Tepepa, terre et liberté 1


Tepepa est un film sur un révolutionnaire mexicain, réalisé par Giulio Petroni. Il fait partie des western zapata, sous-genre du western spaghetti, qui s’intéresse plus spécifiquement à des intrigues politiques situées au Mexique. Il a été projeté dans le cadre de l’étrange festival de Strasbourg, dans une copie 35 mm sortie d’un grenier poussiéreux.

Pour avoir organisé une révolte, Tepepa est sur le point d’être exécuté. Au dernier moment, un docteur anglais parvient à le soustraire à l’armée. Mais s’il l’a sauvé, c’est juste pour l’abattre lui-même.

Le film aborde la politique sous un angle très basique mais finalement essentiel.  Giulio Petroni raconte une histoire à un niveau local mais les rouages sont similaires à toute révolution armée. La promesse du pouvoir politique : « que les riches soient moins riches et les pauvres moins pauvres », rien de moins. Et bien entendu, il ne respectera pas son programme. Un peu naïf, Tepepa croit les beaux discours et invitent la poignée de villageois qu’il dirige, à déposer les armes. Lorsqu’il constate que la terre revient à un riche propriétaire protégé par l’armée, le leader décide alors de mener une nouvelle rébellion.

Si le personnage de Tepepa est à priori sympathique (il se bat pour la noble cause et pour les siens), le scénariste Franco Solinas n’oublie pas d’en faire un homme un peu brutal, enclin à une certaine violence envers les traîtres et les femmes. En parallèle à l’intrigue politique, le film développe un différend plus terre-à-terre entre Tepepa et l’Anglais. On trouve également un troisième personnage, celui du colonel Cascoro, interprété par l’énorme Orson Welles. Cigare en bouche, teint excessivement halé, les yeux qui roulent dans les orbites, il incarne le méchant de service avec peu de subtilité.

L’histoire est racontée au premier degré mais de manière très sérieuse. A travers une sous-intrigue, les auteurs illustrent la circulation de l’argent en temps de conflit. Une somme rondelette est offerte à un villageois pour trahir les siens. Mais Tepepa le découvre, tue le traitre et donne l’argent au fils du coupable. Celui-ci s’en sert pour acheter des armes et les offrir à Tepepa afin de mener à bien la révolution ! Sous ses atours de western classique, Tepepa est une passionnante pépite gauchiste pro-révolutionnaire, remplie d’allusions et de symboles politiques.


A propos de Jérôme

toute-puissance mégalomaniaque, oeil de Sauron, assoiffé de pouvoir et d’argent, Jérôme est le father de big brother, unique et multiple à la fois, indivisible et multitude, doué d’ubiquité. Il contrôle Cinétrange, en manipulant l’âme des rédacteurs comme des marionnettes de chiffons. Passionné de guerre, il collectionne les fusils mitrailleurs. Le famas français occupe une place d’exception dans son coeur. C’est aussi un père aimant et un scientifique spécialisé dans les nouvelles technologies de l’information. Pour faire tout cela, il a huit doppel gangers, dont deux maléfiques. Il habite au centre du monde, c’est-à-dire près de Colmar.


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Commentaire sur “Tepepa, terre et liberté

  • Al Azif

    A noter une réplique qui aurait vraiment dû faire date en plus d’être une critique radicale de la politique menée contre la délinquance menée en par certaines personnes haut placées en ce moment:
    Le docteur anglais est un spécialiste des thèses de Lombroso, ce dernier disait qu’en gros les criminels sont une race à part qu’on peut définir à partir de traits physiques, comme
    « -…les dents, la bouche, le nez »
    Ce à quoi Tepepa répond « Et mes fesses, t’en fait quoi ? ».
    J’étais au musée Lombroso de Turin, et en effet, point de moulage du postérieur des parricides et autre voleur de poules. Alors messieurs les criminologues, quid du fondement dans vos théories ??