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Rahul, célèbre metteur en scène de spectacles musicaux, décide d’élaborer un nouveau show autour du personnage de Maya, l’icône féminine de ses rêves. Mais Rahul ne croit pas en l’amour et préfère provoquer sa première danseuse et amie Nisha qui, depuis longtemps, est secrètement amoureuse de lui. Lorsqu’une terrible blessure empêche celle-ci de continuer les répétitions, Rahul doit faire un choix et décide de proposer le rôle à la délicate Pooja, qui refuse dans un premier temps…

Il faut quelques minutes d’adaptation pour s’habituer et se laisser envahir par ce kitsch élevé au rang de surréalisme, à ces musique et à ces costumes ancrés dans les années 80. Et pourtant le film date de 1997 ! Mais qu’importe, dans cette version moderne et indianisé de Fame, on trouve des chorégraphies spectaculaires, et les justaucorps sont là pour magnifier les formes afin de créer un érotisme latent propre à Bollywood.

L’histoire n’est certes pas originale. Un triangle amoureux, une leçon mélodramatique sur la destinée et l’amour et le fil rouge de la comédie musicale. Cependant les personnages sont sympathiques et les acteurs habités par un enthousiasme communicatif. On retrouve un Shah Rukh Khan au meilleur de sa forme.

Dil to pagal hai n’apporte rien de nouveau au cinéma indien mais se laissera suivre sans ennui par les habitués des comédies romantiques indiennes, grâce à des mélodies catchy et quelques moments magiques comme cette danse sous la pluie exécutée avec une troupe d’enfants.

Dvd zone 2 disponible chez Carlotta Films.


Comment filmer la peur? C’est la question récente que posait l’excellente revue “Simulacre” dirigée par Jean-Baptiste Thoret, au travers d’articles passionnant sur Dario Argento, John Carpenter, Brian DePalma etc. Le très doué Hideo Nakata, s’il ne révolutionne pas les fondements du genre, choisit fièrement son camp: celui de Jacques Tourneur, maître incontesté de l’horreur suggérée, de l’ambiguïté entre ce qui est réel et ne l’est pas, du fantastique quotidien. Hideo Nakata croit en la toute puissance du cinéma, et donc du hors-champ comme manifestation théorique d’une terreur qui naît des pulsions les plus banales.

Succès phénoménal dans son pays d’origine, “Ring” commence comme un “Scream” nippon. Deux adolescentes évoquent une sorte de légende urbaine pour le moins bizarre: après avoir visionné une cassette vidéo mystérieuse, le téléphone sonne pour vous annoncer votre mort programmer dans une semaine. Déconcertant? Pourtant une des jeunettes confie qu’elle a vécu l’expérience et qu’elle devrait mourir dans l’instant si la rumeur est fondée. Le lendemain, on la retrouve morte, enfermée dans un placard, le visage déformé par la peur. Une jeune journaliste qui de plus se trouve être la tante de la victime décide d’en savoir un peu plus sur cette mort étrange. Problème: elle tombe sur la cassette au cour de son enquête, la visionne et se trouve elle-même victime de la malédiction. Aidée par son ex-mari, elle a une semaine pour découvrir l’épouvantable vérité.

Sur une trame qui rappelle le génial “Cure” de Kyuchi Kurosawa, “Ring” joue a fond la carte du non-dit, de l’ellipse révélatrice. L’angoisse est distillée par petites touches (un détail, une ombre, un objet peut faire naître soudainement la terreur telle la vision d’une femme en blanc masquée par sa longue chevelure). La mise en scène, austère et épurée, ne lésine pas sur les inquiétants plans-séquences qui savent se faire oublier (contrairement à ceux de beaucoup de cinéastes virtuoses :DePalma, Scorsese, Haneke) pour se concentrer uniquement sur ce qui est dans le cadre et hors du cadre. Comme dans les meilleurs films de Carpenter (“Halloween”, “Fog”), la nature du cadre chez Nakata a une fonction aussi ambigu que perturbatrice. Qui est derrière le cadre? Est-ce la présence symbolique d’un mal fantomatique ou celle caractérisée par la neutralité rassurante du réalisateur? Peut-être les deux à la fois? La caméra occupe deux positions alternatives: elle est l’oeil du personnage central (ici le mal) et est placé en dehors de lui. Nakata brouille les pistes en jouant constamment entre les deux situations. Le suspense naît de cette ambivalence du cadre qui n’est jamais donné comme évident. Et l’on se pose, dans ce film très ludique, des questions cinématographiques. Qui filme? Le mal est-il hors-champ ou dans le champ?

Intelligent et modeste, Ring est une étonnante réussite d’un genre souvent contaminé par la surcharge visuelle (esbroufe filmique et effets spéciaux à outrance). C’est tout le talent de ce jeune cinéaste d’avoir redonner des lettres de noblesse à un cinéma d’épouvante qui en avait bien besoin. Même si aujourd’hui on en a un eu marre des film de fantômes asiatiques avec des filles aux cheveux sales. Mais, c’est une autre histoire. Dix ans après, Ring tient encore le coup.

DVD (studio canal) :
Interview du réalisateur, histoire de la cassette etc.… rien de bien passionnant. Par contre, je trouve marrant d’avoir Ring en DVD alors qu’il traite d’une transmission du mal par Cassette Vidéo.