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Viscera est un festival créé par le collectif Chainsaw Mafia et présidé par Shannon Lark (ci-dessus avec son outil préféré). Viscera a pour objectif de mettre en avant des femmes, devant ou derrière la caméra, s’essayant au film d’horreur. Il est vrai que les cages thoraciques broyées et les têtes explosées sont plus l’apannage des hommes. Et pourtant… Le festival 2007 a donné lieu à l’édition d’un dvd et autant dire que ça remue les viscères. Habituellement le film d’horreur est vu comme une recette bien rôdée. Il faut juste que le spectateur ait son quota de barbaque. L’horreur, d’un point de vue féminin est finalement beaucoup plus dérangeant. A mon goût, les meilleurs films de cette sélection, et aussi les plus malsains, font appel à des peurs “intérieures”. Exit le tueur de service qui dézingue à tout va. L’ennemi, profondément malade, est aussi le personnage principal et sa propre victime. A cela s’ajoutent quelques expérimentation formelles bien délirantes.

Out of print (photo ci-dessus), le gagnant du festival, présente une poupée humaine qui mime un massacre. Mais si la gestuelle s’inspire du mime, le massacre lui est bien réel et la hache aussi. Joliment réalisé, j’ai trouvé le concept somme toute limité. Réalisé par Reyna Young.

I’m a little teapot est très court puisqu’il dure 21 secondes. Une enfant à demi enfermée dans un sac poubelle chante une comptine en se dandinant avant de se faire abattre. Tout est dans la suggestion et le film est aussi court qu’efficace. Officiellement, le court-métrage évoque les souvenirs d’enfance et les liens avec la mort. Réalisé par Sallie Smith.

It’s my birthday illustre une fête d’anniversaire pas comme les autres puisqu’elle est menée par une psychopathe. C’est assez court, peu ambitieux mais l’atmosphère générale – sons et couleurs saturés, comportements outranciers – est à la folie meurtrière. Réalisé par Shannon Lark.

Venons-en au plus glauque : Wretched. Un couple marié, la trentaine bien passée, discute pendant un repas au restaurant. L’homme ne cesse de faire des reproches à sa femme. Elle ne fait rien à la maison, alors que lui ramène l’argent, et la seule chose qu’il lui demande (récupérer ses habits au pressing), elle oublie de le faire.
Entre chaque plat, la femme s’excuse pour aller aux toilettes. Une fois isolée, elle se fait vomir ce qu’elle vient d’avaler. En voix off, son esprit nous explique en détails le processus. Elle ne doit pas trop vomir. Les graisses ressortent (frites, viande) mais la salade doit rester. Le contrôle est donc très important. Mais peu à peu, elle perd justement le contrôle et commence à vomir des gerbes de sang. A cette description, vous avez déjà compris que le film n’est pas très agréable à voir ! Il n’y a pas d’ellipse et le sujet de la boulimie y est traité avec sérieux. La femme souffre avant tout psychologiquement, ce qui se traduit par ses vomissements volontaires et répétés, une réponse particulière à l’incapacité de gérer un problème. Elle s’en veut tellement de se comporter ainsi avec son mari. Mais au lieu de la comprendre, celui-ci ne fait qu’en rajouter. La scènes finale, dérapage gore incontrôlé, marque profondément l’esprit et traduit de manière physique l’angoisse de la jeune femme. Les effets sont signés Greg Nicotero, un gage d’efficacité. Réalisé par Heidi Martinuzzi et Leslie Delano. Site officiel

When Sally met Frank est très beau dans son traitement en noir & blanc. Il prend pour cadre une espèce de clinique de chirurgie esthétique un peu glauque. L’opération est filmée en macro, ce qui nous offre tous les détails sur les chairs percées, le tube qui aspire la graisse, les sutures, les instruments tranchants. Pourtant, on ne voit jamais le corps en entier. Et pour cause, le patient n’est pas humain… A la fois beau et horrible, le film est une critique (assez peu claire) de l’homogénéisation physique de notre société. Réalisé par Victoria Waghorn.

The Cleaner fait à nouveau un gros plan sur une femme très perturbée. Grace est en effet obsédée par la propreté. Si un collègue de travail lui met la touche, elle va se frotter jusqu’au sang. Elle désinfecte tout chez elle et refuse catégoriquement les avances de son compagnon. Lorsque Grace retrouve ce dernier avec sa maîtresse en pleine action, un déclic se produit. Au lieu de continuer à refouler son obsession, elle la libère et devient la “nettoyeuse” de son entourage. Réalisé par Michelle Fatale.

Snake pit (la fosse aux serpents) est assez classique. Un couple tombe en panne et va chercher de l’aide dans une ferme voisine. Ils tombent sur deux hommes complètement tarés. Le twist final relève tout de même un peu le niveau de ce slasher assez fade. Réalisé par Brandy Rainey.

Brains est un clip musical très amusant, sorte de techno destructurée, qui raconte les aventures d’une jeune femme zombie en quête de cerveaux à manger. Des petits cerveaux, des gros cerveaux, mais pas trop. C’est pas bon pour la ligne. Le clip en cadeau :

Le site officiel en anglais de Viscera : http://www.thechainsawmafia.com

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