L’horrible invasion

En enquêtant sur les morts mystérieuses d’animaux d’élevage, Rack Hansen, vétérinaire, découvre que sa petite ville située en Arizona  est infestée de mygales mortelles. Une entomologiste se joint à Rack afin de comprendre ce phénomène inquiétant.

Le prologue, ridicule pour certains, intrigant pour d’autres, commence par un mouvement de caméra au ras du sol s’approchant d’une vache. L’effet subjectif nous met la puce à l’oreille. Il ne s’agit ni d’un nain, ni d’un crocodile et encore moins d’un verre de terre. Rapidement, l’énigme est résolue.  Des mygales pas vraiment mutantes mais ayant subi certainement des modifications liées à des insecticides s’en prennent aux animaux et deviennent mortelles. Or, c’est bien connu, il n’existe aucune araignée fatale au monde. Statistiquement, elles sont même largement moins dangereuses que les  moustiques, la véritable plaie pour l’humanité. Mais ceci est une autre histoire.

L’aspect étrange de l’araignée a largement contribué à créer une peur fortement installée dans l’inconscient collectif et a nourri, pour le plus grand bonheur des amateurs de sensations fortes, le cinéma de genre. Tarantula de Jack Arnold reste le modèle indépassable.

Ce qui n’empêche pas d’apprécier à sa juste valeur, L’horrible invasion , sympathique série B seventies réalisée par un artisan un peu oublié, John Bud Carlos à qui l’on doit quelques bisseries efficaces et sans prétention comme The Dark ou Mutants.

Le temps joue même en faveur du film, le meilleur de son auteur tant sur le plan visuel que narratif. Certes, les esprits chagrins reprocheront la facture télévisuelle de cette invasion d’arachnides au cœur de l’Amérique profonde.

Le mérite de l’horrible invasion (titre français idiot) est de contourner intelligemment un budget anémique en ne  misant pas sur des effets spéciaux fauchés et risibles puisqu’il n’y en a quasiment pas. En effet, les mygales qui envahissent la petite bourgade sont des vraies, ce qui procurent dans les séquences les plus inspirées, de vraies sensations d’effroi pour toute personne ayant une relation un peu phobique avec ces satanés insectes velus. Seuls quelques plans larges truqués censés gonfler le nombre des araignées apparaissent furtivement mais de manière efficace.

Ce petit film d’épouvante évite donc le ridicule, ce qui est déjà pas mal. Il baigne dans un climat, non pas anxiogène mais curieusement décontracté, ce qui n’est pas sans charme.

Les premières images nous immergent même dans une ambiance western du plus bel effet. Pour tout cinéphile qui se respecte, deux personnes sur des chevaux avec en toile de fond, de magnifiques paysages naturels, évoquent tout naturellement l’univers du western. La présence de cette bonne vieille trogne de Woody Strode, inoubliable dans Le sergent noir de John Ford, tend à renforcer cette impression.

Le récit peine parfois à captiver une fois les éléments mis en place mais la qualité de l’interprétation de William Shatner et Tiffany Bolding et le soin apporté à la réalisation permettent de passer un bon petit moment, à condition de ne pas être trop exigeant et d’apprécier une certaine idée d’un fantastique « vintage », presque familial, débarrassé du moindre effet sanglant et avare en séquence sexy.

Un bon petit téléfilm en somme.

  (USA-1977) de John Bud Carlos avec William Shatner, Tiffany Bolding, Woody Strode

 1977 • 97 min – 16/9 – 1 : 85

Couleur restaurée – VO-VF restaurées

Sous-titres français – Chapitrage

Bonus :

– Bande-annonce

– Documentaire de Christophe Champclaux

 

DVD édité par Sidonis Calysta

l-horrible-invasion

0 commentaires sur “L’horrible invasion”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *