The American Astronaut


americanastronautLe « Ceres Crossroad » est un bar de bouseux de la ceinture d’astéroïdes. Les rednecks galactiques s’y retrouvent les samedi soirs pour vider des pils,
échanger des vannes et organiser des concours de danse. Mais ce soir la porte s’ouvre sur le scaphandre de Samuel Curtis, aventurier à rouflaquettes
venu troquer un chat contre une « fille véritable ». Il ignore que son ennemi juré, le professeur Hess, est dans un coin la salle. Et que tout le monde a encore oublié de lui souhaiter son anniversaire…

*

The American Astronaut est un western spatial & musical, écrit, réalisé, joué et mis en musique par McAbee and friends. Filmé dans un très beau noir et blanc et une grande ingénuité pour palier l’absence d’effets spéciaux (toiles peintes, ralentis d’apesanteur), il s’échafaude dans une esthétique bizarre, entre Amérique profonde, retrofuturisme, nostalgia fifties, expressionnisme allemand, pulp, dernière frontière, parodie du genre, opéra rock et blanquette de veau à l’ancienne.

Ca n’est pas exactement drôle, pas bien sérieux non plus. C’est souvent bizarre, à commencer par la musique, sorte de rock prog minimaliste englué états-unien, accompagné de chorégraphies aussi balourdes qu’émouvantes. Le rythme du récit est crachotant, tressautant, parfois un poussif, parfois trop rapide. On sent tout le temps le souci de McAbee de produire de belles images, et à ce niveau c’est une grande réussite, bricolant des choses jamais vues, à la fois référencées et nouvelles, pouétiques.

S’il fallait classer ce film dans le placard sombre, on pourrait le glisser entre le Forbidden Zone d’Elfman (en moins potache) et le Brand upon the brain de Maddin (en plus aventurier). Ou bien à tri-chemin de Singin’ in the rain, de Blood Simple et de Alphaville.

Cinétrange indeed.

*

The American Anstronaut est un film de Cory McAbee daté de 2001. Un DVD zone 1 a paru en 2005 chez Plum Pictures & Bns (mais ça peut se trouver autrement, je vous dis même pas comment). Une suite datée de 2009, nommée Stingray Sam, tourne en ce moment dans les festivals, sans date de sortie.




A propos de Léo

écrivain du XIXème, poète maudit du XVIIIème, Léo fut auteur de nouvelles et a publié le roman de sa vie : Rouge Gueule de Bois, ambiance apocalypse alcoolique. Il traîna ses guêtres dans les favellas, il participa à la Révolution d’Octobre et milite aujourd’hui pour l’abolition du droit d’auteur. Malheureusement, il finit sa carrière en tant que pigiste à Cinétrange. Dans l’horoscope de Tolkien, c’est le troll rieur. Il est là. Domicilié à Strasbourg, ou à Rio.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *