Train, de Gideon Raff

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Une nouvelle fois, un torture porn sert de vitrine touristique aux pays de l’est. Le terme de « torture porn », inventé par un journaliste américain, désigne une nouvelle pornographie, où les coïts habituels seraient remplacés par de cruelles mutilations. Le spectateur y prendrait le même genre de plaisir coupable. Dans un sens, ce n’est pas faux puisque la pornographie, si elle est souvent reliée au sexe, est aussi synonyme d’obscénité. La série des Hostel ou des Saw ne visent en effet qu’à une seule chose : prendre plaisir à voir une série de jeunes gens se faire démembrer de façon originale. A destination des 16-18 ans en mal de sensations fortes, le « torture porn » n’est de mon point de vue qu’une variation du slasher initié par la série des Vendredi 13.

Nos futures victimes sont ici des lutteurs américains. Actuellement en compétition en Russie, ils décident d’aller faire la fête au lieu de dormir. Malheureusement pour eux, ils ratent leur train tôt le lendemain matin et en empruntent un autre qui ne les mènera pas à la destination attendue. Petit à petit, chaque membre de l’équipe disparaît, et finit charcuté par une brute épaisse dans un wagon spécialement aménagé.

Le scénario accumule les inepties et c’est bien ce qui rend le film assez fun. Les méchants ont tous des gueules de cauchemar. Imaginez un gros russe pathibulaire, et voilà le cliché. Une des filles n’hésite pas à remettre son passeport à une paire de jumeaux que l’on devine consanguins et sadiques. Les jeunes ne peuvent sortir du train car leur chute serait mortelle. Mais ne pourraient-ils pas actionner l’arrêt d’urgence ? Et une fois que notre héroïne parvient à échapper à la bande de tortionnaires, que fait-elle ? Elle retourne au train pour se venger ! Pour finir, les brutes de 100 kg qui s’amusent à traquer nos jeunes lutteurs parviennent toujours à les capturer par surprise. L’espace restreint du train devrait faire en sorte de limiter les coins sombres et la corpulence des bouchers charcutiers doivent aussi limiter leurs discrètes manoeuvres de ninja. Mais non. Enfin, les organes devant servir à un trafic, on se demande pourquoi les trafiquants ont besoin de les prélever sur des personnes conscientes et vivantes ?

Il reste donc le gore et il y a la quantité mais si c’est ne pas excessif. La séquence d’introduction, où l’on assiste à un dépeçage en détails, est réussie. La suite est un peu moins esthétique et fait plutôt dans les tripes : énucléation, transplantation de coeur, amputation d’un tibia et coupage de zizi. L’amateur de gore suivra cela distraitement. Une scène se détache néanmoins, lorsque un des jeunes gars marche pieds nus sur un clou. Le montage est si efficace que ça fait vraiment mal au spectateur. Le film a le mérite de mettre à jour les vrais tabous en matière de cinéma. Si l’on peut montrer des pieds coupés et des organes internes extirpés, aucune nudité n’est tolérée !

Train, réalisé par Gideon Raff, ne propose rien d’original, si ce n’est Thora Birch (Ghost world) dans le rôle principal. Mais il reste assez divertissant pour qui est bon public. Le comportement idiot de tous les personnages transforme le film d’horreur en film comique. Le plus drôle c’est que toute l’équipe technique et sans doute une bonne partie du casting ont été recrutés en Bulgarie, sur le lieu du tournage.

Le blu-ray offre un plus pour tous les détails organiques et souligne des effets spéciaux convaincants. Par contre, il est un peu faible dans les scènes sombres où le noir est un peu gris. Aucun supplément à l’horizon. Dvd et blu-ray disponibles chez FPE.

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1 commentaires sur “Train, de Gideon Raff”
  1. Distrayant, je l’ai vu un après midi ensoleillé… Mais pourquoi donc cette interdiction au moins de 18 ans, sinon l’impact commercial ? Bien vu le terme « torture porn » !

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