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Francis Loup, Laurent Vitteur et Chloé vous invitent à visiter quelques lieux underground des grandes capitales à la mode : Paris, Londres, Amsterdam et Tokyo. Ces trois photographes ont écumé les soirées fétichistes à la recherche de clichés représentatifs d’une sexualité déviante où l’apparence tient un rôle important. Latex, cuir, vinyle, uniformes, accessoires hétéroclites, vous y découvrirez à quel point l’inventivité devient un art dans le cadre de performances “live” tout à fait étonnantes.Si vous n’êtes pas familier avec le fétichisme, une petite introduction vous en expliquera le concept, principalement à base de “dress code”. On vous expose également les objectifs de tels rassemblements ainsi qu’un petit historique de ces “rendez-vous bizarres”.

Difficile d’en dire plus sur ce recueil de photographies puisque c’est principalement avec les yeux qu’il se déguste. Ajoutons tout de même que le fétichisme est ici à prendre au sens large et concerne donc surtout l’habillement. A cela se mêlent des comportements bizarres : sadomasochisme, bondage, tortures, modifications corporelles, etc. Ces soirées n’ont rien d’un simple bal masqué et nombreuses sont les créatures nocturnes qui s’y donnent en spectacle lors de performances bizarres situées quelque part entre art et pornographies. Bondage, sadomasochisme, exhibitionnisme, tortures, toute la clique freudienne est là dans la joie et l’allégresse. Notons que ce sont comme d’habitude les japonais et les japonaises qui sont les plus extrêmes et les plus délirants.

La fin du livre consacre quelques pages à des descriptions plus détaillées des lieux et des événements, à toute fin utile…

Ouvrage disponible aux

éditions Tabou


C’est de la bonne, Bébé ! De la bonne série B gonflée de clichés qui ne réinvente pas le fil à couper le teenager mais adéquate pour la soirée B-Horror.
1979. Le gangsta Jimmy Bones (Snoop Doggy Dogg, poseur comme pas deux) se fait trouer à la fin d’une réunion business qui tourne mal. Depuis, il est devenu une légende urbaine et sa maison est maudite. Il faut dire qu’elle ressemble à un crâne (bons décors). De nos jours, elle se fait retaper par des D’jeunes (moins imbéciles que prévu, ouf) qui veulent en faire une boîte de nuit. Evidemment, y a comme des mauvais présages dans l’air : apparitions fantômatiques, chien noir aux yeux rouges, et surtout un squelette dans la cave, un couteau-papillon dedans. Ce sont les restes de Bones qui va refaire la loi dans le quartier. Il vient tourmenter la voyante Pam Grier, mettre le boxon dans une fiesta et s’en prendre à tous les motherfuckers du bon vieux temps, dont le flic ripou au quadruple menton Lupovich (Michael T. Weiss, Jarod le Caméléon !). C’est Freddy version Rap et R’n'B, ma parole ! Un croquemitaine bad to the bones plus classe et street attitude que celui d’Elm Street. On note même un point de vue social discret. Ernest Dickerson, qui connaît la musique, a du visionner cent oeuvres de ce style au petit dèj’. La séance est un vrai jeu des références, s’y bousculent le Dracula de Coppola, Frayeurs, Suspiria, Texas Chainsaw Massacre, Re-Animator, Hellraiser et les Freddy, bien sûr. La bobine file comme une flèche jusqu’à un final sans surprises mais flamboyant. Que demande le peuple ?

Bones (2002) de Ernest R. Dickerson avec : Snoop Doggy Dogg, Pam Grier, Michael T. Weiss, Clifton Powell, Bianca Lawson

 

 

 


Beware les poissons volants carnassiers ! Comme il faut bien commencer un jour, le futur auteur d’Abyss, homme à tout faire chez Corman, fais ses armes dans ce tout petit petit produit d’Ovidio G. Assonitis (Le Démon aux Tripes). Assonitis n’était pas le perdreau de l’année quand il s’agissait de creuser un filon jusqu’à ce qu’il n’y ait plus un gramme d’or. Déjà, il était le réalisateur de Tentacules, un ersatz de Jaws. Le premier Piranhas, de Joe Dante, en était un aussi, mais qui en avait cure parce que c’était le meilleur de tous. C’est loin d’être le cas pour celui-ci. Une biologiste marine essaie de convaincre un monde incrédule que la menace est là, sous les flots, mais prends le temps de batifoler avec un beau mâle (qui connaît le pot aux roses, évidemment). Son mari de flic enquête. Le fils de la biologiste se barre avec une nénette sur l’océan… Le promoteur refuse de fermer la plage quand bien même il y aurait mille cinq cents squelettes décharnés dans la flotte. Vous voyez le topo. La plupart des personnages sont vains, les situations vues mille fois, mais restent quelques attraits minimes et épars : Lance Henriksen à bloc, quelques morsures et cadavres crades (touche italienne) et surtout les flying killers transgéniques de Gianetto De Rossi qui vont bouffer la distribution quand ça leur chante, ou plutôt quand le scénariste le leur demande de temps à autre, histoire qu’on ne languisse pas trop. Des poissons tueurs qui se cachent parfois, mais visent toujours la gorge de leur casse-croûte. C’est comme le doberman, c’est l’instinct. Pas très sérieux tout ça. C’est quand même mieux que l’affreux navet La Mort au large, gros faux pas de Castellari. Les tares de Piranhas 2 The Flying Circus s’expliqueraient par le fait que l’italien « a volé » le poste de Cameron sur le plateau, celui-ci ne devenant qu’un prête-nom. Passablement chauffé par cette expérience, James Cameron monta sa version du métrage (qui est introuvable) mais ce sera « l’autre » qui sera distribuée en Europe. Le wonder boy frustré fera tous les efforts pour vite faire taire sa mauvaise réputation nouvellement acquise grâce son film suivant : Terminator
 
Piranha Two : The Spawning (1981) de James Cameron (lire plutôt Ovidio G. Assonitis) avec : Tricia O’Neil – Steve Marachuck – Lance Henriksen    


Il faut croire qu’on ne peut plus garder le feu sacré dès qu’un excès original devient une franchise. En cela, malgré son aura d’oeuvre “à part”, Hellraiser n’y aura pas échappé. Après le premier, habité et sans concession, halluciné par l’écrivain Clive Barker lui-même, antithèse des clichés du genre à l’époque, puis une suite encore plus folle et démesurée, le troisième, Hell on Earth, comme son titre l’indique, invite les Cénobites à hanter notre monde directement pour infliger la souffrance “dans le plaisir” non plus pour des initiés mais pour tous ceux qu’ils croisent. Plus on est de fous…
En quête de scoop, une jeune journaliste dans un hôpital, qui s’attriste de n’avoir aucun fait divers saignant à agiter devant la caméra, va en découvrir un particulièrement gratiné. Les urgences accueillent un jeune homme lardé de chaînes à hameçons sur tout son corps. Ce qui la conduira à une boîte de nuit tenue par le propriétaire J.P. Monroe, un dandy moderne vulgaire et sans scrupules. Le prince du nightclubbing collectionne de l’art pour se donner un genre. Il fait l’acquisition pour une bouchée de pain d’une statue très étrange, un monolithe incrusté de corps humains. Grand commercial des enfers, le célèbre ange déchu à tête d’épingles, retenu prisonnier à l’intérieur, lui proposera un marché dont il a le secret, avec les petites clauses cachées inscrites en bas du contrat, toujours lourdes de conséquences. En apparence, le troisième tome respecte l’esprit, c’est plutôt gore. Avec Anthony Hickox (Les Waxwork) aux commandes, c’est également plutôt fun. Pinhead une fois incarné, a les mains libres, expatrié de la maison bourgeoise anglaise confinée ou de l’hôpital malsain du Docteur Channard. En l’expédiant ravager une grande ville pour la petite boîte (le Rubik’s Cube) comme un T-800, le charme pervers et recherché des précédents est mis à la trappe. Sa horde, ses âmes damnées, sont des super vilains, tels les évadés de la Zone Fantôme de Superman II. Chaque servant suturé possédant un pouvoir influencé par son activité de simple mortel. Le DJ lance des compacts disques tranchants comme des rasoirs, le barman est spécialiste du jet de shaker-molotofs, le caméraman pulvérise avec son oeil-objectif meurtrier, et ainsi de suite… Le film navigue alors plus dans le comics.
La série se permet pourtant des écarts qui n’appartiennent à aucune autre. Pinhead parodiant le sacré dans une église est une scène sataniste assez étonnante : Il se mutile pour singer les stigmates de Jésus, force un prêtre à genoux à avaler un bout de matière cervicale comme si c’était une hostie, mime la crucifixion le sourire en coin et proclame “Je suis Dieu”. Ce style aussi tranché de situation sardonique et anticléricale est si rare qu’il faut le signaler. Le massacre collectif est aussi étonnement bariolé. Le plus troublant reste les tableaux oniriques de l’héroïne déambulant en chemise de nuit blanche immaculée, plongée en pleine guerre du Vietnam et dans les tranchées de 14-18. L’enfer sur terre donc. Toutes ces folies nous font regretter que par la suite la saga fut autant prise à la légère pour se prolonger dans des épisodes déclinés à la Vendredi 13, avec des budgets de plus en plus serrés et dans une décrépitude qualitative moyenne.
Hellraiser III : Hell on Earth (1992) réalisé par Anthony Hickox avec : Terry Farrell - Kevin Bernhardt - Ken Carpenter - Paula Marshall - Doug Bradley - Peter Atkins 

 

 


“On peut réfléchir; ça coûte pas plus cher”.Il s’agit là, de mémoire, des paroles d’un flic pas très zélé du film qui laisse volontairement filer un assassin par pure flemme. Réfléchir, c’est aussi ce qu’a fait Quentin Tarantino en réalisant ce film, Death proof, en VO. Le titre français pourrait sembler une hérésie et pourtant le film est un hommage aux films d’exploitation des années 60-70 qui portaient souvent des noms à rallonge. De plus, traduire le terme deathproof n’est pas une tâche aisée…

Attention : Tarantino ne s’est pas contenté de boucler un film ultra-référentiels pour geeks avertis. Le fan est là et les clins d’oeil aussi mais simplement en tant qu’amuse-bouches. Car en fait, le film n’est pas une parodie du genre mais appartient réellement au genre. Grâce à cette authenticité, nous retrouvons tous les ingrédients de la série B consacrée aux gonzesses et aux grosses bagnoles, deux thèmes chers au regretté Russ Meyer et son fameux

Faster pussycat ! Kill ! Kill !

Tarantino réhabilite également l’érotisme. Toujours aussi fétichistes des pieds féminins, l’obsession devient de plus en plus évidente à chaque nouveau film jusqu’à devenir un gimmick. Il s’attarde aussi sur les jambes fuselées et les derrières apétissants de ses nombreuses héroïnes. On remarquera au passage un casting atypique qui ne privilégie en aucun cas les bombass maigrichonnes mais plutôt des physiques privilégiant les courbes, un peu de chair, et beaucoup de charme. C’est aussi l’occasion d’assister à quelques moments magiques et sensuels où image et musique s’accordent à l’unisson, de la même façon que le twist d’Uma Thurman et John Travolta dans Pulp Fiction, entré aujourd’hui dans les annales des scènes les plus cools.On retrouve bien sûr ce qui fait le charme de Tarantino : des tunnels dialogués, certes longs mais jamais ennuyeux et souvent très drôles. Il intègre quelques gouttes de gore juste là où il faut pour surprendre et choquer alors qu’on s’y attend le moins.

Kurt Russell est royal dans son rôle d’ex-cascadeur pathétique. Avec son blouson ringard, sa tignasse grasse et sa voiture ornée d’une tête de mort, autant lui écrire “serial killer” sur le front. Son personnage est très intéressant car son côté cool et macho est contrebalancé par des faiblesses qui apparaissent à la fin du film.
C’est aussi par ce personnage que s’illustre le téléscopage entre “old school” et temps modernes, un message en filigrane ponctué tout au long du film. Certains éléments inscrivent l’histoire dans un contexte contemporain : une fille fait plusieurs sms, la gravure de cd est évoquée, le trafic automobile est composé de voitures familiales ou de 4×4. D’un autre côté, on retrouve des indices évoquant la nostalgie : les vinyls dans le jukebox, les vieilles voitures américaines rugissantes, le noir et blanc l’espace d’une scène. A plusieurs reprises, le numérique s’oppose à l’analogique.

Les quelques scènes d’action sont spectaculaires, et en particulier la poursuite finale, un véritable concentré d’adrénaline diablement bien rythmé. L’aspect dangereux des cascades y est vraiment impressionnant et justement, il n’y a apparemment pas d’effets sépciaux numériques. Michael Bay prend un sérieux revers : oui, on peut faire une course-poursuite haletante sans dépenser des millions de dollars.
Reste la scène finale, où la violence explose littéralement, dans un moment jouissif, orgasmique (si, si, osons) digne d’un de ces ”revenge movies” barbares. Death proof, c’est du cinéma fun, intelligent et drôle à la fois, du cinéma comme on n’en fait guère plus.

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