Long Weekend


Peter et Marcia forment un couple qui ne fonctionne plus vraiment. Peter propose d’aller passer un week-end à faire du camping au bord d’une plage réputée paradisiaque. Marcia n’est pas très enthousiaste mais accepte quand même. Une fois sur place, rien ne va et la nature elle-même semble vouloir aller à l’encontre des projets du couple.

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Réalisé en 1977 par Colin Eggleston (1941 – 2002), Long Weekend fait partie de l’Ozploitation, c’est-à-dire la vague australienne des films de genre dans les années 70. Bien qu’il n’y ait rien de vraiment étrange qui est montré, c’est surtout la mise en scène qui construit avec soin une atmosphère anxiogène en forme de crescendo. La caméra se place souvent à la place de la nature, qu’elle soit végétale ou animale. Le couple vaque à ses occupations, cadré depuis tout en bas dans les buissons, ou depuis tout en haut dans les arbres. Tout au long du film, on a l’impression que quelque chose les guette, les menace. A part quelques locaux croisés lors du voyage aller, le couple ne verra plus personne par la suite, un isolement complet plutôt inquiétant. La musique minimaliste participe également à l’ambiance flippante.

Le film peut être vu comme un pamphlet pro-écologique. A chaque agression humaine (Peter jette ses bières n’importe où, coupe un arbre, abat un animal marin), il y a une réaction violente de la nature. Durant leur séjour, le couple entend régulièrement une espèce de plainte monstrueuse à mi-chemin entre le cri de baleine et celui d’un bébé humain, un leitmotiv qui devient usant pour les nerfs à force de répétition. Le scénario est relativement simple et suit le couple dans l’organisation de son camping (se promener, dormir, faire à manger, etc.). Mais chacun de leurs gestes anodins entraîne une scène où l’on sent la présence d’une menace latente, ce qui créé un suspense et une tension constants. On reste toujours proche du survival mais sans jamais entrer dans le genre. Car après tout, Peter et Marcia sont libres de partir à tout instant, et ne sont théoriquement pas prisonniers ni perdus. Théoriquement. Les images fonctionnent comme un négatif des habituelles cartes postales de l’Australie : le mignon kangourou se fait écrabouillé dès le début du film et l’opossum se révèle particulièrement agressif.

En plus de cela, la relation entre Peter et Marcia est loin d’être au beau fixe et parfois même proche de la haine, ce qui complique la situation vers la fin, jusqu’à cette chute extrêmement ironique. En bref, les deux personnages ne nous sont jamais vraiment sympathiques. Elle a l’humeur changeante, parfois proche de l’hystérie, et lui est un beauf qui se croit le roi de son petit coin de paradis.

Au final, rien n’est expliqué et c’est tant mieux. Long Weekend reste un film mystérieux, aux motivation troubles. Le film est difficilement visible. Il existe en dvd au Royaume-Uni dans une copie médiocre et sans aucun sous-titre. Ce n’est pas trop gênant car les dialogues ne sont pas nombreux. Le film a eu droit à un remake en 2008 avec Jim Caviezel.

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A propos de Jérôme

toute-puissance mégalomaniaque, oeil de Sauron, assoiffé de pouvoir et d’argent, Jérôme est le father de big brother, unique et multiple à la fois, indivisible et multitude, doué d’ubiquité. Il contrôle Cinétrange, en manipulant l’âme des rédacteurs comme des marionnettes de chiffons. Passionné de guerre, il collectionne les fusils mitrailleurs. Le famas français occupe une place d’exception dans son coeur. C’est aussi un père aimant et un scientifique spécialisé dans les nouvelles technologies de l’information. Pour faire tout cela, il a huit doppel gangers, dont deux maléfiques. Il habite au centre du monde, c’est-à-dire près de Colmar.

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