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A la fin des années 60, l’Europe politique est en bordel, la gauche parlementaire débordée de partout par des post hippies molotovs anarcho moscovites. L’activiste Andreas Baader et la journaliste Ulrike Meinhof forment clandestinement la RAF, une fort romantique “Fraction Armée Rouge”, entraînée en Jordanie dans des camps de guérilleros palestiniens et destinée à braquer des banques, faire péter des militaires et tracter la bonne parole
(le tout en vue de faire triompher la révolution mondiale). L’arrestation des zozos, puis les conditions de leur détention, seront à l’origine de nouveaux groupes armés, échafaudant des attentats pour tâcher d’obtenir, en
vain, leur libération. Ca commence à Berlin en 67, ça finit sur un tarmac somalien en 77, avec le massacre d’activistes arabes par le mossad dans un 747 détourné. Entre temps : de la bière, du sexe, des kalash, de la nitro et des pamphlets tapés à la machine.
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Rien ne nous sera épargné en 2h20 de cette fiction documentaire teutonne, montée à la bim bam boum pour draguer le chaland. Ni le romantisme effréné de Baader et ses potes (ils squattent dans une bicoque étonnamment semblable
à celle du projet chaos de Fight Club), ni l’esthétisation de la violence (on sent le goût du réal pour le film d’action – pas le traitement idéal quand on cherche à donner une portée politique aux affrontements). On ne coupera pas non plus au décès pathétique du héros sacrifié, à la scène de cul floutée, aux surlignage des séquances à coups de pop pompier, au montage kaléidoscope d’images d’archives… Que des clichés, de fond en comble, pour une forme blockbuster qui gâche le sujet, quand elle ne le contredit pas purement.
L’effacement de tout propos est un corollaire de cette forme creuse. Le projet du réalisateur est opaque, ses intentions et son point de vue insaisissable. Du coup Baader, Meinhof et les autres – gens bien vivants, figures historiques, symboles pour certains ont pris les armes – deviennent des personnages, des archétypes, des caricatures. Leurs actions sont incompréhensibles. Le réel lui-même, la trame politique de cette décennie, est finalement éludé. Les années 70 sont entrées dans la fiction par la porte du spectacle et il ne reste rien de la complexité des évènements, de
la subtilité d’un contexte. Uli Edel n’explique rien, ne comprend rien, ne montre rien. Les seuls moments d’émotion peuvent naître des brefs extraits de journaux télé d’époque, le seul lien avec quelque chose de l’ordre du réel, ou du vrai. Pour le reste, ce récit à l’électroencéphalogramme définitivement plat. Avec un petit creux sur la toute fin, quand s’esquisse la seule idée lisible du récit : il y aurait filiation entre RAF d’antan et Al Qaeda d’aujourd’hui. On applaudit des deux mains à la finesse de cette analyse.
La Bande à Baader est une bouse d’autant plus navrante que le sujet qu’elle oublie de traiter est captivant. Alors, au lieu de perdre son temps devant ce maladroit diorama fané, on lorgnera plutôt du côté du “Bunjiorno, notte” de Marco Bellocchio (l’enlèvement d’Aldo Moro par les Brigades Rouges), pas parfait mais autrement subtil et intéressant; du “Le Fond de l’air est rouge” de Chris Marker (1968, de Prague jusqu’à Mexico) voire de “L’avocat de la terreur” de Schroeder (son docu sur Verges) dans lequel on revient un peu plus en détail sur la collusion des terrorismes dans les années 70.
Pour ce qui est de la France, dans un genre radical, on ne passera pas à côté du petit roman de Manchette titré “Nada”, dans lequel des pseudo Action Direct enlèvent l’ambassadeur des Etats-Unis : il y a un contexte, une subtilité dialectique, des personnages, un rapport à l’histoire. C’est une pure fiction ? Bizarre, ça n’a pourtant pas ce goût de carton bouilli de “La Bande à Baader”.
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La Bande à Baader est un flim de Uli Edel daté de 2008 et publié en vidéo en 2009 par Metropolitan Vidéo. Il y a Martina Gedeck et Moritz Bleibtreu qui jouent dedans, Janis Joplin et Bob Dylan y chantent chacun une chanson aux
génériques.
Voir également :
Pas vu! mais dans le genre faussement subversif et vraiment idiot je recommande (enfin façon de parler) La vague, sorte de jeu de rôle sur le fascisme. Un film bêta qui pense sérieusement qu’un régime autocratique se construit sur une forme et non sur un fond idéologique. Il faut le voir pour le croire. Un prof transforme en une semaine des étudiants pas plus con que la moyenne en petit fasho de service en utilisant la base du jeu de rôle Parait que c’est adapté d’un histoire vraie qui s’est déroulé aux EU dans les années 60. A vérifier!
Sinon Uli Edel a tout de même commis le ridicule thriller Body avec Madonna et le tristement complaisant Moi Christiane F droguée prostituée, une vraie putasserie moralisatrice. C’était juste pour l’info.
Son seul film correct doit être Last exit to Brooklynn
Mouais. Bon. J’avais bien apprécié la bande à baader mais je ne sais plus pourquoi.
La vague aussi, j’avais bien aimé. J’ai pas compris ton argument du fond et de la forme. Ca commence par la “forme” mais après ça tient plus de comportements et du fait d’ériger une communauté en élite dont les membres sont solidaires. C’est vrai qu’il n’y a pas d’idéologie mais pour la cible visée (des lycéens), ça me semble pas forcément nécessaire pour être crédible.
J’aime bien ces films car ils montrent que les allemands n’ont pas froid aux yeux quand il s’agit de remuer un peu leur Histoire. Bien sûr, nous aussi nous avons nos grandes critiques socio-politiques (les Ch’tis et Astérix).
L’ambition de la Vague, enfin il me semble, c’est de montrer qu’un régime autocratique peut renaître de ces cendres n’importe quand. Ce qui est vrai d’ailleurs. Je trouve juste que le film brasse beaucoup de clichés sur la jeunesse, assénant que l’on peut formater des lycéens en une semaine. je n’y crois pas beaucoup. Le film est basée sur une histoire vraie mais après vérification cette histoire s’est déroulé dans des conditions particulières dans un contexte plus expérimental. La vague ne remue pas vraiment l’histoire. Au mieux, il s’agit d’une critique des jeux de rôle.
Il faut voir sur le terrorisme allemand, Troisième génération de Fassbinder, un film émouvant et subtil sur l’engagement. Et puis le film italien de Bellochio sur l’enlèvement d’Aldo Moro , Buongiorno notte..
ok pour le délai d’une semaine qui semble en effet un peu court. Je n’avais pas compris que l’histoire s’étalait sur une semaine seulement dans le film.
Fais gaffe avec les rôlistes. J’ai vu qu’il s’agissait plutôt de simulation grandeur nature…
Il y a des clichés mais je me demande dans quelle mesure ce ne sont que des clichés…