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	<title>Cinétrange &#187; Sorties Blu-Ray</title>
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	<description>Les films les plus bizarres en dvd</description>
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		<title>Assaut, de John Carpenter</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Apr 2012 16:29:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Manu</dc:creator>
				<category><![CDATA[Policier / Thriller]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Blu-Ray]]></category>
		<category><![CDATA[Usa]]></category>

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		<description><![CDATA[Hasard du calendrier, l’un des tous premiers films de John Carpenter ressort un mois après son dernier, The Ward. La sortie en DVD blu ray chez Metropolitan d’Assaut est en soi un petit évènement qui ravira les amateurs du cinéaste, frustrés par les éditions précédentes absolument indignes. En effet, si la version intégrale était présente, à contrario [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-6880" title="Assault On P13_0003" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2012/04/Assault-On-P13_0003-600x289.jpg" alt="" width="600" height="289" /></p>
<p>Hasard du calendrier, l’un des tous premiers films de John Carpenter ressort un mois après son dernier, <em>The Ward</em>. La sortie en DVD blu ray chez Metropolitan d’<em>Assaut</em> est en soi un petit évènement qui ravira les amateurs du cinéaste, frustrés par les éditions précédentes absolument indignes. En effet, si la version intégrale était présente, à contrario de certaines diffusions télé, il fallait se farcir une copie atroce, aux couleurs délavées et à l’encodage vraiment lamentable, à peine digne d’une VHS bon marché. Depuis le temps qu’on nous l’annonçait, l’impatience des fans bouillonnait. Force est de reconnaître  que le résultat est stupéfiant.  Si l’on excepte une courte scène au grain gênant, la copie est splendide,  restituant à merveille la pureté de la mise en scène de Carpenter.</p>
<p><em>Assaut </em>débute en fanfare par l’exécution gratuite d’un gang par la police, aveuglée par une justice expéditive, excessive et un peu irréelle. Le regard de Carpenter est neutre, glacial. Cette distanciation nécessaire est une percutante entrée en matière dans un film marqué par l’abstraction. La musique électronique composée par John himself, hypnotique et minimaliste, renforce cette impression.</p>
<p>Fidèle à ses prologues, Carpenter met en scène des personnages filmés en montage alterné, qui finiront par se retrouver dans un lieu commun. Il démontre dès son second long métrage, après le rigolo film de fin d&#8217;études <em>Dark star</em>, une aptitude innée à construire une intrigue simple mais solide, à instaurer un climax topographique saisissant dans lequel évolue des personnages archétypaux. Les protagonistes de ce thriller urbain vont se retrouver assiégés à l’intérieur d’un commissariat par une menace extérieure, ancrée dans un réel déterminé (les minorités ethniques) mais échappant à toute forme de discours sociologique ou idéologique.</p>
<p><em>Assaut</em> n’est ni un pamphlet gauchiste ni un plaidoyer ouvertement sécuritaire. Les membres du gang de rue de Los Angeles n’appartiennent à aucun groupe social précis, ils n’ont pas de revendications,  ne s’expriment presque jamais. Ils semblent animés par une force surnaturelle les poussant à un rituel de violence  fort dans ce western moderne teinté de fantastique.</p>
<p>Si j’évoque le western ce n’est pas un hasard. Un commissariat ou plutôt le siège du sheriff assiégé, un groupe d’individus hétéroclite  vont s’unir pour affronter un ennemi commun ça ne vous rappelle rien ? Allez un petit effort. Pensez à un classique du western de 1959.  <em>Rio bravo</em> !!! Plus qu’un remake, <em>Assau</em>t est une variation post moderne et ultra violente du chef d’œuvre d’Howard Hawks, redynamisant sa thématique intemporelle, soit l’amitié improbable entre représentant de la loi et un repris de justice face à un problème commun. Les barrières sautent quand il s’agit d’agir. L’exaltation de l’amitié virile, qui n’exclut d’ ailleurs pas les femmes, est un des grands dadas Hawksiens, cinéaste fétiche de l’auteur de <em>The Thing</em>, par ailleurs remake officieux d&#8217;un film de Hawks. D’ailleurs, Le montage est signé John T. Chance, nom du personnage incarné par John Wayne dans Rio Bravo. Evidemment, il s’agit d’un pseudo derrière lequel se cache big John en personne. En vérité, <em>Assaut</em> devait à l’origine être un vrai remake de Rio Bravo mais Carpenter n’avait pas d’argent pour payer les chevaux.</p>
<p>Le grand vainqueur d’<em>Assaut</em> n’est pas son scénario, linéaire et sans grande surprise, mais sa mise en scène, épurée et virtuose. Agé d’à peine 28 ans en 1976, John Carpenter démontre qu’avec un budget misérable et des acteurs inconnus, il est possible d’ambition formelle. Le sens du cadrage et du découpage se déploie dans un univers anxiogène et insolite mis en valeur par un scope magnifique. Chez Carpenter, le scope n’est nullement une affèterie d’esthète. Il utilise intelligemment l’espace, et surtout les extrémités du cadre conférant à certains plans un aspect pictural marqué par l’hyperréalisme.</p>
<p>Toujours aussi captivant 36 ans après sa réalisation,<em> Assaut</em> est ponctué de séquences chocs d’une efficacité redoutable, qui avaient été censurées pour des raisons morales. Le meurtre de sang-froid, plein champ, d’une petite fille venue chercher une glace en est un exemple foudroyant. La séquence construite sur un suspense orchestré de main de maître est d’une brutalité inouïe.  Longtemps absente des copies 35,  ce passage, très hitchcockien dans sa mise en place, possède toujours une puissance cinétique qui prouve que la violence transperce le spectateur si et seulement si elle est sublimée par une mise en scène à la hauteur.</p>
<p>Véritable western des temps modernes (on pense aussi à <em>Alamo </em> de John Wayne), ne faisant jamais l’apologie de la violence, <em>Assaut</em> a depuis, influencé de nombreux films, des <em>Guerriers de la nuit</em> de Walter Hill à <em>Siège</em> de Paul Donovan. En France, <em>Nids de guêpe</em> de Florien EmilIo Siri est quasiment un décalque du film de Carpenter. Jean-François Richet a réalisé  un remake aux Etats Unis avec Ethan Hawks et Samuel Jackson transformant l’original en un thriller efficace mais passe-partout.</p>
<p><em> (USA-1976)  de John Carpenter avec  avec Austin Stocker, Laurie Zimmer, Darwin Joston, Nancy Loomis. Format : 2 :35 (16/9). Audio : français DTS 2.0 mono, Anglais 5.1 DTS-HD. Sous titres : Français. Durée : 91 mn. Bonus : le commentaire audio de Carpenter, la production du film (16 mn), entretien avec John Carpenter et Austin Stocker, la musique du film sur piste séparée, la bande-annonce, les spots radio.</em></p>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-6881" title="Assault On P13_0006" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2012/04/Assault-On-P13_0006-600x259.jpg" alt="" width="600" height="259" /></p>
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		<title>Faux-semblants</title>
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		<pubDate>Sat, 07 Apr 2012 07:34:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Léo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Inclassable]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Blu-Ray]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Dvd]]></category>

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		<description><![CDATA[Entre 2000 et 2001, le réalisateur canadien David Cronenberg a été kidnappé par des agents d&#8217;Annexie, enfermé dans une cave aux murs de glaise électrique, puis livré en pâture à des téléviseurs affamés. Un double malfaisant a ensuite pris sa place ici-bas, réalisant sous son nom, et dans le seul but de le discréditer, la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-6865" title="Dead Ringers-C002" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2012/04/Dead-Ringers-C002-600x414.jpg" alt="" width="600" height="414" /></p>
<p>Entre 2000 et 2001, le réalisateur canadien David Cronenberg a été kidnappé par des agents d&#8217;Annexie, enfermé dans une cave aux murs de glaise électrique, puis livré en pâture à des téléviseurs affamés. Un double malfaisant a ensuite pris sa place ici-bas, réalisant sous son nom, et dans le seul but de le discréditer, la fable plan-plan-psychanalytique <em>Spider</em>, le triste &amp; sec <em>History of violence</em>, puis le sous-depalmesque <em>Eastern promises</em>. Peut-être est-ce un autre clone qui a pris la relève pour <em>A dangerous method</em>, et peut-être n&#8217;est-ce que le même, continuant de se détériorer. Difficile d&#8217;expliquer autrement comment un réalisateur aussi cohérent et marqué que lui ait pu basculer dans ce jaccuzi du mainstream auteurisant hollywoodien, où on ne distingue plus guère un Nolan d&#8217;un Spielberg et un Scorcese d&#8217;un Aronowsky. <em>La Mouche</em>, putain, David, et <em>le Festin nu</em>, et <em>Crash</em> et <em>Vidéodrome</em>, comment aurais-tu pu, comment aurais-tu pu nous faire ça ?</p>
<p>Dans sa filmographie d&#8217;avant, <em>Dead Ringers</em> (1988) reste mon number one favori. Une histoire de frère jumeaux gynécologues, travaillant peu à peu à la séparation de leur couple quasi-siamois. Featuring une actrice de série télé qui tourne aux amphètes, des champs opératoires rouge pétants, du triolisme affectif sur In the Still of the Night, des utérus trifides, des outils amusants pour sonder l&#8217;intérieur des femmes, et Jeremy Irons impeccable dans ces deux rôles principaux qui parfois n&#8217;en font qu&#8217;un. Un film d&#8217;horreur exemplaire, indubitablement cronenbergien, entre fascination et répulsion pour les corps, le sexe, la technique (ici les outils et les drogues) et la métamorphose.</p>
<p>Ce qui m&#8217;a épaté à cette revoyure, c&#8217;est la lente avancée du film, sa transformation même. La première heure, et un peu plus sans doute, repose sur une admirable construction théâtrale. Minutie, précision, presque froideur dans la façon de mettre en scène. Tout est très intelligent, très fixé, les plans ont pile la bonne longueur, les scènes nouent et dénouent les enjeux, presque tous les dialogues sont à double sens, l&#8217;image donne à voir les troubles intérieurs. Un brillante mécanique narrative, un sens du dramatique très littéraire, en fait, qui aurait pu passer dans bien d&#8217;autres médiums. Par-dessus, bien sûr, il y a aussi la photo très léchée, le choix de décors typique des films de Cronenberg (intérieur chic propret virant au champ de bataille, installation scientifico-médicale empruntant à l&#8217;imagerie scifi&#8230;) C&#8217;est très bon mais ça reste un peu mécanique, des actions, des réactions, poser, déplacer, faire évoluer les personnages.</p>
<p>Et puis il y a les dernières minutes, qui sont du pur cinéma. La combinaison du montage, sde mouvements de caméra, d&#8217;images, de son. La musique d&#8217;Howard Shore sur des fondus enchaînés de stores vénitiens. Les pano sur les instruments couverts de sang. La seringue figée dans la cire fondue d&#8217;une bougie. Des textures, des liens sensuels, des ellipses, pour finir sur ce plan fixe façon peinture renaissance, la piéta déformée des deux frères. Terrible, terrible.</p>
<p>Juste avant ça, on avait eu droit au plan électrochoc de Bev cherchant son frère, faisant semblant de ne pas le voir, se dandinant au premier plan en chougnant &laquo;&nbsp;Elli, Elli&#8230;&nbsp;&raquo; tandis que le spectateur, lui, ne peut détacher ses yeux du cadavre sur l&#8217;établi. Il y a un truc pareil dans <em>Requiem pour un massacre</em>, ce moment très dérangeant où le héros refuse de regarder et où nous, de l&#8217;autre côté de l&#8217;écran, n&#8217;avons pas le choix. Cela dure un peu, un peu trop pour que ce soit confortable, et on ressent alors presque physiquement l&#8217;emprise de ce temps de captivité, le nœud dans les tripes. Quelque chose que le cinéma, bien utilisé, sait seul produire. Au delà des bâillements, des sourires de connivence ou d&#8217;une anesthésie de l&#8217;attention pendant deux heures de temps.</p>
<p><em>Dead Ringers</em> est un masterpisse.</p>
<p>Honte à l&#8217;Annexie ! Mort aux traitres et aux fous ! Liberté pour Cronenberg !</p>
<p>*</p>
<p>Une réédition &laquo;&nbsp;collector&nbsp;&raquo; de <em>Faux-Semblants</em> a été faite par Filmedia début 2012. En DVD elle est composée de deux disques, l&#8217;un avec le film (115 mn, v.o. ou v.f., notez que les sous-titres sont calamiteux, avec plusieurs contresens délirants) et l&#8217;autre contenant les bonuses. Ceux-ci se dissèquent comme suit : une heure de récap de la carrière de Cronenberg (docu U.S. classique, sous-titrés là encore avec le dos du scalpel, pas inintéressant), une demi-heure d&#8217;interviews en français autour de la gémellité (inégal, mais l&#8217;essentiel est tenu par un psychologue spécialiste plutôt fin, et qui suit le film de très près), vingt minutes d&#8217;effets spéciaux décortiqués (dix-huit sont inutiles), un extrait de docu d&#8217;époque et une bande-annonce. Comme souvent, tout ça manque un peu de funk. Reste que le film, tout seul, tout sec, vaut largement ses 15 euros.</p>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-6866" title="Dead Ringers-C001" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2012/04/Dead-Ringers-C001-600x405.jpg" alt="" width="600" height="405" /></p>
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		<title>Angoisse, de Bigas Luna</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Apr 2012 08:10:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Manu</dc:creator>
				<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[Policier / Thriller]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Blu-Ray]]></category>

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		<description><![CDATA[Au sein d’une filmographie décevante, si l’on excepte l’étrange Caniche et le sympathiquement vulgaire Jambon jambon, Angoisse fait figure d’exception et constitue le meilleur film d’un auteur  qui ne retrouvera jamais plus un tel état de grâce et surtout une virtuosité graphique (les sinistres Bambola et Les vies de Loulou). Angoisse est un projet qui tenait à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Au sein d’une filmographie décevante, si l’on excepte l’étrange <em>Caniche</em> et le sympathiquement vulgaire <em>Jambon jambon</em>, <em>Angoisse </em>fait figure d’exception et constitue le meilleur film d’un auteur  qui ne retrouvera jamais plus un tel état de grâce et surtout une virtuosité graphique (les sinistres <em>Bambola</em> et <em>Les vies de Loulou</em>).</p>
<p><em>Angoisse </em>est un projet qui tenait à cœur Bigas Luna. Il a écrit le script en 1982, période où il vivait aux Etats Unis et venait d’achever  un film avec Dennis Hopper, <em>Reborn</em>, un thriller fantastique. N’ayant pu trouver des financiers qui devaient s’arracher les cheveux devant un projet aussi novateur que complexe, il retourna en Espagne et  put enfin, grâce au producteur Pépon Coromina, réaliser son film.</p>
<p>Tourné entièrement à Barcelone, <em>Angoisse</em> est censé se situer aux Etats-Unis, défi que relève brillamment le cinéaste en multipliant les décors contrastés. Difficile de résumé le scénario sans dévoiler le pot aux roses. Pour ceux qui ne connaissent pas l’enjeu de ce thriller horrifique malsain et fascinant, attendez-vous à quelques SPOILERS inévitables.</p>
<p>Un ophtalmologue plutôt inquiétant, complètement dominé par sa mère, assassine des gens pour leur prélever les globes oculaires. La mère utilise l’hypnose pour guider son fils dans sa mission. Tout serait simple dans cet univers gothique, teinté de surréalisme, si l’on n’entendait pas au bout d’une vingtaine de minutes les commentaires des spectateurs venus assister au pouvoir dérangeant de cette pellicule malfaisante. Un autre film dans le film commence.</p>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-6857" title="image_06" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2012/04/image_06-600x399.jpg" alt="" width="600" height="399" /></p>
<p>L’aspect excessif de ce long prologue qui se déroule dans un décor irréel et fétichiste, provoque une sorte de méfiance. Bigas Luna en rajoute dans les éclairages bleus et rouges comme dans  les giallos expressionnistes de Bava et Argento, multiplie les cadrages alambiqués,  les effets de montage insolites et dirige ses comédiens d’une façon borderline sans aucun souci de vraisemblance (diction sadique, yeux exorbités, caractère ridicule des seconds rôles). Bigas Luna se fond avec une totale absence de complexe dans les terres peu accueillantes du cinéma bis et excentrique.</p>
<p>Mais voilà qu’après une séance d’hypnose, citant ouvertement le <em>Vertigo</em> d’Hitchcock, que l’on se retrouve dans la salle de cinéma, observant les réactions de spectateurs traumatisés, effrayé, manipulés par la projection de <em>The mammy</em>, le film dans le film. Vous me suivez ???</p>
<p>Le réalisateur ibérique pratique la mise en abîme de façon inventive et ludique, n’oubliant jamais derrière l’apparence d’un petit manuel théorique, de raconter une histoire, enfin deux histoires, effrayantes. La deuxième partie est totalement vertigineuse. Le fils binoclard et psychologiquement instable rentre dans un cinéma qui projette <em>The lost world</em>, classique du muet fantastique et commence le massacre. Parallèlement, dans la réalité, un tueur totalement obsédé par <em>The mammy</em> entame lui aussi un voyage au bout de l’horreur.</p>
<p>Le long montage parallèle qui voit s’entrecroiser les deux récits n’est jamais gratuit. Les intrigues se resserrent, se mélangent et finissent même par converger via une séquence traumatisante où l’une des jeunes héroïnes confond la fiction et le réel en pensant que l’ophtalmologue lui a planté une aiguille dans l’œil.</p>
<p>Réflexion intense sur le pouvoir des images, <em>Angoisse</em> se garde bien de toute sentence moralisatrice. A la limite, le film prêche un discours presque évident : la violence graphique et psychologique d’une œuvre d’art peut avoir des conséquences sur des esprits fragiles. Mais surtout, <em>Angoisse </em>est un hommage vibrant à la toute-puissance du cinéma comme catalyseur de nos peurs les plus intimes.</p>
<p>Proche d’œuvres majeurs comme <em>Ténèbres</em> d’Argento et<em> Body Double</em> de De Palma, cette plongée au cœur d’une folie pelliculée n’oublie pas de revisiter la séquence culte de l’œil découpé au scalpel, vue dans <em>Un Chien Andalou</em> de Buñuel, œuvre matricielle du projet fou de Bigas Luna. Singulier et scotchant de la première à la dernière image, <em>Angoisse</em> est un grand film de genre, viscéral et anxiogène, qui dépasse allègrement son aspect ultra référentiel et son penchant théorique. Un petit chef d’œuvre.</p>
<p><em>(ESP-1987) de Bigas Luna Luna avec Zelda Rubinstein, Michael Lerner, Talia Paul. Format : 2 :35 (16/9). Audio : français, Anglais (stéréo). Sous titres : Français. Durée : 81 mn. Bonus : Présentation du film par Fausto Fasulo, interview Bigas Luna, Films annonces. Dispo DVD et Blu-ray chez Filmedia</em></p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6858" title="angoissebluray" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2012/04/angoissebluray.jpg" alt="" width="489" height="680" /></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>The woman, de Lucky McKee</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Mar 2012 23:51:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Manu</dc:creator>
				<category><![CDATA[Horreur]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Blu-Ray]]></category>
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		<description><![CDATA[La question qui brûle aux lèvres de tous les amateurs au sujet de The woman parait inévitable : le parfum de petit scandale qui entoure le nouveau film de Lucky McKee est-il justifié ? Et surtout, rend-il au fond justice à un cinéaste qui n’a jamais frappé par son esprit racoleur mais plutôt par une vision [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La question qui brûle aux lèvres de tous les amateurs au sujet de<em> The woman</em> parait inévitable : le parfum de petit scandale qui entoure le nouveau film de Lucky McKee est-il justifié ? Et surtout, rend-il au fond justice à un cinéaste qui n’a jamais frappé par son esprit racoleur mais plutôt par une vision personnelle de l’horreur. Au festival de Sundance, un spectateur s’est même enfui en courant de la salle s’écriant « <em>&laquo;&nbsp;Ce n’est pas humain le film est dégradant pour les femmes, vous êtes malades, ce n’est pas de l’art, Sundance devrait avoir honte&nbsp;&raquo;</em>. La vidéo circule <a href="http://www.youtube.com/watch?v=9Frliyp33sM" target="_blank">sur Internet</a>.</p>
<p style="text-align: left;">Depuis, <em>The woman</em> se traîne de festival en festival une réputation de film trash, extrême, misogyne, ultraviolent qui a malheureusement fini par le desservir. En réduisant le long métrage au rang de pur trash movie au même titre que les peu ragoutants <a href="http://www.cinetrange.com/support/blu-ray/srpski-film/"><em>A serbian film</em> </a>ou <em><a href="http://www.cinetrange.com/support/sortie-dvd/the-human-centipede-de-tom-six/">Human centipede</a></em>,  la presse et le public se privent du coup d’un film infiniment plus subtil que ses apparences ne laissent supposer.
</p>
<p><center><iframe src="http://www.youtube.com/embed/nEKFeAYmN9c" frameborder="0" width="560" height="315"></iframe></center></p>
<p style="text-align: left;">Au préalable, il s’agit d’une collaboration étroite entre Lucky McLee et l’écrivain culte James Ketchum, qui ferait passer Clive Barker pour un romancier à l’eau de rose. Ils ont déjà travaillé ensemble sur <em>Red</em> avant que McKee ne soit évincé du tournage. La fusion entre les deux artistes est par ailleurs curieuse. Ils ont commencé par écrire un scénario puis, chacun de leur coté, en ont tiré respectivement un roman et un film.</p>
<p>L’histoire de <em>The woman</em> est simple, voire basique. La femme éponyme est une sauvageonne en guenilles qui vit dans la forêt comme au temps de la préhistoire. D’où vient-elle ? Que fait-elle ? Comment est-ce possible ? Autant de questions qui n’intéressent pas le réalisateur. La véritable nature du film est ailleurs. Cette femme va se faire capturer par une famille de la middle class américaine, noyautée par un père tyrannique et déséquilibré. Attachée au fond d’une cave, elle va subir les pires sévices et tortures sous le prétexte fallacieux de civiliser cette femme.</p>
<p>En apparence cette famille parait normale, attachée à des valeurs simples et traditionnelles sans paraître fanatiques. Entre une belle maison, une voiture confortable, un grand jardin et une situation financière plus qu’honorable, rien ne semble troubler le bonheur de cette famille. Mais dès que l‘on gratte le verni, la vraie nature de ces pseudo bourgeois saute aux yeux. Le père qui apparaît de plus en plus cinglé, n’est pas le seul fautif. La passivité de la mère exaspère, le malaise de la fille est trop insistant pour être anodin; le fils poussé par une vénération pour son père, se vautre dans la perversion. Le malaise s’installe doucement, lentement jusqu’à devenir insupportable. Les dix dernières minutes proprement insoutenables prennent une tournure inattendue et révèle le véritable sens du film, encore plus sombre et décadent que l’on ne le soupçonnait. Mais chut, Spoiler !!!! Je n’en dirais pas plus. Achetez le film, louez le ou trouvez un autre moyen pour vous le procurer !</p>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-6836" title="woman1" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2012/03/woman1-600x337.jpg" alt="" width="600" height="337" /></p>
<p>Tourné avec un budget très réduit, <em>The woman</em> tire parti de cette contrainte. La  mise en scène, épurée et frontale, séduit par son style naturaliste. En réfutant tout artifice inutile, Lucky McKee traite un sujet périlleux avec une grande honnêteté intellectuelle. En confrontant une femme sauvage avec des êtres soit disant civilisés, il interroge notre regard sur le rapport nature/culture. La violence primaire d’un animal ne sera jamais aussi insoutenable que celle pensée et analysée d’un individu ou d’un groupe d’individu. Au nom d’une volonté de dressage, le brave père de famille a perdu toute notion morale et humaine. La sauvageonne n’est plus qu’un tas de chair soumise à une série d’expériences humiliantes. Sur un sujet proche, François Truffaut avait tiré un très beau film, <em>l’enfant sauvage</em> d’après les travaux du professeur Itard. Le regard impitoyable de Mckee s’oppose à celui humaniste de Truffaut. Mckee traite du fascisme, de l’exploitation de l’homme par l’homme, sans se vautrer dans des théories fumeuses.</p>
<p>Entre le pur trip d’exploitation d’une violence graphique inouïe et le film d’auteur radical, <em>The woman</em> est une œuvre atypique, une expérience éprouvante qui n’est pas sans rappeler le cinéma d’Haneke sans le côté donneur de leçon. On pense aussi à <em>Canine</em> de Yorgos Lánthimos ou un père éduquait ses enfants comme des chiens au sens propre. Mais à  la différence du film grec qui possédait une dimension absurde et onirique, celui de McKee agit comme un cauchemar sur pellicule, peu aimable et pas facile à vendre.</p>
<p>Avis aux amateurs de curiosités et d’objets filmique bizarres. Ce film est pour vous. Surtout, je tiens à le souligner. Lucky McKee est un des rares auteurs des années 2000 en matière de cinéma d’horreur. Avec Richard Kelly.</p>
<p><em>(usa-2010)  de Lucky McKee avec Polyanna McIntosh, Sean Bridges et Angela Betis. Disponible en dvd et blu-ray chez Emylia.</em></p>
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		<title>Stake Land, de Jim Mickle</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Dec 2011 16:55:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Damien</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
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		<description><![CDATA[L&#8217;Amérique est une nation perdue. Quand une épidémie de vampirisme frappe le pays, les hommes sont obligés de fuir pour échapper aux bêtes sauvages assoiffées de sang que sont devenus les morts. Les villes ne sont plus que des cimetières et les survivants se rassemblent dans des petits villages, terrifiés à la tombée de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/12/Stake-Land.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6752" title="Stake-Land" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/12/Stake-Land-406x600.jpg" alt="" width="400" height="592" /></a></p>
<p><em>L&#8217;Amérique est une nation perdue.</em><br />
<em>Quand une épidémie de vampirisme frappe le pays, les hommes sont obligés de fuir pour échapper aux bêtes sauvages assoiffées de sang que sont devenus les morts. Les villes ne sont plus que des cimetières et les survivants se rassemblent dans des petits villages, terrifiés à la tombée de la nuit.</em><br />
<em>Un mystérieux fugitif à la traque des vampires prend sous son aile le jeune Martin, dont la famille vient d&#8217;être sauvagement assassinée sous ses yeux. Accompagnés d&#8217;une religieuse et d&#8217;une jeune femme enceinte, ils sillonnent le pays en direction du Canada, &laquo;&nbsp;Nouvel Eden&nbsp;&raquo; selon les rumeurs&#8230;</em></p>
<p>Déjà auteur en 2006 du remarqué <em>Mulberry Street</em> (sorti chez nous directement en DVD en 2009), Jim Mickle signe avec <em>Stake Land</em> un film de vampires post-apocalyptique mineur, mais plutôt sympathique, à la croisée de <em>Je suis une légende</em> (on parle évidemment du classique roman d&#8217;anticipation de Richard Matheson, pas de son horripilante et pleurnicharde adaptation ciné avec Will Smith), des films de zombies façon Roméro (pour la dimension politique), et du livre <em>La route</em> de Cormac McCarthy (pour le caractère dépouillé du récit).</p>
<p><a href="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/12/StakeLand1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6753" title="StakeLand1" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/12/StakeLand1-600x401.jpg" alt="" width="550" height="367" /></a></p>
<p>Si le métrage ne joue pas, on l&#8217;aura compris, la carte de l&#8217;originalité à tout crin, il réussit en revanche la gageure de ne pas se laisser trop écraser par ces références prestigieuses, en tablant avant tout sur des bases solides : un univers crédible, une ambiance soignée, des personnages convaincants, un tournage dans de splendides décors naturels, et un minimalisme épuré des plus réussi. Paris gagné, on entre dans le film sans problème, et on se laisse rapidement séduire par un récit âpre et mélancolique, mais jamais larmoyant, engagé juste ce qu&#8217;il faut (les extrémistes religieux en prennent pour leur grade), et privilégiant le développement d&#8217;atmosphères vénéneuses et les moments de tension rémanente à la débauche de scènes-chocs, de dialogues et d&#8217;action.</p>
<p>Dénué de prétention, mais pas d&#8217;ambition (on sent le réalisateur sincèrement attaché aux personnages de son film, chose devenue de plus en plus rare dans le tout venant du cinéma horrifique contemporain), <em>Stake Land</em> ne révolutionne donc pas le genre, mais assure un spectacle des plus honorables, porté par des personnages touchants et une mise en scène discrète mais efficace.</p>
<p><em><a href="http://www.stakelandmovie.com/">Stake Land</a> est édité par Entertainment One, et distribué par Aventi en France. Le films est disponible en DVD, Blu-Ray et VOD.</em></p>
<p><iframe src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xi9t0j?logo=0&amp;hideInfos=1" frameborder="0" width="600" height="263"></iframe></p>
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		<title>The human centipede 2 : full sequence</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Nov 2011 19:31:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Horreur]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Blu-Ray]]></category>

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		<description><![CDATA[Avec Human Centipede premier du nom, son réalisateur Tom Six inventait quelque chose. Un concept osé, complètement ouf, pas loin de Cronenberg, même si c&#8217;était surtout pour de la rigolade. Le chirurgien fou Dr Heiter, au fort accent allemand, avait donc dans l&#8217;idée de créer un &#171;&#160;mille patte humain&#160;&#187; en reliant trois humains par la bouche [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Avec <em>Human Centipede</em> premier du nom, son réalisateur Tom Six inventait quelque chose. Un concept osé, complètement ouf, pas loin de Cronenberg, même si c&#8217;était surtout pour de la rigolade. Le chirurgien fou Dr Heiter, au fort accent allemand, avait donc dans l&#8217;idée de créer un &laquo;&nbsp;mille patte humain&nbsp;&raquo; en reliant trois humains par la bouche et par l&#8217;anus. Ceci avait donné lieu à un schéma anatomique parlant :</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6733" title="human" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/11/human.jpg" alt="" width="404" height="170" /></p>
<p>Le film ne se prenait pas au sérieux mais mettait tout de même ses idées saugrenues à exécution. Le Dr Heiter semblait sortir tout droit d&#8217;un conte SM pour adultes pas sages et prenait un malin plaisir à humilier sa créature, notamment lors des étapes d&#8217;ingestion de nourriture puis lors des déjections. Le film est devenu culte et a même atteint la sphère des &laquo;&nbsp;geeks&nbsp;&raquo; qui recréent avec joie <a href="http://knowyourmeme.com/memes/the-human-centipede" target="_blank">des mèmes du Human Centipede</a>. En France, le film est sorti très tardivement. Il est disponible en dvd et blu-ray chez Condor Entertainment depuis octobre 2011 seulement.</p>
<p>Suite au succès d&#8217;estime du film, le réalisateur au costume et au chapeau de cow-boy n&#8217;a pas traîné pour mettre sur les rails une &laquo;&nbsp;sequel&nbsp;&raquo;. Tom Six voyait donc deux choix : soit s&#8217;intéresser au sort de la survivante du premier épisode, ou alors raconter une histoire totalement différente. Il choisit cette seconde option et s&#8217;intéresse à un vigile ventripotent de parking souterrain. Dans une mise en abyme inutile, le gardien est un fan ultime du film<em> Human Centipede</em>. Un peu attardé et vivant dans un milieu social défavorisé, Martin se met en tête de créer son propre mille-patte humain en utilisant des clients kidnappés dans son parking. Il réunit hommes et femmes dans un hangar désaffecté et joue à l&#8217;apprenti chirurgien avec des instruments sortis de sa boîte à outils.</p>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-6734" title="hc2" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/11/hc2-600x337.jpg" alt="" width="600" height="337" /></p>
<p>Visuellement, le film est remarquable. Tourné en noir &amp; blanc et en HD, le film est restitué à merveille sur support blu-ray, et notamment son esthétique assez originale puisqu&#8217;en totale contradiction avec le sujet plus que glauque. Les forts contrastes permettent de saisir le moindre détail du hangar pouilleux à souhait. La star du film, c&#8217;est bien sûr l&#8217;acteur principal Laurence R. Harvey qui compose un personnage tout aussi flippant que le Dr Heiter, et qui se rapproche du rôle de Philippe Nahon dans le <em>Seul contre tous</em> de Gaspar Noé. Tom Six le filme presque nu et n&#8217;hésite pas à cadrer son obésité dans toute sa splendeur. Son visage est tout aussi étrange avec des yeux tellement globuleux et exorbités, que  Jeff Goldblum n&#8217;a qu&#8217;à aller se rhabiller. Le réalisateur finit d&#8217;installer le malaise grâce à quelques personnages bizarres (la mère, le voisin tatoué violent, le toubib amateur de prostituée, etc.), et l&#8217;atmosphère générale fait un peu penser au <em>Eraserhead</em> de David Lynch.</p>
<p>Le seul problème est que le personnage de Martin vole la vedette au human centipede. Et une fois celui-ci présenté, l&#8217;on devine ce qu&#8217;il va faire avec ses propres moyens. Malgré un peu de gore en plus, un peu de politiquement incorrect (il y a dans les victimes une femme bien enceinte), <em>The human centipede 2</em> est une redite du premier. L&#8217;idée ainsi photocopiée (trois humains ou douze humains, on a compris le truc) perd forcément de son originalité et le film son effet de surprise.</p>
<p>Mais Tom Six n&#8217;en démord pas. Il prépare déjà le troisième acte, <em>Human Centipede 3 : final sequence</em>.</p>
<p><em>Human Centipede 2 sera disponible en blu-ray et dvd au Royaume-Uni à partir du 21 novembre chez Bounty Films. Il n&#8217;y a pas de sous-titres mais le film est quasiment muet. </em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Sulfures</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Oct 2011 19:00:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Manu</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma bis]]></category>
		<category><![CDATA[Policier / Thriller]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Blu-Ray]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Dvd]]></category>

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		<description><![CDATA[Encore un slasher de plus mâtiné de torture porn racoleur. C’est ce que le spectateur blasé doit se dire en lisant le résumé au dos de la jaquette. Et comme le film est édité par Emylia, spécialiste en série z qui tâche j’avoue avoir fait l’impasse sur le DVD lorsqu’il est sorti en pack avec [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6693" title="RVB_DIVERS12-DONTLET" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/10/RVB_DIVERS12-DONTLET.jpg" alt="" width="600" height="338" /></p>
<p>Encore un slasher de plus mâtiné de torture porn racoleur. C’est ce que le spectateur blasé doit se dire en lisant le résumé au dos de la jaquette. Et comme le film est édité par Emylia, spécialiste en série z qui tâche j’avoue avoir fait l’impasse sur le DVD lorsqu’il est sorti en pack avec Mad movies.</p>
<p>Les premières images n’augurent rien de franchement passionnant mais au moins l’efficacité est au rendez-vous. Dans un décor lugubre, une grotte ou un abri sous terre,  une jeune femme attachée se débat. Son bourreau, dont on ne perçoit que la silhouette, la libère et la laisse s’enfuir à l’air libre en pleine forêt. L’ambiance est malsaine, la réalisation enlevée et pour une fois voilà un DTV qui ne propose pas une photo trop moche. Fin du prologue.</p>
<p>Retour en arrière, deux jours avant les évènements. Un jeune couple, Paige et Calcin, accompagné de la sœur de ce dernier et de son étrange compagnon de dernière minute, Tristan, décide de partir en week-end  à la campagne dans une baraque isolée. Arrivés sur les lieux, nos braves occupants sont prévenus par l’officier local (qui ressemble à tout sauf à un flic, bonjour le casting) qu’un serial killer surnommé « le chirurgien des arbres » sévit dans le coin. Inquiet mais sans s’affoler plus que de raison, ils décident de rester, ce qui pose quand même un premier point noir dans la conduite du récit. D’emblée la crédibilité n’est pas au rendez-vous. De plus, le mystérieux Tristan, au lieu d’être ambigu et inquiétant, est franchement odieux et antipathique. Il cache un secret de polichinelle dont le spectateur se contrefout dès la première bobine. Et la découverte de ses motivations par l’intermédiaire de son portable accuse un sérieux problème d’écriture. Bref, le scénario est d’une surprenante maladresse et l’une des rares bonnes idées (les deux tueurs aux motivations opposés qui s’affrontent) est malheureusement esquissé au profit d’un thriller horrifique tendu mais conventionnel.</p>
<p>Le gentil couple s’accommode un peu vite de son attitude exécrable.  Enfin passons. Juste pour dire, que Sulfures (joli titre français mais qui ne veut strictement rien dire) ne démarre pas sous les meilleurs auspices. Mais soyons indulgent. Pour un premier film, il s’agit d’une carte de visite honorable. Kelly Smith livre un petit slasher tendu et suffisamment maîtrisé sur le plan visuel pour faire illusion. La tension monte en crescendo dans une atmosphère en demi-teinte, entre naturalisme et décalage typiquement british. Certaines digressions sont particulièrement drôles comme la séquence où le flic raconte comment une enseignante a  découvert l’une des victimes en forêt pendant qu’elle donnait un cour de dessin à ses élèves. D’autres moins ragoûtantes, révèlent un réalisateur plutôt doué pour les scènes chocs teintées de macabre (le vers qui sort de l’œil).  Les effets gore peu nombreux sont néanmoins efficaces et crédibles et l’interprétation, comme souvent dans les productions britanniques même les plus fauchés, est crédible en dépit de dialogues parfois risibles. Le final tourne un peu court comme si Smith avait peur d’en faire trop et se termine dans un bain de sang tout ce qu’il y a de plus classique. Au moins il évite le sempiternel happy end (l’héroïne qui se transforme en justicière) ou le rebondissement de dernière minute qui ne surprend plus personne.</p>
<p>En dépit d’un sérieux problème d’écriture,  cette production fauchée se démarque par une mise en scène efficace et parfois inventive qui laisse présager le meilleur à l’avenir pour le débutant Kelly Smith.</p>
<p><em>(GB-2011) d e Kelly Smith avec Sophie Linfield, Sam Hazeldine, Gordon Alexander.</em></p>
<p><em>Blu-ray et DVD édités par Emylia. Format: 1.85 (16/9). Audio : Français (5.1 dolby digital) Anglais (5.1 dolby digital et 5.1 DTS). Sous-titres : Français. Bandes annonces</em></p>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-6694" title="RVB_DIVERS5-DONTLET" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/10/RVB_DIVERS5-DONTLET-600x337.jpg" alt="" width="600" height="337" /></p>
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		<title>The social Network, de David Fincher</title>
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		<pubDate>Thu, 28 Jul 2011 17:00:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sorties Blu-Ray]]></category>
		<category><![CDATA[Usa]]></category>

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		<description><![CDATA[Au départ, il y a le livre The accidental billionaires, écrit par Ben Mezrich. On apprend dans cet entretien avec l&#8217;écrivain que le principal interlocuteur pour le livre fut Eduardo Saverin, le personnage dont Zuckerberg a trahi l&#8217;amitié. Avec un de ses ouvrages précédents (bringing down the house), Mezrich suscitait la polémique sur certaines libertés [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Au départ, il y a le livre <em>The accidental billionaires</em>, écrit par Ben Mezrich. On apprend dans cet <a href="http://livres.fluctuat.net/ben-mezrich/interviews/11121-The-Social-Network-entretien-avec-Ben-Mezrich.html">entretien avec l’écrivain</a> que le principal interlocuteur pour le livre fut Eduardo Saverin, le personnage dont Zuckerberg a trahi l’amitié. Avec un de ses ouvrages précédents (<em>bringing down the house</em>), Mezrich suscitait la polémique  sur certaines libertés qu’il aurait prises  vis-à-vis des faits. Le fond de commerce de Mezrich est d’écrire des livres qui ne sont pas  des fictions et qui s’inspirent de la réalité. Il semble vouer une  fascination pour les génies américains qui font fortune grâce à la  technique (il a aussi écrit un livre sur des étudiants du MIT ayant  réussi à concevoir un programme pour gagner au blackjack).</p>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-6540" title="social_network_jesse_eisenberg_07" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/07/social_network_jesse_eisenberg_07-600x403.jpg" alt="" width="600" height="403" /></p>
<p>Ensuite, il y a le scénario, adapté du roman par Aaron Sorkin. Même si ce dernier a pris comme base le livre de Mezrich, il a aussi mené sa propre enquête. Au final, on peut légitimement s’interroger sur l’authenticité des faits présentés dans le film <em>The Social Network. </em>Mais  l’écart entre fiction et réalité n’est peut-être pas si important que  ça. Il faut garder dans un coin de l’esprit, que le film de Fincher,  aussi passionnant soit-il, n’est peut-être pas un reflet  fidèle. Cela, personne ne le dit, surtout que le film cite la  marque « facebook » et le nom réel des personnes, laissant penser que tout ce que nous voyons est parfaitement authentique.</p>
<p>Pour autant, le film n’a pas eu  de problème avec la justice, ce qui indique  qu’il n’y a pas calomnie  gênante. Et l’œuvre ne fait pas un portrait  très reluisant de  Zuckerberg : plein de rancœur, égocentrique, jaloux.  Peu flatteur mais  pas non plus emprunt de méchanceté. On éprouve une  certaine empathie  pour lui, à travers notamment du personnage de  l’assistante qui voit en  lui « un type sympathique qui fait tout pour  être un sale con ».</p>
<p>Comme tout le monde, j’avais comme à priori de dire qu’un film sur  Facebook serait tout sauf excitant. Et comme tout le monde, après avoir  vu le film, j’ai trouvé ça génial. Il y a sans doute une part de magie  mais David Fincher, en parfait narrateur, parvient à nous happer dès les  premières minutes et ne cesse d’accélérer le rythme du récit.  De la  magie ? Pas forcément. On commence à bien connaître David Fincher. Ses  premières œuvres démontrent chez lui un goût pour l’image, les effets  spéciaux et les expérimentations visuelles, toujours au service du  récit. Il fut réalisateur de clips autrefois. On pourrait être tenter de  dire qu’il ne se passe rien dans <em>The Social Network</em>, qu’il n’est  qu’une succession de tunnels dialogués. Et pourtant, c’est par le biais  de la mise en scène, chargée de symboles et de significations que le  réalisateur parvient à nous captiver de bout en bout. Le cadrage, le  placement des personnages et les décors ont été conçus de tel sorte, que  nous ayons toujours des indices faisant écho au positionnement dans la  relation humaine qui se joue. Et quand on parle de relation humaine, ce  serait plutôt de conflits dont il s’agit. Les groupes se font et se  défont au gré de l’intrigue; certains personnages sont inclus ou exclus.  Cela ne se voit pas de manière évidente puisque le film sembler couler  de source, mais la mise en scène participe à l’étonnante dynamique du  film. Une deuxième vision fait apparaître cela assez clairement.</p>
<p>Toutes les scènes avec les jumeaux Winklevoss sont symptomatiques du concept. Ainsi, on les voit pratiquer l’aviron en salle avec une machine. Autrement dit : ils rament et font du sur place; ce qui illustre exactement leur situation dans le projet facebook à ce moment-là. Sans Zuckerberg, ils  n’avancent pas d’un iota dans leur projet.</p>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-6541" title="social_network_jesse_eisenberg_11" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/07/social_network_jesse_eisenberg_11-600x404.jpg" alt="" width="600" height="404" /></p>
<p>L’un des thèmes principaux du film n’est pas du tout facebook en soi, mais plutôt la personnalité fascinante de Mark   Zuckerberg. C’est autant un génie qu’un autiste, dans le sens où  personne ne partage  ses visions ni sa maîtrise de la technique. Ce qui semble avoir séduit Fincher et son scénariste est sans doute aussi l’origine du projet : maladroit et condescendant, Mark se fait jeter par sa petite amie. Suite à cela, il créé dans un moment de bêtise alcoolisée, une application permettant de classer les filles du campus selon leur physique. Une idée puante mais qui a  un succès phénoménal, au point de saturer le réseau de l’école. C’est cette bêtise qui va lui permettre d’enchainer sur un projet plus ambitieux. Avec l’anecdote sur Victoria’s Secret, les auteurs semblent dire que tout grand projet naît d’une frustration et/ou d’un problème avec une femme. Vraie ou pas, cette idée de petite histoire dans la grande, est séduisante !</p>
<p>C’est aussi la jalousie vis-à-vis des final clubs de Harvard qui va motiver Zuckerberg à créer son propre club privé via Facebook. Cette sélection et par conséquent cette exclusion rend le jeune homme malade. On voit son malaise à plusieurs moments. Par exemple quand il rencontre son ex-petite amie Erika dans un bar. Celle-ci est en présence d’un groupe d’amis.  Elle ne veut pas quitter ce groupe pour s’entretenir avec Mark. Ce dernier s’en trouve alors définitivement  exclu. Facebook n’est finalement rien d’autre qu’un réseau où l’on sélectionne ses amis; des gens que l’on inclura ou que l’on exclura selon son bon vouloir et qui procure un sentiment fictif de maîtrise des relations humaine.</p>
<p><em>The Social Network </em>est aussi un constat sur l’évolution de l’industrie. Les jumeaux Winklevoss sont des caricatures symbolisant les anciens pouvoirs :  l’argent, la force physique, les relations. Mais rien de tout cela ne pourra  faire vasciller le projet du nerd. Il y a aussi un discours Frankensteinien sur la créature qui échappe à son créateur. La progression et le succès du programme sont fulgurants et l’on voit un capitalisme complètement fou, investissant massivement dans le domaine des nouvelles technologies de l’information. A ce jour, les internautes passent plus de temps sur Facebook que sur l’autre géant du net : Google. Cependant, Zuckerberg a été assez malin pour conserver la société, sans être tenté de la revendre. Contrairement à certains de ses collaborateurs qui ont été évincés.</p>
<p>Sans être frontal, Fincher nous pose la question : quel est la réalité du réseau virtuel Facebook ? L’application nous permet à tous d’être de petits Zuckerberg, d’être le chef suprême de son propre réseau et de choisir à volonté : ami ou pas ami, j’aime ou pas. On y retrouve la possibilité de sélection, propre aux final clubs (fight club?!) des prestigieuses universités américaines. L’ironie c’est qu’en vrai (dans le film en tout cas), Zuckerberg n’a qu’un seul ami, qu’il perd dans le  processus.</p>
<p><em>Le blu-ray, sorti chez Sony Pictures Home Entertainment, est un vrai bonheur, tant au niveau de l’image que du son. Evidemment, David Fincher donne beaucoup d’importance à la photo et à la musique, des morceaux d’ambient/indus composés par le duo Trent Reznor et Atticus Ross.</em></p>
<p><em><img class="aligncenter size-medium wp-image-6542" title="social-network_galleryphoto_paysage_std" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/07/social-network_galleryphoto_paysage_std-600x348.jpg" alt="" width="600" height="348" /></em></p>
<p><em><br />
</em></p>
<ol></ol>
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		<title>Heartless, de Philip Ridley</title>
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		<pubDate>Thu, 21 Jul 2011 17:04:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Trois films en vingt ans, on ne peut pas dire que le réalisateur britannique soit très prolifique. Scénariste pour le théâtre, peintre et romancier, Philip Ridley a tout simplement du mal à trouver des financements pour ses films. Jamie a une grosse tâche de naissance sur le visage et une autre qui lui recouvre l&#8217;épaule. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6531" title="heartless2" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/07/heartless2.jpg" alt="" width="600" height="338" /></p>
<p>Trois films en vingt ans, on ne peut pas dire que le réalisateur britannique soit très prolifique. Scénariste pour le théâtre, peintre et romancier, Philip Ridley a tout simplement du mal à trouver des financements pour ses films.</p>
<p>Jamie a une grosse tâche de naissance sur le visage et une autre qui lui recouvre l&#8217;épaule. Sujet aux moqueries depuis son enfance, il soufre de dépression et a déjà tenté de se suicider. Vivant avec sa mère dans un quartier populaire de Londres, le jeune homme fait de la photographie en amateur éclairé et fait des reportages sur les bas-fonds de la ville. C&#8217;est là qu&#8217;il tombe sur un étrange gang, connu pour jeter des cocktails molotov sur des passants.</p>
<p>Avec cette troisième oeuvre, le réalisateur reprend toujours le même personnage principal, cherchant désespérément sa place dans la société. Il soufre de solitude, et il est mis à l&#8217;écart du fait de sa différence. Tout comme <em>Darkly Noon</em>, le personnage est en proie à une immense dépression, lui faisant perdre peu à peu la raison, le transportant dans un univers plus ou moins imaginaire.</p>
<p>L&#8217;aspect le plus séduisant du film est sans doute la façon de photographier l&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/East_End" target="_blank">East end de Londres</a>, quartier dont le réalisateur est originaire. Atteint durablement par la misère, l&#8217;endroit est saturé de tags et de graffitis en tous genres. Des gangs font régner la terreur. Malgré toute cette violence, le réalisateur cadre les environs comme un photographe, cherchant la beauté dans les ruines industrielles ou les ruelles insalubres. Toutes les scènes de jour sont filmées avec une lumière froide et toutes les scènes de nuit baignent dans une lueur orangée voire sépia. Bien que géographiquement identiques, ces deux univers sont bien séparés. Cette dualité se retrouve tout au long du film. Jamie hésite entre accepter sa difformité et la rejeter totalement. Quand il est mis à l&#8217;épreuve, il est également déchiré entre le bien et le mal. Enfin, il devra décider s&#8217;il veut exorciser ses démons, ou pas.</p>
<p>L&#8217;intrusion du fantastique dans un milieu urbain et banal est également un aspect intéressant du film. En cela, on se rapproche un peu de <em>Candyman </em>et son boogeyman hantant les HLM. Si l&#8217;on ne connait pas le réalisateur, ou si l&#8217;on n&#8217;a pas vu les bonus dans lesquels il donne clairement ses intentions, on pourra être quelque peu perdu par la narration. Si le récit démarre dans un style &laquo;&nbsp;social&nbsp;&raquo;, grâce à Jim Sturgess qui exprime physiquement son extrême mal-être, on tombe ensuite dans le fantastique lorsqu&#8217;apparaissent des démons encapuchonnés au sourire carnassier. C&#8217;est même un autre monde que découvre Jamie, soumis à des règles toutes nouvelles et qui pourront sembler illogiques si l&#8217;on ne comprend pas le postulat sur lequel repose le film, révélé tardivement et de manière un peu obscure.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6532" title="heartless1" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/07/heartless1.jpg" alt="" width="600" height="338" /></p>
<p>Peu importe ces menus défauts, l&#8217;ambiance très spéciale du film prend le dessus, tout comme dans <em>Darkly Noon</em>. On a l&#8217;impression d&#8217;être en terrain connu, mais malgré les passages rassurants, il règne toujours une menace sourde et pesante sur le personnage principal.</p>
<p>Dvd et blu-ray sont disponibles chez Free Dolphin. Même si on a vu mieux en terme de qualité d&#8217;image, le blu-ray rend hommage à la photographie du film et notamment ses scènes nocturnes et ses vues d&#8217;ensemble sur les blocs d&#8217;immeuble de l&#8217;East End de Londres. En supplément, on retrouve une intéressante rencontre avec Philip Ridley dans un salle de spectacle underground, que le métro fait trembler à chacun de ses passages ! Et aussi : le making of, Jim Sturgess live, bande-annonce, commentaire audio.</p>
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		<title>Sirène, clown, poisson froid et cadavre</title>
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		<pubDate>Wed, 29 Jun 2011 22:04:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
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		<description><![CDATA[SIREN Nos amis anglais ont sorti Siren en dtv, d&#8217;Andrew Hull. Le pitch et l&#8217;affiche (un peu mensongère) étaient cools mais malheureusement ça ne pisse pas bien loin. Un couple décide de partir avec un ami sur un bateau pour visiter les îles grecques. Le voyage tourne court lorsqu&#8217;ils secourent un homme agonisant. Ils découvrent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><strong>SIREN</strong></h3>
<p>Nos amis anglais ont sorti <em><strong>Siren </strong></em>en dtv, d&#8217;Andrew Hull. Le pitch et l&#8217;affiche (un peu mensongère) étaient cools mais malheureusement ça ne pisse pas bien loin.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6511" title="130634820288238" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/06/130634820288238.jpg" alt="" width="350" height="500" /></p>
<p>Un couple décide de partir avec un ami sur un bateau pour visiter les îles grecques. Le voyage tourne court lorsqu&#8217;ils secourent un homme agonisant. Ils découvrent une île et sur cette île, une jeune femme mystérieuse. Le début a de quoi intriguer, distille une ambiance malsaine avec son triangle amoureux. On est effectivement pas loin de<em> Calme blanc</em>. On attend avec impatience l&#8217;apparition de la sirène promise et c&#8217;est là que le bât blesse. Sylphide blonde (of course), celle-ci tente de séduire la femme du groupe et de rendre fou les hommes. Le récit part alors dans plusieurs directions (thriller, hallucinations horrifiques, explorations de l&#8217;île) mais oublie de raconter une histoire. Dommage, car il y avait matière à réussite, les acteurs étant plutôt convaincants et impliqués et les décors naturels à la fois exotiques et inquiétants. C&#8217;est disponible en dvd sur amazon.co.uk par exemple.</p>
<h3>DEAD HOOKER IN A TRUNK</h3>
<p>Egalement en dtv, nous avons <em><strong>Dead hooker in a trunk</strong></em> des soeurs jumelles Jen et Sylvia Soska, aka les twisted twins (<a href="http://www.twistedtwinsproductions.net/">http://www.twistedtwinsproductions.net/</a>). Le film fait très amateur et l&#8217;on sent un budget plus que limite. Mais voilà, la jeunesse et la passion des deux réalisatrices rend ce road movie fauché et gore plutôt sympathique et les deux filles peuvent se vanter d&#8217;avoir été remarquée par Eli Roth.</p>
<p>A Vancouver, quatre amis découvrent le cadavre d&#8217;une prostituée dans leur coffre. Ils décident d&#8217;aller cacher le corps mais en chemin, ils doivent affronter différents personnages. Parfois, les images parviennent à être magiques, poétiques, parfois on a droit à des délires gores (l&#8217;une perd un oeil, l&#8217;autre un bras). Ca va un peu n&#8217;importe où n&#8217;importe comment, et ç&#8217;aurait gagner à être plus court.</p>
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="560" height="349" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/9SAEN43OHZc?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="560" height="349" src="http://www.youtube.com/v/9SAEN43OHZc?version=3&amp;hl=fr_FR" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<h3>COLD FISH de Sion Sono</h3>
<p>C&#8217;est toujours avec impatience que l&#8217;on attend les nouveaux travaux de Sion Sono. Le japonais nous a marqué avec vie avec son <a href="http://www.cinetrange.com/?film=495" target="_self">Suicide Club</a> et a livré une improbable oeuvre somme avec <a href="http://www.cinetrange.com/special/chronique/love-exposure-ai-no-mukidashi-de-sion-sono" target="_self">Love Exposure</a>. <em>Cold Fish </em>prend pour base un fait réel, l&#8217;histoire d&#8217;un serial killer qui aurait tué plus de cinquante personnes.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6512" title="coldfish" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/06/coldfish.jpg" alt="" width="600" height="419" /></p>
<p>Shamoto tient un modeste magasin de poissons tropicaux. Remarié après le décès de sa femme, sa fille Mitsuko n&#8217;accepte pas vraiment sa nouvelle mère. Tout va changer lorsque le trio va rencontrer l&#8217;exhubérant Murata. Coïncidence, celui-ci tient un méga-supermarché de poissons. Il offre un travail à Mitsuko qui va se sentir valorisée et propose un business à Shamoto, qui devrait lui rapporter de l&#8217;argent. Mais voilà, derrière son air goguenard, Murata cache en fait un psychopathe. Il dépouille ses victimes et va ensuite les dissoudre dans une cabane isolée dans la forêt. Malgré lui, Shamoto est entraîné dans une spirale de violence.</p>
<p>Certaines choses sont très réussies. Le personnage de Murata est décrit avec minutie. Il parle tout le temps, il a constamment le sourire aux lèvres. Cette bonne humeur permanente finit par le rendre réellement flippant. On découvre aussi peu à peu son côté prédateur. Il agit non par altruisme mais pour profiter des autres, que ce soit financièrement ou sexuellement. Sion Sono prend du temps pour nous présenter une famille en dysfonction : Mitsuko, Shamoto et sa nouvelle femme ne s&#8217;entend pas du tout et Shamoto est prêt à tout pour que tout le monde soit heureux. Il croit voir en Murata un salut mais découvre trop tard qu&#8217;il est complètement fou.</p>
<p>Le problème est que l&#8217;auteur a visiblement voulu coller à la réalité et nous donne absolument tous les détails, multipliant jusqu&#8217;à l&#8217;absurde les dialogues de sourds entre Murata et Shamoto. Au bout d&#8217;une heure de film, nous avons compris les tenants et les aboutissants. C&#8217;est alors que nous passons à une nouvelle victime, et à nouveau un cycle infernal. Mais le récit s&#8217;étend sur 2h20 ! Il faut attendre l&#8217;épilogue pour que les choses redeviennent intéressantes car à force de fréquenter Murata, Shamoto s&#8217;est littéralement transformé.</p>
<p>Le film est disponible chez Third Window Films. Il est disponible en dvd et en blu-ray. En japonais avec sous-titres anglais.</p>
<h3>ALEX DE LA IGLESIA et ERIC VALETTE</h3>
<p>Pour finir, deux vidéos intéressantes de nos confrères belges de <a href="http://www.cinemafantastique.be" target="_blank">cinemafantastique.be</a>. L&#8217;une propose un entretien avec Alex de la Iglesia pour son film <em>Balada Triste de Trompeta</em>. Un film coup de poing dans la tronche, qui mérite plusieurs visions et un peu de recul avant de pouvoir en parler. Et un entretien &laquo;&nbsp;carrière&nbsp;&raquo; d&#8217;Eric Valette, réalisateur de <a href="http://www.cinetrange.com/support/seances-cine/la-proie-deric-valette-2" target="_self"><em>la Proie</em>.</a></p>
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="270" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="wmode" value="transparent" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xjbawq" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="270" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xjbawq" wmode="transparent" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="270" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="wmode" value="transparent" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xih45t" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="270" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xih45t" wmode="transparent" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
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		<title>Blood Island (Bedevilled)</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Jun 2011 16:45:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Corée]]></category>
		<category><![CDATA[Horreur]]></category>
		<category><![CDATA[Policier / Thriller]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Blu-Ray]]></category>
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		<description><![CDATA[Les coréens ont toujours eu un rapport très étrange avec la violence au cinéma. En occident et en particulier chez les américains, la violence est souvent utilisée de manière manichéenne. Les bad guys peuvent être violents mais il est plus rare de voir des gentils distribuer des claques et des coups de poing pour un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les coréens ont toujours eu un rapport très étrange avec la violence au cinéma. En occident et en particulier chez les américains, la violence est souvent utilisée de manière manichéenne. Les bad guys peuvent être violents mais il est plus rare de voir des gentils distribuer des claques et des coups de poing pour un oui ou pour un non. Dans le cinéma coréen, la violence physique est un vrai mode d&#8217;expression, que tous les personnages utilisent. De plus, la société ne semble pas remettre en cause ces comportements.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6504" title="Blood-Island-Bedevilled-" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/06/Blood-Island-Bedevilled-.jpg" alt="" width="600" height="384" /></p>
<p>Première bizarrerie, le personnage d&#8217;Hae-Won, une jeune et jolie trentenaire, n&#8217;est pas sympa (même si elle boit de la Guinness à la chaîne). Habitant Séoul, elle est un peu surmenée et solitaire, ce qui l&#8217;amène à commettre des erreurs professionnelles. Obligée de prendre quelques congés, elle décide de passer une semaine sur l&#8217;île où elle a grandi. Là-bas, elle découvre une poignée d&#8217;agriculteurs idiots et un groupe de vieilles et vilaines rombières. Bok-Nam, son amie d&#8217;enfance, subit les humiliations des villageois et en particulier de son mari, qui n&#8217;hésite pas à la battre lorsqu&#8217;elle ne s&#8217;active pas aux tâches ménagères.</p>
<p>Si au début on suit le point de vue de Hae-Won, le personnage principal devient rapidement Bok-Nam. La première partie du film est un crescendo qui dépeint les relations  entre les différents autochtones. Les hommes sont des bêtes, qui  chiquent « l’herbe à crétins » et qui rossent leur femme.  Les vieilles peaux n’élèvent pas le niveau et cultivent une étrange tradition séculaire à base de misogynie. La violence n’est donc pas frontale, mais  insidieuse et psychologique. Ayant passé sa vie sur l’île, Bok-Nam rêve de la ville comme ultime salut, notamment pour sa fille qui ne va  pas à l’école.</p>
<p>Le film est dérangeant car Hae-Won, qui devrait pouvoir sauver Bok-Nam de sa pitoyable condition, est une femme passive. Elle représente l&#8217;anonymat de la grande ville. Le noyau du film illustre les différents liens entre les habitants. Il y a toute une hiérarchie, un jeu de faux-semblants, cachés derrière cette bande de ploucs. Si au début, ça paraît assez rigolo, on se rend peu à peu compte que Bok-Nam subit en fait une torture mentale et physique, à petites doses, mais sur le long terme. Toute cette rancœur va forcément conduire au tragique. On voit le massacre arriver bien à l&#8217;avance (l&#8217;affiche spoile bien, en plus) mais ce n&#8217;est finalement pas important. Les personnages sont si bien définis, et si bien interprétés, que la vengeance de Bok-Nam reste glaçante et extatique, même si attendue. Le dénouement avec Hae-Won reste cependant incertain. Alors que son amie subit un calvaire, Hae-Won reste de marbre, passe son temps à dormir, à fermer les yeux sur tout ce qui se passe sur l&#8217;île.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6505" title="BedevilledPic1" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/06/BedevilledPic1.jpg" alt="" width="600" height="315" /></p>
<p>Le réalisateur, Jan Cheol-Soo, semble avoir été marqué par le travail de Kim Ki-Duk, dont il fut assistant réalisateur sur <em>Samaria</em>. Ki-Duk l’a certainement contaminé avec son goût pour la description  d’un contexte social tendu et violent. Derrière l’intrigue, on trouve un  discours sur la ville (liée à l’éducation) en opposition à la campagne  (où règne l’analphabétisme). Mais ce constat serait trop simpliste.  L’auteur critique également l’aveuglement de Hae-Won qui ne voit  absolument rien à l’horrible situation de Bok-Nam.</p>
<p>Comme c&#8217;est parfois le cas dans les films coréens, le réalisateur ne parvient pas à terminer son film. Il fait une fin, puis une autre, et puis une autre, en passant d&#8217;un genre à l&#8217;autre (mélo, thriller, horreur !). L&#8217;on en arrive à un inutile épilogue qui touche au grotesque. Dommage, car ce film à l&#8217;ambiance plus que pesante, devient alors comique à cause de l&#8217;absurdité de la situation.</p>
<p>Le blu-ray propose une image un peu trop claire et pas assez contrastée. Cependant, le piqué de l&#8217;image permet d&#8217;apprécier la nature luxuriante de l&#8217;île et son bourg très rudimentaire, et l&#8217;on parvient à ressentir avec force l&#8217;écrasante chaleur le jour du massacre.</p>
<p><em>Déjà disponible en blu-ray et dvd chez Distrib Films.</em></p>
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		<title>Machete don&#8217;t text</title>
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		<pubDate>Sat, 21 May 2011 22:37:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Sorties Blu-Ray]]></category>
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		<description><![CDATA[Accompagnant le diptyque &#171;&#160;grindhouse&#160;&#187; Planet Terror / Death Proof de Rodriguez / Tarantino, Machete était à l&#8217;origine une fausse bande-annonce mettant en scène un mexicain hargneux joué par Danny Trejo.  Ces quelques minutes de pur délire (Machete décapite, conduit la grosse moto et se retrouve dans la piscine avec deux donzelles topless) ont créé le buzz et Roberto [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Accompagnant le diptyque &laquo;&nbsp;grindhouse&nbsp;&raquo; <em>Planet Terror / Death Proof </em>de Rodriguez / Tarantino, <em>Machete </em>était à l&#8217;origine une fausse bande-annonce mettant en scène un mexicain hargneux joué par Danny Trejo.  Ces quelques minutes de pur délire (Machete décapite, conduit la grosse moto et se retrouve dans la piscine avec deux donzelles topless) ont créé le buzz et Roberto Rodriguez a eu l&#8217;idée d&#8217;en tirer un long-métrage.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6470" title="machete" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/05/machete.jpg" alt="" width="600" height="415" /></p>
<p>Machete est engagé pour abattre un politicien texan anti-immigration. Problème : c&#8217;est un piège et voilà que tout le monde est à ses trousses. Il pourra néanmoins compter sur le &laquo;&nbsp;réseau&nbsp;&raquo; qui soutient les sans-papiers mexicains, sur une fliquette zélée ainsi que sur son frère, un prêtre doté de fusils à pompe. Mais sera-ce suffisant pour combattre le grand baron de la drogue Torrez et sa bande de miliciens ?</p>
<p>Le film s&#8217;inscrit tout à fait dans le genre grindhouse. Le déroulement des évènements est artificiel, les dialogues vont parfois loin dans le n&#8217;importe quoi, il y a de l&#8217;action, des explosions, des filles à poil et du gore qui tâche. En bref, il s&#8217;agit d&#8217;un authentique film d&#8217;exploitation. Le casting est prometteur : Danny Trejo, habitué des seconds rôles, trouve enfin un rôle à la mesure de sa gueule dessinée au burin. Un pare-terre de stars est là pour lui donner la réplique : Robert De Niro, Lindsay Lohan, Jessica Alba, Michelle Rodriguez, Don Johnson, Tom Savini, Steven Seagal. Quand même.</p>
<p>Roberto Rodriguez avait donc de quoi péter la baraque et il faut avouer que l&#8217;on pouvait être que déçu. Après un tel déballage, l&#8217;attente des fans était à son maximum et le projet était chargé des fantasmes les plus fous. Premier bon point, le réalisateur a greffé un discours politique sur l&#8217;immigration entre le Mexique et le Texas. Mais le sous-texte n&#8217;est pas très subtil et l&#8217;on a vite compris que dresser un mur électrifié n&#8217;était pas une solution durable pour gérer l&#8217;immigration clandestine. Mais Rodriguez semble vouloir absolument le marteler. Il faut dire ensuite que l&#8217;on s&#8217;attache assez peu aux personnages car les enjeux sont inexistants. On passe d&#8217;un scène à l&#8217;autre comme d&#8217;un sketch à l&#8217;autre, attendant avec impatience que Machete dessoude du bad guy à l&#8217;arme blanche. Sur ce point-là, le contrat est respecté et des outils originaux sont utilisés : débroussailleuse, thermomètre, instruments de chirurgie, etc. Nous avons aussi notre quantité de headshots, de membres coupés. Malgré tout, ça reste quand même assez sage. Les effets spéciaux sont parfois mal branlés, pas aidés par un montage bordélique; tout cela reste dans la tradition grindhouse. Il n&#8217;empêche que <em>Machete </em>reste divertissant et sympathique. Voir tout ce petit monde cabotiner et débiter des dialogues ineptes est parfois jouissif. On ne pourra pas accuser Rodriguez de jouer au plus malin. Il manque tout de même un brin de surprise ou de folie. Rodriguez ne livre ni plus ni moins que du Rodriguez et les meilleures idées du film étaient déjà présentes dans la bande-annonce.</p>
<p><em>Le film est sorti récemment en dvd et blu-ray chez Sony Picture Home Entertainment.</em></p>
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		<title>Robot / Endhiran / Enthiran</title>
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		<pubDate>Fri, 13 May 2011 22:33:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bollywood]]></category>
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		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
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		<description><![CDATA[Quand l&#8217;Inde se met à faire des films SF, il est certain que des oeuvres majeures du genre (et notamment les blockbusters US) vont être réutilisées et remixées. Eparpillés ça et là, on retrouve des morceaux de I, Robot et Terminator et Robocop et surtout beaucoup de Matrix pour les séquences d&#8217;action (pliage de voitures, combat [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quand l&#8217;Inde se met à faire des films SF, il est certain que des oeuvres majeures du genre (et notamment les blockbusters US) vont être réutilisées et remixées. Eparpillés ça et là, on retrouve des morceaux de<em> I, Robot et Terminator </em>et<em> Robocop </em>et surtout beaucoup de <em>Matrix </em>pour les séquences d&#8217;action (pliage de voitures, combat avec des dizaines de clones). Mais même si l&#8217;on cite Asimov et s&#8217;il y a de la tôle froissée en pagaille, les indiens restent les seuls à pouvoir intégrer au beau milieu d&#8217;un film high-tech, une scène avec des aztèques bariolés qui se trémoussent au sommet du machu picchu.</p>
<p>Malgré le buzz du film, son énorme succès au box-office, la participation du studio américain Stan Winston pour les effets spéciaux, <em>Endhiran </em>reste un film traditionnel de Bollywood avec son triangle amoureux, sa scène de mariage obligatoire et ses chorégraphies hallucinantes. En fait, le film est plutôt de Kollywood, c&#8217;est-à-dire produit dans la région du Chennai où l&#8217;on parle Tamoul. Au casting, on retrouve &laquo;&nbsp;Superstar Rajni&nbsp;&raquo; (un surnom façon Love Symbol de Prince) aka Raknikanth qui interprétait déjà le classique et fameux Muthu en 1995.  Alors qu&#8217;Hollywood préfère les beaux jeunes hommes pour être les héros de blockbuster, les indiens préfèrent les soixantenaires. Et ça ne les empêche pas non plus de donner au professeur Aishwarya Rai comme compagne. La plus belle femme de l&#8217;univers a quand même 25 ans de moins que lui. L&#8217;androïde, à l&#8217;image de son créateur, ressemble donc plus à un Elvis Presley indien chevelu qu&#8217;à un Keanu Reeves ou même un Schwarzenegger.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6449" title="Endhiran-the-Robot-" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/05/Endhiran-the-Robot-.jpg" alt="" width="580" height="386" /></p>
<p>Le professeur Vaseegaran parvient à construire un robot révolutionnaire, aussi puissant que cent hommes. Rendez-vous compte : 1 terahertz de vitesse et 1 zétaoctet de mémoire. La première partie du film tient de la comédie et montre l&#8217;apprentissage du robot. Evidemment, il peut tout faire : cuisine, ménage, calcul scientifique, recherche d&#8217;informations. Et tel un super héros, il élimine la racaille en faisant du kung-fou-fou.C&#8217;est l&#8217;occasion de pousser la chansonnette une première fois dans un incroyable décors de points d&#8217;eau serpentant entre des dunes de sable blanc. Que quelqu&#8217;un me dise où se trouve cet endroit !</p>
<p>Après avoir reçu la foudre sur la tête, le robot possède soudain des émotions, dont il était privé jusque là. Il tombe amoureux de Sana, la femme de son créateur.  Le professeur Vasee veut que sa créature soit validée par l&#8217;armée, mais le robot est trop fleur bleue. Jaloux et déçu, Vasee se fâche et détruit le robot dans une scène effrayante et violente où il le démembre à coups de hache avant de le défigurer et le décapiter. Jeté aux ordures, Chitti se réanime façon &laquo;&nbsp;robot zombie&nbsp;&raquo;, aidé par l&#8217;ancien mentor de Vasee. Ce dernier lui insère une puce rouge et le transforme en robot maléfique incontrôlable. Il se créé des clones pour lever une armée, rafler la belle et anéantir son créateur. En passant, il compte bien engrosser Sana et offrir au monde le premier bébé mi-humain mi-robot. Mais what ! Le délire de toute-puissance de l&#8217;empereur artificiel donne lieu à une belle chorégraphie dont le thème serait découpages en papier aluminium, kitsch et éclairages mauves. A voir aussi pour les lions robots visiblement joués par des hommes dans un costume !</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6451" title="endhiran2" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/05/endhiran2.jpg" alt="" width="600" height="399" /></p>
<p><em>Endhiran </em>contient son lot de scènes what the fuck. Ca commence doucement avec une mémorable baston dans un train rappelant la castagne de Neo contre les dizaines de Mister Smith, mais en beaucoup plus fou. Puis, alors qu&#8217;un gigantesque incendie a lieu, Chitti (c&#8217;est le prénom du robot, au fait) sauve quelques prisonniers des flammes. Parmi eux, une jeune fille est coincée nue dans sa baignoire. Chitti la sauve mais ne prend pas la peine de la couvrir.  Déjà, le film met de la mosaïque sur le moindre bout de chair découvert. Ensuite, morte de honte d&#8217;être nue dans la rue, la fille s&#8217;enfuit et se fait écraser par un camion ! Visiblement, la nudité semble être un réel déshonneur, tant et si bien qu&#8217;il vaut mieux crever que d&#8217;être sauvée à poil. Au rayon différences culturelles, on notera aussi quelques débordements gores que l&#8217;on voit rarement dans les blockbusters bien d&#8217;chez nous : le méchant robot broie la tête de Bora entre ses deux mains comme s&#8217;il éclatait un ballon de baudruche.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6450" title="endhiran" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/05/endhiran.jpg" alt="" width="600" height="400" /></p>
<p>Les délirantes scènes d&#8217;action valent le détour même si parfois les effets spéciaux numériques ont un peu de mal à suivre. Le grand final relègue les bastons de <em>Matrix </em>à des chamailleries. De même, la poursuite en voiture aligne des cascades hallucinantes de complexité. Les clones de Chitti s&#8217;assemblent en faisant des formes géométriques et finissent par devenir un robot géant dans la pure tradition des films de monstres japonais. Il balance des hélicos d&#8217;un revers de main, il évite des rafales de missiles et se transforme en cobra digérant les véhicules avant de les régurgiter en pièces détachées. Le spectacle est donc total et je ne vous parle pas de la scène où Chitti aide une femme à accoucher en lui écartant les os du pelvis.</p>
<p>Si le dvd peut être trouvé assez facilement, le blu-ray est plus difficile à dénicher. Vu le succès du film, même sa distribution en salles a provoqué de nombreux procès. Les droits dvd et blu-ray sont vendus séparément et à des prix vertigineux, si bien que personne ne veut sortir le film. Cependant, il est disponible chez l&#8217;éditeur Reliance Home Video. Bizarrement personne n&#8217;en parle sur les forums spécialisés. Niveau image, la copie est très belle, tellement chatoyante que la scène du Machu Picchu fait mal aux yeux. La piste DTS Master Audio a été mal mixée par contre (les dialogues sont trop mis en avant). Il faudra se rabattre sur la piste Dolby Digital pour avoir quelque chose de potable. Il y a des sous-titres anglais mais pas sur les chansons; dommage. J&#8217;ai trouvé le blu-ray chez <a href="http://stores.ebay.fr/bombayhometheater" target="_blank">Bombay Home Theater </a>mais il ne semble plus au catalogue à présent&#8230;</p>
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		<title>Rampage, d&#8217;Uwe Boll</title>
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		<pubDate>Fri, 13 May 2011 10:11:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma bis]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Blu-Ray]]></category>
		<category><![CDATA[Usa]]></category>

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		<description><![CDATA[Malgré tout ce que l&#8217;on raconte, Uwe Boll est un chic type. Ses manières ne font pas dans la finesse mais il a bon fond et il n&#8217;hésite pas à militer, évoquant les grands problèmes de ce monde. Parfois on ne sait pas trop où il va, mais il y a va à 200%. Rampage [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Malgré tout ce que l&#8217;on raconte, Uwe Boll est un chic type. Ses manières ne font pas dans la finesse mais il a bon fond et il n&#8217;hésite pas à militer, évoquant les grands problèmes de ce monde. Parfois on ne sait pas trop où il va, mais il y a va à 200%.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6447" title="rampage-sniper-en-liberte" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/05/rampage-sniper-en-liberte.jpg" alt="" width="600" height="800" /></p>
<p><em>Rampage </em>est une série B sympathique. La trame ressemble à celle de<em> Chute Libre</em>, réalisé par Michael Schumacher. Michael Douglas y interprétait un cadre, fondamentalement dérangé,  qui pétait un câble à cause de circonstances particulières. Il traversait la ville, en provoquant ça et là des affrontements. Ici, il s&#8217;agit d&#8217;un jeune homme de 23 ans, désœuvré, qui va se mettre en tête de faire un massacre dans une petite ville des Etats-Unis nommée Tenderville.</p>
<p><em>Rampage </em>a été tourné &laquo;&nbsp;caméra à l&#8217;épaule&nbsp;&raquo; afin de donner un look documentaire. L&#8217;artifice, associé à une photographie réaliste,  fonctionne plutôt bien. La première partie du film présente Bill et ses difficultés à intégrer la société. Le jeune homme est en conflit avec ses parents. Alors que lui souhaite squatter chez ses parents et travailler au garage comme mécanicien, ses parents aimeraient qu&#8217;il s&#8217;inscrive en fac et qu&#8217;il prenne un appartement. La caractérisation du personnage est réussie, grâce à Brendan Fletcher, qui interprète avec talent un simple ado rebelle en surface. Mais à l&#8217;intérieur, il est un psychopathe en attente d&#8217;un déclencheur.</p>
<p>Bill fréquente Evan, un tchatcheur nihiliste qui ne cesse d&#8217;affirmer que les humains vont provoquer leur propre destruction, à cause de l&#8217;exploitation irraisonnée des ressources naturelles. Bill va reprendre les idées d&#8217;Evan. Mais plutôt que de parler, il va passer à l&#8217;acte. Afin de diminuer la surconsommation galopante, il va donc simplement éliminer un maximum de gens dans sa ville.</p>
<p>Malgré les bonnes intentions du réalisateur (choquer le public, provoquer le débat), le discours sous-jacent du film n&#8217;est pas clair. On ne sait pas vraiment s&#8217;il embrasse les mêmes pensées nihilistes que le personnage principal. Le twist final semble dire que non. Du coup, le film qui semblait porter des messages politiques, se dirige vers une sorte d&#8217;analyse de la jeunesse.</p>
<p>Reste le massacre, séquence centrale du film assez sidérante où le type en armure tire au pistolet mitrailleur sur tous les quidams qu&#8217;il rencontre. Il n&#8217;hésite pas à exécuter d&#8217;innocents badauds ou à tirer sur des femmes. La caméra &laquo;&nbsp;témoin&nbsp;&raquo; le suit dans ses moindres déplacements, et illustre à merveille la panique qui se saisit de la foule. Du constat social, Uwe Boll passe donc au film d&#8217;action, dont certaines scènes rappellent parfois le monde du jeu-vidéo et notamment les FPS. Le design du tueur en armure, entre Robocop et militaire futuriste, évoque également le jeu-vidéo. Moment mémorable au milieu de la tuerie : le tueur entre dans une salle de bingo remplie de personnes âgées. Il parcourt les allées, s&#8217;achète un sandwich et une boisson, ignoré par tous les participants, le nez plongé dans leur grille de loto!</p>
<p>Ce bourrin d&#8217;Uwe Boll livre en quelque sorte sa propre déclinaison d&#8217;un<em> Bowling for Columbine</em> ou d&#8217;un <em>Elephant</em>. Le tout fonctionne bien, sans doute car le réalisateur, lui-même un rebelle en puissance, se sent proche du personnage principal.</p>
<p>Sans être exceptionnel, le blu-ray est de bonne facture. L&#8217;image est bien définie mais le mixage sonore est un peu plat. Ca se réveille un peu lors des fusillades et autres explosions. En complément de programme : la bande-annonce et un making-of, en fait plus un entretien avec le réalisateur et l&#8217;acteur principal.</p>
<p><em>Déjà disponible en dvd et blu-ray chez <a href="http://www.condor-entertainment.com/" target="_blank">Condor Entertainment</a>.</em></p>
<p><em><br />
</em><br />
<center><object width="560" height="349"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/G28XHNtWjdU?fs=1&amp;hl=fr_FR"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/G28XHNtWjdU?fs=1&amp;hl=fr_FR" type="application/x-shockwave-flash" width="560" height="349" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></center></p>
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		<title>Tokyo Gore Police</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Mar 2011 21:23:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Manu</dc:creator>
				<category><![CDATA[Gore]]></category>
		<category><![CDATA[Japon]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Blu-Ray]]></category>
		<category><![CDATA[Sorties Dvd]]></category>

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		<description><![CDATA[Une nouvelle vague de cinéastes japonais compte bien prendre la relève des Takashi Miike, Hideo Nakata, Kiyoshi Kurosowa et consorts. Issus du porno ou du manga trash, des francs tireurs livrent des films ultra gores, décomplexés et extrêmes dans leurs propos. Après Machine girl et Meatball machine, voici que débarque ce Tokyo gore police au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6352" title="tgp2" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/03/tgp2.jpg" alt="" width="600" height="338" /></p>
<p>Une nouvelle vague de cinéastes japonais compte bien prendre la relève des Takashi Miike, Hideo Nakata, Kiyoshi Kurosowa et consorts. Issus du porno ou du manga trash, des francs tireurs livrent des films ultra gores, décomplexés et extrêmes dans leurs propos. Après <em>Machine girl</em> et <em>Meatball machine</em>, voici que débarque ce <em>Tokyo gore police</em> au titre on ne peut plus explicite. Amateurs de fantastique subtil avec des fantômes aux cheveux gras, passez votre chemin. Bienvenue dans un univers fun, politiquement incorrect et ultra-sanglant.</p>
<p>Tourné en numérique avec un style d’image très lisse, le début peut agacer. Mais en moins d’une minute, le ton est donné. L’esthétique sitcom est vite balayée par une séquence d’ouverture « explosive » (la tête d’un flic qui se fait littéralement exploser). Le contraste entre l’apparente mièvrerie de l’enrobage visuel (musique pop, voix off d’une gamine) et la violence pleinement assumée de la scène, détonne. Ce préambule fracassant n’est qu’un avant goût de ce que nous réserve la suite. On découvre alors une jeune femme flic, Ruka, spécialisée dans la traque des mutants, des êtres assoiffés de sang capables de se greffer des armes à la place de leurs membres. Peu loquace, déterminée et solitaire, Ruka est obsédée par le meurtre de son père. Sa quête de vengeance la mène à combattre ces mutants avec une détermination inouïe. Le cinéaste enchaîne alors les morceaux de bravoure à la vitesse grand V. Les geysers d’hémoglobine tâchent constamment l’écran, les organes se vident des corps mutants dans un montage hystérique à la limite du n’importe quoi. Intrigant au départ, on dit que l’on va se lasser de ce déballage de tripaille filmé avec une frénésie aussi jouissive qu’épuisante. Heureusement, <em>Tokyo Gore police</em> est plus intelligent qu’il ne le paraît au premier abord. Loin de la pure provocation gratuite, cet ovni marque des points grâce à une ironie mordante, jalonnant le long métrage du début à la fin. Toutes les publicités ponctuant régulièrement le film (le délirant spot sur les vertus du rasoir) renvoient explicitement au cinéma génial de Paul Verhoeven et particulièrement à <em>Robocop </em>et à <em>Starship Troopers</em>, influences majeures du cinéma de genre japonais.<br />
Le discours politique sous-jacent, critique à peine voilée d’une société consumériste et fascisante, vantant constamment les mérites d’une police pour le moins radicale, prend même une tournure quasi-anarchique dans une deuxième partie pamphlétaire et enragée dans laquelle plus aucun doute n’est permis. Le cinéaste se livre sans arrière pensée à une charge irresponsable et extrême contre l’ordre établi. Cette vision politique peut paraître facile et un brun naïve mais elle n’ en demeure pas moins percutante.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-6353" title="tgp1" src="http://www.cinetrange.com/wp-content/2011/03/tgp1.jpg" alt="" width="600" height="450" /></p>
<p>La force du meilleur cinéma d’exploitation est poussée jusque dans ses derniers retranchements. Le but est de livrer un spectacle outré, excessif, transgressif, vomissant sans pudeur tout ce qui se fait de plus trash dans l’underground japonais : gode filmé en gros plan, humour douteux, membres sectionnés, mutations grotesques à l’image de la jeune fille et son vagin géant et agressif, rien ne nous est épargné. Seul l’érotisme paraît gentillet dans ce film de vengeance moderne et stylisé, référentiel et osé, expérimental et potache. Entre le brûlot constestataire et le divertissement trash, <em>Tokyo gore police </em>dispose aussi de la sublime plastique de Eichi Shiina, l’héroïne <em>d’Audition</em>, digne héritière des Reiko Ike ou Miki Sugimoto .</p>
<p>Si l’hystérie d’un montage en roue libre peut agacer, <em>Tokyo gore police</em> brille souvent par une mise en scène inventive et variée (beau travail du chef op qui alterne les couleurs chaudes et les tonalités blafardes avec intelligence) et surtout par un scénario soigné et retors, soulignant la supériorité du film par rapport aux autres expériences du genre.</p>
<p>Le film transcende son aspect provoc à deux balles par une ingéniosité graphique et narrative, renvoyant les films de Sinshy Tsukamato à de simples bluettes. Une excellente surprise.</p>
<p><em>(JAP-2008) de Yoshihiro Nishimura avec Eichi Shiina, Itusji Itao, Jui Bu</em></p>
<p><em>Edition Elephant films. Disponible en blu-ray et dvd . Durée : 98 mn. Format : Full hd 1920 x 1080. 1 -  1.85. Langues : Français 5.1 dts HD Japonais 5.1 dts HD. Sous-titres : Français. Supplément : Bandes Annonces</em></p>
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