L’invasion martienne (teenagers from outer space)
En plein désert, une soucoupe volante atterrit. De beaux jeunes hommes habillés en combinaison moules-burnes sortent la capsule du vaisseau. Ils sont accompagnés d’un monstre terrible, le Gargon. Ils désintègrent avec leurs armes diaboliques un pauvre chien, soudainement réduit à l’état de squelette. Dalek, le gentil E.T, s’insurge contre ces méthodes inhumaines ( euh… oui… normal puisqu’ils viennent d’ailleurs !) et déserte le groupe. Il rencontrera un gentille famille d’américain moyen, gentille comme tout, serviable, et le cœur sur la main comme toute bonne famille d’américains moyens. Ah, c’est beau ! Il finira même par amour de la Terre (des USA en fait) par se sacrifier pour sauver la planète. L’émotion me pénètre encore.
Si Bach films n’existait pas, il faudrait l’inventer (tout comme cinéFX, me signale maugréant un de nos fidèles collaborateur abonné à la chaîne câblée). Grâce à ce petit éditeur indépendant, plein d’entrain et d’idées saugrenues, on peut prendre son panard devant quelques classiques de la série Z de science fiction des années 50. L’invasion martienne (Teenagers from Outer Space) est un des titres les plus marrants de la collection et surtout représentatif de l’Amérique des années 50, marquée par son anti-communisme primaire (un pléonasme me direz-vous !), sa peur quasi paranoïaque de ce qui est différent, son refuge réactionnaire vers des valeurs familiales idiotes, son programme éducatif stricte visant à remettre la jeunesse dans le droit chemin. Le film véhicule toutes ses idées mais avec une telle naïveté, une telle absence de complexe devant le ridicule que le spectacle, si l’on peut dire, passe sans problème. Le réalisateur, qui se trouve être aussi acteur, scénariste, producteur, responsable des effets spéciaux, n’a peur de rien et nous gratifie de quelques séquences cultes : Des teenagers de l’espace au look d’Arien stalinien (n’importe quoi me dit-on !!!) sortent leur magnifique arme laser et transforme toute forme de vie humaine et animale en squelette, tout beau, tout blanc, tout droit sorti d’un jeu éducatif pour enfant. Ayant besoin de renfort, nos envahisseurs ont emmené avec eux le Gargon, un crustacé mutant géant qui grandit à vue d’œil. Entre une crevette et un homard, ce monstre belliqueux nous vaut quelques moments de franche hilarité. Du grand nanar spatial!
(USA-1959) de Tom Graeff avec David Love, Dawn Bender, Brian Grant
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