion. Cette distanciation est la limite et la force de cette petite série B fauchée, extrême et inventive, qui se refuse à toute forme de happy-end. Je déconseille fortement la version française, exécrable, qui ne fait que souligner la médiocrité de l’interprétation.</p>
<p style="text-align: center;"><iframe src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xjdm75" frameborder="0" width="480" height="360"></iframe></p>
<p>A l’opposé, dans une veine plus mesurée et subtile, <em>The Killing kind</em> détourne un sujet sordide pour mieux sonder les rapports ambigus et troubles entre un fils dérangé et une mère possessive avec une finesse inhabituelle dans ce type de production. Sous ses airs de série B racoleuse, ce lointain rejeton de <em>Psychose</em> s’avère en réalité un étonnant portrait d’un jeune homme, Terry,  traumatisé par un viol collectif, auquel on l’a obligé de participer. Accusé par la victime, il va purger une peine de deux ans de prison. Libéré, il retourne chez sa mère mais il est psychologiquement perturbé et affecté. Il a développé une haine pathologique envers les femmes. L’intelligence du récit est de jouer sur le leurre de la vengeance, bien pratique au préalable pour justifier son comportement psychotique. En effet, Terry s’en prend d’abord à celle qui l’a envoyé au trou puis à son avocate qui n’a pas su le défendre. Mais ensuite, il ne peut réprimer ses pulsions et il va continuer dans sa lancée. Il glisse progressivement vers la folie sous l’œil complice de sa mère. La mise en scène discrète et efficace du méconnu Curtis Harrington sert un script à la fois théorique et limpide, décrivant un univers purement féminin. Elle s’efface surtout derrière les prestations fascinantes du débutant John Savage, grand acteur oublié et de l’ex-starlette des années 30-40, Ann Sothern, qui incarne la mère avec une présence physique digne d’une Bette Davis. L’intensité de leur relation fait tout le prix de <em>The Killing Kind</em>, thriller mental à mi chemin entre le pur film d’exploitation et le cinéma d’auteur fourmillant d’idées conceptuelles (le côté film-cerveau est à explorer), comme en témoigne une fin mélancolique et émouvante là ou d’autres artisans se seraient engouffrés dans des effets grands guignols.</p>
<p>Une œuvre attachante qui donne envie de se replonger dans la filmo d’Harrington, formé par Roger Corman et dont certains de ses films devraient être redécouverts comme <em>Le diable à trois</em>, thriller avec Simone Signoret ou <a href="http://www.imdb.com/title/tt0067975/">What&#8217;s the Matter with Helen?</a>, excellent polar horrifique.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6668" title="killingkind" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/10/killingkind.jpg" alt="" width="600" height="338" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><iframe src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xjdml4" frameborder="0" width="480" height="270"></iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><em>The devil times five (USA-1974) de Sean McGregor avec Sorrell Brooke, Gene Evans, Taylor Lacher</em></strong></p>
<p>DVD 9 &#8211; PAL &#8211; Zone 2. Format : 1.33 original respecté &#8211; 4/3. Durée : 86 min. Langues : français, anglais. Sous-titres : français Couleur</p>
<p>Bonus DVD : court-métrage “Play with fire” de Kévin Favillier, Bandes-annonces, Galerie de photos</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><em>The killing Kind (USA-1973) de Curtis Harrington avec John Savage, Ann Sothern</em></strong></p>
<p>DVD 9 &#8211; PAL &#8211; Zone 2. Format : 1.85 original respecté &#8211; 16/9ème compatible 4/3. Durée : 96 min. Langues : français, anglais. Sous-titres : français Couleur</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Bonus DVD : présentation du film par Frédéric Thibaut, spécialiste du Cinéma-Bis. Court-métrage “Bloody current exchange” de Romain Basset. Bandes-annonces</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Hobo with a shotgun : le concours</title>
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		<pubDate>Wed, 05 Oct 2011 13:00:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quizz]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Dvd]]></category>

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		<description><![CDATA[A l&#8217;occasion de la sortie en dvd et en blu-ray de Hobo with a Shotgun, nous vous proposons de gagner 1 exemplaire du blu-ray et 1 exemplaire du dvd. Vous le savez sans doute : le film de Jason Eisener est un brûlot évoquant avec force échauffourées sanglantes la condition des Sans Domicile Fixe. Fable [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A l&#8217;occasion de la sortie en dvd et en blu-ray de <em>Hobo with a Shotgun</em>, nous vous proposons de gagner 1 exemplaire du blu-ray et 1 exemplaire du dvd.</p>
<p>Vous le savez sans doute : le film de Jason Eisener est un brûlot évoquant avec force échauffourées sanglantes la condition des Sans Domicile Fixe. Fable sociale, naturaliste et gore, <em>Hobo</em> raconte la descente aux enfers d&#8217;un clochard (oui, je viens des années 80) dans une ville où règnent la pègre, la terreur et la corruption (une métaphore de ce qu&#8217;est devenu notre monde). Interprété par Rutger Hauer, qui fait là son grand retour, notre Hobo essaie d&#8217;abord la méthode du bon citoyen et appelle la police. Malheureusement le commissariat est de mèche avec la mafia locale. N&#8217;en pouvant plus, le marginal utilise toutes ses économies pour acheter un fusil à pompe (il rêvait en fait d&#8217;une tondeuse) afin de rendre la justice une balle après l&#8217;autre.</p>
<p>Pour tenter de gagner un des prix, il va falloir faire preuve d&#8217;imagination et d&#8217;originalité. Dans un premier temps, il faudra inventer un titre sur le modèle de <em>Hobo with a shotgun</em>, c&#8217;est-à-dire associer une catégorie sociale à une arme, en anglais ou en français. Par exemple: le chômeur à la tronçonneuse. Et non, vous ne pouvez pas prendre l&#8217;exemple. Ensuite, il faudra présenter un bref résumé de votre projet de film.</p>
<p>Si vous êtes des milliers à répondre, vous pouvez ajouter des options pour rendre votre projet plus attractif : suggérer un casting, inventer un slogan, présenter une affiche, évoquer le merchandising, etc.</p>
<p>Vous pouvez poster vos projets en commentaires du présent article. N&#8217;oubliez pas de mentionner votre email pour que l&#8217;on vous recontacte.</p>
<p>Fin des hostilités : vendredi 21 octobre.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6665" title="hobo-with-a-shotgun-ray" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/10/hobo-with-a-shotgun-ray.jpg" alt="" width="400" height="573" /></p>
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