Rabid Grannies


Mine de rien, 1988 fut une année universelle pour le gore. Sous toutes les latitudes, jugez donc : Baby Blood (France), Démons 2 (Italie), Street Trash (US), Body Melt (Australie), Bad Taste (Nouvelle-Zélande). Et la vague atteignit même la Belgique avec Rabid Grannies. Autant l’avouer direct, Les mémés méga enragées aura eu de mauvaises notes en classe. Il est accessoirement crétin sur les bords, peu recommandable certes, mais un brin jubilatoire. Cela tient beaucoup à son histoire grandement loufoque.
Les Remington, famille d’aristos arrivistes, tous plus veules et méprisables les uns que les autres vont fêter en grande pompe pour la vingtième année consécutive l’anniversaire de leurs aînées, Elizabeth et Victoria (Vive la Reine !). Ils s’avère que les « fieffés fielleux félons » (prononcez le vite, vous verrez, ce n’est pas facile) n’attendent qu’une chose, toucher le somptueux héritage à la clé. Les rats sont fiévreux du délicieux moment où les grandes tantes claqueront leur pile, ce qui ne saurait tarder vu leur âge vénérable de quatre-vingt douze ans. Les invités incarnent un aréopage de ce qu’il y a de plus basse-fosse dans le genre humain, rivalisent de minauderies mielleuses à l’égard des grands-mères et de sarcasmes assassins sur les rivaux. Les intrigues outrancières font rage devant les vieilles filles naïves, à cheval sur les principes, mais surtout gravement déconnectées de la réalité.

Cependant les mamies reçoivent un cadeau de la brebis galeuse de la famille, excommunié en quelque sorte, puisque grand prêtre d’une secte sataniste. Une jolie boîte qui transformera les tatas gâteaux en démons. Inutile de dire que tout ceci n’est pas sérieux, et ce qui tombe à pic, c’est qu’à force de voir du Bis, on n’est plus trop sérieux soi-même. C’est donc avec un contentement irrésistible que l’on voit la cour des « fff » se faire éparpiller au quatre coins du manoir des vieilles de l’Enfer.

Ho, souvenirs ! Souvenir des SFX décapants des frères Fernandez s’étalant sur Mad Movies, pages qui m’ont fait chercher cette perlouze durant un bail. Soyons réalistes, c’est surtout grâce à eux que le film d’Emmanuel Kervyn, petit prince de l’âge révolu du kick-boxing, tient encore un peu la rampe. Et ce fut une prouesse d’en aligner autant vu le budget de 150.000 dollars.
Ce qui lui a barré la route de la notoriété, comparé à d’autres bas budgets frondeurs, tient à sa tendance trouble à frayer avec le nanar et le navet. Principalement à cause de « gens qui se tiennent devant la caméra », le mot acteurs semblant inapproprié. Dans une grande émulation collégiale, ils concourent entre – au choix – le jeu faux, le sur-jeu et le jeu atone. Rajoutons des invraisemblances larges comme le manoir, une réalisation télévisuelle, un score affreux et une affiche immonde. Mais si ça ne vous suffit pas, la copie du DVD Troma est de plus hideuse (quoique ça fait roots), avec un son écrasé, et gâteau sur la cerise, « cutée ». Ce qui saute aux yeux. Si Troma se met à censurer maintenant, où va le monde ?
Notons un humour tout de même assez volontaire. Je ne résiste pas à vous citer la tirade de la chef cuisinière qui découvre ses deux patronnes démonisées après le repas : « Ho, Mon Dieu, le homard n’était pas frais ! »

Rabid Grannies – Aka Les Mémés Cannibales (!) – (1988) d’Emmanuel Kervyn (BG) – Avec : Catherine Aymerie – Caroline Braeckman – Danielle Daven – Anne Marie Fox – Jack Mayar – Richard Cotica – Patricia Davia – Elliot Lison, Florine EslandeN.B : Pour illustration, le Big Boss himself & Tromette (Pour raison d’affichette qui pique les yeux et de mauvais matériel pour les captures d’écrans).        

 

 

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