CINEMA of DEATH


Sous ce titre abrupt, cinq courts métrages d’horizons différents, en noir et blanc où salement monochrome et partageant le thème universel de l’au-delà dans une vision du trépas souvent violente. Adoration est un film du belge Oliver Smolders, déjà chroniqué dans nos pages, inspiré d’une histoire vraie. Datant de 1987, il met en scène un japonais invitant une jolie femme dans son appartement et filmant leur soirée. Après qu’elle eut lu des poèmes, son hôte la tue et la mutile. Images très crues sur une bande son désertique, la finalité reste principalement esthétique, et c’est plutôt réussi.

Dislandia de Brian M. Viveros et Eriijk Ressler (USA-2005) laissera très perplexe quant aux intentions de ses auteurs. On suit les gestes et la promenade d’une petite fille masquée, dans le décor austère d’une maison semblant à l’abandon. Elle se barbouille les mains, fait une poupée à son image (masquée), coupe un poisson en deux… Musique minimaliste, image  vieillie… Cela pourrait être aussi bien le début d’Halloween en version snuff de Rob Zombie sous acide qu’un documentaire tourné dans un hôpital de jour de pédopsychiatrie. Quelques contre-plongées bien vues mais l’ensemble est tout de même très hermétique, d’aucun oserait souffler élitiste. Les auteurs choisiront d’expliciter leur film dans les bonus par quelques images supplémentaires, la caméra parcourant un texte sur l’origine du masque. Obscur.

Ca se corse avec Pig, de Nico B (USA- 1999), naviguant dans l’inconscient d’un meurtrier dont aucune pratique cruelle ne nous sera épargnée. Sa victime se fait lacérer, piercer de partout, injecter du liquide dans l’urètre, gros plan à l’appui pour toutes ces câlineries. Hollywood Babylon du même auteur (2000), parcourt des photos du Musée de la Mort en Californie, en hommage à Kenneth Anger. Ce dernier, réalisateur pionnier d’un cinéma expérimental à tendance mystique, est l’auteur du livre Hollywood Babylon révélant les dessous trash des stars. On y croise des photos de Kennedy, de Charles Manson et d’illustres inconnus, morts donc…

Enfin, Le poême du français Bogdan Borkowski (1986). On dépasse ici le domaine de l’underground. Sur des images de l’autopsie d’un vieillard peut on entendre les vers du « Bateau ivre », d’Arthur Rimbaud. Il s’agit d’une réelle autopsie, vue d’une hauteur permettant d’en saisir toute l’organisation et la rigueur. La dissection est sélective : la peau, la cage thoracique, cardiectomie, calotte crânienne. Ames sensibles, ne même pas y penser. L’auteur, dans les bonus, explique sa fascination pour la poésie et le corps « malmené », le figeant dans une extrême douleur. Il a filmé dans un service d’anatomie pathologique à l’université de Louvain en Belgique car les facs françaises avaient refusé de délivrer une autorisation. L’ambition de l’auteur par cette symbiose du texte au corps inerte et découpé : rendre un cadavre « vivant ».

En bonus « hardware », 5 photos collector taille carte postale, une par film. Difficiles à envoyer par la poste, mais assez jolies.

Edition : Cult Epics. Zone all. NTSC

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