Hanzo the razor : who’s got the gold ?


A l’ère Edo, Hattori Hanzo est un homme, un vrai, d’une virilité incroyable. L’hypertrophie de son membre est connu dans toute la campagne. Durant la nuit, deux carpistes croisent une femme fantôme au visage pourrissant. Ils préviennent Hanzo et ce dernier a comme première pensée qu’il n’a jamais faire l’amour à un fantôme. Il entame alors sa teub care habituelle : affermissement avec un bâton et pénétration d’une botte de paille. Le voilà fin prêt. Rapidement ils se rendent compte que ce n’est pas un fantôme mais une femme qui se déguise pour éloigner les curieux d’un trésor volé.

Le film est le dernier d’une trilogie dont Hanzo est le personnage principal. C’est une comédie, une série B de sexploitation, plutôt drôle pour peur qu’on le prenne au bon degré. C’est Austin Powers chez les samouraïs.

Hanzo est une sex machine, ancêtre du mascu, qui s’embarrasse peu du consentement féminin. Notons que rien n’est visible, tout est suggéré, ce qui permet d’apporter une certaine truculence, les parties intimes étant cachées systématiquement par des objets du décor. Enfin, les boobs sont permis et le réalisateur ne se gêne pas de ce côté-là.

Outre son érotisme hétérocentré, le film est aussi un film de baston. C’est John Wick à la sauce samouraï avec la même inventivité dans les armes et les nombreuses façons de mourir. Mais Shintaro Katsu n’est pas Keanu Reeves. Avec son kimono qui cache une silhouette un peu ventripotente et son double menton, il inspire la bonhommie. Malgré ses comportements, il nous reste sympathique comme une figure paternelle bienveillante.

Et justement, alors qu’on croit avoir à faire à un film de sexe et de baston, Hanzo se révèle être en fait une sorte de justicier des classes sociales. Cash le mec va gueuler chez un seigneur pour lui dire d’augmenter les salaires des gardes. Hanzo est donc un mascu mais de gauche. Comme quoi, les nuances existent. Outre ses excès, le film déroule une intrigue banale de voleurs et de traîtres que le héros saura dénouer à la fin.

A l’occasion, Hanzo the razor est gore avec du sang rouge peinture qui pisse par gros jets. On imagine bien ce weeb de Quentin Tarantino enchaîner les films de la trilogie chez lui avec du popcorn, en riant comme un dégénéré et en griffonnant des trucs pour Kill Bill.

Côté moral, c’est l’ascenseur émotionnel. Hanzo est violent avec les femmes mais juste avec les pauvres. J’ai découvert aussi grâce à ce film la pratique de l’Ohaguro, populaire à cette époque, et qui consiste à se noircir les dents chez les femmes mariées. L’effet est assez étrange.

Rien d’exceptionnel dans cette œuvre mais ça divertira les fans de chambaras un peu foufous.

Hanzo the razor : who’s got the gold (Hanzo the razor : la chair et l’or). Réalisé par Yoshio Inoue. 1974


A propos de Jérôme

toute-puissance mégalomaniaque, oeil de Sauron, assoiffé de pouvoir et d’argent, Jérôme est le father de big brother, unique et multiple à la fois, indivisible et multitude, doué d’ubiquité. Il contrôle Cinétrange, en manipulant l’âme des rédacteurs comme des marionnettes de chiffons. Passionné de guerre, il collectionne les fusils mitrailleurs. Le famas français occupe une place d’exception dans son coeur. C’est aussi un père aimant et un scientifique spécialisé dans les nouvelles technologies de l’information. Pour faire tout cela, il a huit doppel gangers, dont deux maléfiques. Il habite au centre du monde, c’est-à-dire près de Colmar.

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