Bon cop, bad cop


Un cadavre est retrouvé perché sur le panneau de frontière entre le Québec et l’Ontario. Un policier de chaque province arrive sur les lieux. A qui revient l’affaire ? Les autorités décident d’associer les deux hommes sur l’enquête. Malgré leurs différences de langue, de culture et de méthode, ils vont être obligés de coopérer pour traquer un mystérieux serial killer qui massacre des personnalités liées au sport national: le hockey.

Méga-succès au box-office canadien, ce film mérite largement le détour car il fait un point d’étape sur les relations entre canadiens anglophones et canadiens francophones, un endroit géographique où la barrière de la langue est très complexe. On parle français québécois, anglais, franglais, sans oublier les différents accents! Pour s’en sortir, il sera nécessaire d’activer les sous-titres français et de faire marcher son imagination. A titre d’exemple, on citera le médecin légiste qui palabre sous forme d’un flot de paroles ininterrompu et avec du vocabulaire et des expressions tout à fait exotiques.

Plus encore que la contrée d’origine, c’est la différence de caractère entre Ward et Bouchard qui est ici le moteur de la comédie. Le premier est très classe et un peu pincé. Un peu « british », serait-on tenté de dire. Le deuxième ressemble plus au français un peu crado et qui ne fait fi d’aucune règle de bienséance et va même jusqu’à bafouer les droits de l’homme. De toute façon, il s’en câlisse grave.

Les répliques sont tirées à la mitrailleuse, les bons mots et les jokes fusent à tout va. C’est un vrai régal de regarder ce couple s’engueuler et se réconcilier dans ce « buddy movie ».

La morale en filigrane est bien sûr qu’il vaut mieux utiliser nos différences pour accomplir quelque chose plutôt que pour créer des conflits. Bien sûr, cela n’est pas surligné au marqueur mais l’histoire fait passer le message de manière assez subtile.

Emballé dans une enquête policière à rebondissement, le film est une comédie hilarante qui soulève les nombreux préjugés et fait la peinture des oppositions. Certes, l’intrigue n’est pas franchement originale ni compliquée et sert surtout de prétexte pour mettre en situation le duo dynamique bilingue. Filmé comme un blockbuster américain (photo impeccable, scènes d’action spectaculaire), les deux auteurs ont su garder leur intégrité, à l’image des deux flics dans le film.

Lisible à plusieurs niveaux, Bon cop Bad cop est autant un divertissement qu’une réelle étude de moeurs et de culture sur fond de comédie jouissive. Le film apporte une énergie et un enthousiasme pour un cinéma canadien qui a du mal à se développer et qui n’est pas aidé par des distributeurs un peu frileux. Bon Cop, Bad Cop devrait parvenir jusqu’en France même s’il n’y a pas de date arrêtée. Un problème de différence culturelle peut-être ?


A propos de Jérôme

toute-puissance mégalomaniaque, oeil de Sauron, assoiffé de pouvoir et d’argent, Jérôme est le father de big brother, unique et multiple à la fois, indivisible et multitude, doué d’ubiquité. Il contrôle Cinétrange, en manipulant l’âme des rédacteurs comme des marionnettes de chiffons. Passionné de guerre, il collectionne les fusils mitrailleurs. Le famas français occupe une place d’exception dans son coeur. C’est aussi un père aimant et un scientifique spécialisé dans les nouvelles technologies de l’information. Pour faire tout cela, il a huit doppel gangers, dont deux maléfiques. Il habite au centre du monde, c’est-à-dire près de Colmar.

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