Ladyblood, de Jean-Marc Vincent

Ecrit par Jérôme Le 27 août 2009

ladyblood

Evoquer Ladyblood m’est quelque peu embarrassant. Objectivement, c’est un navet. Même si tout n’est pas à jeter (quelques plans et ellipses audacieux), on y trouve une compilation de défauts inhérents aux nanars. Le montage est répétitif par moment avec notamment cette scène récurrente dans un commissariat au décor minimaliste, où le chef distribue les missions. Les acteurs semblent parfois peu concernés ou sont sous-exploités. Philippe Nahon, qui n’a en général qu’à apparaître pour composer un rôle, est ici transparent. L’économie de moyens est flagrante. Si les effets gores sont réussis, il aurait fallu dix fois le budget pour qu’ils paraissent plus nombreux et plus impressionnants. On ne voit même pas la créature. En guise de monstre, vous n’aurez droit qu’à Bruno Solo errant de nuit, l’air constipé, avec des lunettes noires et un béret à carreaux sur la tête (notre photo) ! On se demande comment un tel film peut sortir en 2009.

Car aujourd’hui, si on veut faire un fim d’horreur rentable, il faut servir la soupe aux ados. Et même si on y montre des tripes, il faut que la soupe soit belle comme sur l’emballage Knorr. Les acteurs seront donc tous de jeunes apollons et les actrices des bombasses au minois angélique (avec poitrine et cul dodus). La photographie sera léchée et quand la husqvarna tranche la chair, il faudra que ce soit “esthétique”. La violence “classe”, cadrée de manière chirurgicale et rythmée à la Michael Bay, est devenue une règle dans le slasher américain. Le sang sera vermillon, brillant façon gloss, parce qu’après tout, c’est de l’horreur pour de faux. Il ne faudrait surtout pas qu’un arrachage de membre paraisse dérangeant. On vise les 16-20 ans quand même.

Tout cela pour dire que Ladyblood est à l’exact opposé de ce cahier des charges, et c’est ce qui le rend tout de même sympathique à mes yeux. Il constitue l’antithèse ultime à tous les films (d’horreur ou pas) sortis récemment. Avec sa photographie terne et parfois incohérente, le film semble avoir été tourné dans la foulée de Baby Blood. Malgré un tournage à La Rochelle, l’ambiance est crasseuse au possible et fleure bon les années 80. Ceux qui se souviennent d’Alain Chabat, mal rasé et mourrant dans d’hilarants spasmes, retrouveront ici la même galerie de personnages louches et particulièrement mal habillés. Costumes défraichis et démodés, cols roulés grisâtres, gilets déprimants, la garde-robe semble avoir été achetée dans une friperie de troisième main.

Les personnages principaux ne sont pas un couple de jolis jeunes gens bien propres sur eux. Il y a d’abord Yanka, devenue flic et mère de famille. Elle est mariée à un psychologue qui passe son temps à bouquiner au lit. Emmanuelle Escourrou, qui interprète Yanka, a d’ailleurs conservé son inesthétique trou entre les deux dents de devant. On a vu plus sexy comme couple.  Les motivations des uns et des autres sont peu claires. Yanka n’aime pas son travail, c’est une certitude. Le jeune flic avec qui elle entretient une relation d’amitié peine à montrer plus d’ambition. On nage constamment dans une sorte de nihilisme où les personnages ne cherchent rien et n’obtiennent rien.

Entre deux scènes mal fagottées, Jean-Marc Vincent nous prouve quand même qu’il peut faire des choses. Il semble bien à l’aise avec toutes les scènes intimistes (dialogues sur l’oreiller ou autour d’un verre), ce qui permet de donner aux personnages une profondeur psychologique. Il est aussi très à l’aise quand sa caméra visite une boîte de cul underground, s’attardant sur le corps des jeunes femmes au déhanchement languissant.

Ladyblood est finalement digne de son grand-frère Baby Blood, film de potes fauché, fait à l’arrache et doté d’un humour potache insaisissable à la première vision. Certains amateurs de genre attendaient peut-être une nouvelle fois LE film qui va enfin rendre les français fiers et chauvins. Ils seront déçus. Le cinéma bis ne devient culte qu’avec le temps. Au moment de la sortie du film, on considère cela comme du sous-cinéma; d’où le terme de bis. Alors qui sait, dans vingt ans, ce que deviendra cet anachronique Ladyblood.

Après s’être longuement fait attendre, Ladyblood est sorti finalement sur les écrans le 19 août 2009. Cette semaine, il est encore à l’affiche de 4 salles en France !

Lâche ton comm

Concours Dead Heads : dvd et blu-ray à gagner

Le 4ème festival des Maudits Films de Grenoble

Sorties Emilya : little deaths & Echap

Monsters : documentaire sur les aliens d'Amérique centrale

Double feature underground : into eternity et le plein pays

Les films primés au festival Court Métrange 2011

Underwater love : comédie musicale érotique

The Human Centipede 2 : full sequence

Die Antwoort – I Think U Freeky

Beau visuel, comme souvent. Mais attention, sans le clip, apprécierait...

Commentaire de Rico
Synecdoche New York

LBS0Rn dxjmrvizfzqc

Commentaire de kuyuotysst
Die Antwoort – I Think U Freeky

Impressionnant de voir à quelle vitesse ça prend en tout cas. Quand j'ai...

Commentaire de Damien
Die Antwoort – I Think U Freeky

Ha ha ! Ou pas...

Commentaire de Damien
Die Antwoort – I Think U Freeky

Titre en or pour un remix de David Guetta.

Commentaire de Léo
Synecdoche New York

Well wetitrn review, which convinces the reader this is, indeed, a collection...

Commentaire de Mohan
Die Antwoort – I Think U Freeky

A fond. Ten$ion, leur 2e album vient tout juste de sortir, au fait.

Commentaire de Damien
Die Antwoort – I Think U Freeky

Ca déchire toujours. Ils sont forts.

Commentaire de jerome
Concours Dead Heads

perdu snif

Commentaire de cyril
Concours Dead Heads

Bonsoir, z'êtes bien gentils, je vais m'appliquer du coup 3 inconvénients 1/...

Commentaire de martinelim
Concours Dead Heads

bonsoir et merci pour le concours je tente ma chance pour mon homme qui est mordu...

Commentaire de kennyzen
Concours Dead Heads

Salut, sympa le principe du concours .... alors, trois avantages : - tu ne fais...

Commentaire de biatys