Robo-geisha


Robo-Geisha fait partie de cette nouvelle vague gore, venue du pays du soleil levant, et mené par les deux trublions Noboru Iguchi et Yoshihiro Nishimura. Ceux nous ont déjà livré les amusants Tokyo Gore Police, Machine Girl et Vampire Girl vs Frankenstein Girl.

Les amateurs ne seront pas dépaysés puisque le concept reste le même. C’est Iguchi qui réalise ici et Nishimura qui s’occupe des effets spéciaux. A l’instar de Machine Girl, Iguchi soigne ses personnages, auxquels il donne une psychologie certes basique, mais qui donne une cohérence à l’histoire. Ainsi on n’assiste pas uniquement à un équarissage non-stop sans âme. Yoshie est une sorte de cendrillon. Elle admire sa soeur,  une ravissante geisha, mais cette dernière ne lui rend pas et l’humilie ou la frappe. La situation change lorsque les deux jeunes femmes sont kidnappés par des hommes à la tête d’une usine d’acier. Celle-ci cache en réalité une fabrique d’armes et les chefs de cette entreprise ont pour plan diabolique de kidnapper des filles, de les entrainer au combat et de modifier leur corps en y ajoutant des parties mécaniques ! Ceci afin de former des assassins… La petite Yoshie se révèle une tueuse redoutable et déterminée. La concurrence s’installe entre les deux soeurs. Comme on peut le constater, le déroulement des événements est rocambolesque et l’illustration des sentiments est parfois un peu longuette et donne lieu à des scènes bien bavardes.

Heureusement, il y a bien sûr ces combats homériques, avec des armes toujours originales : du lait maternel provoquant d’horribles brûlures, des sabres qui sortent des fesses ou des aisselles, des seins-mitrailleuses, une bouche-scie-circulaire, etc. Le réalisateur rassemble tous les accessoires de la geisha traditionnelle (kimono, maquillage, shamisen) pour les détourner et en faire des armes mortelles. On regrettera cependant l’abus de sang numérique alors que le couple de réalisateurs nous avait habitués auparavant à des effets spéciaux « organiques » bien plus efficaces. Le final est un sommet de grand n’importe quoi, convoquant le film de monstre géant et une robo-geisha qui se transforme en tank ! On retrouve en cours de film d’autres références telles Robocop pour les remplacements de membres ou Terminator pour les vues subjectives. On sent que le budget est très limité et les effets sont souvent très cheap. Mais c’est toujours l’énergie débordante qui prime, un enthousiasme communicatif et quelques scènes un peu too much (un coup de sabre sanglant dans le derrière, un type enfoncé dans son propre estomac) qui font de Robo-Geisha un sympatique divertissement.

Les autres titres de la vague gore ne sont toujours pas édités chez nous. Robo-geisha n’échappe pas à la règle. Il sera cependant disponible en Angleterre en VO japonaise avec des sous-titres anglais, en dvd et en blu-ray, à partie du 7 juin 2010. (collection Ciné Asia Extreme)


A propos de Jérôme

toute-puissance mégalomaniaque, oeil de Sauron, assoiffé de pouvoir et d’argent, Jérôme est le father de big brother, unique et multiple à la fois, indivisible et multitude, doué d’ubiquité. Il contrôle Cinétrange, en manipulant l’âme des rédacteurs comme des marionnettes de chiffons. Passionné de guerre, il collectionne les fusils mitrailleurs. Le famas français occupe une place d’exception dans son coeur. C’est aussi un père aimant et un scientifique spécialisé dans les nouvelles technologies de l’information. Pour faire tout cela, il a huit doppel gangers, dont deux maléfiques. Il habite au centre du monde, c’est-à-dire près de Colmar.

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