Compte-rendu du 1er Absurde Festival à Nantes 1


L’absurde séance, devenue institution nationale (projections à Nantes et maintenant au Latina à Paris), a accouché de façon logique d’un festival en cette année 2009. Du mercredi au samedi, avec sa fameuse nuit fantastique, le Katorza et sa belle salle n°2, ouvre ses portes à des films marginaux et bizzarroïdes. Comme c’est une première, forcément ce n’est pas archi-comble tout le temps.

Peu importe ou presque car cela donne un festival sympathique, à visage humain, et où règne une ambiance bon enfant. La confidentialité fait que les spectateurs ne sont pas traités comme du bétail et peuvent entrer dans la salle sans craindre de se faire piétiner dans la neige.

20thiiJ’ai raté les premiers jours et j’ai commencé avec 20th century boys chapître 2. Le premier opus (vu à l’étrange festoche de Strasbourg) ne m’avait guère enchanté. Les enjeux n’étaient pas clairs et la durée du film beaucoup trop importante (2h30). Sans compter que les événements du scénario s’appuient sur un cahier des prédictions. On sait donc à l’avance ce qui va se passer ! Ce qui empêche tout suspense et toute tension dramatique. Ce deuxième chapitre est un peu plus dynamique. Il se concentre sur l’héroïne Kanna, qui a une tête sortie d’un manga pour ados. Les enjeux sont ici un peu plus clairement établis. Il s’agit de tuer Ami, l’homme masqué qui vise à détruire l’humanité en forgeant sa propre religion. Le film reste toujours un peu ennuyeux car il se veut une grande fresque  (3 volets de 2h30 chacun?!) mais il y a un manque d’ambition visuelle et l’on nous balade d’une époque à une autre, d’un personnage à un autre, sans véritable cohérence. Le résultat reste toujours en déça de l’ambition affichée et les maigres scènes d’action sont toujours avortées. Tout ça pour ça, a-t-on souvent envie de dire. Restent les personnages plutôt sympathiques et quelques moments comiques avec un travelo que les amateurs de déviance apprécieront.

the-children

Avec The Children, on entre dans le vif du sujet. Prenant un concept similaire à Eden Lake, le récit présente  des enfants qui deviennent incontrôlables. Mais Tom Shankland se démarque du film de James Watkins pour verser dans le grand-guignol surréaliste. Pourtant, le démarrage était crédible. Deux couples viennent fêter Noël dans une maison au milieu d’une forêt enneigée. Peu à peu, les enfants sont victimes d’un virus et entraînent leurs parents dans une série d’accidents toujours plus graves.

D’abord, le réalisateur profite de ses décors naturels, de la forêt pétrifiée par le gel, pour nous titiller l’échine en nous rappelant les environs de l’hôtel Overlook dans Shining. Ensuite, grâce à d’habiles effets de montage et des plans subliminaux gores, Tom Shankland parvient à nous mettre les pétoches. Les plans sont si brefs que l’horreur est imaginée par le spectateur. On pourra regretter qu’il abuse de ce schéma pour chaque scène d’angoisse. L’artifice se présente ainsi : nous voyons plusieurs événements se dérouler en parallèle, le montage est de plus en plus rapide, la musique de plus en plus stridente, la tension monte irrémédiablement jusqu’à l’apparition du sang. Ca marche très bien la première fois mais la récurrence a tendance à atténuer l’effet. The Children reste un bon film de trouille, bien apprécié par le public de l’Absurde Festival qui applaudissait à chaque infanticide !

Il faut dire qu’au bout d’un moment, le réalisateur en fait trop pour rester crédible et le film se mue alors en film d’horreur classique. Pas trop grave, car les enfants jouent vraiment très bien (surtout Paulie, digne d’un Chucky en chair et en os) et le réalisateur met dans la boîte quelques très jolis plans d’ambiance glaciale.

Je n’ai pas eu le courage d’affronter les guerriers de l’apocalypse où un groupe de militaires se retrouve projeté dans un Japon moyenâgeux…


A propos de Jérôme

toute-puissance mégalomaniaque, oeil de Sauron, assoiffé de pouvoir et d’argent, Jérôme est le father de big brother, unique et multiple à la fois, indivisible et multitude, doué d’ubiquité. Il contrôle Cinétrange, en manipulant l’âme des rédacteurs comme des marionnettes de chiffons. Passionné de guerre, il collectionne les fusils mitrailleurs. Le famas français occupe une place d’exception dans son coeur. C’est aussi un père aimant et un scientifique spécialisé dans les nouvelles technologies de l’information. Pour faire tout cela, il a huit doppel gangers, dont deux maléfiques. Il habite au centre du monde, c’est-à-dire près de Colmar.


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