Wrong turn 2

Wrong Turn 2Toujours dans le domaine des DTV de seconde zone sortis récemment, Wrong Turn 2 fait un peu l’effet du Big Tasty Bacon de trop, celui qui séduit encore vaguement notre palais, mais dont notre estomac ne veut plus entendre parler depuis longtemps. Gras, vicelard, et gorey à souhait, le film fout la gerbe, mais force presque le respect devant un tel déferlement de vulgarité.
Wrong Turn, premier du nom, était un survival forestier assez anodin avec Eliza Dushku, qui avait bénéficié d’un petit succès d’estime à sa sortie en 2003, en amorçant parmi les premiers le fameux « retour à la radicalité du cinéma des 70’s » qui fait les choux gras de la presse spécialisée depuis plusieurs années. Impossible de jouer la même donne en 2008 pour son successeur, qui se contente donc logiquement de jouer la surenchère de tripaille dégueu et de scènes de cul bien abusées, et annonce la couleur franco d’entrée de jeu, avec une actrice blonde tranchée en 2 d’un coup de hache, dont les restes sanguinolents éclaboussent le sol en tombant.

A ce petit jeu du « toujours plus loin, toujours plus con », le film ne se sort finalement pas si mal, exploitant un script parfait pour ce genre de pari stupide : une forêt reculée occupée par une famille de mutants cannibales incestueux et dégénérés, un jeu de real-TV post-apocalyptique animé par un ancien G.I. (Henry Rollins, à fond dans le film !), et une poignée d’ados concurrents « au caractère bien tranché ».
Ces différents persos font pas mal pour l’attrait du film, tous plus outrés les uns que les autres : le producteur branchouille, pleutre et sans scrupule, la suicidaire qui ne fait confiance à personne, le relou libidineux qui ne la ferme jamais, la jeune citadine timide, sympa et un peu gauche, la nympho en quête de gloire, le quaterback qui veut montrer au monde qu’il a aussi « un cœur et un cerveau »…

Après quelques batifolages de rigueur (la nympho taille une pipe au producteur, bla bla bla…), tous vont morfler très, très cher, et de la manière la plus spectaculaire possible, au cours d’un gigantesque jeu de carnage gore et gerbant au fond des bois.
On pourrait presque parler de nihilisme gênant si le film n’était pas aussi stupide, tant les tripes et la chair humaine finissent par emplir tout l’écran. Bref, pour les amateurs du genre, mettez vos cerveaux sur off, et bon courage pour la digestion.
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