Cinétrange, le magazine 7


Kof, kof, bonjour les enfants. Etes-vous prêts pour votre leçon d’histoire ? Alors commençons. Une datation au carbone nous permet de remonter à l’année 1997, premier numéro de Cinétrange alors nommé Cinescope, rapport au « tube cathodique effectuant la synthèse d’une image de télévision ». Le fanzine se veut alors très généraliste et essaie simplement de faire comme les grands. On y évoque déjà le cinéma déviant comme le Lost Highway de David Lynch ou le Frighteners, de Peter Jackson. Une place est accordée aux courts-métrages, et notamment Le dernier chaperon rouge, de Jan Kounen. On y apprend qu’Internet est un formidable outil de communication et que le laserdisc est un tout nouveau support vidéo.
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A l’époque, le fanzine est trimestriel. Son rédacteur en chef n’a certainement rien à faire d’autre de sa vie. Le n°2 sort donc en mars et c’est un spécial « David Lynch ». Le n°3 s’intéresse de près aux initiatives françaises dans le film de genre. C’est l’occasion de parler du bourrin Dobermann de Jan Kounen, avec un petit entretien avec le réalisateur et un plus conséquent avec Dominique Bettenfeld (le superhéros de Vibroboy), que l’on peut . A l’époque, Kounen est un des rares réalisateurs à être présent sur Internet. Les forums de discussion se passent encore sur Minitel avec le fameux 3615 RTEL.

Le n°4 commence à s’affirmer dans sa ligne éditoriale en choisissant de mettre en lumière des films alors underground : Tetsuo de Shiniya Tsukamoto, Lord of illusions de Clive Barker, The Doom Generation de Greg Araki et Time Demon du pape du Z français : Richard J. Thomson. Ce numéro chronique aussi les films sortis en VHS chez le mythique éditeur Haxan. Ce dernier est un peu l’équivalent du plus contemporain Uncut Movies. On peut voir sur ce forum les jaquettes d’époque avec notamment les films bien dégoûtants de Jorg Buttgereit comme Nekromantik. Le n°5, plus mainstream, se consacre à la tétralogie Alien. Quelques rédacteurs occasionnels se joignent à l’aventure : Alexandre Tylski (à priori c’est ce monsieur) et David Verhaeghe, qui collabore aujourd’hui aux Films de la Gorgone. Parmi ces numéros, on retrouve beaucoup d’articles d’un certain Dean Venetza, qui pourrait correspondre à cet homme : venetza.com

Avril 1998, le n°6 consacre un gros dossier à la Japanimation (Ghost in the shell, Neon Genesis Evangelion, Akira, etc.), un genre encore méconnu à l’époque :

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Le n°7 hésite un peu entre fantastique grand public (Mars attacks!) et oeuvres plus confidentielles (Léolo, Tesis) et le n°8 se dirige à nouveau vers le cinéma qui dérange. On y découvre le classique La grande bouffe de Ferreri et Contes de la folie ordinaire, adapté de Bukowski. A l’aube de l’an 2000, Cinescope 9 donne clairement dans le trash avec sa très couverture illustrant les problèmes d’une jolie asiatique aux prises avec sa baignoire :

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C’est dans ce numéro que l’on découvre les travaux d’un certain Costes, qui joue dans le mythique et culte I love snuff, réalisé par Yves Pierog (dont je n’ai plus de nouvelles). SM, urolagnie, le tout sur vhs pourrave avec les cris porcins de Jean-Louis, I love snuff est une version trash, sale et gore du Maîtresse de Barbet Schroeder. On se dirige clairement du côté de l’érotisme et de la pornographie. Bref, ça se dévergonde. Dans le n°10, on peut lire un dossier sur le Fetish Film Festival avec entre autres : Venus in Furs, Preaching to the perverted, bubbles galore. Ce numéro marque aussi la première collaboration avec Léo Henry alors à peine pubère et qui livre une chronique de Truismes de Marie Darrieussecq. A la fin du numéro, on trouve une chronique de Golzarath, un film de Thierry Lopez, l’un des fondateurs d‘Artus Films.

A partir de juin 2000, le fanzine est édité par l’association Sin’Art, qui assure également la distribution. Une collaboration de longue date commence avec Angélique et André, ce qui permet de se concentrer sur le contenu et la mise en page, afin d’offrir au lecteur quelque chose de plus « pro ».

Le n°13 marque le changement de nom. On passe de Cinescope à Cinétrange, qui marque plus clairement un goût pour le bizarre. Le photographe Philip Janin, dont le travail puise dans le cyberpunk et l’érotisme, signera la couverture de plusieurs numéros ainsi que le logo. Dans le n°15, on découvre Rico qui va faire partie du noyau dur de la rédaction. Dans le numéro 16, je pars en expédition au Nifff, le Neuchatel Fantastic Film Festival, en Suisse donc. En cette année 2003, le festival est encore tout jeune, tout petit. On peut y découvrir 28 jours plus tard de Danny Boyle.

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Avec le n°17 vient le moment du questionnement. Internet s’est largement démocratisé et il devient de plus en plus difficile de faire du papier. Les fanzines disparaissent. Ce numéro fait la part belle à l’animation française (Kaena, les enfants de la pluie) et c’est d’ailleurs le dessinateur Caza qui fait la couverture à partir d’une photo d’André Neau. Ce sera l’occasion d’un premier saut dans le cinéma de Bollywood. Les n°18 et n°19 sont proches des thèmes abordés sur ce présent site et le 19 sera le dernier numéro papier sous la forme de magazine. Les chroniques continuent sur le web et nous avons décliné le concept Cinétrange en dvd en 2005 et 2007. Chaque disque proposait une série de courts-métrages que nous apprécions tout particulièrement ainsi que des bandes-annonces et de petits reportages.

Néanmoins, le support papier n’a pas été totalement abandonné. En 2008, nous avons publié (toujours chez Sin’Art) un hors-série assez ambitieux sur le thème du cinéma fantastique francophone. Le sommaire tente de couvrir 100 ans de cinéma. On passe donc par les pionniers (Méliès, Epstein, Cocteur), puis par les classiques (bis des seventies et eighties, le cas Alain Resnais) et enfin les vétérans : Rollin, Kounen, Gans, Besson, Robak, Bilal, etc. On fait un tour du côté de l’animation (le travail de René Laloux), du côté des films maudits (Terminus, Brocéliande, etc.) et on finit par la nouvelle vague : Eden Log, Frontière(s), A l’intérieur, etc et par un tour chez nos voisins québécois. Ce hors-série contient de nombreuses chroniques et dossiers mais aussi beaucoup d’entretiens.

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Dernier projet en date, le double hors-série intitulé « Nos années 80 ». Mené par Udéka alias Eric Noël, ce numéro est gargantuesque et rédigé par une armée de rédacteurs. Vu la quantité et l’ambition du projet, sa publication a été maintes fois retardé. en 2012, le premier numéro est disponible chez Sin’Art (épuisé aujourd’hui) et le deuxième numéro devrait voir le jour cette année, possiblement en avril 2013.

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Pour tout savoir sur la team de crache-la-mort qui intervient sur ce webzine, c’est ici.


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