Blackaria, de François Gaillard et Christophe Robin

Ecrit par Jérôme Le 7 décembre 2009

blackaria-posterOn l’a bien compris, le cinéma de genre aujourd’hui remake ou remixe les grands classiques des années 70. Ce début de 21ème siècle a vu fleurir des hordes de zombies (et c’est pas fini) et nombre de tueurs fous errant dans les bois à la recherche d’adolescents. Personne ne s’est pourtant intéressé au giallo, rendu célèbre dans les seventies par le maestro Argento. Le mystérieux collectif School’s out, composé d’illuminés fanatiques de cinéma transalpin d’époque, nous offre ce Blackaria, sorte d’étrange hommage au giallo et à l’ensemble des auteurs italiens ayant abordé le genre.

Angela, une charmante jeune femme, est dérangée par la musique de ses voisines du dessus. Alors qu’elle va leur demander de baisser, elle est invitée à participer à une petite orgie par la maîtresse des lieux : Anna Maria. Angela refuse mais reste troublée par les avances de cette mystérieuse femme et commence à avoir des visions d’horreur. Peu de temps après, elle retrouve Anna Marie sauvagement assassinée dans son appartement. Angela trouve une sorte de boule de cristal, qui lui permet de voir l’avenir. Elle décide de fuir avec l’objet.

Blackaria est un film de fétichistes. A l’inverse de nombreux jeunes réalisateurs, François Gaillard et Christophe Robin n’ont pas fait un simple copié-collé mais ils ont minutieusement listé tous les objets et les concepts du genre, afin de les inclure dans une intrigue. Le film nage entre deux eaux, parfois parodique ou référentiel, mais parfois sérieux. Les amateurs d’érotisme auront droit à une quantité généreuse de scènes chaudes, avec de jeunes femmes pulpeuses souvent bien dénudées. Le fétichisme est roi et l’on retrouve les objets inhérents au genre : bas noirs, escarpin, jeux de transparence à l’aide de lingerie fine, manteau rouge sang, etc. Tout est dans le détail. Avec son flou artistique à la David Hamilton, Blackaria distille un délicieux érotisme soft et kitsch. La caméra très voyeuse finit de faire pencher l’oeuvre du côté du cinéma d’exploitation. On a le cul, il nous manque donc la violence et le film n’est pas non plus avare en scènes gores audacieuses. On retrouve David Scherer aux commandes des effets spéciaux qui dégoulinent. Il améliore ses procédés de film en film et nous offre ici quelques plans réellement impressionnants. Là encore, les codes sont respectés. On retrouve les armes blanches habituelles du giallo : couteau de cuisine, rasoir, verre brisé. Le climax du film est atteint quand Eros et Thanatos se mélangent dans la scène esthétiquement très réussie de l’ascenceur.

regard-anna-maria-2

L’intrigue est relativement mince mais ce n’est pas là l’intérêt du film, même si cela permet d’avoir un fil rouge, liant entre eux des moments visuels forts. L’esthétique travaillée et l’atmosphère voluptueuse du film sont les points forts du film. Blackaria peut être vu comme un film très « premier degré ». Les auteurs n’ont pas essayé de faire les malins mais ils ont simplement restitué ce qu’ils aimaient dans le genre avec un soin particulièrement maniaque. Le talent évident des auteurs pour reconstituer le visuel d’époque suffit à faire oublier les quelques défauts du film : dialogues parfois trop « écrits », comédiens amateurs, qualité d’image un peu brouillonne par moments, de petites choses principalement dûs à un manque de moyens. Signalons enfin la musique de Double Dragon, sorte d’électro rétro, dont les sonorités des eighties parviennent à nous installer instantanément dans l’atmosphère d’une époque.

Malgré son côté « indépendant légèrement fauché » (n’exagérons pas tout de même, la plupart des scènes font illusion), Blackaria vaut largement le détour de par ses scènes plutôt osées dans le sexe et le gore. Cet étalage de chair et de sang pourrait être vulgaire si le film ne possédait par une forme originale, un visuel séduisant. Blackaria recherche à présent un éditeur et espérons qu’il puisse être vu par tout le monde, car il est de toute façon bien meilleur et plus rafraichissant que beaucoup de films de genre qui sortent en salles…

Vous pourrez trouver sur SciFi-Universe, un intéressant entretien avec l’équipe du film.

la-mort-carresse-a-minuit-2

Lâche ton comm

Man vs Wild : les aventures de Bear Grylls

Extrême ! Quand le cinéma dépasse les bornes, de Julien Bétan

Rec 3 de Placo Plaza

Soirée Nanars à Strasbourg : gagnez des places

ACAB : All cops are bastards. Sortie en salles le 18 juillet.

Âmes perdues, de Dino Risi

Assaut de John Carpenter, réédité en dvd et blu-ray

Cinéma indépendant US : un nouvel espoir ?

Le Territoire des loups, de Joe Carnahan

J'ai jamais été très fan de Liam Neeson, et je trouvais l'affiche ciné...

Commentaire de Victor-Alexis
Cabeza de Vaca

Voilà un très grand film que je n'ai pas finit de recommander !

Commentaire de Victor-Alexis
Extrême ! Quand le cinéma dépasse les bornes, de Julien Bétan

Encore un livre à acheter, mais quand j'aurai terminé "Vies et morts...

Commentaire de Ukobach
Soirée Nanars à Strasbourg

Merci pour les billets C'etait trop bon comme soirée. En plus il y avait...

Commentaire de Ukobach
Soirée Nanars à Strasbourg

Pour faire un bon navet, il faut des ingrédients de qualité : - Des acteurs...

Commentaire de Oliv
Soirée Nanars à Strasbourg

Temps de cuisson : entre 1h et 2h (passez les deux heures et il sera insoutenable...) Ingrédient...

Commentaire de Ced
Soirée Nanars à Strasbourg

Alors pêle-mêle : -trouver de bonnes idées, si possible piqué à de "bon"...

Commentaire de Ukobach
Soirée Nanars à Strasbourg

Tarte tatin aux navets Ingrédients (4 personnes): pâte feuilletée,...

Commentaire de Earl
Soirée Nanars à Strasbourg

Ingrédients : - 1 poing de Chuck Norris - 1 natte de Steven Seagal -...

Commentaire de Denis S
Soirée Nanars à Strasbourg

Préparation : 10 mn Cuisson : 10 mn Ingrédients : - des petits...

Commentaire de Ben Blal / Ben Boul
ACAB : All Cops Are Bastards

Loupé celui-là, mais à en juger par le trailer, le film de José Padilha...

Commentaire de Oliver
ACAB : All Cops Are Bastards

Ce serait pas le pendant italien de Tropa de Elite ?

Commentaire de Jérôme