EFS 2009 : Vampire Girl vs. Frankenstein Girl

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La soirée du samedi se concluait sur le Vampire Girl vs. Frankenstein Girl , la dernière folie de Yoshihiro Nishimura, qui co-réalise ici avec Naoyuki Tomomatsu . Depuis quelques années maintenant, une poignée de réalisateurs nippons nous livrent des pépites très sanglantes comme Machine Girl et Tokyo Gore Police . La recette de ce pudding particulier est donc reprise : du délire outrancier, de la comédie premier degré, des giclées de sang façon nettoyeur haute pression et des membres découpés, tranchés et recollés.

Si VGVSFG est bien rigolo, avouons qu’il n’arrive pas vraiment à la hauteur de Tokyo Gore Police . Malgré quelques longueurs, ce dernier allait très loin dans les idées graphiques. Par exemple, la femme-mâchoire et la golden shower de la femme-chaise allaient très loin dans un délire dont seuls les Japonais sont capables. Derrière le festival absurde et comique, il y avait une vraie recherche esthétique et une inventivité sur les monstruosités présentées, que n’aurait pas reniées David Cronenberg.

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Ce nouveau film semble s’adresser à un public plus jeune. Se déroulant dans une université, il raconte, une énième fois, les histoires de coeurs entre un jeune puceau et deux filles qui essaient de se l’approprier. Manque de bol, la plus kawaï est une vampire et l’autre va être ressuscitée par son savant fou de père ! Bien sûr, il s’agit là d’une parodie de tous les mangas à destination des grands adolescents. Tout le monde en prend pour son grade, notamment la "Frankenstein Girl", sorte de goth japonaise (il faut voir son look, c’est inexplicable). Le film part dans tous les sens mais s’attache malgré tout à ses personnages en les décrivant lors de petites scènes dédiées : le prof de chimie timide a une vie secrète de savant fou pratiquant le théâtre Nô, la vampire girl a eu un passé mouvementée avec sa mère qui explique le leg de la cape magique, etc.

Malgré le gore, ne craignez pas d’être choqués. Les effets sont cheap et les réalisateurs privilégient avant tout la quantité à la qualité. On a donc parfois l’impression de voir des combats de prothèses en mousse de polyuréthane accompagnés de jets de sirop de grenadine. VGVSFG reste un film très divertissant, grâce à de nombreuses scènes totalement insensées, et grâce à un rythme qui ne faiblit presque jamais. Les deux réalisateurs débordent d’énergie et ne s’autocensurent jamais. Cet enthousiasme se voit dans chaque plan du film. Bref, un excellent choix pour une séance de minuit qui s’est déroulée dans une bonne humeur aussi extrême que le film.

dolorosa En avant-programme et en méga-avant-première mondiale, nous a été offert Dolorosa , réalisé par Christophe Debacq et produit Fabrice Lambot aka Monsieur Métaluna (Dying God ) et Monsieur Atomo Vision. J’aurais aimé apprécier ce film "de genre" car l’on sent bien que les auteurs ont mis tous leurs efforts pour accoucher de ce court-métrage. D’ailleurs toute l’équipe était là pour présenter le film. Mais, malheureusement le court-métrage accumule les défauts relatifs au "complexe français du film de genre".

Une jeune femme est prisonnière d’un cachot. Elle est enchainée, privée de tout.  Néanmoins, une main gantée lui passe ses repas par une trappe. La jeune femme sombre peu à peu dans le folie et l’on découvre qu’elle est sur le point d’accoucher.

Arrivant après la guerre, Dolorosa compile les thèmes principaux de Martyrs et A l’intérieur . La mise en scène est propre et froide. Trop froide et trop grise pour que l’on puisse éprouver de l’empathie pour la victime, malgré les efforts de l’actrice qui hurle et qui pleure plus qu’il n’en faut. Le concept du film est symptomatique d’un cinéma français de genre devenant peu à peu stérile, un cinéma de cinéphile qui sait seulement citer ses propres influences.

Et puis zut, cela fait la deuxième scène d’accouchement que je vois et qui se déroule dans un bain de sang. Sauf gros problème médical, il est assez difficile de voir du sang lors d’un accouchement et le bébé démoulé est presque "propre". Par contre, amis réalisateurs, vous pouvez vous tourner vers le placenta qui lui, ressemble à un steack cru et moisi de "face-hugger".

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