Génération Propaganda de Benoît Marchisio

Quel point commun entre Guns and Roses, Beverly Hills, Cameron Diaz, Coca Cola, Michael Bay et Michel Gondry ? Réponse : Propaganda Films, la boîte de prod californienne qui a inventé l’esthétique des nineties en hybridant réclame, vidéoclip et long-métrage.

Dans ce petit bouquin juste paru, Benoît Marchisio déterre un os. Comment une boîte a condensé, dix ans durant, l’esprit d’un temps, et marqué pour toujours la pop culture. Propaganda, c’est la version fin-de-siècle des hippies entrepreneurs ou des nerds de la silicon valley : des mecs en bermuda qui inventent l’open space créatif, le bar à café à volonté, la pub comme objet d’art et les fête d’entreprise qui durent trois jours.
Sur un sujet aussi pointu (Propaganda a fermé en 91 et ce livre français est manifestement le premier à lui être consacré), l’auteur hésite entre approche objective et presque scientifique (gros boulot d’interview, énormément de faits et de personnages en 150 petites pages) et désir de narration journaliste pop. J’ai eu du coup l’impression du début de quelque chose, la promesse d’un grand œuvre en mode gonzo, dans lequel le désir de l’auteur et son enquête deviendrait visible, où l’on apercevrait la main, et où Propaganda servirait à parler du monde qui l’a engendré.

La cinéphilie ne cesse de m’émerveiller et je suis sûr que ce livre est pour nombre d’entre vous. Moi c’est la promesse de révélations sur le lien entre Twin Peaks & Beverly Hills qui m’a harponné – et je n’ai pas été déçu. Par ailleurs, j’ai entendu dire le plus grand bien du bouquin sur Tobe Hopper publié dans la même collection, et ça se passait ici : http://emission.salle101.org/?p=1659

Benoît Marchisio, éd. Playlist Society 2017

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