No Morirè Sola (I’ll never die alone)

Entretien avec le réalisateur Adrian Garcia Bogliano

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Es-tu espagnol ou argentin ?
Mes parents sont argentins. Après la disparition de quatre de mes oncles, ils se sont exilés en Espagne et je suis né là-bas. A la fin des années 80, au retour de la démocratie, ma mère est retournée en Argentine et je vis dans le pays depuis cette époque.

Aujourd’hui, beaucoup de films s’inspirent de ce qui a été fait dans les années 70 mais aucun n’a repris le « rape and revenge ». As-tu une explication ?
Dans les vingt dernières années, les réalisateurs américains ont plus de facilité à filmer des choses violentes plutôt que des choses sexuelles. Les deux approches intéressantes et récentes sont Irréversible et le film japonais Freeze me. Je ne sais pas trop pourquoi l’élément sexuel est souvent absent. Peut-être que la plupart des réalisateurs ne font que suivre la vague et la mode qui démarre aux USA. Dans mon cas, j’ai passé ma jeunesse à regarder des films violents et pas seulement du rape and revenge (Ms 45, Coto de casa), mais aussi des films de vengeance (Death Wish, Class 1984, Walking tall). Ces oeuvres parlent de leur époque d’une manière très brutale. Certains les considèrent comme fascistes mais je pense que c’est une mauvaise interprétation.

Le film a-t-il été difficile à produire ?
Les quatre films que nous avons faits ont été difficile à réaliser. Celui-ci était plus compliqué par rapport à ce que je demandais aux acteurs. Mais d’un autre côté, il était plus facile car il y avait moins de lieux, moins d’effets spéciaux que les autres.

Y a-t-il eu des difficultés pendant le tournage ?
Nous avons tourné en neuf jours, ce qui est un record pour nous. Nous n’avons pas rencontré de gros problèmes. Mais comme nos films ont des budgets ridicules, tout devient très vite compliqué. Notre premier film, Rooms for tourists, était devenu un cauchemar. Le tournage a duré plus de trois ans et j’ai cru être à jamais dégoûté de la réalisation. Maintenant, j’essaye de faire en sorte que l’équipe soit à l’aise et les choses se passent mieux.

Les actrices ont un rôle très dur. Comment les avez-vous convaincu ?
Comme je l’ai dit précédemment, je voulais qu’elles soient à l’aise. En général, je tourne les scènes de nudité en dernier. Comme ça, les gens ont le temps de faire connaissance et de s’habituer à ma façon de travailler. Mais cette fois-ci c’était différent. Si je tournais la séquence de viol en dernier, les actrices ne penseraient qu’à ça durant le reste du tournage et seraient trop nerveuses. Nous avons donc filmé cela en début de tournage. Chaque acteur a réagi différemment. Certains étaient mal à l’aise, d’autres faisaient des blagues entre les prises. J’ai cherché des actrices avec qui je n’avais jamais travaillé auparavant. J’ai eu énormément de mal à leur expliquer les conditions difficiles du tournage et l’aspect explicite que je voulais donner au film. Au final, j’ai pris des filles avec qui j’avais déjà tourné. Aujourd’hui, je me rends compte que je ne pouvais espérer un meilleur casting. Elles ont été fantastiques.

J’ai été assez surpris de voir comment tu as su t’éloigner du film classique d’exploitation avec toujours plus de sexe et toujours plus de violence.
Oui c’était intentionnel. Mon premier film était un récit d’horreur classique, en partie atmosphérique et en partie gore. Mon deuxième film, Grité una noche, était un mélange entre une histoire de fantômet et un film « dogme », avec caméra à l’épaule, beaucoup de personnage, de l’improvisation. C’était assez fou. Le troisième film, 36 pasos, constitue une sorte de montagnes russes, avec beaucoup de sang, des filles en bikinis, et des séquences animés et de danse ! Nous avons donc souhaité faire un film-hommage au « rape and revenge » et retrouver cet esprit « indépendant », sans donner de style particulier à l’image.  Tous ces films ont été tournés en pellicule avec un petit budget, nous nous sommes donc placés dans les mêmes conditions en essayant de limiter le nombre de prises et en essayant de ne pas trop bouger la caméra. L’intrigue est donc très simple et concentré sur les scènes de violence. De même, il n’y a pas beaucoup de stylisation au niveau de la direction d’acteurs. Je pense que le plus efficace pour une scène de viol est de rester assez « naturel ». Je voulais quelque chose de très choquant. C’est pour cela que les filles ne réagissent presque pas. Elles sont tétanisées par la situation extrême.

Peux-tu nous parler de la région de « La Plata » ?
C’est la capitale de la province de Buenos Aires, une ville d’environ un million d’habitants, avec une des plus grandes universités en Argentine. Nous tournons souvent là-bas car les membres de l’équipe habitent tous dans le coin. C’est une source de talents, avec une prestigieuse école d’acteurs et aussi une école de cinéma.

Site officiel « Paura Flics »

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1 commentaires sur “No Morirè Sola (I’ll never die alone)”
  1. Le DVD est disponible depuis peu chez Oh My Gore disribution en VO st Fr. Merci de votre critique. Avis que je partage, avec peu de moyens un rape revenge bien dans l’esprit outrancier du genre.

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