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Le tournage fut exécuté en numérique RED. Pour les non-connaisseurs, peux-tu en expliquer les spécificités ?
La RED c’est un peu la caméra numérique ultime. Elle tourne en 4k, c’est-à-dire en 4096×2216 pixels et est aussi modulable qu’une caméra à pelloche. C’est un vrai bonheur, car avec un bon chef op on sort des images absolument splendides pour un budget qui reste accessible. Une vraie révolution. Les frères Coen ont d’ailleurs tourné avec pour Burn After Reading, leur prochain film…

Quelle fut la plus grande difficulté à surmonter sur le tournage ?
Bizarrement, sur le tournage, tout a été simple. On était vraiment bien préparés. Le plus dur a consisté à trouver un chef déco, car je souhaitais que le bunker soit un personnage à part entière. Trop de courts n’y font pas assez attention et ont un bon script, de bons acteurs… mais on à l’impression que le film est tourné chez Tata Martine. Sorti de ça, les classiques ennuis de dernière minute, avec les électros qui plantent à 48h du tournage, nous obligeant à en trouver d’autres, l’objectif qui nous à fait galérer jusqu’au dernier moment… mais rien de grave.

Quelle fut la plus grande satisfaction ?
Lorsque j’ai vu le résultat du premier plan qu’on a tourné. Un simple travelling arrière, mais un peu compliqué. Après la première prise, bien loupée, je me suis dit : « Ouah ! C’est magnifique ! ». Et lorsque j’ai enfin pu voir le résultat au calme sur un bon écran, je suis resté scotché. L’image finale est largement supérieure à ce que j’imaginais. Autre source de satisfaction : l’actrice principale. Elle a un ascenseur émotionnel un peu difficile à jouer. On s’est beaucoup préparé en amont et le résultat m’a moi-même étonné : elle a su retrouver l’émotion dix fois d’affilée lorsque c’était nécessaire, sans avoir besoin d’artifices.

Comment affrontes-tu ton montage ? L’as-tu déjà en tête ou laisses-tu une grande part d’expérimentation sur la table de montage ?
J’ai une bonne idée de ce que j’aimerai mais j’ai un parti-pris qui est le suivant. Je n’ai pour l’instant donné aucune indication au monteur. Il est totalement libre sur le premier jet. J’ai bossé ainsi sur toutes les phases du projet, en laissant une part de créativité à tout le monde. Je confronte ensuite le rendu avec mes propres idées, et on garde la meilleure solution. Je n’ai pas vraiment d’égo sur le sujet, la seule chose qui m’intéresse est de faire le meilleur film possible.

Tu as écrit sur ton blog que le design sonore serait l’étape la plus difficile à finaliser sur Bunker. Peux-tu préciser ?
Le bunker de mon script est un personnage à part entière. On veut donc le matérialiser par une sonorité propre, lui donner de la consistance en lui faisant déformer des sons simples pour les rendre effrayant ou oppressant… générant de l’inconfort à partir d’une situation banale… donc un gros travail de post-prod à priori…

J’ai appris que David Scherer a œuvré sur ton court (c’est incroyable, il est partout, comment fait-il ?). Peux-tu m’en dire plus ?
Oui en effet, dur de se passer de David quand on fait du court… En l’occurrence, on a eu besoin de lui juste pour un plan. J’avais besoin de suggérer ce qu’il y avait en dehors du bunker et il nous a pondu un cadavre de souris ayant mutée. Une petite contribution, mais j’ai quelques projets en tête sur lesquels je compte bien l’utiliser beaucoup plus…

Question finale et rituelle : quels sont tes futurs projets ?
Déjà, si Bunker plait, j’aimerai bien tourner une suite et là j’aurai clairement beaucoup besoin de Mister Scherer. Quelque chose de bigger, faster and louder. J’ai l’idée, me reste à l’écrire et à adapter quelque peu en fonction des réactions. A côté de ça, j’ai un projet de polar, une sorte de whodunit qui me permettrait de mettre l’accent sur la direction d’acteur. Enfin, j’ai un dernier projet, qui demande plus de budget… J’aimerai bien prouver qu’on peut faire un court d’action « à la Michael Bay » avec peu de moyens mais beaucoup d’idées. Mon chef op est suffisamment taré pour me suivre là-dessus, reste à trouver le budget pour…

Propos recueillis par Udéka

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9 commentaires pour “Bunker”

  1. Très intéressant, courage pour tout ce qu’il te reste à faire en post-prod! Mais ça donne envie!

  2. Merci. J’espère que le résultat sera à la hauteur des attentes de tout le monde, surtout que j’ai bien envie de vous faire découvrir la suite…

  3. Y’a-t-il un moyen de te contacter directement, Paul? J’ai des questions relatives à la prod. Et courage !

  4. Pour éviter de me faire spammer, je te propose de passer par le lien Contact, en haut de la page, sur mon blog : http://lordoftraffic.com/blog

  5. J’espère que tes rêves vont enfin se réaliser et j’attends avec impatience de voir “Bunker” sur grand écran.

  6. Merci!

  7. Rooooh Paul ! ou est ce que tu as vu ca…

    Burn after reading, c’est un arricam LT qui a été utilisé.

  8. Raah merde, j’était pourtant persuadé que c’était le cas !
    En tout cas Che de Soderbergh, c’est bien le cas !

  9. ouaip, tout comme le prochain Proyas avec Nicolas Cage, et le prochain ron howard (en seconde equipe)

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