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Synopsis :

Quartier populaire cosmopolite de Budapest, où cohabitent Hongrois de souche, Gitans, Arabes, et Chinois, le District est le lieu de tous les vices : drogue, violence, racket, prostitution, corruption, armes à feu… C’est également le terrain de jeu d’une bande d’adolescents désoeuvrés, qui tentent tant bien que mal de faire abstraction de la lutte séculaire qui oppose les deux principales familles du quartier, les Lakatosn et les Csorba. Roméo et Juliette déshérités des temps modernes, Richie et Julika ne voient qu’une solution pour apaiser les tensions entre leurs familles et couler le parfait amour : inonder le District de billets verts et rendre ses habitants richissimes. Pour ce faire, ils vont voyager dans le temps, et massacrer plusieurs centaines de mammouths préhistoriques dont la fossilisation devrait assurer au quartier une riche et chèrement négociable réserve de pétrole (sic). Mais l’or noir ainsi créé attire rapidement la convoitise d’une faune internationale toute aussi redoutable que celle du quartier.

 

Critique :

Premier film d’animation d’un jeune réalisateur hongrois, Aron Gauder, District a pour principal mérite de ne pas ressembler à grand-chose qu’on ait déjà pu voir, tant au niveau scénaristique que visuel. Si l’on est en droit de trouver les choix graphiques et le traitement de l’animation passablement hideux (des goûts et des couleurs… vous adorerez peut-être !), force est de reconnaître leur profonde et incontestable originalité, qui propulse le spectateur dans un univers à nul autre pareil. Comme vous l’aurez constaté à la lecture du synopsis complètement tordu, le scénario n’est pas en reste, et fait preuve d’une richesse et d’un jemenfoutisme qui fait plaisir à voir. Fourmillant d’un milliard d’idées (plus ou moins judicieuses, mais à la limite peu importe) à la minute, District ne dépasse cependant jamais le stade du divertissement sympa oublié dans les 5 minutes qui suivent son visionnage. Car à force de chercher l’originalité à tout prix et de partir dans tous les sens toutes les 30 secondes, le film passe rapidement à côté de l’essentiel : des personnages réellement attachants et une intrigue qui tienne la route. Déjà moyennement convaincante malgré quelques dialogues et situations bien crus, l’ambiance déliquescente du quartier est rapidement dynamitée par le caractère hautement fantaisiste de l’histoire. Loin d’une quelconque caution réaliste, la culture ghetto / hip-hop joue ici le rôle d’un simple décor de carte postale, au même titre que les différents protagonistes de l’histoire, simples accumulations de clichés dénués de la moindre personnalité. D’où problème : quand ni l’univers, ni l’intrigue, ni les personnages ne tiennent un instant la route, le film a beau exploiter 4000 idées à la seconde et faire preuve d’une inventivité débridée, il faut vraiment l’étoffe d’un grand réalisateur pour faire passer la pilule. Aron Gauder n’est pas un mauvais, loin de là, mais ce n’est pas encore avec ce film qu’il va réussir à nous convaincre pleinement de son talent.

Disponible en dvd chez CTV.


On connaissait déjà la suite, le remake, et le prequel, place désormais au prequel du remake, qui nous propose de replonger dans les origines sanglantes de Leatherface et sa famille dégénérés. Mais deux écueils de taille viennent rapidement couler à pic ce projet aux ambitions pourtant déjà modestes.
En premier lieu, passé une première partie qui revient laborieusement sur le début de la carrière de « l’homme au masque de cuir » (alors comme ça, Leatherface était un enfant torturé et brimé, quelle surprise !), le prequel se transforme très rapidement en « remake du remake », se bornant simplement à reproduire les archétypes de la série. Soit une bande de jeunes pas futés traqués puis dépecés par la famille de cannibales dans les éternels mêmes décors.
Mais après tout pourquoi pas, le tout aurait pu donner un sympathique petit survival du dimanche, à mater entre potes… Seulement voilà, le problème est plus conséquent. Si le remake de Marcus Nispel n’avait rien de révolutionnaire, se contentant d’ajouter une réal’ moderne, un casting plus djeun’s, et quelques bonnes louches de gore à la trame du film originel, il prenait soin de reproduire l’atmosphère malsaine et dégénérée de ce dernier par des moyens à peu près similaires. Rien de ça ici, puisque le réalisateur, dans la lignée de la radicalisation bouchère des Saw et autres Hostel, se contente d’aligner, barbaque, viscères, tortures et démembrements au kilo, en négligeant complètement l’ambiance qui pourrait transcender le tout (la présence de quelques « tronches » texanes et d’une sous-intrigue bâclée autour de la guerre du Vietnam en guise d’alibi couleur locale ne convainquent pas un instant).
Ambiance qui aurait pourtant pu donner au film une teneur réellement cinématographique, au lieu d’un simple aller-retour soporifique à la section boucherie de l’hypermarché du coin. On peut déjà trouver contestable l’idée de reproduire à l’identique les films d’horreur des années 70 sous prétexte qu’on n’a pas fait mieux depuis, mais si ce n’est, en plus, que pour en retenir les seuls clichés…

“Savants Fous, pas morts !” Pourquoi cette exclamation franche et joviale, me direz-vous ? Quand on découvre que le final draft de Sharkman ne fut signé ni en 1955, ni en 1965 mais bien en 2005, on peut conclure, c’est rassurant, que le scénario vintage a encore de beaux jours devant lui. Preston King est un scientifique, épaulé par le petit-fils de l’assistant des Frankenstein de la Universal et une doctoresse russe psychorigide à lunettes. A force de croiser des gènes d’espèces différentes, King a inventé la parade ultime contre le cancer. Puisque les requins en sont protégés, l’astuce est donc de muter les malades en hommes squales. Bien vu, n’est-ce pas ? Ecoutez, la science avance, c’est le principal.   
Rejeté depuis cinq ans, nourrissant sa vengeance, il invite ses anciens collaborateurs sur son île paradisiaque pour les convier à une fête et tous les assassiner ensuite. In extremis, ils s’enfuient. Aux six invités de survivre face aux dangers de ce piège insulaire.
J’entends déjà les commentaires dans mon dos. Pourquoi ce voyou en blouse blanche se complique-t-il autant la vie ? Vous touchez du doigt Sharkman (gare à votre doigt tout de même). Eteignez-moi tout de suite le logiciel d’esprit critique.

Revenons à notre traque. Pour se faire, comme il est le croisement à la fois du comte Zaroff, du docteur No et du docteur Moreau, le mad doctor envoie sa garde prétorienne et son fils Paul, “soigné” par la génétique. Le garçon est désormais un prédateur mi-marteau mi-requin, qui rôde dans les eaux, qu’elles soient salées ou non, mais aussi sur la terre ferme. Dès lors, plongeon dans le délire bis le plus décomplexé qui soit : les cols blancs brandissent la Kalachnikov avec l’expérience des pros de la guérilla contre une garnison de soldats, le Sharkman a un don d’ubiquité et est à l’épreuve des balles, notre Moreau local tient des discours fumeux durant des cut-scènes inutiles. Quand à la cohérence scénaristique, elle n’est pas de mise.

Etant donné que le requin-marteau n’est pas ovipare, il faut que le rejeton s’accouple avec une humaine pour perpétuer l’espèce. Tout ceci pour conduire à une nouvelle humanité, et autres âneries. Ce qui nous vaut une césarienne fatale à la Humanoïds from the Deep. Quoi de mieux que de lui présenter son ancienne fiancée pour qu’il oublie une seconde de croquer la population pour faire des câlins, et plus si affinités. Je crains que des câlineries venant de ce poisson ne peuvent guère être tendres (“Ho, grand fou, mords moi dans le cou !”).Question acteurs, qu’en est-il ? William Forsythe, éternel second couteau, paye ses factures avant Devil’s Rejects mais il est manifeste que son cœur n’y est pas. La belle Hunter Tylo est une brunette à tomber ce qui n’inclue pas forcément le talent d’actrice. Jeffrey Combs rejoue le Dr. Herr West version gominé en polarisant l’attention.
 
Vous l’aurez compris, le grand n’importe quoi domine. Nu Image trademark, le numérique est utilisé à foison pour les effets spéciaux sans être trop médiocre, hormis les déflagrations. L’explosion finale jouxte sur le podium celle d’Infested  pour la couronne de la plus miteuse de ces dernières années. Au moins, pour du Nu Image justement, le carnage est manifeste et l’action est soutenue, on ne s’ennuie pas. L’animal fait partie de la collection de six monster-movies Génération Mutants incluant Predatorman, Mosquito Man, Morphman, Snakeman et SkeletonmanSharkman est le prototype même du produit qui se regarde en débranchant certaines zones du cerveau. Il est probable ainsi d’y passer un bon moment, un net penchant pour le film de monstre étant recommandé.
 
Hammerhead : Shark Frenzy (2005) de Michaël Oblowitz. Avec : William Forsythe – Hunter Tylo – Jeffrey Combs – Elise Muller – Arthur Roberts – G.R. Johnson – Antony Agirov – Maria Ignatova – Velizar Biney.