Eden Lake, de James Watkins

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Si vous ne l’avez pas vu lors de sa sortie en salles, ruez-vous sur le dvd qui sort le 22 avril. S’il ne devait rester qu’un seul survival de ces dix dernières années, ce serait celui-là. J’ai reçu Eden Lake comme un pavé en plein ventre. Il m’a fait le même effet (remuage de tripes) qu’un The Descent, avec encore plus d’impact.

Eden Lake est dérangeant car il s’inscrit dans un cadre réaliste, évoquant l’insécurité, les incivilités d’une poignée de voyous. Un thème à la mode, et une situation à laquelle nous avons tous dû faire face un jour, en tant qu’acteur ou spectateur. Un couple amoureux décide de passer un week-end romantique. Ils décident de faire du camping au bord d’un lac sauvage, loin de tout. Mais ils sont dérangés par une bande d’adolescents turbulents. Ces derniers sont grossiers, insultants, écoutent de la musique très fort et sont accompagnés d’un chien agressif. L’homme décide de leur en toucher deux mots. Le groupe semble abandonner mais le leader ne va pas en rester là. La situation bascule lorsque les jeunes finissent par voler la voiture, laissant le couple au milieu de la forêt.

The Descent et Eden Lake partagent non seulement les mêmes producteurs mais aussi pas mal de points communs : la féminité comme force, le retour à une barbarie primitive, une emprise viscérale sur le spectateur. Car le réalisateur James Watkins prend soin de nous embarquer dans une spirale de violence. Les actes sont de plus en plus cruels à mesure que l’on avance dans le récit et les rebondissements ne permettent jamais de prévoir les événements. Il y a parfois du gore, mais cela reste très crédible, excepté peut-être un ou deux plans un peu « too much ».

A côté d’Eden Lake, les autres survival font figure de divertissements inoffensifs. Quand on se dit que le film ne peut pas aller plus loin dans l’horreur psychologique et physique, le réalisateur fait un pas de plus. Et ça ne s’arrête jamais. Je n’en dévoilerai pas plus sous peine d’éventer le suspens. Après un final forcément apocalyptique, le film laisse un drôle d’arrière-goût. Eden Lake est un excellent film mais il est très difficile de le trouver « agréable » à regarder.

Le film sort en blu-ray et en dvd le 22 avril chez FPE.

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11 commentaires sur “Eden Lake, de James Watkins”
  1. Pas du tout aimé en ce qui me concerne.
    En terme de survival pur et dur, c’est effectivement assez efficace, mais bon, il y en a déjà eu tellement avant ça que je ne vois vraiment pas ce qu’il apporte au genre.
    Mais ce qui m’a surtout saoulé, c’est le ton super dramatique et sentencieux du film, style  » j’ai vraiment des choses importantes à dire sur l’évolution de la société actuelle, il ne faut pas prendre ça à la légère. »
    J’ai trouvé ça d’autant plus déplacé et prétentieux qu’au final, le propos du film est au mieux inexistant, au pire franchement réac…’

  2. On n’a pas dû voir le même film alors. Je n’ai pas vu de propos généralisé ni de morale sur la société (sauf dans le dossier de presse qui nous parle de statistiques sur les agressions en France!).
    Les jeunes dépeints ici viennent d’un petit village de campagne, avec des parents plus portés sur la bière que sur l’éducation. C’est un peu l’équivalent des rednecks de Massacre à la tronçonneuse. Ce n’est pas pour autant qu’il s’agit d’une étude sociologique sur le milieu rural du Texas…

  3. Pour moi Eden lake est un film intense, impressionnant avec une violence qui monte progressivement. Cette violence est irréversible et la fin du film sans concession.
    Les acteurs principaux et les effets gore sont excellents.
    Selon moi il s’agit du meilleur film d’horreur depuis The descent.

  4. Bien foutu mais je suis plutôt de l’avis de Damien. Il y a un arrière plan sociologique un peu plombant avec une vision uniforme de l’éducation. Des parents abrutis pondent forcément des enfants abrutis. Dans Massacre c’est différent. Il y a un traumatisme à la base. En plus Hooper se concentre sur une famille de dégénérée pa sur un village entier. Les auteurs auraient du injecter une bonne dose d’humour noir a lieu de se la jouer les larry Clark de la cambrouse.
    D’un autre côté, le réalisateur épingle aussi le petit couple bourgeois, cultivé et propre sur eux.
    Mitigé en fait.

  5. Pas d’accord car d’après mon souvenir, il n’y a qu’un seul enfant vraiment violent (et pas abrutis, ce qui est résumé un peu vite à mon goût). Les autres sont plus influencés qu’autre chose.
    Certes, ce n’est pas une généralité, mais des parents violents qui engendrent des enfants violents me semble plausible.

  6. Enfin globalement ils sont pas très malins. Il y a un déterminisme social un peu gonflant tout de même. Comme par hasard le père du gamin violent est une ordure qui va influencer les autres parents sur la décision à prendre. Les adultes reproduisent le même schéma que leurs progénitures. Evidemment que des parents violents engendent parfois des enfants violents. C’est une réalité. Je trouve qu’il y a juste un regard uniforme sur les gens qui habitent près d’Eden Lake. Ce sont tous des beaufs au physique ingrat, suintant la haine, et ce dès le début lorsque un mère gifle sont gamin tard le soir dans le resto.
    (en plus comble de l’horreur les enfants sont encore debout tard le soir!!!).
    En fait je me demande, car malgré tout j’aime bien ce survival tendu et prenant, si le ragard du réal est ironique ou puritain.

  7. Plutôt bon pour moi. Pas la claque de the Descent (autre sujet, d’façon…) mais le début est d’une tension sociale assez jouissive; ça doit se passer tous les jours en bas de belles tours de banlieue.
    Hé par contre les gars, veux pas défendre le chef, mais vous faites moins la fine bouche quand c’est de l’atavisme à la Bruno Dumont, hein ?

  8. Moi au contraire j’apprécie beaucoup ce film et notamment sa fin.
    Elle est, comme j’ai déjà dit précédemment, sans concession.
    Le réalisateur nous met en garde contre une violence très actuelle. Il dresse un constat. Après chacun pourra évoquer pendant des heures des questions d’éducation.
    Pour moi, le constat est là et il fait froid dans le dos.

  9. Et la comparaison de Jérôme entre les rednecks de Massacre à la tronçonneuse et les parents d’Eden lake me semble tout à fait justifiée.

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