Julien Donkey Boy

Ecrit par Damien Le 30 mai 2007

Julien Donkey-Boy est l’exemple même du film dont on aurait vraiment aimé dire du bien.
Parce qu’il est réalisé par Harmony Korine tout d’abord, artiste mutant attachant et torturé proche de Larry Clark, déjà auteur du scénario de Kids (premier film du sulfureux réalisateur précité), et surtout de l’excellent Gummo, petit bijou indé-hardcore déjà chroniqué dans ces notules, dont Julien Donkey-Boy recycle une bonne partie des idées (en moins bien, mais on y reviendra). Parce qu’il tranche radicalement avec le tout-venant d’un cinéma indépendant US en très mauvaise posture à cette période ensuite, tel un pavé balancé innocemment dans la mare fangeuse de productions Miramax, à l’auteurisme académique horripilant. Bref, une sorte de vilain petit canard à la sincérité indéniable, qu’on aura pourtant le plus grand mal à prendre sous notre aile.

Mais commençons par le commencement, en l’occurrence, le scénario, si tant est qu’on puisse le désigner comme tel. Julien Donkey-Boy est une jeune schizophrène, qui passe ses journées dans un quartier plutôt glauque de Long Island, entouré d’une famille à peine plus équilibrée que lui. Un jeune frère à la personnalité inexistante ou presque, qui consacre tout son temps à s’entraîner à la lutte gréco-romaine dans l’appartement familial, coaché par un père à la fois dépressif, castrateur et autoritaire (incarné par Werner Herzog), qui à pour principaux hobbys le port de masque à gaz et la consommation à haute dose de sirop pour la toux à la codéine. Seule présence féminine, la sœur de Julien, ado enceinte qui tente tant bien que mal d’amener un peu d’affection à une famille qui en manque cruellement. Ce décor posé, force est de constater qu’il ne se passe pas grand-chose, à vrai dire rien, seulement une succession de micro-séquences, plus ou moins représentatrices du mode de vie de la famille, dont on devra se contenter jusqu’à la fin.

On conçoit clairement les intentions d’Harmony Korine, à vrai dire inchangées depuis Gummo : donner une vision apaisée et réaliste d’une poignée de freaks ignorés des caméras, ou systématiquement traités sous un angle mélodramatique et / ou misérabiliste. Et filmer au même plan, sans le moindre recul, petits riens de la vie de tous les jours et séquences lourdes de sens. Une sorte de « Strip-tease » cinématographique bourré d’empathie, qui fonctionne à merveille dans Gummo, mais s’avère cruellement somnifère et stérile dans le cas de Julien Donkey-Boy. Est-ce le choix de se cantonner au cadre d’une cellule familiale, ou à un environnement urbain ? La volonté d’obéir sans faille aux règles du Dogme établi dans les années 90 par le Danois Lars Von Trier ? Toujours est-il qu’on a bien du mal à trouver un quelconque intérêt à ce canevas dénué du moindre rythme, filmé de façon volontairement dégueulasse (images granuleuses au possible, cadrages à l’arrache, etc…), qui n’a pour lui que son anticonformisme radical et la passion incontestable et jusqu’au-boutiste de son réalisateur.
 

Julien Donkey-Boy (1999), d’Harmony Korine, avec Ewen Bremner, Chloë Sevigny, Werner Herzog

DVD Zone 2 E.D. Distribution
Durée du film : 94 minutes
Format : 16/9 compatible 4/3
Son : Mono

Langues : anglais avec ou sans sous-titres français
Bonus : Scènes coupées, making of, bande-annonce du film (durée totale : 25 minutes)

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Fatty Boom Boom ! Sans hésiter.

Commentaire de Léo
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gWSWai kerebzndcess

Commentaire de njxmxvh
Die Antwoort – I Think U Freeky

Beau visuel, comme souvent. Mais attention, sans le clip, apprécierait...

Commentaire de Rico
Die Antwoort – I Think U Freeky

Impressionnant de voir à quelle vitesse ça prend en tout cas. Quand j'ai...

Commentaire de Damien
Die Antwoort – I Think U Freeky

Ha ha ! Ou pas...

Commentaire de Damien
Die Antwoort – I Think U Freeky

Titre en or pour un remix de David Guetta.

Commentaire de Léo
Synecdoche New York

Well wetitrn review, which convinces the reader this is, indeed, a collection...

Commentaire de Mohan
Die Antwoort – I Think U Freeky

A fond. Ten$ion, leur 2e album vient tout juste de sortir, au fait.

Commentaire de Damien
Die Antwoort – I Think U Freeky

Ca déchire toujours. Ils sont forts.

Commentaire de jerome
Concours Dead Heads

perdu snif

Commentaire de cyril
Concours Dead Heads

Bonsoir, z'êtes bien gentils, je vais m'appliquer du coup 3 inconvénients 1/...

Commentaire de martinelim
Concours Dead Heads

bonsoir et merci pour le concours je tente ma chance pour mon homme qui est mordu...

Commentaire de kennyzen